2013 : une année de luttes pour inverser le rapport de forces ?

1 janvier 2013

Le monde capitaliste va de crise en crise et aucune sortie du tunnel ne se dessine. Au contraire, la conjugaison des politiques d’austérité, dans les principaux pays, aggrave la situation des couches populaires. Pour sortir de la spirale infernale, il ne faut compter que sur de grandes luttes sociales.

En fin d’année, les estimations de croissance en France et les chiffres du chômage ont confirmé la crise profonde dans laquelle est engluée l’économie de ce pays. Pour le troisième trimestre 2012, l’INSEE a révisé son estimation de croissance du PIB à + 0,1 % (au lieu de + 0,2 %), après – 0,1 % au deuxième trimestre, zéro au premier trimestre 2012 et zéro au quatrième trimestre 2011. Quant aux demandeurs d’emploi, leur nombre (catégories A, B et C, fin novembre) a crû de 9,2 % en un an. Le chômage des 50 ans et plus explose (+ 17,5 %). Selon Pôle emploi, le nombre de demandeurs d’emploi tenus à des « actes positifs de recherche d’emploi » était, fin novembre, de 4,6 millions de personnes, dont 3,1 millions sans emploi. Alors que le nombre d’« entrées » dans les fichiers de Pôle emploi varie fortement d’un mois sur l’autre, le nombre de « sorties » baisse régulièrement, faute d’offres d’emplois. Le nombre d’offres d’emploi satisfaites est en chute libre. Résultat : le nombre de chômeurs de longue durée augmente encore plus vite. Les demandeurs d’emploi sont tenus à des actes positifs de recherche d’emplois… qui n’existent pas…

Des politiques d’austérité pour mettre à genou le monde du travail

Aucune amélioration ne se profile. Au contaire, les politiques d’austérité que s’acharnent à mettre en œuvre la plupart des gouvernements conduisent inexorablement à l’aggravation de la situation. Moins de dépenses publiques, pour redescendre sous la sacro-sainte limite des 3 % de déficit du budget de l’Etat, ce sont au bout du compte la stagnation de l’économie, des rentrées fiscales inférieures à celles attendues, de l’endettement supplémentaires… et des prétextes à des cures d’austérité supplémentaires. La Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie sont d’ores et déjà les victimes de cet acharnement des gouvernements et de la BCE.

Ces politiques d’austérité qui pourraient paraître incohérentes ont en fait un but précis : diminuer les salaires, accélérer la restructuration des outils de production dans le cadre d’une concurrence exacerbée, liquider les droits sociaux et notamment les systèmes de protection sociale et de retraite mutualisés gagnés au fil des décennies, asphyxier les services publics. Pour cela, le chômage et la précarité sont l’arme n°1 du capital. Pour le capitalisme européen, l’enjeu est de se remettre dans la course mondiale en faisant payer la note au monde du travail.

En France, le gouvernement Hollande conduit une politique d’austérité comme les autres gouvernements de l’Union européenne. Comme avant lui Zapatero en Espagne ou Papandréou en Grèce. Le PS a en outre repris sans honte le discours du patronat sur le coût du travail excessif. Certes, il n’a pas accédé directement à la demande du MEDEF de baisser les cotisations sociales. Il a préféré passer par la formule du « crédit d’impôt », pour « rembourser » l’équivalent de 20 milliards de cotisations sociales. Le résultat est à peu près le même !

La droite française ne fait pour autant aucun cadeau au PS. Elle n’a pas hésité à mettre en échec la timide mesure fiscale contre la richesse que représente l’instauration d’un tranche d’imposition exceptionnelle à 75 %, pour bien signifier qu’elle n’acceptera même pas de mesure symbolique allant contre l’idéologie libérale.

Il serait stupide d’attendre que le gouvernement Hollande-Ayrault évolue à gauche. Hollande et Aurault savent très bien ce qu’ils font. On ne peut que s’opposer à eux et en tirer toutes les conséquences. Puisque le monde du travail ne peut espérer trouver un allié au gouvernement, il n’y a pas d’autre voie que construire un mouvement social pour imposer par en bas un changement un cap, un mouvement social qui posera aussi la question d’un autre gouvernement, un gouvernement des travailleurs au service de la population.

Une alternative à construire dans les luttes

C’est ce que le NPA propose de faire aux forces politiques de gauche qui ne participent pas au gouvernement Hollande-Ayrault, de Lutte ouvrière au Front de gauche. Force est de reconnaître que cette démarche n’a pas encore rencontré l’écho nécessaire.

Comme d’habitude, Lutte ouvrière reste enfermée dans ses certitudes, « ailleurs » et… inutile.

Le Front de gauche, lui, apparaît très critique face au gouvernement mais il refuse toujours de se considérer comme une opposition à la gauche du PS. D’ailleurs, ses députés (membres du PCF…) n’ont pas voté contre le budget d’austérité 2013, se contentant de l’abstention. Dès lors, à quoi sert le Front de gauche ? Force électorale incontestable, multipliant les critiques cinglantes et souvent tapant juste, cette coalition n’envisage pas un instant d’imposer une alternative à la gestion sociale-libérale par la mobilisation sociale. Elle n’a donné aucune suite à la grande manifestation du 30 septembre contre le Pacte budgétaire et contre l’austérité. La plupart des militantEs du PCF et du Parti de gauche sont cependant engagéEs dans les combats sociaux de tous les jours et n’attendent rien de Hollande. Alors pourquoi ne pas s’engager ensemble plus avant ? N’est-ce pas « tous ensemble », militants de la gauche qui ne renonce pas, que nous pourrons reconstruire l’espoir, à la fois contre la droite revancharde, contre le danger d’extrême droite et en s’opposant à l’austérité de gauche ?
Le Front de gauche annonce aujourd’hui « une campagne contre l’austérité ». Puisse cette annonce ne pas se limiter aux déclarations à vocation publicitaire ! Car, contre l’austérité, les proclamations ne suffisent plus, tant la situation des travailleurs se dégrade. Il faut des actes, et les différentes composantes de la gauche radicale sont au pied du mur.

Il est en effet urgent de préparer une grande marche pour l’emploi, réunissant les salariés en lutte contre les fermetures d’entreprises, les jeunes privés d’avenir et les travailleurs âgés condamnés au chômage de longue durée dans l’attente de retraites de misère.

Il est urgent de manifester contre le remboursement de la dette publique qui prive les services publics des ressources dont ils ont besoin.

Il est urgent d’exiger le partage des richesses, pour augmenter les salaires et porter les minimas sociaux au niveau du SMIC.

Comme le propose le NPA, il est nécessaire et urgent de prendre des initiatives pouvant entraîner des centaines de milliers de militants et de travailleurs dans l’action, sans se substituer aux organisations syndicales, sans instrumentaliser les luttes de résistance, mais en aidant celles-ci à se rejoindre dans un mouvement d’ensemble. Une première réunion unitaire réunissant le NPA, Alternative libertaire, les Alternatifs, la FASE, la Gauche Anticapitaliste, la Gauche Unitaire et le PCF (et en l’absence du Parti de gauche) a eu lieu le 19 novembre. Elle s’est donnée comme perspective commune une initiative nationale sur l’emploi et mais tout reste à construire.

L’agenda de début d’année se remplit peu à peu d’échéances importantes. Le 12 janvier, les comités contre la dette se réuniront à Paris pour débattre « de la suite à donner aux actions des collectifs d’audit citoyen et à la mobilisation unitaire contre l’austérité ». Le 27 janvier, une grande manifestation pour l’égalité des droits aura lieu, pour contrer l’offensive réactionnaire de la droite et de l’église contre le droit au mariage pour tous. Le 31 janvier, la CGT, la FSU et Solidaires appellent à une journée de mobilisation dans la Fonction publique, contre les suppressions d’emplois, pour l’augmentation des salaires et pour l’abrogation de la journée de carence, estimant que, « sur les enjeux essentiel », le dialogue social n’apporte « aucun début de réponse satisfaisante », qu’il est « urgent et indispensable de changer de cap » et que « seule l’intervention des personnels permettra d’obtenir les avancées indispensables ». Enfin, une nouvelle journée de mobilisation à l’appel de la Confédération des syndicats européens est probable en mars.

On peut compter sur le NPA pour engager toutes ses forces dans la construction de ces mobilisations.
Faute de ces mobilisations, le désarroi fera place au désespoir dans les couches sociales qui espèrent un changement, et seules l’extrême droite et la droite (malgré ses propres difficultés internes) en tireront profit.

Voilà pourquoi l’année 2013 est cruciale. Pour que 2013 réponde aux vœux de « bonne année », le NPA réitère ses propositions unitaires à toute la gauche politique et sociale qui ne se reconnaît pas dans la politique d’austérité menée par le gouvernement.

Ensemble, construisons un autre avenir !


Communiqué du NPA. Conseil constitutionnel : le bal des vampires

31 décembre 2012

Un ramassis de vieux réactionnaires, qui s’octroient en plus le statut de sages, vient d’annuler la timide mesure de taxation à 75% des revenus au dessus de 1 millions d’euros, prise par le gouvernement Hollande-Ayrault.

Sans vergogne le Conseil Constitutionnel valide par contre le crédit d’impôts de 20 milliards donnés aux entreprises.

Les riches, même battus électoralement, utilisent tous les artifices possibles pour remettre en cause la moindre tentative, même marginale, de répartition des richesses.

Ils prennent tout ce qu’ils peuvent prendre et ne lâchent rien.

C’est dire si les salariés doivent prendre leurs affaires en mains et ne compter que sur eux-mêmes s’ils veulent qu’un minimum de justice sociale soit mise en œuvre.

Montreuil, le 29 décembre 2012.


Banques – Peuples : les dessous d’un match truqué, par Eric Toussaint (novembre, décembre 2012)

26 décembre 2012

Eric Toussaint, président du CADTM Belgique (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde, http://www.cadtm.org) et membre du conseil scientifique d’ATTAC France, décrit dans trois articles récents l’offensive du capital contre les travailleurs et le rôle des banques : "Crise financière : 2007-2012, les 6 années qui ébranlèrent les banques", "Crise financière : la BCE et la Fed au service des grandes banques privées" et "La plus grande offensive contre les droits sociaux menée depuis la seconde guerre mondiale à l’échelle européenne".

En conclusion du troisième article, Eric Toussaint propose quelques mesures essentielles pour "un programme alternatif à la gestion capitaliste de la crise" : "Partout dans le monde, le Capital s’est lancé dans une offensive contre le Travail. C’est en Europe que, depuis 2008, l’offensive prend la forme la plus systématique en commençant par les pays de la Périphérie. Alors que les banques (et le capitalisme en tant que système) sont les responsables de la crise, elles sont systématiquement protégées. Partout, le remboursement de la dette publique est le prétexte invoqué par les gouvernants pour justifier une politique qui s’en prend aux droits économiques et sociaux de l’écrasante majorité de la population. Si les mouvements sociaux et, parmi eux, les syndicats veulent victorieusement affronter cette offensive dévastatrice, il faut prendre à bras le corps la question de la dette publique afin d’enlever au pouvoir son argument principal. L’annulation de la partie illégitime de la dette publique et l’expropriation des banques pour les intégrer à un service public de l’épargne et du crédit sont des mesures essentielles dans un programme alternatif à la gestion capitaliste de la crise".
A lire sur le site Europe solidaire sans frontières : ici.


Augmentation des patrons du CAC40 : 7 500 euros par mois, augmentation du Smic : 24 euros par mois, augmentation du RSA : 10 euros par mois : cherchez l’erreur !

25 décembre 2012

Les salariéEs payéEs au Smic n’auront ni cadeaux de Noël ni étrennes… Le ministre du travail vient de l’annoncer : la hausse du Smic sera de 0,3 %, soit 5 euros par mois ! La revalorisation du Smic, chaque 1er janvier, est composée de trois éléments : le niveau de l’inflation de l’année précédente, la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire ouvrier et éventuellement un « coup de pouce » au bon vouloir du gouvernement.

Sur la hausse de 2% accordée au 1er juillet 2012 par le gouvernement nouvellement élu, 1,4 % était en fait une avance sur la partie de l’augmentation due à l’inflation et le « coup de pouce » ne représentait que 0,6 %. Les 0,3 % du 1er janvier représentent le reste de l’augmentation légale, la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire ouvrier.

Il n’y a donc aucun nouveau coup de pouce.

Au total, sur l’année, le SMIC aura été augmenté de 2,3 % (24 Euros) dont seulement 0,9% en pouvoir d’achat, le reste est « mangé » par l’inflation.

…Celles et ceux qui touchent le RSA non plus !

Quelques jours auparavant Jean-Marc Ayrault, a annoncé les grandes lignes de son futur « Plan quinquennal de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale ». Les près de neuf millions de pauvres ont certainement été heureux d’apprendre que la mesure phare du quinquennat de François Hollande pour lutter contre la misère en France sera d’augmenter le RSA de 10 % sur 5 ans ! Cette largesse gouvernementale fera passer en 2013 le montant mensuel du RSA, pour une personne seule, de 475 € à 485 €. Comme le déclarait le premier ministre : « Il est impossible de vivre avec le montant actuel du RSA !». Si l’on ne peut pas vivre avec 475 € par mois, sera-t-il plus facile de s’en sortir avec 10 € de plus ?

Mais pour les grands patrons c’est Noël tous les jours !

Au même moment tombaient d’autres chiffres : La rémunération des patrons du CAC 40 a augmenté de 4,75 % en 2011, pour atteindre une rémunération annuelle moyenne de 4,2 millions d’Euros. Les plus gâtés sont le PDG de Publicis avec 19,6 millions d’Euros, puis Carlos Ghosn de Renault, devant ceux  de Dassault, LVMH, et L’Oréal…

Ce gouvernement qui accorde des miettes dérisoires aux plus pauvres n’hésite pas à lâcher 20 milliards d’Euros de crédit d’impôt sans contrepartie aux entreprises au nom de la compétitivité.

Pourtant 20 milliards, c’est aussi le coût du passage du Smic à 1700 Euros net, comme nous le revendiquons, avec d’autres,  pour vivre dignement.

Le choix est simple et clair : Faire 20 milliards de cadeaux aux patrons ou les contraindre à prendre sur leurs profits 20 milliards pour permettre aux salariés de vivre dignement.

Il est temps pour nous de retourner la situation,  par nos mobilisations,  pour l’augmentation immédiate de 300 Euros des salaires, pensions et minimas sociaux


Communiqué du NPA. Arcelor Mittal : Les promesses n’engagent que ceux qui y croient !

7 décembre 2012

L’encre de l’accord bidon signé entre le gouvernement et le milliardaire Mittal est à peine sèche que le patron voyou en met déjà un paragraphe à la poubelle. L’abandon du projet ULCOS donne la mesure de la valeur des engagements de Mittal. Pour ce qui concerne les autres points de l’accord le gouvernement ment grossièrement quand il prétend qu’il n’y aura pas de licenciements et pas de plan social. Avec près de 10% de taux de chômage officiel, qui peut croire que les milliers d’emplois supprimés à Florange ne se solderont pas par autant de chômeurs/euses supplémentaires. Les ridicules investissements de Mittal sur le site correspondent à peine à la maintenance ordinaire des installations. Mittal est un gangster industriel, un massacreur du social. Le gouvernement est complice en s’alignant sur le MEDEF et sa présidente Laurence Parisot qui prétendent que le droit de propriété est sacré et intouchable, c’est à dire leurs privilèges et leur capital.

