Espagne : 29 mars 2012, l’heure de vérité contre la réforme patronale, par Manuel Gari (26 mars 2012)

29 mars 2012

La «réforme» du Code du travail qui a été ratifiée, le 8 mars 2012, par le Congrès de l’Etat espagnol. C’est l’agression légale la plus importante qu’a subie la classe ouvrière depuis 1980. Elle prépare un scénario dramatique pour les gens d’en bas. Il faut donc la stopper. Le Real Decreto Ley (décret-loi royal) 3/2012 est une pièce maîtresse au service de la politique de Mariano Rajoy [il préside le gouvernement depuis 21 décembre 2011, membre du Parti Populaire] qui gouverne en se pliant servilement à ce que lui imposent Angela Merkel, l’UE, les banques et le capital.

Avec la réforme du travail et la politique d’austérité draconienne, Rajoy poursuit et renforce la politique amorcée par José Luis Rodriguez Zapatero [membre du PSOE et président d’avril 2004 à décembre 2011] en 2010. Zapatero a préparé le triomphe électoral du Parti Populaire (PP) et a condamné à la désorientation et à la crise le PSOE, le laissant sans programme, sans légitimité et sans parole. Et, plus grave encore, le gouvernement Zapatero a porté atteinte à la conscience, à l’espoir et à la dignité de la majorité du peuple travailleur.

Ce gouvernement a agi en tant que courtier pour les intérêts néolibéraux. Le gouvernement du PP est celui du capital qui prend directement entre ses mains la politique du pays. Il a trois grands objectifs:
1°créer le cadre qui permette une pression à la baisse des salaires;
2° expulser l’action syndicale collective des entreprises;
3° accorder tous les pouvoirs aux patrons dans les rapports de travail.

Le PP et la CEOE (Confederacion Española de Organizaciones Empresariales – Confédération espagnoles des organisations patronales) argumentent que la réforme créera à moyen terme des emplois. Or, aucune réforme des conditions d’embauche n’a entraîné, par elle-même, une augmentation du volume de l’emploi. Par contre, cette réforme va modifier – en général en l’empirant – la qualité des conditions d’embauche et facilité les licenciements pour le patronat. Pour le vérifier il suffit de passer en revue les plus de 50 réformes du travail approuvées depuis 1977 (et leurs résultats qui ont la forme d’une marche en crabe, en reculant).

Le grand objectif réel et caché de la réforme est d’augmenter les profits patronaux au détriment des revenus des classes laborieuses.

Une politique qui vient du froid

La triade qui gouverne l’Union européenne (UE) en marge des peuples – le Fonds Monétaire International, la Banque centrale européenne et la Commission européenne – a écrit le script de la politique de Mariano Rajoy. Le PP, Merkel et Bruxelles nous poussent à un «état permanent d’ajustement structurel» dont l’objectif et d’augmenter le taux d’exploitation. C’est du néolibéralisme à l’état pur.

Pendant cette crise, les conservateurs ont imposé des formules qui détruisent le concept même d’Etat social, malgré la survie de quelques éléments liés à l’inertie et aux conquêtes passées. En effet, d’une part, ils transfèrent les dettes patronales et financières privées à l’ensemble de la société, ce qui suppose un transfert d’argent public au capital. Et, d’autre part, ils augmentent le taux d’exploitation en faisant que l’évolution des salaires soit inférieure à l’inflation et ils réduisent lesdits salaires indirects sous forme de protection sociale, cela tout en augmentant le temps de travail et la productivité.

La recette économique «à la mode» est celle du déficit budgétaire zéro et de la baisse d’impôts sur le capital. Les impôts qui restent doivent être payés par les revenus du travail grâce à une augmentation du barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPF) et jamais par les revenus du capital. Conjointement à la crise financière mondiale et au sauvetage des banques locales [les Cajas – Caisses d’épargne – très engagées dans les prêts hypothécaires], ce paquet est mortifère pour les intérêts des classes laborieuses, tout en ne pouvant entraîner qu’une réduction effective très réduite des dépenses sociales. Mais, en même temps, cette politique néolibérale impose:
1° le transfert de la dette privée à l’ensemble de la société, ce qui entraîne une diminution des ressources publiques;
2° un recul des revenus du travail face à ceux du capital.

Autrement dit, c’est nous qui payons la dette. De ce qui précède on peut conclure que les axes de la politique du PP sont: un effondrement des salaires, la réduction des dépenses sociales, la marchandisation des biens publics et des ressources naturelles ainsi que des services sociaux grâce à leur privatisation et le transfert à l’ensemble de la société des dettes privées aussi bien des entreprises manufacturières que de celles financières.

Le résultat: un monde à l’envers. Au lieu d’effectuer une redistribution de la richesse de ceux qui en ont le plus en direction de ceux qui en ont le plus besoin («ceux d’en bas»), on a inversé le sens de la redistribution de la richesse (vers le haut), dans une direction contraire au modèle de «l’Etat de droit social» prôné pourtant par la Constitution et dans les discours des politiciens.

La substance de la réforme est toxique et dangereuse

On peut résumer le contenu de la réforme en six points:

1° Le pillage des salarié•e•s par une pression pour abaisser les salaires. Ceci concrétisera de multiple manière: contraction de la masse salariale, augmentation des rythmes de travail, allongement des horaires de travail effectifs et ainsi de suite.

2° Des mesures pour susciter la crainte des classes laborieuses afin d’obtenir leur soumission et pouvoir serrer encore davantage la vis contre la masse salariale et en faveur des profits du capital,

3° Dérégulation des rapports de travail et ancrage légal du pouvoir unique et absolu du patron dans l’entreprise afin de pouvoir dicter unilatéralement le montant des salaires, les conditions et l’organisation du travail.

4° La création de nouvelles attributions patronales afin de fournir à l’employeur tous les moyens d’assurer sa suprématie: des chantages au licenciement sans recours, des indemnisations dérisoires lors du licenciement et des périodes d’essai arbitraires, longues et injustifiables.

5° Marginalisation des syndicats dans l’entreprise pour éviter qu’ils ne puissent entraver le pouvoir des patrons. Sur la voie de la réforme, on élimine les syndicats en tant qu’associations collectives des travailleurs et des travailleuses. La «désyndicalisation» des rapports de travail exige la mise en place d’une batterie d’attaques contre les négociations collectives.

6° L’abolition des droits individuels et collectifs, en rognant les possibilités légales effectives de la négociation collective et de l’action syndicale.

L’objectif patronal, en s’appuyant sur la contre-réforme du code du travail, est d’aller vers une individualisation des relations patrons-salarié•e•s; d’où le combat contre la négociation collective à l’échelle d’une branche, où le rapport de forces est meilleur. Dans le même ordre d’idées, on favorise les contrats d’entreprise, on élimine le maintien en vigueur des contrats lorsqu’ils arrivent à échéance et en l’absence d’un nouvel accord. La «réforme» permet de plus aux employeurs de modifier les conditions individuelles (avec un simple contrôle judiciaire ex-post) ou collectives. La réforme est une torpille qui vise la ligne de flottaison du navire syndical.

La violence survole la «réforme»

Cette contre-réforme est l’agression la plus importante, violente et profonde que la bourgeoisie a lancée contre les classes travailleuses sous le régime parlementaire né après la mort de Franco [novembre 1975]. La nature violente de la «réforme» tient à son objet, à son but et à son contenu, violent en lui-même: le licenciement.

Le fait de pouvoir licencier sans donner de motifs est la source de sa violence arbitraire. S’il n’y a pas de motif éthique, le licenciement constitue la forme la plus extrême de la violence patronale, avec les cas d’agression sexuelle, de mobbing, d’agressions physiques, de négligence dans la prévention d’accidents, de décès et de maladies professionnelles. La réforme exprime le caractère violent du système capitaliste lui-même.

Le nouveau type de contrat pour des employeurs (des patrons ayant à leurs ordres au moins 50 travailleurs) autorise des périodes d’essai d’une année et le licenciement individuel ultérieur sans motif. La nouvelle procédure de licenciement collectif permet d’imposer la décision patronale contre la représentation syndicale et élimine le contrôle de l’administration du travail. L’article 12 du texte de la «réforme» établit comme étant «prouvées» – de fait – les raisons économiques, techniques, organisationnelles et productives pour la résiliation de contrats de travail ou pour modifier les conditions de travail (heures de travail, horaire et distribution du temps, équipes, salaires, systèmes de travail, rendement et fonctions), celles en rapport avec la productivité, la compétitivité et celles ayant trait à l’organisation du travail et/ou technique au sein de l’entreprise. Autrement dit, tout ce que peut invoquer et décider un employeur. Cette réforme va tellement loin dans la protection du caractère arbitraire du pouvoir patronal face aux salarié•e•s qu’une absence justifiée, pour cause de maladie ordinaire, de 20% des journées de travail – de 8 à 10 jours, selon les cas – deux mois consécutifs, peut être un motif de licenciement. Ajoutons encore à cela la tentative d’obtenir des assurances (maladie) mutuelles et professionnelles qu’ils jouent un rôle de contrôle des absences (que ce soit pour maladie ordinaire, maladie professionnelle ou accident). Dans ces conditions nous ne pouvons pas attendre grand-chose de la politique de prévention des risques professionnels, à moins de l’arracher à la force du poignet. Cette politique de préventions est tout juste bonne pour les discours.

Qui perd et qui gagne

Avec la «réforme», on cherche à accentuer l’insécurité individuelle, à dépecer la classe ouvrière et à injecter de la crainte dans la société afin de renforcer sa soumission. Le PP et la CEOE savent que les gens, nos gens, se trouvent dans une situation sociale dramatique qui les affaiblit. Ils savent que le PSOE a échoué dans l’établissement d’une politique sociale-libérale, que la gauche des gauches n’a pas la force nécessaire et suffisante pour retourner la situation et que les syndicats ont depuis trop longtemps accepté de négocier à la baisse avec des gouvernements et des patrons, alors même que les classes laborieuses perdaient leurs forces et leurs droits face au capital.

