La provocation de Sarkozy contre le 1er Mai

24 avril 2012

Sarkozy annonce qu’il organisera le 1er Mai un « très grand rassemblement » autour du « vrai travail », et relance la démagogie contre les « assistés ». Pour gagner les voix du Front national et rester au pouvoir, Sarkozy prend les accents de Pétain. Relevons le défi : faisons du 1er Mai un raz-de-marée antiraciste et antifasciste contre la droite.

Dès lundi, Sarkozy a donné le ton de sa campagne de deuxième tour : à l’extrême droite, toute ! Un seul but : récupérer le maximum de voix du Front national pour rester au pouvoir. Pour cela, il relance sa campagne contre les « assistés ». Selon cette droite, le monde se diviserait entre ceux qui travaillent durement et « ceux qui vivent des revenus de l’assistance ». La réalité est que la vraie division est entre ceux qui travaillent, et ceux qui exploitent les travailleurs, c’est-à-dire le patronat, les actionnaires, les amis de Sarkozy, et utilisent le niveau élevé du chômage pour faire pression sur les salaires !

Le 1er Mai, c’est la journée internationale de lutte des travailleurs et des travailleuses pour leurs droits, une journée de solidarité internationale à l’exact opposé de ce qu’incarne Sarkozy dont toute la politique est faite pour diviser, en opposant français et immigrés, fonctionnaires et travailleurs du privé, travailleurs en emploi et travailleurs privés d’emploi. La « fête du travail » est une invention de Pétain. Pour les travailleurs, le 1er Mai est une journée de lutte.

La meilleure réponse à opposer à Sarkozy – et à Le Pen qui défilera, elle, devant la statue de Jeanne d’Arc – c’est être présents très nombreux mardi prochain 1er Mai dans la rue pour nos revendications, c’est préparer la contre-offensive dont le monde du travail a besoin.

A Caen : 10h30, place Saint-Pierre.

A Lisieux : 10h30, place François-Mitterrand

A Vire : 11h, Porte Horloge.

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Premier tour de l’élection présidentielle, déclaration de Philippe Poutou

24 avril 2012

Merci à celles et ceux qui viennent de voter pour moi car nous avons réussi ensemble dans cette campagne, au-delà de notre score à faire exister des réponses anticapitalistes: l’interdiction des licenciements, l’augmentation de tous les revenus de 300 euros nets, l’annulation de la dette, une autre répartition des richesses et la sortie du nucléaire en dix ans. Dans cette campagne, nous avons essayé de montrer l’absolue nécessité que les salariéEs et la population ne comptent que sur leurs propres forces pour combattre les méfaits du capitalisme.

Nicolas Sarkozy a mené pendant cinq ans une politique pour ses amis les riches, une politique antisociale, xénophobe et raciste. Le fait que Sarkozy soit rejeté dès le premier tour par une grande majorité de la population est bien sûr un formidable encouragement. Le fait par contre que l’extrême droite avec Marine le Pen fasse un score aussi élevé d’environ 20% est une mauvaise nouvelle. Son parti et elle-même ne représentent en rien les intérêts des classes populaires. C’est un danger mortel qu’il faut continuer à combattre.

Face à cette droite dure, le Parti Socialiste et son candidat ne sont pas une réponse. Le projet du PS s’inscrit dans les grandes lignes des choix de l’Union européenne et des socialistes européens. Il annonce déjà des politiques de rigueur, pour une « austérité de gauche ».

Depuis cinq ans le NPA combat la politique de Sarkozy et de son gouvernement dans la rue comme dans les urnes. C’est en ce sens que le NPA appelle le mardi 1er mai à manifester dans toutes les villes de France pour les mesures d’urgence sociales que nous avons défendues dans cette campagne, contre la politique de Sarkozy et le danger que représente l’extrême droite de Marine Le Pen.

Le 6 mai, dans la suite de la campagne que nous avons menée, nous serons au côté de celles et ceux qui veulent empêcher Nicolas Sarkozy de faire un second mandat. Nous le disons clairement, il faut dégager Sarkozy et toute sa bande en votant contre lui. Mais cela ne signifie pas un quelconque soutien à la politique de François Hollande.

Nous appelons celles et ceux qui se sont reconnus dans notre campagne à se regrouper, à prendre contact avec nous, pour qu’ensemble nous puissions faire vivre une force anticapitaliste indépendante. Dans la bataille contre l’austérité de droite comme de gauche, nous nous adressons au Front de Gauche, à Lutte ouvrière, aux militantEs syndicalistes et bien au-delà à celles et ceux qui se sont retrouvés dans ces campagnes pour préparer dès à présent la contre-offensive dont a besoin le monde du travail.

Paris le 22 avril à 20h00.


Un premier tour pour exprimer l’essentiel, par Claude Cagnard

19 avril 2012

Si, pour une fois, un licenciement procurait un immense plaisir au peuple qui travaille, assailli de tous côtés par les forces qui réduisent sans cesse son pouvoir d’achat, ses garanties sociales, sa sécurité, c’est bien celui de Sarkozy leur exécuteur.

Cette mise à la porte réjouirait davantage encore ceux que ce provocateur permanent a privé de boulot, dont les jeunes dont il a tué, en plus, l’espoir.

Mais il faudra beaucoup plus qu’une élection pour commencer à ébranler ce système bâti de longue date pour confisquer les résultats du progrès au profit d’une infime minorité. Aussi, voter cette fois encore ne peut permettre que faire un peu de ménage et, pour ce faire, côté gauche, des forces électorales avaient des solutions.

D’abord, la principale, autour du PS, machine électorale puissante en raison de ses implantations locales. En position dominante pour battre le tyran du moment, mais pour quoi faire ? C’est clair, c’est du mitterrandisme couleur second mandat, et du jospinisme crépuscule de l’union de la gauche de l’époque. Il s’agit d’une force installée dans la mécanique capitaliste dont elle ne dénonce que les abus, alors que l’abus est le coeur même du système. Celui de l’argent essentiellement spéculatif qui submerge actuellement les Etats les plus faibles qui ne sont plus maîtres de rien. C’est la rigueur garantie, peut-être un peu digérable, pour un temps.

Plus sérieux, en tout cas plus offensif verbalement, le rassemblement amené par Mélenchon. Cependant, à côté de propositions de ruptures appréciables, le caractère cocardier des propositions est inquiétant, comme si la France, et encore la France, pouvait seule résister aux assauts des prédateurs. J’aimerais au moins savoir quelles mesures rapides et radicales seront prises vis-à-vis de ceux qui n’attendent même pas les résultats du vote pour organiser la faillite chez nous.

Et puis je m’inquiète à propos du comportement futur des multiples élus présents dans le parti de gauche, qui collaborent aujourd’hui sans gros problèmes avec les directions PS dans les collectivités municipales et régionales, dont notre secteur offre des exemples déplorables.

Plus inquiétant encore, on occulte largement, de ce côté, le plus important pour imposer des changements profonds et durables. C’est à-dire LES LUTTES ouvrières et des autres catégories exploitées, y compris la GREVE GENERALE, moyen majeur pour contraindre l’exploiteur en le privant de sa source de profit. Déjà, en 36, le bulletin de vote n’a pas suffi, et en 68, encore moins… Alors ?

Alors, on m’a déjà vu venir avec ma réflexion première de ce papier, et les remarques sur les flous et manques dans les programmes. La conclusion est donc une évidence qui m’a été imposée par une longue vie militante. Il faut, en toute occasion, rappeler que seule l’action compte en définitive. Le premier tour de la présidentielle en est une d’importance, une opportunité nous est offerte cette fois par la présence d’un candidat vraiment porteur de cette exigence. Philippe POUTOU, qui n’est pas seulement un proclamateur de vérités mais un témoin de luttes exemplaires, est celui-là. J’invite tous ceux qui ont maintes fois constaté la volubilité des paroles et promesses de trop d’élus, ainsi que les renoncements et reculs à peine quelques changements engagés, à dire que Philippe trace la voie à suivre.

Claude Cagnard, Colombelles, le 12 avril 2012

PS : J’ai escamoté les autres forces de gauche ou plus ou moins considérées comme telles. La place m’a manqué, mais qu’aurais-je pu dire ? Remarquer de gros trous, bien sûr. Exemples :

– Lutte ouvrière : l’horreur du nucléaire ne les gêne pas. Sortir de l’OTAN ne semble pas nécessaire.

– Les écolos : ils feignent de croire que l’on peut changer la société, améliorer l’environnement, sauver la planète, etc… dans le cadre du capitalisme. Galéjade !

