Les enjeux de la rentrée

Bientôt la rentrée ! Le NPA tient son Université d’été à Port-Leucate, près de Perpignan, jusqu’au 29 août. Les journées studieuses de l’Université d’été sont consacrées au débat, à la réflexion et à la formation, mais les enjeux de la rentrée sont aussi dans toutes les têtes. Pour résister à la crise capitaliste, alors que le gouvernement Hollande-Ayrault reste soumis au libéralisme, il faut une riposte unitaire du monde du travail. C’est l’idée que développe Philippe Poutou dans une interview récente à l’Indépendant.

Le NPA tient son université d’été à Leucate jusqu’au 29 août. Entretien avec Philippe Poutou, l’Indépendant, 27 août 2012

Quelle est la teneur de votre discours durant cette université d’été ?

Philippe Poutou : Nous allons parler de la rentrée sociale que nous annonçons chaude depuis des années et qui j’espère cette fois-ci le sera vraiment. Et puis, il y a le point majeur : la construction d’une opposition de gauche à ce gouvernement. Il faut construire une riposte unitaire avec Lutte Ouvrière et le Front de Gauche et ne surtout pas laisser le terrain à la droite et à l’extrême droite.

Cela fait des années que ce projet d’union à la gauche de la gauche existe. Que manque-t-il pour la construire ?

Entre militants, les liens existent déjà. Parce qu’on se croise dans les luttes sociales, dans les manifestations. Aux organisations, maintenant, de s’entendre. On échange des courriers, on les invite pour nos universités, mais il faut aller au-delà, sinon on n’y arrivera pas.

Un premier bilan de la présidence Hollande ?

On a dégagé Sarko et sa bande, c’est bien ! Est-ce qu’à présent, c’est mieux ? Deux exemples de bonnes mesures : l’encadrement des loyers et la retraite à 60 ans sous certaines conditions. Mais ce gouvernement reste soumis au libéralisme, aux patrons qui dictent leurs lois et licencient à tour de bras. Et lorsqu’on entend Valls, au sujet des Roms, on n’est plus à gauche, c’est choquant. Il a les mêmes objectifs que Guéant !

Qu’entendez-vous faire pour inverser la tendance ?

Sans l’union de la gauche de la gauche, on n’y arrivera pas. Il faut absolument exproprier les secteurs bancaire et de l’énergie, par exemple. Et pour ça, il faut que nos organisations puissent peser. Alors, on pèse dans le débat maintenant ou on attend cinq ans, avec le risque que tout cela profite à l’extrême droite ? Moi, je dis qu’on ne pourra pas attendre ! Nous appelons à une riposte unitaire.

Comment vous sentez-vous au sortir de cette année électorale ?

Fatigué mais intact. Cette expérience a confirmé ce que je savais déjà. Ce mépris social d’une certaine élite médiatico-politique. Mais on a fait entendre notre voix anticapitaliste.

On dit le NPA en mauvaise santé…

Ces dernières années, on a perdu quelques forces, on a vu s’éloigner des militants (Ndlr : plus de 3 000 revendiqués à ce jour). Notre but, à la base, c’était de créer ce grand parti des gens d’en bas, des opprimés, c’est compliqué. On a vécu des débats, des crises internes. La création du Front de Gauche ne nous a pas aidés, certains ont préféré y trouver refuge. On est affaibli, moins nombreux, mais on n’est pas au fond du trou ! On garde le moral, d’autant que les événements nous donnent raison et que le futur nous donnera raison.


A lire aussi, un article du Parisien sur l’Université d’été du NPA (26 août 2012) :

Port-Leucate : le NPA fait sa rentrée… sur la plage

Une légère brise marine, des chaises en plastiques alignées face à la grande Bleue, un podium aménagé à même le sable. Dimanche soir, c’est sur la plage de la station balnéaire de Port-Leucate (Aude) que le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) a ouvert sa traditionnelle université d’été, dont le thème est cette année «Interroger le capitalisme».

Cette année, 650 personnes se sont inscrites à ces quatre jours de débats et d’ateliers. Une chiffre «similaire», selon le NPA, à l’édition de 2011 malgré le contexte de crise que traverse le parti après la défection de plusieurs de ses cadres dirigeants. Après une première journée de débat, place jusqu’à 23h30 au meeting «international» en présence de Philippe Poutou et Olivier Besançenot, tous deux anciens candidats à la présidentielle, et de Christine Poupin, l’actuelle porte-parole du parti trotskyste.

«La crise n’est pas une fatalité ! Partout des gens se battent, des gens résistent !», a clamé Philippe Poutou vers 23 heures, appelant à une «mobilisation générale» dans une intervention publique très applaudie, l’une de ses premières depuis le 22 avril, 1er tour de la présidentielle, où l’ouvrier de Blanquefort (Gironde) avait réuni 1,15% des voix. L’ancien candidat a évoqué les 100 premiers jours du gouvernement Ayrault, retenant notamment le «plafonnement des revenus des dirigeants dans les entreprises publiques, la promesse du mariage des homosexuels, ou encore la loi sur le harcèlement sexuel».

Poutou, «il est vraiment phénoménal !»

Il est aussi revenu sur «l’explosion de colère» d’Amiens (Picardie), taclant l’intervention du ministre de l’intérieur «oublié par l’UMP», Manuel Valls, mais aussi les déclarations de Jean-Luc Mélenchon lundi dernier sur France Inter, qui avait qualifié de «larbins» les jeunes d’Amiens. «On ne fait pas partie des gens qui pensent que ces jeunes-là sont les larbins du capitalisme», a assuré Philippe Poutou. Hésitant parfois dans son intervention, mais toujours souriant, Philippe Poutou a déclenché l’hilarité des militants qui ont commencé à chantonner: «Il est vraiment ! Il est vraiment phénoménal !»

Parmi les intervenants également : Aurore Martin, une militante âgée de 33 ans, membre du parti politique indépendantiste basque Batasuna et actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt européen, mais aussi des militants du principal parti d’opposition en Grèce Syriza (gauche radicale). Invités de marque sur la plage de Port-Leucate : l’Europe, avec le pacte budgétaire européen, qui sera soumis au vote de l’Assemblée en octobre. Pour la porte-parole du NPA Christine Poupin qui a appelé à «l’organisation de la riposte»: «Une autre Europe est nécessaire et ça passe par le rejet de ce traité». Elle n’a pas répondu, cependant, à l’appel lancé quelques heures auparavant par le Front de gauche d’organiser une grande journée d’action le 30 septembre prochain contre le TSCG.

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