Nous vivons dans un pays où il y a actuellement 5 millions de personnes au chômage, où 30% des emplois sont précaires et où un autre 30% de la population salariée a un contrat de travail (personnel), hors convention étendue. Les emplois temporaires représentent 25% des contrats de travail. Dans certains secteurs des services privés ces chiffres atteignent 40% des contrats. Le 72% des travailleurs et travailleuses perçoivent une rémunération au-dessous du salaire horaire moyen. Le 43,5% des salariés ont perçu moins de 1’000,00 euros par mois et n’ont participé qu’à hauteur de 13% de la masse salariale. Le 25,4% a reçu en moyenne un salaire de 1’240 euros par mois, ce qui revient à 23% de la masse salariale. Le 7% des salarié•e•s, avec un salaire moyen de 4’877 euros, a reçu le 25% de la masse salariale. Les femmes ont reçu entre 20 et 25% de moins que les hommes pour un travail égal. Et le poids des revenus du travail dans l’ensemble des revenus est de 47,4% et tend à baisser.

Malgré le fait que les Accords pour la négociation collective recommandent de comparer les deux croissances (salaires et profits), les négociations concrètes ont, dans de nombreux cas, été régies par l’idée erronée que la modération salariale pouvait générer la création d’emplois ou au moins contribuer à les maintenir. Les salaires réels ont baissé assurant une appropriation accrue de la richesse produite par les patrons. L’augmentation de la productivité du travail a alimenté le capital.

Dans le même temps, le droit du travail a été subordonné au droit commercial (les entreprises de travail temporaire, la Loi sur la concurrence, les sous-traitances, etc.) qui rogne l’espace et dynamite la valeur de l’action syndicale. Cela constitue une nouvelle attaque en matière de masse salariale et met en danger les droits conquis par le mouvement syndical dans le cadre de l’entreprise.

Les «agents économiques» jubilent, ils célèbrent la victoire et préparent les suivantes. Juan Rossell, (président de la CEOE) et Jesus Terciado – président de la Confédération espagnole des petites et moyennes entreprises (CEPYME) et vice-président de la CEOE – ont vanté sans pudeur la contre-réforme du travail. Jesus Terciado en arrive même à affirmer qu’elle permettra de créer des emplois avec une croissance moindre de l’économie. Une fois atteint l’objectif – qui est le même depuis des décennies – de la dérégulation contractuelle et une fois obtenue l’impunité pour baisser les salaires, la CEOE a lancé sans attendre de nouveaux assauts. Ainsi Rossel demande une révision du droit de grève et une amnistie fiscale pour que l’argent noir puisse «émerger».Terciado assure, lui, que le coût de la protection contre le chômage «ne peut pas être pris en charge» et le président de la Commission d’économie de la CEOE, José Luis Feito, donne de la voix en faveur d’une flexibilité intérieure et extérieure accrue et exige avec ses comparses une réglementation sévère pour pénaliser les chômeurs et chômeuses qui n’acceptent pas «une» offre d’emploi. La feuille de route est claire: la chasse est ouverte.

Et ne croyons pas que ces agressions vont s’arrêter si nous ne les combattons pas. Au contraire, elles augmenteront.

Stopper la contre-réforme, changer de stratégie

L’objectif doit être de stopper net ladite réforme avant son approbation, et, dans le cas où elle passerait, de proposer une lutte à long terme qui augmente et rende irrésistible la pression populaire. Il ne sera pas facile de gagner, nous nous trouvons face à une politique européenne d’ajustement structurel dur et à un parti totalement identifié avec cette même politique. Il ne sert à rien de proposer des réformes cosmétiques du Décret-Loi, on ne peut que l’accepter ou le renverser.

Les arguments utilisés pour justifier la prééminence de la concertation sur la confrontation ont échoué. Pour vérifier la fonctionnalité actuelle de la politique de concertation il suffit de passer en revue les résultats réels des divers Accords [entre les grandes centrales syndicales – Commissions ouvrières (CCOO) et UGT (Union générale des travailleurs) et le patronat comme le gouvernement]. Les sacrifices n’ont pas été répartis de «manière équitable». L’austérité a été unilatérale et l’hypothèse d’une sortie de crise grâce à un partage des coûts s’est avérée erronée. Personne n’a bridé les profits, alors que les salaires l’étaient. La politique de concertation n’a pas permis aux syndicats de gérer les changements, ni le cours de ceux-ci. Les accords avec Zapatero ou avec la CEOE n’ont pas évité une offensive encore plus dure par le PP.

Par contre, nous pouvons constater que le Pacte sur les retraites a entraîné des conditions encore pires et a créé un fossé entre la jeunesse et les organisations syndicales. Nous pouvons également conclure qu’une des causes – mais bien sûr pas la seule – du manque de motivation de l’activité syndicale et des rares et faibles liens existants avec les salarié•e•s de petites entreprises réside précisément dans la politique de concertation et la pratique syndicale qui en découle.

