Grèce : avec le peuple et la gauche radicale, par Henri Wilno (24 mai 2012)

30 mai 2012

La Grèce est sous pression de l’Union européenne qui veut lui imposer l’austérité. Les élections du 6 mai ont changé la donne, et le prochain scrutin du 17 juin devrait confirmer le refus des Grecs de payer la crise.

«Let’s loook happy » (ayons l’air d’être contents), a recommandé Barack Obama à ses collègues au moment de la photo des dirigeants au G8 de ce week-end. François Hollande s’est déclaré satisfait des résultats du sommet et notamment d’avoir réussi à faire inclure le mot « croissance » dans le communiqué final : « Je considère que le mandat qui m’a été confié par les Français a d’ores et déjà été honoré ». Et allons donc ! En fait, cette déclaration du G8 n’est que verbiage sans conséquence ou annonce de mesures supplémentaires de libéralisation de l’économie. À l’instar de celles prônées par la Banque centrale et la Commission européennes.

Le vrai problème est l’approfondissement de la crise en Europe avec deux pays dans l’œil du cyclone : l’Espagne et surtout la Grèce. En Espagne, le système bancaire est de plus en plus fragilisé (au point d’avoir amené le gouvernement de droite à nationaliser la troisième banque espagnole : Bankia) et le taux d’intérêt exigé par les marchés pour acheter la dette publique s’élève considérablement. Mais c’est vers la Grèce que tous les regards se tournent. Le bon score de Syriza, premier parti de la gauche radicale, aux élections du 6 mai a souligné à nouveau l’impasse de l’austérité imposée au peuple grec.

Les dirigeants européens sont tiraillés entre deux objectifs. Le premier est de ne pas fragiliser la zone euro. Une sortie de la Grèce créerait un précédent avec des risques accrus de spéculation de marchés financiers toujours libres d’agir comme ils le veulent ; elle pourrait être annonciatrice du début de la fin de l’euro. Le second objectif est de ne pas céder sur les politiques d’austérité et de démantèlement des acquis sociaux.

Vis-à-vis de la Grèce, l’Union européenne refuse donc de dissocier soutien financier et mesures d’austérité (résumées dans un document appelé « mémorandum »). Céder sur le mémorandum serait un recul global susceptible d’encourager les peuples espagnol, portugais, etc. soumis à des tours de vis de plus en plus durs.

Des pressions répétées sur les électeurs grecs

Par leurs pressions et leur propagande, les dirigeants européens espèrent peser sur le résultat des nouvelles élections grecques du 17 juin en faveur d’une victoire de la droite et des sociaux-démocrates contre la gauche radicale et Syriza. Quitte à renégocier ensuite certains aspects du mémorandum avec un gouvernement qui en acceptera l’essentiel.

Dans ce contexte, les déclarations d’Alexis Tsipras, dirigeant de Syriza, consistent à mettre un pied dans la porte pour placer les dirigeants européens face à leurs contradictions : « Le 17 juin nous enterrerons le mémorandum. Nous voulons rester dans l’euro et l’Europe ne laissera pas tomber la Grèce par crainte de contagion. Mais, si tel était le cas, nous cesserons de rembourser la dette. » Quoique l’on pense de l’orientation générale de Syriza, à ce stade cette position apparaît profondément juste et mérite la solidarité de toutes les forces antilibérales et anticapitalistes en Europe.

Un affrontement essentiel est en train de se jouer autour de la Grèce. La suite, ce sont les événements qui en décideront. En Grèce, non seulement l’élection du 17 juin mais aussi le développement de formes d’auto-organisation unitaires capables de constituer, non seulement un instrument de résistance, mais un embryon d’alternative à un appareil d’État incapable et corrompu. En Europe, seront décisifs le développement de la crise, notamment en Espagne, et la capacité des mouvements populaires à peser sur les décisions des dirigeants.
François Hollande ne s’est pour l’instant en rien démarqué de cette logique infernale qui, en Grèce, réduit salaires et retraites, remet en cause les conventions collectives, désagrège le système de santé et fait progresser de 40 % les suicides. Laurent Fabius lundi 21 mai a mis en garde les électeurs grecs s’ils ne « faisaient aucun effort » pour rester dans l’euro. Tout ceci préjuge mal de la renégociation du traité budgétaire européen que Hollande a annoncé vouloir obtenir.

