Mettre les profiteurs à la redresse !

Depuis la fin des élections, on assiste à une cascade de fermetures de sites, de plans de licenciements et compressions d’effectifs, sans parler des centaines de milliers de « départs volontaires » – encore une arme législative au service des licencieurs.
Malgré les mensonges de la direction de Peugeot-Citroën, la fermeture programmée du site d’Aulnay-sous-Bois (3 000 salariés et 10 000 emplois induits en Seine-Saint-Denis) n’est plus un mystère pour personne. De son côté, Air France vient d’annoncer plus de 5 000 suppressions de postes, soit plus de 10 % des effectifs. La direction d’Air France prétend trouver plusieurs milliers de salariés prêts à quitter « volontairement » leur boulot sans proposition de reclassement et pour des indemnités dérisoires. On imagine ce que mettent en œuvre les patrons pour trouver des volontaires : pressions à tous les étages, conditions de travail insoutenables et management par la peur.
Face à cela, le ministre du « redressement productif », Arnaud Montebourg, use de la même entourloupe que les gouvernements précédents. À chaque annonce de fermeture d’entreprise, il fait miroiter aux salariés le rachat par un « repreneur », dont la mission consiste à fermer la boite un peu plus tard après avoir baissé les salaires et réduit les effectifs à coups de plans successifs. Bref, le redressement productif en question, ce n’est en rien mettre les patrons licencieurs à la redresse. Au contraire cela consiste surtout à leur permettre de licencier au moindre frais en faisant sous-traiter les licenciements par divers repreneurs véreux. Et c’est ainsi que perdurent leurs affaires juteuses.

Notre dû, pas l’aumône
Sur les salaires comme sur les licenciements, le gouvernement n’a pas choisi le camp des salariés. Bien au contraire. Le « coup de pouce » au SMIC annoncé cette semaine atteint 22 euros net par mois ! Même pas la moitié d’un plein de gazole. Il est temps de rappeler à ce gouvernement que les travailleurs ne font pas la manche. C’est au bas mot 300 euros nets mensuels pour tous qu’il nous faut, ne serait-ce comme simple rattrapage, et le Smic à 1 700 euros nets tout de suite.

Le prétexte de l’aide aux PME
Selon le gouvernement, si l’augmentation est faible, c’est pour ne pas entamer la « compétitivité » des petites et moyennes entreprises qui n’ont pas les reins assez solides.
Mais si tel est le cas, pourquoi le gouvernement n’impose-t-il pas aux banques, à qui il a prêté des centaines de milliards à des taux défiant toute concurrence, de prêter aux mêmes taux aux PME ? Pourquoi serait-ce aux smicards, aux mères célibataires contraintes aux temps partiels, aux vendeuses de chez Camaïeu ou de H&M, aux caissières de Carrefour… de financer « l’économie réelle », comme dit Montebourg ? Ou à la Banque publique qu’il envisage de créer, non pas en prenant aux banques privées, mais en puisant sur l’impôt et l’épargne des contribuables.
Mais si le gouvernement compte bien aider les patrons, grands, moyens ou petits, le voilà déjà ce lundi réuni en « séminaire » pour, dit-il, « redresser » le budget de l’état, c’est à dire le réduire. Il affirme que pour la fin 2012 il pourrait récupérer les 7 à 10 milliards manquants par un relèvement (très limité) de l’impôt sur la fortune ou des droits de successions. Mais pour 2013, c’est sur les services publics notamment qu’il compte faire des économies draconiennes : on parle déjà de ne plus remplacer deux fonctionnaires partant à la retraite sur trois. Pire donc que les réductions d’emplois dans la fonction publique qu’avait décidées Sarkozy avec le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.
Contre les patrons qui licencient et le gouvernement aux ordres qui annonce déjà l’austérité « de gauche », il y a de quoi être en colère. Des luttes éclatent ici ou là. Mais la colère demeure, sinon rentrée, du moins cloisonnée, éparpillée. Il faudra bien qu’elle s’exprime par une lutte d’ensemble pour l’interdiction des licenciements, le partage du travail entre tous et les salaires décents.

Tous ensemble contre les licenciements
Jeudi 28 juin, plus de 1 500 personnes ont manifesté devant le siège de PSA, avenue de la Grande Armée à Paris. Des centaines de travailleurs d’Aulnay, des cars de Sochaux, Mulhouse et ailleurs, des délégations d’à peu près tous les sites du groupe étaient là pour contester les projets de fermeture planant sur Aulnay-sous-Bois, Sevelnord ou encore La Janais à Rennes.
Des petits groupes de salariés d’autres boîtes, eux aussi menacés de licenciements, étaient venus faire cause commune avec ceux de PSA : Technicolor Angers, Air France, et General Motors Strasbourg, menacé de fermeture suite au rapprochement de leur groupe avec PSA.
Face aux patrons licencieurs, c’est cette union-là qui fait notre force.

« Volontaire » coûte que coûte…
La direction de PSA estime que ses gentils salariés devraient se précipiter vers le miroir aux alouettes qu’est son plan de départs au « forçariat ». Elle souffrirait, la pauvre, « d’un contexte économique et concurrentiel très difficile ». Au CCE du 30 mai dernier, elle s’offusque d’ailleurs que seulement 623 personnes, dont 272 licenciés, se soient résignés à « bénéficier » du dispositif, alors qu’elle en voudrait 1 900 à fin 2012. Du coup elle élargi le champ des possibles aux métiers « à l’équilibre », en plus de ceux qui seraient « sensibles », espérant pouvoir trouver plus de salariés conciliants sur ses malheurs.
« En tension », « à l’équilibre » ou « sensibles », pas question pour nous de se faire jeter dehors ou d’être forcé de changer de poste, voire de site, pour ses beaux yeux… où se reflète la recherche de profit sur notre dos !

PSA ou la mémoire au gré de la trésorerie
A la suite d’attaques en justice PSA a dû admettre qu’au moins 3 000 salariés qui étaient partis au titre de la CASA après juillet 2008 devront avoir leur indemnité de départ anticipé augmentée de 10 000 à 15 000 €.
La direction n’a pas oublié de les payer innocemment puisqu’elle avait provisionné 40 millions pour les payer dès 2011. En tout cas, elle est prise la main dans le sac.
Même la justice, qui a toujours été très indulgente pour les grosses entreprises, reconnaît que PSA a versé des indemnités de licenciement au rabais. Mais la réalité est qu’elle saute sur toutes les occasions pour nous escroquer.

GM : les promesses s’envolent, les sacrifices restent
Le 12 juin, 400 ouvriers, sur les 1 000 salariés que compte GM Strasbourg, ont cessé le travail.
Cela fait suite à l’annonce de fermeture, trahissant la promesse faite par la direction de maintenir la production jusqu’en 2014. Elle avait imposé le gel des salaires et la suppression de 7 jours de RTT.
Ils se sont réunis en AG et ont décidé ensemble de se battre pour le maintien de tous les emplois jusqu’en 2020.
Face aux annonces de fermetures qui se multiplient, c’est la voie qu’il faut suivre : se battre tous ensemble pour imposer le rapport de force face au patronat bien organisé.

PSA, licencieur !
La direction de Sochaux vient d’annoncer la suppression de 300 postes d’intérimaires d’ici le mois d’octobre. Le prétexte est toujours le même : la baisse des ventes. Et c’est ce qui lui sert à justifier la baisse des effectifs sur tous les sites. Poussant au départ ceux qui sont en CDI et mettant à la porte les travailleurs précaires – intérimaires et prestataires.
Chômage pour les uns et augmentation de la charge de travail pour les autres, il n’y a que tous ensemble que nous pourrons arrêter cette politique de rapaces.

Un « supplément »… à déduire
La retraite supplémentaire obligatoire souscrite auprès d’AXA par PSA sent bon l’arnaque. Comme n’importe quel « investissement » en actions, elle est soumise à des aléas qui ne permettent pas de compter dessus une fois en retraite.
Cette année, c’est le pompon : malgré le versement ponctionné sur notre salaire en 2011, on se retrouve bien souvent avec un compte plus petit qu’en 2010 ! Et le courrier d’accompagnement de mentionner des « droits supplémentaires »… quand la garantie la plus solide pour nos retraites est le plus faible taux de chômage possible, dans un régime par répartition.
Avec ces bonnes nouvelles, AXA a joint un bulletin de souscription volontaire. Réservons-lui le succès qu’il mérite. Car ce sont de « vrais » droits que nous avons à défendre.

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