«L’équilibre entre classes» attribué à «l’Etat social de bien-être» (Cf. Constitution) a été remis en question par la rupture unilatérale et irréversible de la part de la bourgeoisie du grand «pacte social». Le vase brisé ne peut pas être rafistolé, on ne peut en recoller les morceaux. Il ne s’agit pas d’une question espagnole, les vents nous viennent du Nord. Les circonstances qui l’ont favorisé cet «équilibre» sont périmées. Notre pays n’a connu qu’un «Etat de bien-être» tardif, faible et en fin de vie. La formulation constitutionnelle de l’Etat social en est restée à l’état de formule. Maintenant nous devons imaginer de nouvelles solutions et expérimenter de nouvelles voies.

La grève générale et opportune, nécessaire et indispensable

Il est temps. Ce 9 mars 2012 la grève générale a été approuvée. Une action généralisée comme celle qui aura lieu le 29 mars doit être préparée au moyen d’un processus de mobilisation comptant sur la participation active des travailleurs et des travailleuses. Il faut l’organiser, la préparer et l’impulser de manière unitaire, sans exclusions ni sectarisme. La gauche alternative doit agir «comme si» la réussite dépendait d’elle, «comme si» elle était responsable de l’organisation de la lutte; dans le cas contraire elle ne pourra jamais aspirer à l’être. Il faut situer la grève générale à l’horizon des tâches immédiates et non comme un simple mot d’ordre propagandiste.

Il faut aussi disposer d’une orientation pour le travail et la mobilisation après le jour “J” de la grève (le 29 mars 2012), avec des objectifs politiques clairs pour éviter de s’ensabler dans des négociations sans résultats tangibles pour la classe ouvrière, ni une perspective de continuité de la lutte. La grève générale doit signaler aussi le coup d’envoi pour une nouvelle stratégie de mobilisation entreprise par entreprise, secteur par secteur, région par région.

Il faut substituer à la politique de concertation une politique de confrontation et cela pour des raisons pratiques. Ni le AENC2, ni les accords précédents qui ont concrétisé la voie de la concertation n’ont réussi à atteindre les objectifs que visaient les directions syndicales. Mais la majorité de la jeunesse s’est éloignée, en grande partie à cause du Pacte des organisations syndicales sur les retraites.

Nous devons nous diriger vers un processus de mobilisation large, prolongé, soutenu et diversifié. Cela exige une politique d’alliances sociales, syndicales et politiques à géométrie très variable. Les fronts et les plateformes à créer sur les trois plans seront en constante évolution.

Le fait de réorganiser les rangs des salarié•e•s et des couches populaires n’est pas une tâche qui peut être menée à bien en quelques jours et elle ne peut se faire à coups de déclarations. La lutte sera très longue, avec des épisodes très aigus. Elle exige une stratégie politique élaborée, cohérente et ferme et une orientation tactique unitaire, démocratique et flexible. Et surtout elle exige de rompre avec la logique du Capital.

Il n’y a pas de sortie de crise favorable aux travailleurs et travailleuses sans faire sauter les coutures du système avec des propositions et des alternatives politiques propres. Le moment est arrivé de montrer de la dignité face à la droite. Le moment est arrivé d’être ingouvernables face au Capital.

Manuel Gari a publié cet article pour Izquierda Anticapitalista en date du 12 mars 2012, repris sur le site Viento Sur.

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Le vote pour Philippe POUTOU, c’est le vote pour rassembler contre l’austérité, de droite comme de gauche

29 mars 2012

Pendant presque une semaine, la campagne présidentielle a été figée au nom de « l’unité nationale ». Pendant cette comédie, PS et UMP se sont livrés à une guérilla pour dénoncer à coup de communiqués ceux qui, dans l’autre camp, rompaient cette unité. Cette mascarade a pour seul but d’éloigner les vraies questions qui devraient être au centre de la campagne et que les luttes des travailleuses et des travailleurs de Lejaby, de Petroplus ou d’ArcelorMittal avaient projetées au devant de la scène : la crise, comment s’en sortir, qui doit payer ? Au lieu d’un vrai débat sur ce qui fait la vie quotidienne de millions de travailleurs, français comme immigrés, la droite voudrait placer la campagne sur le terrain de l’insécurité et de la lutte contre le terrorisme. Un refrain connu.

Le programme de Sarkozy : une régression sociale considérable. Pour le président des riches, il faut terminer le travail en liquidant les derniers droits que la résistance sociale a sauvegardés ces cinq dernières années. Plus : il s’agit aussi d’anéantir pour longtemps toute velléité de résistance.

Pas de véritable changement avec François Hollande. Ses « 60 propositions » veulent donner du « sens à la rigueur », pas stopper les politiques d’austérité, pas faire payer les riches. Pour que tout soit clair, il est allé l’expliquer à la City à Londres. Sa proposition emblématique concernant l’imposition à 75 % de la fraction des revenus supérieure à un million d’euros est très loin de la réforme fiscale qui serait nécessaire (rétablissement des tranches d’imposition supprimées et de la progressivité de l’impôt sur les revenus, suppression de la TVA sur les produits et services essentiels, rétablissement de l’imposition sur les bénéfices des entreprises…). Hollande n’a pas eu à se forcer pour célébrer l’union nationale… aux côtés de Sarkozy et de Le Pen ! Beaucoup voteront pour Hollande pour chasser Sarkozy, mais sans illusion.

La montée en puissance du Front de gauche. En terme de participation, le rassemblement de la Bastille du Front de gauche a été un succès qui confirme bien qu’une large frange des travailleurs veut un vrai changement, pas seulement une alternance. A la Bastille, on a retrouvé une partie de la gauche sociale qui était dans la rue en automne 2010 contre la réforme des retraites de Sarkozy, qui se bat pied à pied contre les licenciements et contre la casse des services publics.

Mais cette montée en puissance électorale met à nu les contradictions du Front de gauche : gouvernera-t-il avec le PS, déjà partenaire dans les Régions, les Départements et les grandes villes, oui ou non ? Le Front de gauche veut faire pression sur le PS et son objectif reste une « majorité politique » avec ce parti. Comme si ce parti n’était pas définitivement converti au libéralisme, insensible même aux pressions des mouvements sociaux !

Entre gouverner avec le PS d’un côté, et poursuivre la lutte pour la répartition des richesses, l’interdiction des licenciements, la sortie du nucléaire, l’annulation de la dette et l’arrêt immédiat de son remboursement, de l’autre côté,… il faudra choisir.

Les limites du Front de gauche apparaissent bien dans le discours de Jean-Luc Mélenchon à la Bastille. N’en déplaise à ses admirateurs, aussi peu exigeants à son égard que l’étaient les admirateurs de Mitterrand en 1981, le ton de ce discours était gaullien et son contenu cocardier, voire à la limite du chauvinisme. Il semble que l’internationalisme, pour le porte-parole du Front de gauche, c’est la France éclairée qui montre – dans l’isoloir – la voie à l’Europe, et même au reste du monde admiratif : « Ouvrez par vos votes la brèche qu’attend toute l’Europe de son volcan français ». « Partout où l’on parle français, où l’on rêve français, on attend de nous ce grand mouvement qui ne libèrera pas que nous ». Dans ce discours, pas un mot des retraites, de la dette, de l’emploi, des banques… Incroyable mais vrai : des mots tels que « capitalisme », « crise », « austérité », « néolibéralisme » « gauche », « droite », « finance », « travailleur-euse-s », « classe ouvrière », « socialisme »… n’ont pas été prononcés une seule fois. Par contre, en vingt minutes, l’orateur a dit onze fois « France », vingt-trois fois « peuple », cinq fois « république », trois fois « patrie »… Il a beaucoup parlé de « révolution » et « d’insurrection », mais l’insurrection se limite à déposer un bulletin de vote dans l’urne. En revanche, pendant l’automne 2010, lorsque les insurgé.e.s étaient dans la rue, sur les blocages, cherchant le chemin pour aller vers une grève totale paralysant le pays faire reculer Sarkozy, Jean-Luc Mélenchon exhortait le président à « sortir du conflit par en haut » en organisant un référendum.

Le vote pour Philippe Poutou. L’enjeu des élections n’est pas mince. Il faut se débarrasser de Sarkozy, et préparer la réunion des forces contre l’austérité de gauche. Dans cette campagne, Philippe Poutou ne raconte pas de contes de fée. Peut-être est-ce une des raisons des faibles intentions de vote que les sondages lui attribuent.

Mais l’important, ce ne sont pas les sondages, ce sera le résultat du vote le 22 avril, et, plus encore, la détermination dont il ne faudra pas manquer après l’élection.

Voter pour Philippe Poutou, ce sera renforcer un courant politique disponible pour construire un bloc contre l’austérité avec toutes les forces qui affirmeront leur indépendance par rapport au Parti socialiste.

Un courant à qui chacun peut faire confiance pour refuser de s’acoquiner de quelque manière que ce soit avec un futur gouvernement d’Hollande.

Un courant qui rejette le dévoiement des luttes sociales dans les impasses cocardières d’un Jean-Luc Mélenchon.

Un courant qui n’aura de cesse de transformer la défaite tant attendue de Sarkozy en victoires sur le terrain social.

Un courant qui affirme que face aux crises capitalistes, c’est un ensemble de mesures anticapitalistes qu’il faut mettre en œuvre, imposer par nos luttes.

Le vote pour préparer ensemble l’après-élection, c’est le vote pour Philippe Poutou. Ce n’est pas un vote pour peser sur le PS, c’est un vote pour peser sur la reconfiguration des forces après l’élection. C’est un vote qui compte.


De l’air frais dans la campagne !

28 mars 2012

La semaine dernière a été marquée par les événements dramatiques de Toulouse. La folie meurtrière de Mohamed Merah nous a tous consternés. Et l’exploitation politicienne qu’en a fait la droite a dépassé les bornes du supportable. Un ministre sur place commentant heure après heure les événements, puis la tentative de déplacer le débat de la campagne présidentielle sur le terrain de l’insécurité et du terrorisme : trop c’est trop ! Il faut les dégager ! Dans cette campagne, Philippe Poutou apporte de l’air frais !

En meeting à Clermont-Ferrand, Philippe Poutou a martelé qu’il faut tout faire pour que Sarkozy et son gouvernement soient battus. Même si le NPA ne fait aucune confiance à Hollande, « cela ne veut pas dire que Sarkozy et Hollande, c’est blanc bonnet et bonnet blanc« , a redit Philippe Poutou. Il faut virer Sarkozy parce qu’il n’a qu’un objectif : finir le sale travail déjà bien entamé pour détruire tous les droits sociaux acquis grâce aux luttes. Pour récupérer les voix du front national, Sarkozy n’hésite pas à relayer les thèmes chers aux racistes et aux xénophobes d’extrême droite qui assimilent immigration et délinquance. Infliger une défaire à Sarkozy, fut-ce dans les urnes, sera un point d’appui pour les luttes à venir.

Car des luttes, il en faudra. Rien dans le programme de Hollande ne protège véritablement les travailleurs face à la crise capitaliste qui continue de faire des ravages. Une autre répartition des richesses, l’interdiction des licenciements, des moyens pour les services publics : il faudra imposer ces mesures d’urgence, c’est-à-dire faire grève, descendre dans la rue, se rassembler pour un mouvement social de grande ampleur.

C’est ce que Philippe Poutou défend dans chacune de ses interventions, dans chacun de ses meetings. Philippe Poutou détaille aussi les propositions du NPA : « l’expropriation des banques, sortir du nucléaire en dix ans et l’annulation de la dette« .

Alors que le front de gauche reste ambigu sur une alliance possible avec le Parti socialiste, Philippe Poutou appelle à se préparer à construire une opposition de gauche pour le soutien aux luttes. On peut faire confiance au NPA et à Philippe Poutou pour refuser de s’acoquiner avec le PS. Peut-on en dire autant du Front de gauche, de toutes les composantes du Front de gauche, qui pour certaines cogèrent avec le PS et sans états d’âme presque toutes les Régions et de nombreux départements et grandes villes ?

Prendre l’argent là où il est

Mercredi, Philippe Poutou a critiqué la proposition du gouvernement de « puiser dans les réserves stratégiques de pétrole » pour lutter contre la hausse des prix. Une proposition électoraliste. Lui propose de « ponctionner » dans les profits de Total ! « En réalité, a-t-il expliqué, il faudrait trouver des solutions sur le long terme, et les solutions sur le long terme c’est s’intéresser aux profits de Total ».

Plus globalement, il a préconisé l’instauration d' »un service public de l’énergie où on exproprie Total et où on mette en place une politique qui réponde réellement aux besoins sociaux et aux questions écologistes« . La proposition de Hollande d’un blocage des prix sur une durée de trois mois permettant l’introduction d’une TIPP flottante est très loin d’être suffisante.

Pour que la défaite de Sarkozy signifie un réel changement pour la majorité de la population, il faut soutenir les mesures d’urgence que proposent Philippe Poutou, premier pas pour regrouper la force capable demain de les imposer.

Philippe Poutou sera en meeting à Caen mardi 3 avril, à 20h30, au Centre de congrès. Un rendez-vous de lutte !


L’heure de gloire de Jean-Luc Mélenchon

18 mars 2012

Gros succès pour le Front de gauche à Paris, dimanche 18 mars. Les organisateurs annoncent 120 000 personnes qui ont pu vibrer aux mots de révolution et d’insurrection civique. Jean-Luc Mélenchon sait y faire. Tout çà pour « peser » sur le PS ?

C’était la foule des grands jours à La Bastille. Pour beaucoup de militants du PCF, c’est une deuxième jeunesse. Après les désillusions de l’union de la gauche et la chute de leur parti, se retrouver si nombreux redonne du tonus à une frange de la gauche abasourdie par le désastre de Jospin et de la gauche plurielle. A défaut d’avoir « réveillé le peuple », comme dit Mélenchon, le Front de gauche a su se faire entendre de cette frange populaire, avec un discours célébrant l’esprit de résistance mais aussi la nation et les valeurs « républicaines ».

Le second de ses succès est d’avoir capté l’attention de beaucoup de ceux et de celles qui résistent face à la droite, dans les syndicats, dans les associations, contre les licenciements, contre le recul des droits, et qui ont subi de nombreuses défaites sur le terrain social.

Le rassemblement de La Bastille montre que cette résistance est puissante, mais ne le savait-on pas déjà ? L’automne 2010 n’est pas si loin. Par millions, nous étions alors dans la rue pour stopper la droite, la faire reculer. Nous avons été à deux doigts de la généralisation des grèves pour imposer la voix du plus nombre face à celle d’une petite minorité arrogante, les riches, le grand patronat, la finance. Alors que « l’insurrection » était dans la rue, qu’a fait alors le Front de gauche ? Mélenchon, pour sa part, appelait Sarkozy à « sortir par le haut » du conflit en organisant un référendum…

La grande majorité des partisans du Front de gauche réunis à la Bastille ne se fait guère d’illusion sur le Parti socialiste. Les soixante propositions du programme de Hollande sont la promesse du maintien d’une politique d’austérité qui s’attaquera à la majorité de la population. Le Front de gauche devra, lui, clarifier son choix face à ce parti : gouverner avec lui, ou alors faire confiance aux mobilisations et mettre ses forces dans leur construction, en ayant pleinement conscience que ces mobilisations, en s’affrontant au patronat, ne manqueront pas de s’affronter également au gouvernement, à l’instar de la Grèce ou de l’Espagne.