Claude Cagnard, responsable CFDT à la SMN, délégué du personnel de 1952 à 1969, a été un des dirigeants de l’Union régionale CFDT de Basse-Normandie dans les années soixante-dix, et secrétaire de cette Union régionale de 1973 et 1975. Il retourne au travail à la SMN en 1975, jusqu’en 1984, année du licenciement (pré-retraite).


Votons Poutou !, par Olivier Besancenot

19 avril 2012

Nous sommes entrés dans la dernière ligne droite d’une campagne présidentielle malheureusement digne de remporter le trophée de la campagne électorale la plus éloignée des pré-occupations réelles de la population.

Alors que les conditions de vie et de travail se dégradent, alors que pour nous faire payer la crise économique, s’accentue la pression en multipliant les mesures d’austérité, Sarkozy et ses amis veulent détourner la colère sociale sur un terrain nauséabond où prospèrent les idées racistes et xénophobes.
Premier épisode, dégueulasse, les déclarations du ministre de l’Intérieur Guéant sur la supposée supériorité de certaines civilisations par rapport à d’autres, ciblant particulièrement le monde musulman. Deuxième épisode, écœurant, Sarkozy himself se transforme en porte-parole de Marine Le Pen, relayant la polémique surréaliste mais toujours aussi ciblée sur la supposée viande Halal. Troisième épisode, révoltant, l’instrumentali-sation indécente de la tuerie raciste de Toulouse. Profitant de ce geste ignoble, le gouvernement sans aucun scrupule essaie d’ancrer la campagne électorale sur le terrain de l’insécurité si cher à la droite et à l’extrême droite.

Pitoyable et odieuse tentative de la droite de reprendre la main sur cette campagne alors que celle-ci est marquée par l’irruption des luttes ouvrières sur la scène politique. À commencer par les Fralib de Géménos, la lutte du « pot de thé » contre le pot de fer, à savoir la toute-puissante société Unilever débordant pourtant de surprofits. Puis les Lejaby d’Yssingeaux, une centaine de salariées à qui la fermeture de leur entreprise était promise et qui se sont battues au point d’obliger les émissaires de Sarkozy et de Hollande à leur trouver une solution. Enfin, les travailleurs d’ArcelorMittal de Florange, à qui le super-président a fait la promesse de sau-ver le site en lâchant 17 malheureux millions sortis des cais-ses de l’État et qui n’ont en fait reçu que mépris et gaz lacry-mogènes quand ils sont venus à Paris demander des comptes.

Toutes ces luttes, notre candidat Philippe Poutou s’en est fait le porte-voix dans toutes ses interventions, tant à la tribune des nombreuses réunions publiques qu’aux micros des médias. Parce que justement c’est quand celles et ceux que l’on n’attendait pas font irruption dans le jeu des politiciens, c’est quand la radicalité sociale s’exprime, que les anticapitalistes sont utiles. Plus que jamais.

Car dans cette élection, le service minimum, ce sera d’abord de filer un grand coup de saton dans l’arrière-train présiden-tiel de Sarkozy et de toute sa bande. Dégage le président des riches déguisé en candidat du peuple ! Dehors les organisateurs de la casse sociale ! À la porte les xénophobes de tout poil ! C’est le moment de payer l’addition et elle doit être la plus salée possible, à la hauteur des reculs sociaux qu’ils nous ont imposés ces dernières années.

Alors virer Sarkozy, c’est nécessaire et il ne faut pas s’en priver, mais cela ne suffira pas. Car comment croire un François Hollande qui en quelques semaines s’intronise ennemi de la finance autoproclamé, puis va prêter allégeance à la City londonienne, un des symboles de l’affairisme et de la spéculation ? Que penser d’un candidat dont la feuille de route est d’après ses propres dires de « donner du sens à la rigueur », respectueux des marchés, de l’Union européenne, futur bon gestionnaire d’une dette illégitime et inique ?

C’est pour toutes ces raisons que notre voix est précieuse. Car il n’y en a pas beaucoup, des candidats dans cette campagne qui connaissent dans leur chair la condition vécue par celles et ceux d’en bas. Il y en a encore moins des candidats qui n’ont pas fait de la politique un métier, mais qui défendent que c’est aux opprimés eux-mêmes de se représenter, de prendre leur sort en main. Et il n’y en a qu’un, ouvrier et candidat, pour porter tous nos combats.

Dans les urnes dans quelques jours comme dans les mobilisations quotidiennes, le NPA et son candidat Philippe Poutou défendent un programme anticapitaliste radical mais utile, car répondant aux besoins de la majorité, à l’urgence sociale, écologique et démocratique.

Urgence à augmenter les salaires et pensions, à stopper net les licenciements et les suppressions d’emplois dans les services publics, à arrêter immédiatement de payer la dette et les cadeaux aux plus riches, à imposer une véritable révolution fiscale, pour une autre répartition des richesses.

Urgence à prendre la décision de sortir du nucléaire en dix ans, à réquisitionner les grands groupes de l’énergie pour créer un véritable service public permettant une planification sociale et écologique respectueuse de la planète.

Urgence à combattre les politiques sécuritaires, à imposer de nouveaux droits pour les populations immigrées, pour l’égalité des droits entre hommes et femmes, à imposer une « démocratie réelle » comme l’exigent nos camarades dans l’État espagnol et en Grèce.

Et puis autant le dire clairement, dans un monde politique cocardier, où, même à gauche, les valeurs supposées de la République française servent avant tout à masquer les inté-rêts de quelques-uns, qui brandit au contraire le drapeau de l’internationalisme, de la solidarité par-delà les frontières ? Qui veut faire résonner dans cette campagne les révolutions arabes, la mobilisation des Indignés du monde entier, l’intervention consciente des peuples pour prendre leurs affai-res en main ? Drapeau de l’internationalisme qui a les cou-leurs de l’antiracisme. C’est pour cela que Philippe est un des rares candidats à défendre la liberté de circulation et d’installation, le droit de vote des immigrés à toutes les élections et la régularisation de tous les sans-papiers.

Humblement mais résolument, c’est aussi ce que nous vou-lons porter avec la candidature de Philippe.

Alors, on le sait, ce n’est pas le genre de la maison de penser que les jours d’élection ouvrent la voie à des lendemains qui chantent. Le dimanche 22 avril, nous avons au moins l’occasion de dire clairement ce que nous défendons, ce que nous voulons, ce à quoi nous aspirons. Alors profitons-en pour mettre dans l’urne nos colères, nos révoltes, nos luttes, en votant pour Philippe.

Ces élections sont en quelque sorte notre match aller, joué à l’extérieur, sur le terrain de l’adversaire, dans le cadre d’institutions non démocratiques où il est bien difficile de se faire entendre, encore plus de changer les choses. Mais dès maintenant, par notre vote, préparons aussi le match retour, indispensable, celui que l’on jouera à domicile, sur notre ter-rain, celui des résistances et des mobilisations.

Car si, comme on le souhaite, Sarkozy ne sera bientôt plus qu’un bien mauvais souvenir, il y aura un grand besoin des anticapitalistes, celles et ceux qui sont les plus indépendants du Parti socialiste, pour préparer l’opposition à gauche la plus unitaire au futur gouvernement. Engager la construction d’un regroupement de toute la gauche sociale et politique pour résister à l’austérité, de droite aujourd’hui, peut-être de gauche demain.
En ce sens, le vote pour Philippe Poutou est aussi un engagement sur l’avenir, la meilleure des façons de prendre date pour la suite.


Au gouvernement ou dans l’opposition ?

19 avril 2012

Sarkozy battu, Hollande président, se posera alors la question du gouvernement. Y aller ou pas ? Le soutenir ou pas ? Le Front de gauche devra bien choisir, et, au-delà, définir une stratégie.

Pour Jean-Luc Mélenchon,  l’heure des bilans approche. Sur France 2, jeudi matin, il a remarqué que le Front de gauche « a développé un programme différent de celui de François Hollande ». « Entre quelqu’un qui dit il faut que le SMIC soit à 1.700 euros et quelqu’un qui dit : je vous donne 2,3 euros de plus, il y a quand même une petite différence », a-t-il ironisé. Du coup, à la différence des Verts, qui, selon lui, ont « tout sacrifié à quelques sièges aux législatives que vont leur donner les socialistes« , « c’est l’honnêteté qui nous [le Front de gauche] retient (…). Je ne vois pas comment nous irions dans un gouvernement dans lequel François Hollande a dit son programme, c’est à prendre ou à laisser. Dans ces conditions, on laisse« .

Au gouvernement ou pas ?

Les choses semblement donc bouclées, au moins pour Jean-Luc Mélenchon, qui, il y a quelques mois encore, prédisait que François Hollande allait déchirer plusieurs pages de son programme pour les remplacer par celui du Front de gauche, sous la pression de ce dernier.

La réalité rattrape Jean-Luc Mélenchon. La réalité est que le PS est candidat au pouvoir pour mener une politique se soumettant aux dogmes libéraux et qu’entre cette politique et une politique de rupture avec le capitalisme, il n’y a pas de compromis possible.

Alors qu’on lui faisait observer que les communistes n’avaient pas rejeté la perspective d’entrer au gouvernement, il a objecté : « je ne vois pas pourquoi cette légende se répand. Il y a peu de raisons de penser que les communistes aient envie d’aller dans un gouvernement« . Le problème, c’est que c’est la direction du PCF elle-même qui a indiqué que la question restait ouverte pour l’après-législatives. Comme s’il pouvait sortir de ces élections un scénario différent de celui de l’opposition à un gouvernement de la gauche libérale.

Dans l’opposition ou pas ?

La perspective de l’opposition à un futur gouvernement Hollande n’enchante pas non plus Jean-Luc Mélenchon, c’est le moins que l’on puisse dire. A cette proposition du NPA, Mélenchon a rétorqué : « on n’a pas encore voté qu’il [le NPA] se voit déjà dans l’opposition. Un peu de tenue quoi ! ». Curieuse réponse ! Comme si les électeurs n’avaient pas le droit de savoir quelles perspectives se donnaient les candidats et les partis qui les présentent ! La veille au soir sur LCP, Jean-Luc Mélenchon avait été plus clair. Par rapport à un gouvernement Hollande, son mot d’ordre c’est « ni participation, ni soutien, ni opposition« . Pas question d’appeler à des manifestations et à des grèves, car « nous [le Front de gauche] on suit les syndicats« , etc.

En revanche, pour Philippe Poutou et le NPA, c’est clair : il faudra construire une opposition sociale et politique à la gauche libérale, regroupant tous ceux qui voudront rester fidèles à leurs idées, tous ceux pour qui « l’honnêteté commande d’être fidèle à soi-même« , pour reprendre l’expression de Jean-Luc Mélenchon. Une opposition sociale et politique capable de dynamiser les luttes pour imposer les mesures d’urgence que Hollande n’a pas inscrites dans son programme, et qui refusera de rester l’arme au pied en attendant… les prochaines élections. C’est la proposition que nous faisons à toute la gauche sociale et politique qui souhaite rester indépendante du PS. Pas sûr que le Front de gauche veille en être. N’est-ce pas une bonne raison de vote pour Philippe Poutou ?


Votez Philippe Poutou, contre l’austérité, de droite comme de gauche

18 avril 2012

Depuis cinq ans, la crise du système capitaliste a entraîné l’accélération des politiques d’austérité. Sarkozy et sa clique ont mené une véritable guerre sociale sur fond de propagande nauséabonde, raciste et sécuritaire, en reprenant les thèmes du Front national, en exploitant les tragédies de Toulouse et de Montauban.

Grâce à Sarkozy, les plus riches se sont enrichis, les plus pauvres ont la vie encore plus difficile. Des centaines de milliers d’emplois ont été supprimés, et ce n’est pas le cinéma de Sarkozy pour « trouver des solutions » pour sauver les emplois du SERNAM et d’autres entreprises en difficulté qui va nous le faire oublier. Avec Sarkozy, la dette de l’Etat a explosé, car l’Etat a dû emprunter pour compenser les cadeaux fiscaux et sociaux faits aux plus riches.

Il y en a ras le bol ! Il faut en finir avec cette politique antisociale, en finir la bande du Fouquet’s qui l’a mise en place et veut l’aggraver encore demain !

Face au pouvoir sortant, la gauche fait pâle figure. Hollande annonce d’ores et déjà la « rigueur » pour rétablir « les équilibres financiers ». A quelques jours du premier tour, Sarkozy montre du doigt les « socialistes » grecs ou espagnols et attaque Hollande en dénonçant hypocritement la politique désastreuse de Papandreou et de Zapatero. Mais c’est lui, Sarkozy, et Merkel, et les autres gouvernements de l’Union européenne, appuyés par le FMI, qui ont dicté là-bas la casse sociale pour plaire aux marchés financiers ! Les exécutants « socialistes » grecs et espagnols se sont courbés devant les diktats de l’Union européenne, et c’est Sarkozy et Merkel qui donnaient les ordres.