À nous, en France et en Europe, de prendre l’initiative. L’enjeu est de briser l’isolement du peuple grec aux avant-postes de la lutte contre l’austérité en Europe. Il faut pour cela prendre des initiatives de solidarité et dénoncer la campagne contre Syriza et la gauche radicale.

Henri Wilno


Lire aussi un entretien avec Dimitris Hilaris, membre de l’organisation OKDE-Spartakos (IVe Internationale), partie prenante de la coalition Antarsya, et une déclaration du Bureau exécutif de la (IVe Internationale). Le NPA participe comme observateur aux réunions des instances de la IVe Internationale.


Publicités

Réunir la gauche qui ne fait pas confiance à Hollande…

29 mai 2012

Le NPA a adressé une lettre aux organisations « à la gauche du Parti socialiste » leur proposant une rencontre pour « œuvrer de manière unitaire à la construction d’une opposition de gauche au gouvernement Hollande« .

Lettre du NPA à : Alternatifs, Alternative Libertaire, MOC, PCF, PG, GU, FASE, C&A, Lutte Ouvrière, POI

Après la défaite de Sarkozy à l’élection présidentielle, une grande partie de la population, notamment parmi les salarié-e-s actifs et retraités, les privé-e-s d’emploi et les jeunes, espère en finir avec une politique ouvertement en service des plus riches, des banques et des entreprises du CAC 40. Toutes celles et ceux qui n’en peuvent plus des attaques anti-sociales et xénophobes, des lois liberticides et des discriminations ont envie que ce ne soit pas seulement Sarkozy et l’UMP qui aient été dégagés, mais toute leur politique !

Depuis l’élection de François Hollande, pas un jour ne s’est écoulé sans l’annonce d’une fermeture d’entreprise et de centaines de licenciements. Ce sont des milliers de travailleurs, de travailleuses, des familles entières qui, depuis des mois maintenant, sont livrés à la brutalité de la précarité. La crise n’est pas derrière nous mais bien devant nous, elle va continuer à s’aggraver. Elle touche l’ensemble de la planète et tout particulièrement le continent européen. En Grèce, en Espagne, en Italie, les populations voient leur niveau de vie se dégrader de jour en jour ; partout s’exprime la colère contre les diktats de la troïka. L’extrême droite progresse, récupérant à son compte une partie du mécontentement social.

François Hollande ne s’est même pas engagé à défaire les contre-réformes de Sarkozy, y compris la réforme des retraites. Il nous dit qu’on peut concilier l’acceptation du traité budgétaire européen, qui veut imposer « la règle d’or » de l’austérité à toute l’Europe, avec un soi-disant « pacte de croissance européen ». La gauche libérale, on l’a vu en Espagne ou en Grèce, est incapable de se dégager du carcan de la dette, de la soumission des finances publiques aux intérêts privés des banques. Et du coup, elle n’aura pas d’autre choix que de mener une politique de remise en cause des acquis des salariés. Elle le fera peut-être de façon moins cynique et agressive que la droite, elle le fera en prétendant aider la croissance, donner « un sens à l’austérité », mais du point de vue des conditions de vie et de travail de la majorité de la population, la régression continuera.

Il y a donc urgence pour les organisations du mouvement ouvrier, de la gauche anti-libérale, anticapitaliste, révolutionnaires, à agir sans attendre sur ce qui peut et doit nous réunir : contribuer à résister ensemble à toutes les politiques d’austérité, affirmer sans relâche que ce n’est pas à la population de payer la crise des capitalistes. C’est une nécessité vitale, d’autant plus urgente nous les savons toutes et tous, que l’extrême droite de Marine Le Pen est en embuscade, elle qui prétend incarner une prétendue opposition mais en la dévoyant sur le terrain du nationalisme, du chauvinisme et du racisme.

Toutes celles et ceux qui ne font pas confiance au Parti socialiste et à ses alliés pour s’en prendre aux vrais responsables de la crise doivent selon nous dès maintenant unir leurs forces, indépendamment de leurs divergences, pour aider à construire les mobilisations nécessaires afin d’imposer les revendications vitales pour notre camp social.

C’est pourquoi nous proposons une discussion afin de voir comment nos organisations respectives pourraient œuvrer de manière unitaire à la construction d’une opposition de gauche au gouvernement Hollande, en mettant en avant sans attendre quelques revendications vitales pour le monde du travail et l’ensemble des classes populaires. Lesquelles pourraient intégrer plusieurs dimensions :

– l’abrogation des mesures prises tout au long du quinquennat de Sarkozy, lois antisociales, atteintes aux services publics, lois xénophobes ou liberticides,
– contre la ratification du pacte budgétaire européen,
– la lutte contre les licenciements,
– l’augmentation des salaires.

Nous estimons aussi nécessaire de discuter comment nous pourrions nous coordonner pour lutter contre le Front national et son influence sur une partie de la population.

Nous vous proposons de nous rencontrer rapidement après le second tour des élections législatives, à une date qui nous convienne les uns et les autres et selon des modalités qui vous semblent le plus approprié : rencontres bilatérales afin d’éclaircir au mieux les préoccupations des uns et des autres, rencontres collectives pour commencer à avancer ensemble.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir nos salutations militantes.

Montreuil, le 28 mai 2012


SMIC, retraite, « plans sociaux » : premiers pas du gouvernement

29 mai 2012

L’installation de François Hollande et du nouveau gouvernement a coïncidé avec les déplacements du nouveau président. Mais les dossiers sociaux n’ont pas disparu. Les premières annonces des ministres donnent le la. La concertation avec les partenaires sociaux de mardi 29 mai n’a débouché sur rien de concret. On ne peut compter sur la gauche libérale pour des avancées sociales, même pas pour l’annulation des réformes régressives de Sarkozy.

L’emploi, les salaires, les retraites : voilà les préoccupations essentielles d’une grande partie de la population.
Après la pause de l’élection présidentielle, des plans de suppressions d’emploi laissés en attente vont être annoncés. Air France débute la liste. Arnaud Montebourg, le nouveau ministre du « redressement productif » aura une lourde tâche. Il a indiqué vouloir « ouvrir des discussions tous azimuts » avec les dirigeants des entreprises qui menacent de fermer des sites en France, et envisage déjà qu’il « se pourrait que nous encaissions des échecs » ! Montebourg a obtenu de la direction d’Unilever qu’elle reprenne les discussions sur l’avenir de sa filiale Fralib à Gemenos, dans les Bouches-du-Rhône. Mais, à ce jour, aucune annonce portant sur la nécessité de garantir partout l’emploi, qui devrait primer sur les intérêts des actionnaires. Pas d’annonce d’une loi interdisant les licenciements, bien sûr, mais le traitement de « dossiers » au cas par cas.

Une augmentation du SMIC à minima ?

Interrogé sur l’augmentation du SMIC, le ministre du travail et de l’emploi, Michel Sapin, a été clair : il y aura un « coup de pouce » en juillet, mais pas d’augmentation massive. Le ministre prétend ménager les patrons tout en reconnaissant l’insuffisance du SMIC : « Quand vous êtes une caissière à 70 % du SMIC, vous n’arrivez pas à vivre, il est légitime que de donner un coup de pouce au SMIC. Mais quand vous êtes une petite entreprise avec des carnets de commandes difficiles, vous vous posez la question de l’équilibre de votre compte, et là on ne peut pas non plus faire des sauts sur le SMIC, c’est cela qu’il faut concilier et une décision sera prise ». Interrogé sur France 2 mardi 29 mai, François Hollande a confirmé qu’il n’y aura pas d’augmentation massive.
Enfin, sur les retraites, le gouvernement entend limiter le nombre de travailleurs pouvant partir à 60 ans. Un décret devrait concerner les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et cotisé 41 ans. La marge de la négociation laissée aux syndicats est étroite, puisqu’il s’agit seulement de définir quelles périodes hors emploi (chômage, maternité, service militaire, maladie) pourraient être prises en compte.