Bref, « peser » sur le PS ou s’assumer dans l’opposition de gauche à ce Parti quand il sera au pouvoir : le Front de gauche n’échappera pas à ce choix.

Si Jean-Luc Mélenchon promet au Front de gauche un succès électoral, la candidature de Philippe Poutou permet quant-à elle de préparer la nouvelle situation qui sera ouverte par la défaite de Sarkozy. Cette défaite, toute la gauche la souhaite, mais la « vraie gauche » doit y contribuer sans accorder aucune confiance à Hollande, en proclamant son indépendance, et en transformant la défaite électorale de Sarkozy en victoires sociales pour les travailleurs.


Immigration. Lutter pour une société ouverte reconnaissant la liberté de circulation et d’installation

17 mars 2012

Attaqué par la droite, Hollande exclut toute régularisation massive des sans papiers s’il est élu. Il se rallie à « l’immigration choisie » défendue naguère par la droite. Philippe Poutou se prononce pour sa part pour la régularisation de tous les sans-papiers. Notre combat pour une autre société vise à instaurer la liberté de circulation et d’installation.

Contre les pouvoirs discrétionnaires des Préfets, Hollande veut instaurer des « critères » pour des régularisations « au cas par cas ». Ce qui laisserait forcément dans une semi-clandestinité nombre d’étrangers aujourd’hui dans la galère, sans droits, soumis à une surexploitation honteuse, parfois sans logement. Que deviendront-ils ? Mystère… Si le candidat socialiste se refuse à fixer un objectif chiffré d’expulsions ou de réduction de l’immigration familiale, comme la droite le presse de le faire, il n’annonce pas non plus la fin des expulsions ni des restrictions sur l »immigration familiale. Hollande prend le seul engagement de ne pas enfermer les enfants en centre de rétention. C’est bien le moins !

Hollande annonce par ailleurs la création d’une « brigade spécialisée de lutte contre les filières clandestines » d’immigration et « les passeurs » et un débat annuel au Parlement, pour fixer le volume de « l’immigration économique ». Hollande pose ainsi sa candidature pour une meilleure gestion des flux migratoire dans le cadre du système, ou les pays du Nord surexploitent ceux du Sud, en pillant leurs ressources naturelle, et même leur main d’oeuvre pour autant qu’elle peut-être utile au Nord !

C’est la misère au Sud qui génère les flux migratoire vers les pays « riches ». Refuser de remettre en cause ces rapports de domination, construire l’Union européenne comme un véritable bunker où il est impossible de pénétrer et faire la chasse à celles et ceux qui parviennent à passer au travers les mailles du filet, tout cela va ensemble. La droite et l’extrême droite l’assument. De fait, Hollande ne propose pas une autre politique. Le NPA veut rompre avec cette politique, et c’est une des raisons pour laquelle il présente Philippe Poutou à la présidentielle.

Le NPA propose d’aller vers une société ouverte permettant la libre circulation. Utopie ? Non, à condition d’en finir avec le capitalisme, car c’est ce système qui organise les rapports d’oppression et d’exploitation. Pour ce combat, le NPA défend plusieurs mesures :

– Délivrance des visas et des titres de séjour sur simple demande. Cette délivrance, de plein droit, ne sera plus soumise à l’arbitraire des consulats ou des préfectures. Tout refus devra donc être dûment motivé et pourra être contesté devant une instance judiciaire indépendante.

– Renouvellement des titres de séjour de plein droit et accès à une carte unique de résident de 10 ans dès le premier renouvellement. Les titres de séjour, puisque délivrés de plein droit, seront dépourvus de toute mention de catégorie justifiant son octroi. Le Contrat d’accueil et d’intégration disparaîtra. Le droit de travailler découlera automatiquement du droit au séjour.

– Régularisation de tous les sans-papiers sur simple demande. La délivrance de plein droit de titres de séjour stoppera ensuite la machine à fabriquer de nouveaux sans-papiers.

– Fermeture de tous les centres de rétention. Celle-ci ira de pair avec l’arrêt de la traque des étrangers en situation irrégulière et la dépénalisation du séjour irrégulier.

– Application pleine et entière du droit d’asile. Cela signifie que les zones d’attente seront supprimées, que la liste des pays dits « sûrs » sera abolie, que l’instance qui se substituera à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) sera, elle aussi, détachée du ministère de l’Intérieur et ne sera plus une instance chargée de gérer le soupçon. Le droit de travailler pour les demandeurs d’asile sera rétabli. Les centres d’accueil des demandeurs d’asile (Cada), structures d’hébergement « d’apartheid », seront supprimés, l’accueil des demandeurs d’asile se faisant à nouveau dans les centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), dotés de moyens sensiblement augmentés.

– Le droit de vote à toutes les élections sera reconnu pour tous les titulaires de la carte de résident. Ceux-ci seront également éligibles.

