Un premier tour pour exprimer l’essentiel, par Claude Cagnard

Si, pour une fois, un licenciement procurait un immense plaisir au peuple qui travaille, assailli de tous côtés par les forces qui réduisent sans cesse son pouvoir d’achat, ses garanties sociales, sa sécurité, c’est bien celui de Sarkozy leur exécuteur.

Cette mise à la porte réjouirait davantage encore ceux que ce provocateur permanent a privé de boulot, dont les jeunes dont il a tué, en plus, l’espoir.

Mais il faudra beaucoup plus qu’une élection pour commencer à ébranler ce système bâti de longue date pour confisquer les résultats du progrès au profit d’une infime minorité. Aussi, voter cette fois encore ne peut permettre que faire un peu de ménage et, pour ce faire, côté gauche, des forces électorales avaient des solutions.

D’abord, la principale, autour du PS, machine électorale puissante en raison de ses implantations locales. En position dominante pour battre le tyran du moment, mais pour quoi faire ? C’est clair, c’est du mitterrandisme couleur second mandat, et du jospinisme crépuscule de l’union de la gauche de l’époque. Il s’agit d’une force installée dans la mécanique capitaliste dont elle ne dénonce que les abus, alors que l’abus est le coeur même du système. Celui de l’argent essentiellement spéculatif qui submerge actuellement les Etats les plus faibles qui ne sont plus maîtres de rien. C’est la rigueur garantie, peut-être un peu digérable, pour un temps.

Plus sérieux, en tout cas plus offensif verbalement, le rassemblement amené par Mélenchon. Cependant, à côté de propositions de ruptures appréciables, le caractère cocardier des propositions est inquiétant, comme si la France, et encore la France, pouvait seule résister aux assauts des prédateurs. J’aimerais au moins savoir quelles mesures rapides et radicales seront prises vis-à-vis de ceux qui n’attendent même pas les résultats du vote pour organiser la faillite chez nous.

Et puis je m’inquiète à propos du comportement futur des multiples élus présents dans le parti de gauche, qui collaborent aujourd’hui sans gros problèmes avec les directions PS dans les collectivités municipales et régionales, dont notre secteur offre des exemples déplorables.

Plus inquiétant encore, on occulte largement, de ce côté, le plus important pour imposer des changements profonds et durables. C’est à-dire LES LUTTES ouvrières et des autres catégories exploitées, y compris la GREVE GENERALE, moyen majeur pour contraindre l’exploiteur en le privant de sa source de profit. Déjà, en 36, le bulletin de vote n’a pas suffi, et en 68, encore moins… Alors ?

Alors, on m’a déjà vu venir avec ma réflexion première de ce papier, et les remarques sur les flous et manques dans les programmes. La conclusion est donc une évidence qui m’a été imposée par une longue vie militante. Il faut, en toute occasion, rappeler que seule l’action compte en définitive. Le premier tour de la présidentielle en est une d’importance, une opportunité nous est offerte cette fois par la présence d’un candidat vraiment porteur de cette exigence. Philippe POUTOU, qui n’est pas seulement un proclamateur de vérités mais un témoin de luttes exemplaires, est celui-là. J’invite tous ceux qui ont maintes fois constaté la volubilité des paroles et promesses de trop d’élus, ainsi que les renoncements et reculs à peine quelques changements engagés, à dire que Philippe trace la voie à suivre.

Claude Cagnard, Colombelles, le 12 avril 2012

PS : J’ai escamoté les autres forces de gauche ou plus ou moins considérées comme telles. La place m’a manqué, mais qu’aurais-je pu dire ? Remarquer de gros trous, bien sûr. Exemples :

– Lutte ouvrière : l’horreur du nucléaire ne les gêne pas. Sortir de l’OTAN ne semble pas nécessaire.

– Les écolos : ils feignent de croire que l’on peut changer la société, améliorer l’environnement, sauver la planète, etc… dans le cadre du capitalisme. Galéjade !

Claude Cagnard, responsable CFDT à la SMN, délégué du personnel de 1952 à 1969, a été un des dirigeants de l’Union régionale CFDT de Basse-Normandie dans les années soixante-dix, et secrétaire de cette Union régionale de 1973 et 1975. Il retourne au travail à la SMN en 1975, jusqu’en 1984, année du licenciement (pré-retraite).

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