25 novembre. Contre les violences faites aux femmes !

Le gouvernement Hollande a mis en place un Ministère Aux Droits des Femmes et a pris un certain nombre de mesures. C’est une bonne chose mais cela ne suffit pas face aux violences multiples que subissent les femmes. Pour les combattre réellement, pas d’autre choix que de prendre nos affaires en main. Pour la journée de lutte contre les violences faites aux femmes, la collectif national pour le droit des femmes appelle à manifester à Paris. Le NPA soutient cette manifestation  et demande des mesures pour lutter efficacement contre ces violences.

Le viol ? Une violence relativisée !

Avec l’affaire DSK ou avec le procès de Créteil (où des hommes accusés de viols collectifs ont été soit acquittés soit condamnés à des peines ridicules de 1 an ferme à 3 avec sursis), ce sont les victimes qui sont pointées du doigt. Porter plainte pour viol peut constituer un nouveau traumatisme tellement la parole des victimes est mise en doute. Il faut le marteler : un acte sexuel sans consentement est un viol, céder n’est pas consentir, même en portant une jupe, même en ayant bu, même sans lutter physiquement…

Dans l’imaginaire collectif, les femmes seraient agressées la nuit par un inconnu. En réalité, la plupart des femmes violées, battues, harcelées, connaissent leur agresseur : c’est le père, le patron, le conjoint ou l’ex qui est souvent coupable des violences. Souvent la lutte contre les violences faites aux femmes est utilisée pour stigmatiser toujours les mêmes : l’ouvrier alcoolique, le jeune de banlieue… A côté de ça, on excuse plus facilement un DSK, homme de pouvoir, qui « trousse une domestique » ou les « dérapages » lors des bizutages des grandes écoles. Pourtant, il est prouvé que les violences contre les femmes touchent tous les milieux. Trop souvent, les femmes continuent de subir ces violences dans leur foyer car elles sont contraintes d’y rester, socialement et économiquement.

Nous exigeons :

– Une loi-cadre contre les violences faites aux femmes.

­- La formation systématique des personnel-LE-s de police, de justice, de santé pour l’accueil des femmes victimes de viol ou violences.

­- La protection effective de femmes qui portent plainte, notamment par l’éloignement forcé de l’agresseur.

– De vrais budgets pour l’accueil des femmes victimes de violences conjugales ou familiales, au besoin avec leurs enfants, ainsi que pour les jeunes lesbiennes, gays, bisexuel-le-s, transgenres, intersexes en rupture familiale.

­- La prise en charge par l’Education Nationale d’une véritable éducation sexuelle non sexiste et non hétérocentrée.

La sexualité ? ça fait vendre ! 

La sexualité et le corps des femmes sont traités comme des marchandises. Cela va de la pub d’une femme nue pour un yaourt, au crime qu’est la traite des femmes pour la prostitution. On nous dit que l’on vit dans la liberté sexuelle depuis 1968, mais c’est une immense hypocrisie. Même si l’IVG est enfin remboursée à 100%, l’accès à la contraception et à l’avortement restent dramatiquement réduits par la casse des services publics et l’austérité. Cela empêche concrètement les femmes d’avoir la sexualité qu’elles veulent.

Les réactionnaires nous font croire que la structure « idéale » de la famille serait menacée par l’ouverture du mariage et de l’adoption pour tou-te-s. Les lesbiennes sont toujours insultées, harcelées, agressées à cause de leur orientation sexuelle. Dans cette société, la sexualité on en parle beaucoup et on l’utilise beaucoup, mais on ne la vit pas souvent de manière libre et épanouie !

La politique concrète de l’Etat ? La répression ! 

Face à la prostitution, la politique répressive du gouvernement n’atteint pas les trafiquants de femmes mais les prostituées elles-mêmes, poussées à la clandestinité et donc toujours plus vulnérables face à ceux qui les exploitent.

Les femmes sans-papiers ou régularisées par mariage subissent la double oppression sexiste et raciste. Avec la politique migratoire d’une rare violence qui se déchaîne, il leur est impossible dans ces conditions de porter plainte pour des violences conjugales sans se retrouver elles-mêmes expulsées !

Les réactionnaires et l’extrême droite avec leur discours raciste et islamophobe instrumentalisent le féminisme pour stigmatiser toujours les mêmes : les immigréEs des classes populaires et les femmes voilées.

Nous exigeons :

-­ La fin de la marchandisation des femmes et des politiques répressives directes et indirectes envers les prostituées (délit de racolage passif, projet de pénalisation des clients…).

­- L’accès libre, gratuit, et effectif, à l’IVG, la contraception et les protections anti-IST/MST/VIH.

– L’ouverture de la procréation médicalement assistée pour les toutes les femmes, mariées ou non, hétéros ou lesbiennes.

– La régularisation de tou-tes les sans-papiers.

– L’abrogation des lois racistes.

La crise économique ? Quel rapport ?

L’énorme majorité de la population n’a pas d’autre choix que de se salarier pour vivre. Mais au travail comme ailleurs, les femmes ne sont pas égales aux hommes. Les femmes sont toujours payées environ 25% de moins que les hommes. Ce sont elles qui occupent la plupart des emplois précaires et/ou payés au SMIC, et qui sont le plus touchées par le sous emploi. La casse des services publics les oblige à prendre en charge elles-mêmes, gratuitement, la garde et l’éducation des enfants, le soin aux personnes âgées ou malades de la famille. Ceci fragilise toujours davantage leurs possibilités d’autonomie financière, et les rend dépendantes de leur conjoint.

En temps de crise, la situation du travail des femmes se dégrade et on leur martèle que leur véritable place est à la maison avec les enfants. Elles sont donc plus vulnérables, acceptent plus facilement les exigences patronales, sont plus exposées aux violences sexistes au travail.

Face à cela, il faut prendre l’argent où il est, dans les poches du patronat, et changer de système. Il faut construire une autre société où chaque individu, donc chaque femme, doit pouvoir se former, et construire sa vie professionnelle, sentimentale et sexuelle comme il/elle le souhaite, avec la prise en charge collective des tâches domestiques, des enfants, des malades et des personnes âgées.

Nous exigeons :

­- L’égalité salariale et le rattrapage immédiat des salaires.

­- Des services publics gratuits de qualité, en par ticulier la santé, l’éducation, la petite-enfance, le 3e âge et les transports.

– ­L’interdiction des licenciements et des contrats précaires, un CDI pour toute-s !

– ­300€ net de plus pour tou-te-s, pas un salaire à moins de 1700 !

­- Une allocation d’autonomie pour tou-te-s les jeunes.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :