2013 : une année de luttes pour inverser le rapport de forces ?

Le monde capitaliste va de crise en crise et aucune sortie du tunnel ne se dessine. Au contraire, la conjugaison des politiques d’austérité, dans les principaux pays, aggrave la situation des couches populaires. Pour sortir de la spirale infernale, il ne faut compter que sur de grandes luttes sociales.

En fin d’année, les estimations de croissance en France et les chiffres du chômage ont confirmé la crise profonde dans laquelle est engluée l’économie de ce pays. Pour le troisième trimestre 2012, l’INSEE a révisé son estimation de croissance du PIB à + 0,1 % (au lieu de + 0,2 %), après – 0,1 % au deuxième trimestre, zéro au premier trimestre 2012 et zéro au quatrième trimestre 2011. Quant aux demandeurs d’emploi, leur nombre (catégories A, B et C, fin novembre) a crû de 9,2 % en un an. Le chômage des 50 ans et plus explose (+ 17,5 %). Selon Pôle emploi, le nombre de demandeurs d’emploi tenus à des « actes positifs de recherche d’emploi » était, fin novembre, de 4,6 millions de personnes, dont 3,1 millions sans emploi. Alors que le nombre d’« entrées » dans les fichiers de Pôle emploi varie fortement d’un mois sur l’autre, le nombre de « sorties » baisse régulièrement, faute d’offres d’emplois. Le nombre d’offres d’emploi satisfaites est en chute libre. Résultat : le nombre de chômeurs de longue durée augmente encore plus vite. Les demandeurs d’emploi sont tenus à des actes positifs de recherche d’emplois… qui n’existent pas…

Des politiques d’austérité pour mettre à genou le monde du travail

Aucune amélioration ne se profile. Au contaire, les politiques d’austérité que s’acharnent à mettre en œuvre la plupart des gouvernements conduisent inexorablement à l’aggravation de la situation. Moins de dépenses publiques, pour redescendre sous la sacro-sainte limite des 3 % de déficit du budget de l’Etat, ce sont au bout du compte la stagnation de l’économie, des rentrées fiscales inférieures à celles attendues, de l’endettement supplémentaires… et des prétextes à des cures d’austérité supplémentaires. La Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie sont d’ores et déjà les victimes de cet acharnement des gouvernements et de la BCE.

Ces politiques d’austérité qui pourraient paraître incohérentes ont en fait un but précis : diminuer les salaires, accélérer la restructuration des outils de production dans le cadre d’une concurrence exacerbée, liquider les droits sociaux et notamment les systèmes de protection sociale et de retraite mutualisés gagnés au fil des décennies, asphyxier les services publics. Pour cela, le chômage et la précarité sont l’arme n°1 du capital. Pour le capitalisme européen, l’enjeu est de se remettre dans la course mondiale en faisant payer la note au monde du travail.

En France, le gouvernement Hollande conduit une politique d’austérité comme les autres gouvernements de l’Union européenne. Comme avant lui Zapatero en Espagne ou Papandréou en Grèce. Le PS a en outre repris sans honte le discours du patronat sur le coût du travail excessif. Certes, il n’a pas accédé directement à la demande du MEDEF de baisser les cotisations sociales. Il a préféré passer par la formule du « crédit d’impôt », pour « rembourser » l’équivalent de 20 milliards de cotisations sociales. Le résultat est à peu près le même !

La droite française ne fait pour autant aucun cadeau au PS. Elle n’a pas hésité à mettre en échec la timide mesure fiscale contre la richesse que représente l’instauration d’un tranche d’imposition exceptionnelle à 75 %, pour bien signifier qu’elle n’acceptera même pas de mesure symbolique allant contre l’idéologie libérale.

Il serait stupide d’attendre que le gouvernement Hollande-Ayrault évolue à gauche. Hollande et Aurault savent très bien ce qu’ils font. On ne peut que s’opposer à eux et en tirer toutes les conséquences. Puisque le monde du travail ne peut espérer trouver un allié au gouvernement, il n’y a pas d’autre voie que construire un mouvement social pour imposer par en bas un changement un cap, un mouvement social qui posera aussi la question d’un autre gouvernement, un gouvernement des travailleurs au service de la population.

Une alternative à construire dans les luttes

C’est ce que le NPA propose de faire aux forces politiques de gauche qui ne participent pas au gouvernement Hollande-Ayrault, de Lutte ouvrière au Front de gauche. Force est de reconnaître que cette démarche n’a pas encore rencontré l’écho nécessaire.

Comme d’habitude, Lutte ouvrière reste enfermée dans ses certitudes, « ailleurs » et… inutile.

Le Front de gauche, lui, apparaît très critique face au gouvernement mais il refuse toujours de se considérer comme une opposition à la gauche du PS. D’ailleurs, ses députés (membres du PCF…) n’ont pas voté contre le budget d’austérité 2013, se contentant de l’abstention. Dès lors, à quoi sert le Front de gauche ? Force électorale incontestable, multipliant les critiques cinglantes et souvent tapant juste, cette coalition n’envisage pas un instant d’imposer une alternative à la gestion sociale-libérale par la mobilisation sociale. Elle n’a donné aucune suite à la grande manifestation du 30 septembre contre le Pacte budgétaire et contre l’austérité. La plupart des militantEs du PCF et du Parti de gauche sont cependant engagéEs dans les combats sociaux de tous les jours et n’attendent rien de Hollande. Alors pourquoi ne pas s’engager ensemble plus avant ? N’est-ce pas « tous ensemble », militants de la gauche qui ne renonce pas, que nous pourrons reconstruire l’espoir, à la fois contre la droite revancharde, contre le danger d’extrême droite et en s’opposant à l’austérité de gauche ?
Le Front de gauche annonce aujourd’hui « une campagne contre l’austérité ». Puisse cette annonce ne pas se limiter aux déclarations à vocation publicitaire ! Car, contre l’austérité, les proclamations ne suffisent plus, tant la situation des travailleurs se dégrade. Il faut des actes, et les différentes composantes de la gauche radicale sont au pied du mur.

Il est en effet urgent de préparer une grande marche pour l’emploi, réunissant les salariés en lutte contre les fermetures d’entreprises, les jeunes privés d’avenir et les travailleurs âgés condamnés au chômage de longue durée dans l’attente de retraites de misère.

Il est urgent de manifester contre le remboursement de la dette publique qui prive les services publics des ressources dont ils ont besoin.

Il est urgent d’exiger le partage des richesses, pour augmenter les salaires et porter les minimas sociaux au niveau du SMIC.

Comme le propose le NPA, il est nécessaire et urgent de prendre des initiatives pouvant entraîner des centaines de milliers de militants et de travailleurs dans l’action, sans se substituer aux organisations syndicales, sans instrumentaliser les luttes de résistance, mais en aidant celles-ci à se rejoindre dans un mouvement d’ensemble. Une première réunion unitaire réunissant le NPA, Alternative libertaire, les Alternatifs, la FASE, la Gauche Anticapitaliste, la Gauche Unitaire et le PCF (et en l’absence du Parti de gauche) a eu lieu le 19 novembre. Elle s’est donnée comme perspective commune une initiative nationale sur l’emploi et mais tout reste à construire.

L’agenda de début d’année se remplit peu à peu d’échéances importantes. Le 12 janvier, les comités contre la dette se réuniront à Paris pour débattre « de la suite à donner aux actions des collectifs d’audit citoyen et à la mobilisation unitaire contre l’austérité ». Le 27 janvier, une grande manifestation pour l’égalité des droits aura lieu, pour contrer l’offensive réactionnaire de la droite et de l’église contre le droit au mariage pour tous. Le 31 janvier, la CGT, la FSU et Solidaires appellent à une journée de mobilisation dans la Fonction publique, contre les suppressions d’emplois, pour l’augmentation des salaires et pour l’abrogation de la journée de carence, estimant que, « sur les enjeux essentiel », le dialogue social n’apporte « aucun début de réponse satisfaisante », qu’il est « urgent et indispensable de changer de cap » et que « seule l’intervention des personnels permettra d’obtenir les avancées indispensables ». Enfin, une nouvelle journée de mobilisation à l’appel de la Confédération des syndicats européens est probable en mars.

On peut compter sur le NPA pour engager toutes ses forces dans la construction de ces mobilisations.
Faute de ces mobilisations, le désarroi fera place au désespoir dans les couches sociales qui espèrent un changement, et seules l’extrême droite et la droite (malgré ses propres difficultés internes) en tireront profit.

Voilà pourquoi l’année 2013 est cruciale. Pour que 2013 réponde aux vœux de « bonne année », le NPA réitère ses propositions unitaires à toute la gauche politique et sociale qui ne se reconnaît pas dans la politique d’austérité menée par le gouvernement.

Ensemble, construisons un autre avenir !

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