SMIC, retraite, « plans sociaux » : premiers pas du gouvernement

L’installation de François Hollande et du nouveau gouvernement a coïncidé avec les déplacements du nouveau président. Mais les dossiers sociaux n’ont pas disparu. Les premières annonces des ministres donnent le la. La concertation avec les partenaires sociaux de mardi 29 mai n’a débouché sur rien de concret. On ne peut compter sur la gauche libérale pour des avancées sociales, même pas pour l’annulation des réformes régressives de Sarkozy.

L’emploi, les salaires, les retraites : voilà les préoccupations essentielles d’une grande partie de la population.
Après la pause de l’élection présidentielle, des plans de suppressions d’emploi laissés en attente vont être annoncés. Air France débute la liste. Arnaud Montebourg, le nouveau ministre du « redressement productif » aura une lourde tâche. Il a indiqué vouloir « ouvrir des discussions tous azimuts » avec les dirigeants des entreprises qui menacent de fermer des sites en France, et envisage déjà qu’il « se pourrait que nous encaissions des échecs » ! Montebourg a obtenu de la direction d’Unilever qu’elle reprenne les discussions sur l’avenir de sa filiale Fralib à Gemenos, dans les Bouches-du-Rhône. Mais, à ce jour, aucune annonce portant sur la nécessité de garantir partout l’emploi, qui devrait primer sur les intérêts des actionnaires. Pas d’annonce d’une loi interdisant les licenciements, bien sûr, mais le traitement de « dossiers » au cas par cas.

Une augmentation du SMIC à minima ?

Interrogé sur l’augmentation du SMIC, le ministre du travail et de l’emploi, Michel Sapin, a été clair : il y aura un « coup de pouce » en juillet, mais pas d’augmentation massive. Le ministre prétend ménager les patrons tout en reconnaissant l’insuffisance du SMIC : « Quand vous êtes une caissière à 70 % du SMIC, vous n’arrivez pas à vivre, il est légitime que de donner un coup de pouce au SMIC. Mais quand vous êtes une petite entreprise avec des carnets de commandes difficiles, vous vous posez la question de l’équilibre de votre compte, et là on ne peut pas non plus faire des sauts sur le SMIC, c’est cela qu’il faut concilier et une décision sera prise ». Interrogé sur France 2 mardi 29 mai, François Hollande a confirmé qu’il n’y aura pas d’augmentation massive.
Enfin, sur les retraites, le gouvernement entend limiter le nombre de travailleurs pouvant partir à 60 ans. Un décret devrait concerner les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et cotisé 41 ans. La marge de la négociation laissée aux syndicats est étroite, puisqu’il s’agit seulement de définir quelles périodes hors emploi (chômage, maternité, service militaire, maladie) pourraient être prises en compte.

Un « sommet social » sans grande perspective

Le gouvernement compte discuter de ces « dossiers sociaux » lors d’une « grande conférence sociale » avec les « partenaires sociaux », selon les termes de Jean-Marc Aurault, avant mi-juillet.
Les très modestes mesures qui seront annoncées sont encore trop pour le MEDEF et la droite. Copé, Le Maire, Bertrand, Fillon et Parisot elle-même sont montés au créneau pour dénoncer l’augmentation du SMIC et la soi-disant porte ouverte à la remise en cause de la réforme des retraites. Le refrain est toujours le même : les entreprises ne supporteraient pas…
La réalité est tout autre. En 2011, les seules sociétés non financières ont réalisé 287 milliards d’euros de profits et redistribué 95 milliards net en revenus de la propriété (5,4 % de plus qu’en 2010).
Augmenter les salaires, en commençant par porter le SMIC à 1700 euros net, interdire les licenciements et obliger le patronat à mutualiser le coût du maintien des emplois, revenir à la retraite à 60 ans pour tous et instaurer le taux plein dès cet âge, c’est possible ! C’est une question de choix politique.

Ce n’est pas le choix du gouvernement Hollande ni du Parti socialiste, mais cela ne leur évitera pas ni la critique de la droite revancharde, ni celle de l’extrême droite en embuscade.

En revanche, ce programme de mesures d’urgence est celui que défendent les candidats et les candidates du NPA à l’élection législative.

Voter pour eux et pour elles, c’est voter pour ces mesures d’urgence sociales, c’est voter pour le rassemblement de celles et ceux qui ne font aucune confiance à Hollande et veulent sans attendre organiser un opposition de gauche à son gouvernement pour imposer par nos luttes le « changement maintenant ».

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