Face à la droite dure, qui fait payer la crise aux travailleurs, il faut une gauche ferme, qui riposte, pas une gauche molle, qui exécute les ordres du capitalisme financier. C’est pour cela que le NPA présente Philippe Poutou, un travailleur et pas un politicien professionnel, un syndicaliste comme Sarkozy les déteste.

Beaucoup se demandent ce que les élections vont changer et sont tentés par l’abstention. Mais l’abstention n’est pas la solution. Saisissons l’occasion de dire ce que nous pensons en votant pour le candidat du NPA.

Voter Poutou, c’est affirmer que nous voulons dégager Sarkozy et  que nous n’accepterons pas l’austérité de gauche demain !

Voter Poutou, c’est voter pour des mesures d’urgence sociale :

– C’est voter pour un bouclier social face à la crise : augmenter les salaires, les retraites et les minima sociaux de 300 euros net tout de suite, porter à 1 700 euros net le revenu minimum, interdire les licenciements et diminuer le temps de travail à 32h sans perte de salaire pour créer des millions d’emplois supplémentaires, défendre et développer les services publics.
– C’est dire que les richesses créées n’ont jamais été aussi abondantes, et qu’il faut récupérer ce que les capitalistes nous ont volé : annulation de la dette publique, saisie du secteur bancaire afin d’orienter les richesses en fonction des besoins sociaux et écologiques, pour une fiscalité qui fasse payer les plus riches !
– C’est défendre la sortie du nucléaire en dix ans, mettre le secteur de l’énergie sous le contrôle de la population, stopper l’enrichissement des actionnaires des groupes pétroliers sur le dos de la population.

Prenons en main nos affaires

Nous étions des millions dans la rue contre la réforme des retraites. Chaque jour des salariés se battent pour sauver leurs emplois, défendre leurs salaires et leurs conditions de travail. Dans les quartiers, nous nous mobilisons pour faire baisser des loyers de plus en plus indécents, pour défendre l’école, le droit à l’avortement ou l’hôpital public.

Aucune belle promesse électorale ne changera vraiment les choses si nous ne retrouvons pas le chemin de la rue afin d’imposer nous-mêmes, retraités, travailleurs, jeunes, de véritables changements.

Cette voie est celle que Philippe Poutou défend dans la campagne présidentielle, dans la continuité avec Olivier Besancenot : c’est par les mobilisations, leur coordination et leur prise en mains par toutes et tous que nous ferons reculer tous ceux qui voudraient nous imposer de nouvelles politiques d’austérité, de nouveaux reculs sociaux. On peut faire confiance à Philippe Poutou et au NPA pour refuser de s’acoquiner avec quelque gouvernement que ce soit, refuser de participer à des « majorités politiques » en contrepartie de postes à condition de la fermer, agir pour rassembler celles et ceux qui veulent un vrai changement et pas seulement une « alternance ».

Voter Poutou, c’est préparer les mobilisations qui permettront que la défaite de Sarkozy soit suivie de victoires sociales.


Contre le racisme, la xénophobie et les idées d’extrême droite, nous serons toujours là !

8 avril 2012

Sarkozy était à Caen vendredi 6 avril. Pour l’accueillir comme il se doit, 300 manifestants ont crié dans la rue leur rejet du racisme d’Etat. La police a interdit au cortège de s’approcher du lieu du meeting.

300 personnes ont répondu à l’appel du Collectif unitaire pour le respect des droits des étrangers. Dans une déclaration, le Collectif dénonce « les politiques racistes et xénophobes qu’il [Sarkozy] a mis en place en tant que Président et précédemment comme Ministre de l’Intérieur, et contre les idées d’extrême droite qu’il n’a cessé de banaliser voire adopter durant ces années et aujourd’hui plus que jamais pour séduire l’électorat du FN. »

Le Collectif fait le constat de « l’ampleur du désastre des politiques mises en places durant ce mandat » : « Les droits de tous n’ont cessé d’être cassés, et parmi eux ceux des étrangers qui servent de laboratoire à la casse sociale générale. Par des politiques migratoires toujours plus dures et l’obsession du rejet de l’Autre, les étrangers sont toujours en première ligne dès qu’il s’agit de restriction de libertés et les sans-papiers alimentent la folie des chiffres des expulsions ».

Les CRS étaient nombreux également… pour empêcher le cortège de s’approcher du lieu du meeting, barrant les rues et empêchant même les passants de circuler librement.

Mais contre le racisme, la xénophobie et les idées d’extrême droite, nous serons toujours là !