C’est bien à cet insupportable droit patronal qu’il faut s’attaquer. Partout où les patrons licencient, il faut les dégager. Il faut exproprier Mittal (comme PSA et SANOFI) sans indemnité.Maintenant ! La seule solution c’est la nationalisation, la propriété publique sous le contrôle des travailleurs et de la population.

Le NPA prend contact avec les organisations syndicales et politiques qui s’opposent aux diktats de Mittal et à la complicité du gouvernement afin d’organiser une riposte unitaire.

Montreuil, le 6 décembre 2012


Dans la rue, contre l’austérité

14 novembre 2012

Symboliquement, les travailleurs et travailleuses de GDE, en lutte pour garder leur emploi, ont pris la tête du cortège intersyndical qui a sillonné les rues de Caen mercredi 14 novembre. Quelques 2000 manifestants ont réclamé à l’unisson la fin de l’austérité et demandé à "être écoutés", alors que chacun voit que c’est le MEDEF qui fait la pluie et le beau temps.

La conférence de presse de François Hollande était dans les conservations, mercredi 14 novembre, à Caen. Quel ce gouvernement, qui fait du rapport Gallois sa lecture de chevet ? Quel est ce gouvernement, qui reprend à son compte les lamentations du patronat sur le "coût du travail" excessif ? Quel est ce gouvernement, qui estime trop élevées les dépenses publiques ? Quel est ce gouvernement, qui se défile sur le droit de vote des immigrés ? Quel est ce gouvernement, qui reprend à son compte le discours ultra-sécuritaire, justifie la scandaleuse expulsion d’Aurore Martin et réprime les opposant à l’Ayraultport de Notre-Dame-des-Landes ?

Ce gouvernement est de moins en moins celui des couches populaires, qui passent de l’interrogation à la méfiance, quand ce n’est pas à l’opposition pure et simple. Difficile de trouver dans la manifestation des travailleurs qui croient encore que les choses vont changer – en positif – avec Hollande.

Pour améliorer son sort, il faut se battre, faire confiance seulement à ses propres luttes. Même seulement pour conserver son emploi, il faut se battre, comme le disent les travailleurs et travailleuses de GDE, en tête du cortège, particulièrement remontés face à leur patron qui veut délocaliser des services et supprimer des emplois.

Mais faute d’appel à la grève, la manifestation n’a pas fait le plein. Les retraités constituaient une bonne partie du cortège. C’est un mouvement comme au Portugal, en Grèce ou en Espagne qu’il faudrait construire. Avec des appels à la grève générale, et un discours ferme face au gouvernement. A quoi cela rime-t-il de s’asseoir autour de la table de la "concertation" avec le MEDEF et le gouvernement, alors que ce gouvernement n’écoute que le patronat ?

Une opposition de gauche

Le NPA était dans la rue mercredi 14 novembre (lire le tract du NPA et le communiqué du NPA suite à la conférence de presse de François Hollande ). Pour dénoncer l’arnaque du discours sur la "compétitivité" et rappeler que le problème n’est pas le "coût du travail", mais le coût du capital. Les actionnaires pillent la richesse créée par le travail, au point que les dividendes qui leur sont versés dépassent l’investissement !

Ce gouvernement n’est pas le nôtre et seule la lutte tous ensemble permettra de satisfaire les revendications, à commencer par la répartition des richesses. Il faut en débattre dans nos syndicats, avec toutes les équipes militantes combatives, cela devient une urgence !

