LIcenciements. Contre la loi des patrons, mobilisation !

Jeudi, le tribunal de commerce de Lisieux a prononcé la liquidation de Plysorol et entériné 277 licenciements. La veille, le tribunal de commerce de Quimper examinait les offres de reprise du pôle frais de Doux. Il doit rendre sa décision lundi prochain et la crainte des salariés est qu’un millier d’entre eux restent sur le carreau, sur les 1 700 concernés.  Et il y a aussi Carrefour, PSA… Alors que le gouvernement parle de « redressement productif », la loi des patrons continue de s’appliquer.

La liquidation de Plysorol devrait entraîner le licenciements de 277 salariés, dont 70 à Lisieux. Un délégué CGT du site de Fontenay-le-Comte, en Vendée, résumait l’état d’esprit des salariés rassemblés jeudi devant le tribunal de commerce : « on est écoeurés que l’Etat laisse faire çà ». D’autant que l’agonie de Plysorol s’est accompagnée d’obscures tractations sur les droits d’exploitation de 600 000 hectares de forêts gabonaises, droits acquis après la seconde guerre mondiale par la société Leroy, l’ancêtre de Plysorol. Selon le rapport d’expertise commandé par le tribunal, le groupe Bitar, le dernier repreneur de Plysorol a récupéré les droits d’exploitation des forêts en février 2012. Et l’avocat du comité central d’entreprise de Plysorol de dénoncer des « tours de passe-passe » et estime qu’il y a eu « spoliation des forêts gabonaises ». Les salariés de Plysorol présents jeudi ont copieusement traité Bitar de « voleur » au passage de son véhicule quittant le tribunal. La secrétaire CGT du CCE est elle aussi très claire : « nous avons affaire à un véritable patron voyou qui est venu piller les richesses de la société avant de laisser 280 personnes sur le carreau ».

Pendant des années, les pouvoirs publics ont subventionné les patrons qui se sont succédés à Plysorol. Le moins qu’on puisse exiger aujourd’hui, c’est que l’Etat et les collectivités locales se mobilisent pour aider aujourd’hui les salariés. Mais cela ne suffit pas. C’est la règle du jeu qu’il faut changer : il ne faut plus que ce soit la loi du patron qui s’impose. Il faut que le droit à l’emploi prévale. C’est-à-dire qu’il faut interdire les licenciements, et garantir la continuité des droits des salariés (dont le paiement des salaires).

Le gouvernement accepte les licenciements à Doux

A Quimper, c’est aussi un tribunal de commerce qui a entre ses mains l’avenir d’un millier de salariés. Dans ces tribunaux, ce sont des patrons qui prennent des décisions pour d’autres patrons, s’est indigné un délégué CGT du CCE de Doux. Ce qui est l’exacte vérité, puisque les juges des tribunaux de commerce sont des patrons élus par les patrons et non pas des juges professionnels indépendants. Les organisations syndicales demandent d’ailleurs le dessaisissement du tribunal de Quimper en faveur d’une juridiction professionnelle. Quelques jours avant que ce tribunal se prononce sur la continuité de l’activité ou sur le licenciements de centaines de salariés, les syndicats restaient pessimistes. Les offres de reprise pourraient laisser un millier de salariés sur le carreau. Doux ne débarrasserait ainsi d’un millier de salariés en contrepartie des 2 millions d’euros qu’il consent à verser au titre du PSE.
Le gouvernement, quant à lui, accepte par avance les licenciements. Tout au plus promet-il, par la voix du délégué chargé de l’agroalimentaire, « d’être présent auprès des salariés qui resteront sans solution (…) avec l’idée d’un accompagnement social personnalisé ».

Faire converger les luttes contre les licenciements

Plysorol, Doux, Technicolor, Carrefour, l’automobile : les plans de licenciements s’accumulent. Le gouvernement laisse faire, appelle à la « responsabilité » les patrons, mais aussi les syndicats, comme si les salariés ne devaient pas protester trop fort contre les licenciements ! Les ministres se déplacent en grand nombre à l’université d’été du MEDEF au lieu d’être aux côtés des travailleurs pour bloquer les licenciements !

Les licendiements ne sont pas une fatalité mais si les luttes restent isolées, si l’on compte sur les repreneurs, le pire est à craindre. Dans le meilleur des cas, une partie seulement des emplois peut être sauvée, et souvent provisoirement. Il est temps de se mettre ensemble. Le mondial de l’auto pourrait être un moment fort pour rassembler tous ceux et toutes celles qui en ont marre des licenciements et de la loi des patrons. Dès fin août, l’intersyndicale de Ford Blanquefort lançait un appel à la mobilisation commune à l’occasion du mondial de l’auto. La CGT de PSA appelle aussi à venir y manifester, le 9 octobre.

Mercredi, une association créée par des femmes virées des 3 Suisses, Les Licenci’elles, a appelé à son tour à manifester le 9 octobre aux côtés des PSA au salon de l’auto. Les Licenci’elles regroupent des salariéEs ou d’ex salariéEs de Sony, du Crédit Agricole, de Kodak, d’Arcelor Mittal, Faurecia, Valeo, GoodYear… Dans un communiqué, l’association exige une loi contre les licenciements dans les entreprises ou les groupes qui font des bénéfices.

Toutes ses démarches de rassemblement des luttes vont dans le bon sens. Face aux attaques patronales contre l’emploi, il est temps de préparer un grand mouvement d’ensemble pour le droit à l’emploi. Et si, le 9 octobre, toutes les boîtes en lutte montaient au mondial de l’auto ?

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