Un « sommet social » sans grande perspective

Le gouvernement compte discuter de ces « dossiers sociaux » lors d’une « grande conférence sociale » avec les « partenaires sociaux », selon les termes de Jean-Marc Aurault, avant mi-juillet.
Les très modestes mesures qui seront annoncées sont encore trop pour le MEDEF et la droite. Copé, Le Maire, Bertrand, Fillon et Parisot elle-même sont montés au créneau pour dénoncer l’augmentation du SMIC et la soi-disant porte ouverte à la remise en cause de la réforme des retraites. Le refrain est toujours le même : les entreprises ne supporteraient pas…
La réalité est tout autre. En 2011, les seules sociétés non financières ont réalisé 287 milliards d’euros de profits et redistribué 95 milliards net en revenus de la propriété (5,4 % de plus qu’en 2010).
Augmenter les salaires, en commençant par porter le SMIC à 1700 euros net, interdire les licenciements et obliger le patronat à mutualiser le coût du maintien des emplois, revenir à la retraite à 60 ans pour tous et instaurer le taux plein dès cet âge, c’est possible ! C’est une question de choix politique.

Ce n’est pas le choix du gouvernement Hollande ni du Parti socialiste, mais cela ne leur évitera pas ni la critique de la droite revancharde, ni celle de l’extrême droite en embuscade.

En revanche, ce programme de mesures d’urgence est celui que défendent les candidats et les candidates du NPA à l’élection législative.

Voter pour eux et pour elles, c’est voter pour ces mesures d’urgence sociales, c’est voter pour le rassemblement de celles et ceux qui ne font aucune confiance à Hollande et veulent sans attendre organiser un opposition de gauche à son gouvernement pour imposer par nos luttes le « changement maintenant ».


Non à la criminalisation des actions de solidarité avec la Palestine

24 mai 2012

Sept militants pro-palestiniens d’Alençon sont convoqués devant le procureur de la république à la suite d’une action de soutien à la lutte du peuple palestinien appelant au boycott des produits israéliens. Cette convocation ressemble fort à une tentative d’intimidation ! Un rassemblement de soutien aux sept militants est organisé à Alençon mardi 29 mai.

En février 2010, le comité Palestine ornais et l’AFPS (Association France Palestine Solidarité) de l’Orne ont mené une action de soutien au peuple palestinien devant un magasin Carrefour Market d’Alençon, appelant au boycott des produits israéliens. Cette action était menée dans le cadre de la campagne internationale Boycott, Désinvestissement, Sanction (BDS).

A la suite de cette action, une plainte a été déposée par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) pour discrimination, incitation à la haine et à la violence à l’égard d’une ethnie, d’une nation, d’une race ou d’une religion.

Une plainte sans fondement

L’appel au boycott des produits israélien n’a rien à voir avec l’incitation à la haine. En effet, la campagne BDS souligne que les produits dits israéliens ne respectent pas les normes de traçabilité permettant de les distinguer des produits en provenance des colonies illégales d’Israël dans les Territoires Palestiniens occupés. Il est nécessaire de rappeler qu’en 2000 l’Etat d’Israël a conclu un accord d’association économique avec l’Union européenne l’autorisant à exporter ses produits vers l’UE sans taxe douanière. Des entreprises israéliennes installées dans les colonies profitent ainsi d’avantages considérables. Ces colonies, qui volent les terres et les ressources des Palestiniens, comme il est nécessaire de le rappeler sans cesse, profitent en toute illégalité de cette dispense de taxes douanières, car ces produits sont exportés sous l’appellation frauduleuse « Origine Israël ». Ainsi, l’Etat d’Israël exploite économiquement les Territoires Occupés, et ceci en violation du droit international. La campagne de boycott a pour objet de dénoncer cette situation et de faire pression sur les autorités israéliennes pour le rétablissement du peuple palestinien dans ses droits, ce qui n’a rien à voir avec une incitation à la haine !

Continuons la campagne BDS !

Pourtant, les sept militants – Nicole Le Strat, Chantal Mallet, Christine Coulon, François Tollot, Pierre Frénée, Jo Montier et Alain Bertin – ont été convoqués au Commissariat de police le 14 mai dernier. Ils sont à nouveau convoqués, cette fois devant le Délégué du Procureur de la République d’Alençon, pour un rappel à la loi ou avertissement, mardi 29 mai 2012. Dans un communiqué, le collectif Palestine de l’Orne et l’AFPS « [considèrent] ce rappel à la loi ou avertissement comme une sanction et nous refusons d’être traités comme des délinquants. Nous disons non à la criminalisation des actions de solidarité avec la Palestine, non à l’intimidation des militants qui se battent pour le droit et la justice. » Ils organisent un rassemblement de soutien aux sept militants mardi 29 mai à 13h30 place Foch à Alençon.

Le NPA apporte un soutien total aux sept militants, au collectif Palestine de l’Orne et à l’AFPS.

Le NPA réclame l’arrêt des procédures à l’encontre des militants.

Le collectif Palestine du Calvados organise un covoiturage depuis Caen pour se rendre mardi à Alençon. Le rendez-vous est fixé à 11h45, sur le parking de Leclerc à Ifs près des pompes à carburant. Allons nombreux et nombreuses à Alençon !


Non aux expulsions !

20 mai 2012

Le « Collectif 14 pour le respect des droits des étrangers » appelle à un rassemblement de soutien à une famille géorgienne menacée d’expulsion (voir son communiqué). Le NPA soutient cette initiative.

Des référés et des recours ont été déposés pour empêcher l’expulsion de cette famille à qui la préfecture refuse des papiers.

La mobilisation est nécessaire pour apporter notre soutien et exiger la fin des expulsions. Il est inadmissible que les menaces d’expulsion ne soit pas levées. La seule expulsion nécessaire était celle de Sarkozy de l’Elysée. Ceci étant fait, la suspension des mesures d’expulsions comme des placements en centre de rétention s’impose, comme le réclament les associations de défense des étrangers.

Le nouveau gouvernement doit transmettre de nouvelles instructions au plus vite aux préfets.

Enfin, il faut continuer le combat pour la régularisation de tous sans papiers, car c’est la seule solution pour sortir de la précarité des milliers d’hommes, de femmes et d ‘enfants. François Hollande s’y oppose. C’est par notre mobilisation que nous gagnerons ce combat.

———————————————

Appel à soutien – rassemblement

La famille BABUTSIDZE sera à nouveau devant le Tribunal administratif de Caen mardi 22 mai 2012 à 9h30

Seront évoquées deux choses :

– Le référé introduit au mois de novembre où nous avions gagné sera évoqué sur le fond.

– Le recours contre les O.Q.T.F. (Obligation de Quitter le Territoire Français) délivré par le préfet à l’encontre de Tsotné et de sa Mère.

Pour info : Mery a obtenu Une autorisation provisoire d’un an pour raison de santé avec autorisation de travailler.

Merci de venir les soutenir par votre présence le mardi 22 mai 2012 à 9h15 devant le tribunal administratif.

Collectif 14 pour le respect des droits des étrangers.

droitdesetrangers14@yahoo.fr


Législatives : le NPA présente des candidat.e.s

18 mai 2012

Nous avons viré Sarkozy mais la crise et ses responsables, les capitalistes, sont toujours là, avec le chômage, la vie chère, la destruction de l’environnement. Pour que cela change vraiment, il faut s’attaquer à la toute puissance de cette petite minorité de profiteurs qui pille la société. Or, ce n’est pas le programme de F. Hollande. C’est pour cela qu’il faut qu’une autre voix s’exprime à gauche.

Le nouveau gouvernement fait ses premiers pas. Les nouveaux ministres font leurs premières annonces. Le Parti socialiste, de son côté, prépare les législatives pour pouvoir disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale. Europe Ecologie – Les Verts s’est rallié sans problème, comme prévu, en laissant à la porte du gouvernement les convictions des militant.e.s écologistes. Le Front de gauche – ou seulement le PCF ? – négocie avec le PS et EE-LV quelques circonscriptions. Fidèles à eux-mêmes, les dirigeants du Front de gauche ménagent la chèvre et le chou quant à leur positionnement par rapport au Parti socialiste et au gouvernement : « ni participation, ni soutien, ni opposition » ? Quoi alors ?

Sarkozy a été battu, et c’est un grand soulagement pour la grande majorité des travailleurs et des jeunes. Mais il nous reste à imposer un vrai changement de politique. Nous ne devons attendre aucun miracle de François Hollande, dont le programme est incapable de faire face à la crise du capitalisme. D’ailleurs, bon nombre de ses électeurs du deuxième tour ont plus voté contre Sarkozy que pour Hollande. Cette crise est si grave qu’il n’y a pas d’alternative possible que celle-ci : soit on s’attaque au système, soit on capitule devant les exigences de la finance.

Imposer le changement par nos luttes

Cela signifie-t-il que l’horizon soit bouché ? Pas du tout ! Des millions de travailleurs et de jeunes, aux avant postes dans la résistance au rouleau compresseur sarkozyste, exigent la fin de l’austérité, le partage des richesses. Dans la rue pendant cinq ans à chaque fois que cela fut nécessaire, ils se sont retrouvés dans les campagnes clairement à gauche du PS de Philippe Poutou, de Nathalie Arthaud et de Jean-Luc Mélenchon. Le NPA souhaite l’unité de cette gauche politique et sociale pour imposer le changement, grâce à nos mobilisations. A elle de construire la contre offensive générale dont le monde du travail a besoin. Le NPA y est prêt. C’est ce qu’il expliquera pendant la campagne des législatives. Le NPA appelle aussi à constituer une opposition de gauche à l’austérité que ne manquera pas de mettre en place le gouvernement Ayrault.

Pour le NPA, cette autre politique possible qui rompt avec l’austérité doit s’articuler autour de mesures d’urgence sociales claires. Dans la continuité de la campagne de Philippe Poutou, le NPA défend, dans la campagne des législatives : l’interdiction des licenciements, l’augmentation de 300 euros des salaires, le smic à 1700 euros net, la sortie du nucléaire, l’annulation de la dette, la réquisition des banques, l’abrogation des lois racistes, la régularisation des sans papiers, l’égalité hommes femmes.

Sans plus attendre, le NPA s’adresse à l’ensemble des organisations politiques et sociales de gauche :

– pour exiger l’abrogation de toutes les mesures imposées par Sarkozy contre lesquelles nous nous sommes battus, à commencer par la réforme des retraites,

– pour agir ensemble pour la fin des licenciements et pour l’augmentation des salaires.

Dans le Calvados, les candidats seront :

Marie Pierre Hulbert (52 ans, artiste) et Régis Guillet (34 ans, technicien) dans la 1ère circonscription (Caen Ouest et canton de Tilly-sur-Seulles) ;

Florine Le Bris (20 ans, étudiante) et Patrick Arz (64 ans, infirmier retraité, conseiller municipal d’Hérouville Saint-Clair) dans la 2ème circonscription (Caen Est, Hérouville, Mondeville, Fleury-sur-Orne, Ifs, Troarn) ;

Marie-Pierre Hulbert (Marion Bouillon), 1ère circonscription


Flrorine Le Bris, 2ème circonscription

Christophe Mussle (31 ans, facteur) et Lison Ducastelle (35 ans, assistante en formation continue) dans la 3ème circonscription (Lisieux, Falaise) ;

Sophie Liard (20 ans, étudiante) et Guillaume Mathys (26 ans, demandeur d’emploi) dans la 4ème circonscription (Dozulé, Pont L’Evêque) ;

Christophe Mussle, 3ème circonscription


Sophie Liard, 4ème circonscription

Michel Moisan (56 ans, statisticien) et Catherine Massieu (56 ans, employée de bureau) dans la 5ème circonscription (Bayeux) ;

Gérard Leroy (62 ans, électricien) et Sylvie Aurensan (52 ans, infirmière) dans la 6ème circonscription (Vire). Gérard Leroy et Sylvie Aurensan se présentent sous l’étiquette NPA-GA (GA : Gauche Anticapitaliste).