A la gauche du PS, chacun doit prendre maintenant ses responsabilités. Espérer encore "peser" sur Hollande et Ayrault est une illusion, sinon une tromperie. Il faut assumer le rôle d’opposition de gauche, pour ne pas laisser à la droite et à l’extrême droite un boulevard. Il faut se concerter, gauche sociale et gauche politique, pour prendre ensemble des initiatives favorisant la convergences des luttes, à commencer par les luttes contre les licenciements. Le NPA s’est adressé en ce sens à plusieurs organisations de la gauche radicale (à lire sur le site du NPA).

Il s’agit ni plus ni moins d’ouvrir une perspective en solidarité avec les autres peuples d’Europe.


Communiqué du NPA. Refuser l’austérité c’est refuser ce budget

24 octobre 2012

Les députés ont voté le budget « recettes »2013. Le Gouvernement a donné un maximum de gages aux patrons, pour qu’ils ne s’affolent pas, qu’ils ne se délocalisent pas, qu’ils ne se sentent pas plumés comme des pigeons ou tondus comme des moutons.

Du coup les recettes prévues ne sont évidemment pas à la hauteur de ce qui serait nécessaire.

Finies les annonces de campagne de François Hollande de s’attaquer aux banques, à la finance.

De tout ceci il ne reste que le bruit, la rumeur. La réalité c’est l’austérité pour le plus grand nombre. Face à cette politique il n’y a qu’une réponse possible l’opposition claire.

Ce que n’ont pas décidé de faire les élus du front de Gauche qui se sont abstenus, s’accommodant finalement du budget proposé. André Chassaigne, a bien déclaré « nous ne sommes pas dans l’opposition mais dans la construction » ! Une attitude étonnante de la part de ceux qui avaient voté contre le traité européen dont le budget 2013 n’est que la mise en oeuvre.

Il n’est pas possible de défendre les intérêts de la population, des travailleurs sans choisir.

Il y a urgence à construire une opposition de gauche à ce gouvernement et à sa politique libérale.

Montreuil, le 23 octobre 2012


Gouvernement Ayrault : généreux avec les patrons en tapant sur les salariéEs !

15 octobre 2012

Le gouvernement fait ratifier le traité Sarkozy – Merkel. Il prépare un budget d’austérité. Il s’empresse de céder aux patrons, faux pigeons mais vrais rapaces, qui refusent de payer leur part d’impôts, mais il répond par la répression policière et les tirs de gaz lacrymogènes aux salariés qui manifestent au Salon de l’auto pour défendre leurs emplois !

Reprenant à son compte les arguments de la droite et du patronat qui prétendent que la cause du chômage serait le « coût du travail » trop élevé, ce même gouvernement prépare 40 milliards de cadeaux aux patrons sous la forme de la baisse des cotisations patronales.

Le prétexte de la compétitivité…

Il y aurait du chômage parce que les entreprises ne peuvent pas embaucher ou même sont obligées de licencier parce qu’elles ne vendent pas assez. C’est oublier que celles et ceux qui ont un emploi travaillent le plus souvent trop dur, trop longtemps, sont uséEs et casséEs par le travail comme en témoignent la souffrance au travail et les nombreuses maladies professionnelles.

Les entreprises françaises ne vendraient pas parce que leurs prix seraient plus élevés  que ceux des entreprises étrangères à cause des salaires trop élevés en France. C’est oublier que les actionnaires se servent largement au passage. La part des dividendes dans la valeur ajoutée a atteint en 2011 un niveau record depuis l’après-guerre avec 9% de la valeur ajoutée. Ceux qui coûtent cher, sont les actionnaires, pas les salariéEs.

…Pour faire 40 milliards de cadeaux aux patrons

Comme il serait trop choquant de baisser directement les salaires nets, c’est la baisse des cotisations patronales pour les allocations familiales qui est envisagée. Cette baisse des « charges patronales », n’est rien d’autre que la baisse des salaires. En effet le salaire c’est tout à la fois le salaire net et les cotisations. Ces 40 milliards qui ne seront plus payés par les patrons seront compensés par une hausse de la CSG et pèseront principalement sur les salariéEs. Le PS reprend les politiques qui depuis des dizaines d’années loin de réduire le chômage le font exploser  jusqu’à frapper aujourd’hui plus de 5 millions de personnes et augmentent les profits au détriment des salaires.

En virant Sarkozy, nous avons viré sa TVA antisociale, ce n’est pas pour accepter un recul social équivalent sous la forme de la hausse de la CSG !

La seule solution pour en finir avec le chômage, c’est l’interdiction des licenciements et le partage du travail, la baisse massive du temps de travail compensée par des embauches en prenant sur les profits. C’est une tout autre politique qu’il faut imposer en opposition totale  avec celle de ce gouvernement  si rapide et zélé pour répondre aux exigences des patrons.


"Non à la dette illégitime, refusons l’austérité !"

15 octobre 2012

C’est le slogan qu’ont choisi le Collectif dette de Caen et les organisations qui le soutiennent (notamment le NPA, le PCF, le PG, la FASE, la FSU, Solidaires…) pour un rassemblement de lutte samedi 20 octobre à Caen, devant la Direction des Finances publiques. L’objectif ? Dénoncer le mécanisme de la dette et l’austérité imposée par les gouvernements dans l’Union européenne, dont le gouvernement Hollande-Ayrault en France.

La dette publique, c’est un mécanisme bien huilée pour assurer aux riches et aux actionnaires des banques une rente stable gagée sur l’austérité qui frappe les peuples. A eux seuls, les intérêts de la dette publique représentent une ponction de près de 50 milliards d’euros sur le budget de l’Etat ! Il est temps de dénoncer le discours mensonger qui fait croire que la dette est le produit de dépenses excessives, alors que ce sont les cadeaux fiscaux aux riches et au patronat qui assèchent les recettes. C’est ce à quoi a décidé de s’atteler le Collectif unitaire pour un audit citoyen de la dette publique.

Le premier rendez-vous qu’il fixe sera samedi prochain, et il y en aura d’autres.

Après les mobilisations du 30 septembre (60 000 manifestants à Paris contre la ratification du TSCG), des 29 septembre et du 9 octobre (contre les licenciements et pour le droit à l’emploi pour toutes et tous), du 6 octobre (pour le droit à la santé), du 11 octobre (pour les revendications des retraités et contre une ponction supplémentaire sur le niveau de vie des anciens), il faut poursuivre les efforts de rassemblement de la gauche politique et sociale qui refuse l’austérité.

Faisons circuler largement le tract d’appel au rassemblement, et rendez-vous dans la rue samedi prochain !


Réussir la convergence des luttes

6 octobre 2012

Sale temps pour le gouvernement. Cela fait à peine quatre mois qu’il est en place… mais il est déjà taclé à gauche et dans la rue. Un indice de la crise sociale et politique qui s’accélère.

Samedi 29 septembre, c’était les Ford et PSA au Mondial de l’automobile, puis à l’occasion d’un meeting à Aulnay. Dimanche 30, des dizaines de milliers de manifestants sont venus de toute la France pour dire leur refus de l’austérité, et rappeler pour certains qu’ils n’avaient pas voté Hollande pour ça. Loin d’être abattu, le « peuple de gauche » avait décidément un petit air frondeur ce week-end sous le soleil.
Au cœur de la crise, il y a la responsabilité de l’État, ou celle qu’il n’a pas envie d’assumer : l’État arrogant qui assène ses plans de rigueur sur l’air de la fatalité pour les plus pauvres ; mais l’État impuissant dès il s’agit de faire face aux riches qui ferment les usines et sèment la misère… Symbole d’un gouvernement dont la popularité est en chute libre, Arnaud Montebourg le « ministre improductif » d’un redressement plus qu’incertain aura donc essuyé les quolibets à Florange, avant d’être invisible au Mondial de l’auto.
Ayrault a eu beau répéter, jeudi 27 sur France 2, qu’il avait la situation bien en main, elle semble pour partie lui échapper. Sans que l’état des luttes et des résistances ne soit pour l’instant en mesure de lui adresser autre chose qu’un carton rouge plutôt symbolique.

Sale temps pour les travailleurs

Car l’autre versant de la situation, c’est aussi l’accélération d’une crise que subissent de plein fouet les travailleurs.
L’austérité s’aggrave partout en Europe, sur fond de récession. En Espagne, le gouvernement Rajoy a annoncé la semaine dernière une réduction des déficits de près de 40 milliards d’euros, afin de passer de 11 % du PIB en 2011 à 4, 5 % en 2013. En Grèce, c’est un nouveau tour de vis de 11, 5 milliards dans un pays déjà exsangue. En France, il faudrait trouver 30 milliards, ou plutôt 50 car la croissance annoncée a déjà un air de fiction, si l’objectif reste bien celui des 3 % du PIB pour 2013. Un chiffre de fou furieux paraît-il, impossible et inutile…
Sauf que ce ne sont pas les politiciens, ni les commentateurs, ni les experts qui décident mais… les « marchés » qui ont trouvé la bonne combine pour mettre les États sous pression et ramasser le pactole sous forme de taux d’intérêts élevés. Le budget sera donc une catastrophe, celui de l’État comme celui de la Sécurité sociale.
« Si quelqu’un commence à restructurer, cela obligera tout le monde à suivre » avait expliqué Carlos Ghosn, le PDG de Renault Nissan au mois de mars. C’est maintenant chose faite. Après PSA, c’est au tour de Renault d’engager avec les « partenaires sociaux » une prétendue « concertation » en octobre pour imposer sur le modèle de Sevelnord de nouveaux « accords de compétitivité ». Et sans attendre, les deux compères se sont entendus comme larrons en foire pour exiger en urgence une nouvelle baisse des cotisations sociales pour baisser le coût du travail. L’État plutôt prévenant a d’ailleurs délégué Louis Gallois, l’ex-PDG d’EADS, pour plancher sur le sujet fin octobre. Il promet un « choc de compétitivité », entendez une attaque en règle contre la part socialisée du salaire, et toutes ces « charges » décidément insupportables.
On aura donc les deux, l’attaque contre les salaires et contre l’emploi (l’une n’empêchant pas l’autre) comme à Goodyear ou pour les Conti : d’abord les sacrifices, ensuite la lourde. Dans tous les secteurs, avec chaque semaine de nouveaux venus. « Alerte sur les centres d’appels » titrait le Journal du dimanche le weekend dernier : « La profession craint jusqu’à 7 000 suppressions d’emplois d’ici un an ». C’est manifestement loin d’être terminé.

Commencer à reconstruire le rapport de forces

L’hirondelle de ce week-end ne suffira donc pas à faire le printemps : pas facile de surmonter l’attentisme, mais aussi les préventions et les sectarismes lorsqu’il s’agit de réunir des ouvriers de Ford et de PSA. Et même si la question du référendum a finalement été peu reprise par les manifestants dimanche, on voit bien que l’opération a eu aussi une dimension politicienne : une démonstration de force militante pour le PCF alors que les caméras étaient pour Jean-Luc Mélenchon, sans que ni l’un ni l’autre n’ait envie de donner des perspectives pour les luttes, même si les manifestants en sont sortis ragaillardis.
C’est donc le sens de notre intervention politique en tant que NPA, à notre échelle forcément modeste, de faire le lien entre toutes les attaques, et de contribuer à faire le lien entre les équipes militantes. Cela commence dès le 6 octobre pour la santé, puis le 9 octobre pour l’emploi, afin de construire des convergences et y travailler sans relâche, dans la durée, dans le cadre d’une campagne du NPA contre la politique du patronat et du gouvernement. Et pourquoi pas, comme l’ont déjà défendu Philippe Poutou et Olivier Besancenot, mettre en discussion l’objectif d’une grande manifestation nationale pour en finir avec les suppressions d’emplois.


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