Le vote pour Philippe POUTOU, c’est le vote pour rassembler contre l’austérité, de droite comme de gauche

Pendant presque une semaine, la campagne présidentielle a été figée au nom de « l’unité nationale ». Pendant cette comédie, PS et UMP se sont livrés à une guérilla pour dénoncer à coup de communiqués ceux qui, dans l’autre camp, rompaient cette unité. Cette mascarade a pour seul but d’éloigner les vraies questions qui devraient être au centre de la campagne et que les luttes des travailleuses et des travailleurs de Lejaby, de Petroplus ou d’ArcelorMittal avaient projetées au devant de la scène : la crise, comment s’en sortir, qui doit payer ? Au lieu d’un vrai débat sur ce qui fait la vie quotidienne de millions de travailleurs, français comme immigrés, la droite voudrait placer la campagne sur le terrain de l’insécurité et de la lutte contre le terrorisme. Un refrain connu.

Le programme de Sarkozy : une régression sociale considérable. Pour le président des riches, il faut terminer le travail en liquidant les derniers droits que la résistance sociale a sauvegardés ces cinq dernières années. Plus : il s’agit aussi d’anéantir pour longtemps toute velléité de résistance.

Pas de véritable changement avec François Hollande. Ses « 60 propositions » veulent donner du « sens à la rigueur », pas stopper les politiques d’austérité, pas faire payer les riches. Pour que tout soit clair, il est allé l’expliquer à la City à Londres. Sa proposition emblématique concernant l’imposition à 75 % de la fraction des revenus supérieure à un million d’euros est très loin de la réforme fiscale qui serait nécessaire (rétablissement des tranches d’imposition supprimées et de la progressivité de l’impôt sur les revenus, suppression de la TVA sur les produits et services essentiels, rétablissement de l’imposition sur les bénéfices des entreprises…). Hollande n’a pas eu à se forcer pour célébrer l’union nationale… aux côtés de Sarkozy et de Le Pen ! Beaucoup voteront pour Hollande pour chasser Sarkozy, mais sans illusion.

La montée en puissance du Front de gauche. En terme de participation, le rassemblement de la Bastille du Front de gauche a été un succès qui confirme bien qu’une large frange des travailleurs veut un vrai changement, pas seulement une alternance. A la Bastille, on a retrouvé une partie de la gauche sociale qui était dans la rue en automne 2010 contre la réforme des retraites de Sarkozy, qui se bat pied à pied contre les licenciements et contre la casse des services publics.

Mais cette montée en puissance électorale met à nu les contradictions du Front de gauche : gouvernera-t-il avec le PS, déjà partenaire dans les Régions, les Départements et les grandes villes, oui ou non ? Le Front de gauche veut faire pression sur le PS et son objectif reste une « majorité politique » avec ce parti. Comme si ce parti n’était pas définitivement converti au libéralisme, insensible même aux pressions des mouvements sociaux !

Entre gouverner avec le PS d’un côté, et poursuivre la lutte pour la répartition des richesses, l’interdiction des licenciements, la sortie du nucléaire, l’annulation de la dette et l’arrêt immédiat de son remboursement, de l’autre côté,… il faudra choisir.

Les limites du Front de gauche apparaissent bien dans le discours de Jean-Luc Mélenchon à la Bastille. N’en déplaise à ses admirateurs, aussi peu exigeants à son égard que l’étaient les admirateurs de Mitterrand en 1981, le ton de ce discours était gaullien et son contenu cocardier, voire à la limite du chauvinisme. Il semble que l’internationalisme, pour le porte-parole du Front de gauche, c’est la France éclairée qui montre – dans l’isoloir – la voie à l’Europe, et même au reste du monde admiratif : « Ouvrez par vos votes la brèche qu’attend toute l’Europe de son volcan français ». « Partout où l’on parle français, où l’on rêve français, on attend de nous ce grand mouvement qui ne libèrera pas que nous ». Dans ce discours, pas un mot des retraites, de la dette, de l’emploi, des banques… Incroyable mais vrai : des mots tels que « capitalisme », « crise », « austérité », « néolibéralisme » « gauche », « droite », « finance », « travailleur-euse-s », « classe ouvrière », « socialisme »… n’ont pas été prononcés une seule fois. Par contre, en vingt minutes, l’orateur a dit onze fois « France », vingt-trois fois « peuple », cinq fois « république », trois fois « patrie »… Il a beaucoup parlé de « révolution » et « d’insurrection », mais l’insurrection se limite à déposer un bulletin de vote dans l’urne. En revanche, pendant l’automne 2010, lorsque les insurgé.e.s étaient dans la rue, sur les blocages, cherchant le chemin pour aller vers une grève totale paralysant le pays faire reculer Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon exhortait le président à « sortir du conflit par en haut » en organisant un référendum.

Le vote pour Philippe Poutou. L’enjeu des élections n’est pas mince. Il faut se débarrasser de Sarkozy, et préparer la réunion des forces contre l’austérité de gauche. Dans cette campagne, Philippe Poutou ne raconte pas de contes de fée. Peut-être est-ce une des raisons des faibles intentions de vote que les sondages lui attribuent.

Mais l’important, ce ne sont pas les sondages, ce sera le résultat du vote le 22 avril, et, plus encore, la détermination dont il ne faudra pas manquer après l’élection.

Voter pour Philippe Poutou, ce sera renforcer un courant politique disponible pour construire un bloc contre l’austérité avec toutes les forces qui affirmeront leur indépendance par rapport au Parti socialiste.

Un courant à qui chacun peut faire confiance pour refuser de s’acoquiner de quelque manière que ce soit avec un futur gouvernement d’Hollande.

Un courant qui rejette le dévoiement des luttes sociales dans les impasses cocardières d’un Jean-Luc Mélenchon.

Un courant qui n’aura de cesse de transformer la défaite tant attendue de Sarkozy en victoires sur le terrain social.

Un courant qui affirme que face aux crises capitalistes, c’est un ensemble de mesures anticapitalistes qu’il faut mettre en œuvre, imposer par nos luttes.

Le vote pour préparer ensemble l’après-élection, c’est le vote pour Philippe Poutou. Ce n’est pas un vote pour peser sur le PS, c’est un vote pour peser sur la reconfiguration des forces après l’élection. C’est un vote qui compte.

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