Michel Moisan, 5ème circonscription


Gérard Leroy (NPA-GA), 6ème circonscription

Prenez contact avec les comités NPA du Calvados pour participer à la campagne :

– pour les circonscriptions électorales n°1,2 et 5 : comité de Caen : npacaenaglo@gmail.com

– pour les circonscriptions électorales n°3 et 4 : comité de Lisieux : npa.lisieux-paysdauge@live.fr, http://npa-lisieux.over-blog.org

– pour la circonscription électorale n°6 : comité de Vire : npavire14@unmondelibre.fr

D’ores et déjà, deux réunions publiques sont prévues :

– à Bayeux : mardi 5 juin, 20h, Espace Saint-Patrice

– à Lisieux : mardi 5 juin, 19h, Espace Victor-Hugo.


Grèce : un tremblement de terre politique

9 mai 2012

Les résultats finaux des élections parlementaires en Grèce sont les suivants:

– Nea Dimokratia (droite pro-austérité) 18,85%, 108 sièges (33,47% en 2009)
– SYRIZA (Coalition de la gauche radicale, anti austérité) 16,78%, 52 sièges (4,60%)
– PASOK (Socialistes, pro austérité) 13,18%, 41 sièges (43,92%)
– Grecs indépendants (droite populiste, anti austérité) 10,60%, 33 sièges (ce parti est une scission de Nea Dimokratia et s’est formé il y a deux mois)
– KKE- Parti Communiste 8,48%, 26 sièges (7,54%)
– Aube dorée (nazi) 6,97% 21 sièges (0,29%)
– Gauche Démocratique (gauche modérée, scission de droite de SYRIZA) 6,11%, 19 sièges (première participation électorale)
– Verts (Ecologistes) 2,93%, pas de sièges (2,53%)
– LAOS (extrême droite populiste) 2,90% (5,63%)
– Alliance Démocratique (scission ultra-neolibérale de Nea Dimokratia) 2,55% (première participation électorale)
– Nouvelle Création (ultra-neolibérale) 2,15% (première participation électorale)
– Alliance Action-Liberal (ultra-neolibéral) 1,80% (première participation électorale)
– ANTARSYA (gauche anticapitaliste) 1,19% (0,36%)

En bref :

Il s’agit d’un véritable tremblement de terre politique. L’effondrement du système bipartidaire qui domine la vie politique depuis la chute de la dictature en 1974 est sans précédent. Le PASOK et Nea Dimokratia (Nouvelle Démocratie) n’ont pas de majorité, ni en voix, ni au Parlement.
Les électeurs ont rejeté très clairement les forces politiques qui ont appliqué les programmes d’austérité : PASOK, Nea Dimokratia, LAOS. Le peuple a voté contre les politiques du FMI et de l’Union Européenne.

Le résultat est un triomphe sans précédent pour la gauche en général et pour SYRIZA en particulier. La gauche totalise 32,56% des voix. C’est un record historique, meilleur même que celui de 1958 (25%).

SYRIZA est le second parti du pays. Il a quadruplé son score par rapport à 2009. Il est le premier parti à Athènes avec plus de 20%. Il est aussi le premier parti dans la tranche d’âge de 18 à 35 ans, n°1 parmi les chômeurs/euses et les fonctionnaires, n°1 dans tous les quartiers populaires. C’est un vote de classe très clair. Le peuple a approuvé les trois propositions clés de SYRIZA : a) rejet des programmes d’austérité, b) unité de toute la gauche, c) formation immédiate d’un gouvernement de gauche pour mettre fin à l’austérité.

C’est une véritable honte pour notre peuple que les nazis entrent au parlement. La campagne anti-immigrés continuelle du gouvernement les a encouragés. Ils ont aussi profité des tendances anti-politiques de la société grecque. Les nazis auront dorénavant des centaines de milliers d’Euros de fonds publics pour financer leurs gangs d’assassins.

Il sera très difficile de former un gouvernement. La seule manière d’y arriver serait de convaincre la Gauche démocratique d’entrer dans un gouvernement Nea Dimokratia-PASOK. Mais il semble plus probable que de nouvelles élections seront organisées début juillet.

En conclusion, la lutte de classe en Grèce entre dans une nouvelle période plus intense. S’agira-t-il d’une « nouvelle république de Weimar » ou du premier gouvernement de gauche de type latino-américain » en Europe ?

Yannis Almpanis, le 7 mai 2012