Législatives 2012. Défaite attendue de la droite

A l’issue du premier tour, le PS et ses alliés – Europe Ecologie Les Verts, le PRG, le MRC – sont en passe d’obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. Après avoir tourné la page de la droite, il restera à réunir les forces hostiles à la poursuite de l’austérité, pour imposer un véritable changement.

Peu de débats ont enflammé la campagne. Le couple Hollande-PS a fait juste ce qu’il fallait pour assurer la mobilisation de l’électorat socialiste : mettre en oeuvre quelques timides promesses de campagne, adopter une posture en rupture avec l’arrogance de l’ex-président des riches, faire miroiter la « relance » censée régler les problèmes. De son côté, le discours catastrophiste de la droite contre le nouveau pouvoir « dépensier » a permis la seule mobilisation de l’électorat UMP, très minoritaire dans le pays. L’extrême droite aussi a peiné à rassembler ses électeurs. C’est l’abstention (42,8 %) qui a pris le pas dans une partie importante de l’électorat. En particulier, l’électorat populaire et les jeunes se sont peu mobilisés. Un ouvrier ou un employé sur deux s’est abstenu (selon IPSOS). L’abstention frôle les 60 % chez les 25-34 ans et atteint les deux tiers des 18-24 ans. Seuls les 60 ans et plus ont beaucoup voté : le taux d’abstention dans cette tranche d’âge n’est que de 25 %. La droite est en passe d’être battue, l’extrême droite est contenue, mais c’est l’absence d’enthousiasme populaire qui marque cette élection.

Abstention et faiblesse de la gauche radicale

Le NPA a pâti de cette abstention massive. Seule une partie des électeurs de Philippe Poutou à l’élection présidentielle s’est déplacée à nouveau pour la législative, ce qui a conduit à des scores très faibles (dans le calvados : 0,4 % dans les circonscriptions n°2, 4 et 5 et 0,6 % dans les circonscriptions 1, 3 et 6). Dans le département, les candidatEs du NPA ont rassemblé 1 490 suffrages, alors que Philippe Poutou avait obtenu 5 910 voix.

Avec 6,9 % au niveau national (5,9 % dans le Calvados), le Front de gauche ne fait pas non plus le score qu’espéraient ses militants. Non seulement Jean-Luc Mélenchon est sévèvement battu à Hénin-Beaumont, mais, en plus, le PCF redoute ne pas atteindre la barre des quinze députés nécessaires pour constituer un groupe parlementaire. Les candidatEs du PG sont distancés par le PS, sauf Marc Dolez dans le Pas-de-Calais. Le PCF devrait plusieurs députés dans ses bastions de la région parisienne, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis, le PS le devançant au premier tour. Du coup, les discours triomphalistes sont remisés. Lundi matin, Pierre Laurent envisageait déjà… une modification du règlement de l’Assemblée nationale pour constituer quand même un groupe ! C’est dire qu’il compte plus sur la bienveillance du PS que sur les électeurs pour sauver le groupe. Quant à la participation au gouvernement, l’exigence de « prendre en compte » le Front de gauche est réaffirmée par la direction du PCF. Les militants trancheront après le deuxième tour. Mais qui croit encore en la capacité du Front de gauche à « peser » sur le PS, qu’une de ses composantes aille au gouvernement ou pas ?

 A en croire l’institut IPSOS, l’électorat de Jean-Luc Mélenchon, moins abstentionniste qu’en moyenne (38 % contre 42,8 % en moyenne), se serait partagé presque à égalité entre le vote pour un candidat du Front de gauche et le vote pour un candidat du PS ou de ses alliés : 44 % auraient choisi le Front de gauche et 48 % le PS, EE-LV ou un petit parti de gauche dans l’orbite du PS. Peut-être un retour au bercail, après la déception du score de la présidentielle ?

Regrouper les forces pour les combats à venir

La séquence électorale se termine avec de nombreux points d’interrogation pour la gauche radicale. Si le NPA n’a pas su convaincre dans les urnes, sa campagne a correspondu aux besoins sociaux de la grande majorité de la population. Mettre en place un bouclier social contre la crise, en stoppant les licenciements et en partageant les richesses sont des urgences absolues, faute de quoi nous risquons la récupération de la désespérance sociale par la démagogie d’extrême droite. De même, la prise de contrôle des banques et l’arrêt du remboursement de la dette. Après la Grèce, la dégradation de la situation en Espagne montre qu’il n’y a pas d’alternative autre que celle-ci : c’est soit l’austérité et la régression sociale, soit une politique permettant à un véritable gouvernement des travailleurs de contrôler les leviers de commande laissés aujourd’hui entre les mains de la finance. Mais ce gouvernement des travailleurs ne pourra voir le jour que sur la base de mobilisations, il ne naîtra pas de l’accumulation de bulletins de vote.

Le gouvernement Hollande a choisi la cohabitation avec la finance. Il entend tenir les « engagements » du remboursement de la dette et ramener les déficits aux niveaux imposés dans l’Union européenne. Or, seule une politique d’austérité baissant les dépenses publiques et rognant sur la protection sociale permettrait d’atteindre ces objectifs. La confrontation est donc inévitable.

La réunion des opposants à l’austérité est nécessaire. C’est cela que le NPA propose à toutes les forces politiques et sociales qui veulent se battre pour que les travailleurs ne paient pas la crise du système. Il n’y a pas d’autre voie pour lutter contre cette crise.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :