Sarkozy, le candidat contre le monde du travail

La Haine. A l’entrée de la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, Sarkozy affiche sa vraie nature : anti-ouvrière, anti-syndicaliste. Ce fut d’abord ses propos haineux en direction de la CGT à propos des sidérurgistes de Florange : « Que les syndicalistes défendent les syndiqués et ne fassent pas de politique et la CGT se portera mieux Je dis aux vrais salariés de Florange, ceux qui travaillent, que je suis à leur disposition…», avant de lancer une mise en garde : « Les gaz lacrymogènes, c’est jamais bien, mais je ne suis pas décidé à laisser casser quoi que soit. Ça vaut pour la CGT, pour les syndicalistes comme pour les politiques. »

Deuxième assaut avec sa déclaration suite à la non-parution d’Ouest-France: « J’ai un message pour les permanents de la CGT, qui ont scandaleusement empêché la diffusion de Ouest-France, qui avait commis un crime : prendre une interview que je leur ai donnée. Voilà la conception de la démocratie par les permanents de la CGT ». Et pour, faire bon poids, au tour de la CFDT Arcelor Florange dont « les permanents trompent leurs adhérents en faisant de la politique au lieu de défendre l’intérêt des salariés ».

Reculs sociaux et austérité. Cette offensive à deux objectifs : d’une part montrer au patronat la volonté de Sarkozy, s’il est réélu, de mettre en œuvre un nouveau plan de rigueur avec l’annonce des 115 milliards d’euros à dégager pour réduire le déficit des comptes de l’Etat ; d’autre part, regagner une part de l’électorat « populaire » en attaquant les « corps intermédiaires » qui seraient porteurs de l’immobilisme de la société française. Les syndicats sont une cible privilégiée avec la dénonciation des « permanents » et de la faiblesse des effectifs avec 8% de syndiqués. Pourtant le taux de participation aux élections professionnelles, souvent proche des 80%, devrait plutôt donner envie aux responsables politiques … Avec près de 20 000 licenciés par an, les salariés « protégés » (élus ou désignés dans les institutions représentatives du personnel) sont aux premières loges d’une répression patronale qui ne connaît pas de trêve électorale.

Dehors. Mais comme les salariés de Florange continuent de respecter leur engagement d’être le cauchemar du gouvernement jusqu’aux élections, Sarkozy, dans sa grande croisade anti-syndicale, s’en prend aux militants qu’il accuse de faire de la politique. Sacré toupet pour celui dont toute la politique consiste à démolir les acquis sociaux, faire la politique du patronat et accompagner la politique de liquidation de l’emploi. Ceux d’Arcelor ont reçu le message et montrent la voie en répondant par la mobilisation avec leur marche de l’acier sur Paris. A l’opposé des politiques de dialogue social, de diagnostic partagé.

Cette voie est celle que Philippe Poutou défend dans la campagne présidentielle : c’est par les mobilisations, leur coordination et leur prise en mains par toutes et tous que nous ferons reculer tous ceux qui voudraient nous imposer de nouvelles politiques d’austérité, de nouveaux reculs sociaux.

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