Réunir la gauche qui ne fait pas confiance à Hollande…

Le NPA a adressé une lettre aux organisations « à la gauche du Parti socialiste » leur proposant une rencontre pour « œuvrer de manière unitaire à la construction d’une opposition de gauche au gouvernement Hollande« .

Lettre du NPA à : Alternatifs, Alternative Libertaire, MOC, PCF, PG, GU, FASE, C&A, Lutte Ouvrière, POI

Après la défaite de Sarkozy à l’élection présidentielle, une grande partie de la population, notamment parmi les salarié-e-s actifs et retraités, les privé-e-s d’emploi et les jeunes, espère en finir avec une politique ouvertement en service des plus riches, des banques et des entreprises du CAC 40. Toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus des attaques anti-sociales et xénophobes, des lois liberticides et des discriminations ont envie que ce ne soit pas seulement Sarkozy et l’UMP qui aient été dégagés, mais toute leur politique !

Depuis l’élection de François Hollande, pas un jour ne s’est écoulé sans l’annonce d’une fermeture d’entreprise et de centaines de licenciements. Ce sont des milliers de travailleurs, de travailleuses, des familles entières qui, depuis des mois maintenant, sont livrés à la brutalité de la précarité. La crise n’est pas derrière nous mais bien devant nous, elle va continuer à s’aggraver. Elle touche l’ensemble de la planète et tout particulièrement le continent européen. En Grèce, en Espagne, en Italie, les populations voient leur niveau de vie se dégrader de jour en jour ; partout s’exprime la colère contre les diktats de la troïka. L’extrême droite progresse, récupérant à son compte une partie du mécontentement social.

François Hollande ne s’est même pas engagé à défaire les contre-réformes de Sarkozy, y compris la réforme des retraites. Il nous dit qu’on peut concilier l’acceptation du traité budgétaire européen, qui veut imposer « la règle d’or » de l’austérité à toute l’Europe, avec un soi-disant « pacte de croissance européen ». La gauche libérale, on l’a vu en Espagne ou en Grèce, est incapable de se dégager du carcan de la dette, de la soumission des finances publiques aux intérêts privés des banques. Et du coup, elle n’aura pas d’autre choix que de mener une politique de remise en cause des acquis des salariés. Elle le fera peut-être de façon moins cynique et agressive que la droite, elle le fera en prétendant aider la croissance, donner « un sens à l’austérité », mais du point de vue des conditions de vie et de travail de la majorité de la population, la régression continuera.

Il y a donc urgence pour les organisations du mouvement ouvrier, de la gauche anti-libérale, anticapitaliste, révolutionnaires, à agir sans attendre sur ce qui peut et doit nous réunir : contribuer à résister ensemble à toutes les politiques d’austérité, affirmer sans relâche que ce n’est pas à la population de payer la crise des capitalistes. C’est une nécessité vitale, d’autant plus urgente nous les savons toutes et tous, que l’extrême droite de Marine Le Pen est en embuscade, elle qui prétend incarner une prétendue opposition mais en la dévoyant sur le terrain du nationalisme, du chauvinisme et du racisme.

Toutes celles et ceux qui ne font pas confiance au Parti socialiste et à ses alliés pour s’en prendre aux vrais responsables de la crise doivent selon nous dès maintenant unir leurs forces, indépendamment de leurs divergences, pour aider à construire les mobilisations nécessaires afin d’imposer les revendications vitales pour notre camp social.

C’est pourquoi nous proposons une discussion afin de voir comment nos organisations respectives pourraient œuvrer de manière unitaire à la construction d’une opposition de gauche au gouvernement Hollande, en mettant en avant sans attendre quelques revendications vitales pour le monde du travail et l’ensemble des classes populaires. Lesquelles pourraient intégrer plusieurs dimensions :

– l’abrogation des mesures prises tout au long du quinquennat de Sarkozy, lois antisociales, atteintes aux services publics, lois xénophobes ou liberticides,
– contre la ratification du pacte budgétaire européen,
– la lutte contre les licenciements,
– l’augmentation des salaires.

Nous estimons aussi nécessaire de discuter comment nous pourrions nous coordonner pour lutter contre le Front national et son influence sur une partie de la population.

Nous vous proposons de nous rencontrer rapidement après le second tour des élections législatives, à une date qui nous convienne les uns et les autres et selon des modalités qui vous semblent le plus approprié : rencontres bilatérales afin d’éclaircir au mieux les préoccupations des uns et des autres, rencontres collectives pour commencer à avancer ensemble.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir nos salutations militantes.

Montreuil, le 28 mai 2012

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :