PSA, Doux, Plysorol. Leçons de choses

Le gouvernement a rendu public le rapport commandité sur la situation du groupe PSA. Après avoir fait semblant de s’indigner, il donne le feu vert à la restructuration pilotée par le groupe. Il entérine un millier de licenciements chez Doux et se tait alors que le tribunal de commerce prononce la liquidation de Plysorol.

Le rapport sur la situation de PSA rappelle opportunément que les actionnaires se sont enrichis sur le dos des salariés. L’auteur du rapport chiffre les dividendes et rachats d’actions (la « rémunération des actionnaires ») à presque 6 milliards d’euros de 1999 à 2011. Pour l’auteur du rapport, ce sont des ressources qui auraient pu être consacrées au développement du groupe. L’auteur du rapport pointe aussi les 450 millions de dividendes et rachats d’actions décidés en avril 2011, les qualifiant très pudiquement « d’inopportunes », d’autant qu’en octobre 2011 un premier plan d’économie dans le groupe porte sur 800 millions d’euros. Bref, d’un côté le groupe fait des économies et supprime des emplois, de l’autre les actionnaires s’enrichissent.

Que faire alors ? Peut-on laisser entre les mains de la famille Peugeot les destinées du groupe ? Hélas, le rapport et le gouvernement avec lui répondent oui. La restructuration est présentée comme étant inévitable, et notamment le fermeture du site d’Aulnay, même si le rapport, au passage, cherche à opposer salariés des usines de Madrid et d’Aulnay. Le rapport ne conteste pas non plus les suppressions d’emplois dits « de structure » dans tous les établissements autres que ceux d’Aulnay et de Rennes. C’est en fait un deuxième plan de suppressions d’emplois, après celui déjà décidé en 2007. A Cormelles-le-Royal, ce plan s’était concrétisé par la suppression de 150 emplois. Selon des informations retransmises dans les medias, le nouveau plan 2013 en rajouteraient 43. Tout en voulant concentrer la production sur quelques sites de montage, le groupe s’attaque à l’emploi dans les autres établissements, qu’ils soient centres de recherche, administratifs, ou équipementiers comme Cormelles.

Au final, le gouvernement décrète l’impunité pour les dirigeants du groupe. Certes critiqués pour leur gestion, ils reçoivent quand même un feu vert pour liquider des milliers d’emplois. Les promesses du gouvernement d’être aux côtés des salariés et de trouver une solution pour chacun ne sont plus prises au sérieux, alors qu’il n’a même pas le courage d’exproprier la famille Peugeot.

Dans le dossier Doux, les assurances du gouvernement d’être aux côtés des travailleurs ne pèsent pas plus lourds, car là aussi il accepte les licenciements entérinés par le tribunal de commerce de Quimper : 970 emplois sur les 1700 du pôle frais devraient disparaître, faute de repreneurs. Et cela pourrait n’être qu’une première vague puisque Charles Doux et la banque Barclays restent aux commandes de ce qui reste du groupe, c’est-à-dire des pôles « élaborés et surgelés – grand export » et doivent présenter un « plan de relance » pour le 1er décembre 2012 ! Là encore, la première mesure que prendrait un gouvernement des travailleurs, c’est la saisie du patrimoine de la famille Doux pour rembourser l’ensemble des subventions publiques que cette dynastie a perçu pendant 15 ans et remettre l’entreprise et la filière avicole sur pied en maintenant les emplois.

Faire converger les luttes contre les licenciements

A l’évidence, on ne peut compter sur ce gouvernement pour défendre l’emploi, un gouvernement dont les ministres se déplacent si nombreux à l’université d’été du Medef. Ce gouvernement fait le choix d’accepter la règle du jeu dictée par les groupes privées et les restructurations que ces derniers auront concoctées, avec leur cortège de licenciement.

C’est l’intervention directe des salariés et leurs luttes qui permettront de bloquer les restructuration et de maintenir les emplois. Certes les coups encaissés sont très durs, et le moral était en berne autant à Quimper qu’à Plysorol, tant les travailleurs se sentent abandonnés. Mais il est encore possible de s’opposer tant au dépeçage de Doux qu’à la liquidation de Plysorol et à la restructuration de PSA.

A Plysorol, les salariés du site de Magenta, dans la Marne, n’acceptent pas la liquidation et leurs collègues de Lisieux et de Fontenay-le-Comte ne manqueront pas de se réunir aussi pour débattre d’actions collectives à entreprendre. Envisager une coopérative ouvrière de production, retourner voir les collectivités locales ? Plusieurs idées s’échangent déjà. Il y a les stocks de matière première ou de produits finis, les outils de production. Pourquoi laisser cela entre les mains des dépeceurs ?

De leur côté, les salariés de la branche automobile se mobilisent et préparent de nombreuses actions ces prochaines semaines : samedi 15 septembre avec PSA à Rennes, samedi 29 septembre au Mondial de l’Automobile avec les Ford de Bordeaux et à Aulnay avec les PSA.

Enfin, le 9 octobre, rendez-vous au Mondial de l’Auto à nouveau, avec l’ensemble des salariés et notamment plusieurs délégations d’entreprises en lutte, dans le cadre de la journée internationale appelée par les Fédérations Syndicales de l’Industrie Européenne.

Le NPA apporte son soutien à ces mobilisations et, à chaque fois, est aux côtés des travailleurs en lutte.

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