– Le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) sera abrogé. Le droit des étrangers sera le droit commun.

– Le droit du sol sera intégralement appliqué. La nationalité française et les droits afférents pourront être reconnus, dès la naissance d’un enfant sur le sol français, sur simple demande des parents. Elle sera tacitement confirmée à 18 ans et ne pourra être retirée qu’à la demande de la personne concernée. Les procédures de naturalisation seront assouplies. Il s’agit de déboucher sur une citoyenneté de résidence équivalente, dans la pratique, par les droits qu’elle conférera, à la citoyenneté du sol.

– La convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille devra être ratifiée. Adoptée en 1990, entrée en vigueur en 2003, lorsque 20 pays l’eurent ratifiée, elle n’est toujours ratifiée par aucun pays occidental d’immigration.

– Les accords internationaux ne visant qu’à la « maîtrise des flux migratoires » seront dénoncés. Il s’agit d’abord des accords bilatéraux tels que les « accords de gestion concertée des flux migratoire ». Ceux-ci participent d’un chantage à une aide dérisoire, largement inférieure à ce que les immigrés peuvent envoyer dans leur pays en liquide (en dépit du racket de Western Union). En contrepartie, les pays d’émigration sont sommés de contribuer à l’externalisation des politiques de « maîtrise des flux migratoires ». Mais il s’agit également des règlements européens tels que Dublin II. De même, la France se retirera du dispositif Frontex, générateur, entre autres méfaits, de tant de morts en Méditerranée.

– Le droit à l’autodétermination de tous les peuples, y compris des habitants des colonies que sont les DOM-TOM sera réaffirmé. Mais, au-delà, il conviendra de créer les conditions politiques, économiques et sociales permettant d’engager une réelle décolonisation, entendue en termes d’émancipation : cela pose la question de la réappropriation des terres, du sous-sol, des matières premières et industries, aujourd’hui détenus par les grands groupes français notamment ; de l’abolition de leur dette ; de la restitution des biens « mal-acquis » que conservent en France les dictateurs et leurs familles.

– Les principes d’ouverture de la loi de séparation de 1905 doivent être réaffirmés. En clair, cela veut dire que la liberté de culte étant reconnue, les lois et mesures à caractère islamophobe adoptées ces dernières années, qui sont clairement discriminatoires et racistes, seront abrogées.

– L’arsenal de lois liberticides mis en place au fil de l’histoire de la République sera démantelé, pièce à pièce. Les services de police seront reconfigurés. La BAC notamment, unité vouée au harcèlement dans les quartiers, sera dissoute. Il s’agira d’abord de mettre un terme aux violences meurtrières impunies de la police, de stopper également les contrôles au faciès.

– Pour mettre en résonance sa politique migratoire et sa politique internationale, la France devra rompre avec une politique dictée pas ses intérêts de puissance coloniale et impérialiste. Elle retirera ses troupes de tous les pays étrangers, et en premier lieu d’Afrique et d’Afghanistan. Elle cessera de soutenir des dictatures ou des États d’apartheid tels qu’Israël. La réduction drastique du budget militaire dégagera des moyens en faveur du développement de l’éducation, de la santé, du logement pour tous, ainsi que de la coopération civile internationale.


Accueillis par des grenades lacrymogènes…

15 mars 2012

Venus de Florange en car, les travailleurs d’Arcelor Mittal en lutte pour le rédémarrage du site ont été reçus par des tirs de grenades lacrymogènes devant la permanence de Sarkozy, ce jeudi, dans le XVe arrondissement. En fin de matinée, Sarkozy s’était discrètement éclipsé de son QG.

Sarkozy misait sur quelques déplacements et quelques coups médiatiques – Lejaby, Photowatt… – pour regagner la sympathie d’une partie de l’électorat ouvrier. A Paris, retour à la réalité : « le candidat du peuple accueille le peuple avec des CRS« , constatait ironiquement Edouard Martin, délégué CFDT du site de Florange.

À chaque élection, les candidats font le tour des usines pour faire croire aux travailleurs que leur sort leur importe. Ils se relaient au chevet des sites menacés de fermeture, tous plus soucieux les uns que les autres de démontrer leur préoccupation pour l’emploi. Ils voudraient laisser croire qu’ils ont des réponses face aux fermetures d’usines et aux licenciements. En réalité, ils agitent les mêmes slogans creux sur la stratégie ou la politique industrielle, et un patriotisme industriel qui oppose les travailleurs entre eux d’un coin à l’autre de la planète.

Par leurs résistances et leurs luttes contre les fermetures d’usines et les licenciements, les travailleurs contraignent les politiciens à venir s’expliquer devant eux. Ils les interpellent et contribuent ainsi à mettre les vraies questions au centre de la campagne : les questions sociales. Ils interviennent ainsi directement sur le terrain politique. La lutte contre les fermetures d’entreprises, pour l’emploi, contre le chômage ne saurait se laisser enfermer sur le terrain syndical en abandonnant la politique aux professionnels qui appellent les ouvriers à voter pour eux tous les cinq ans, l’occasion d’une petite visite, d’une tape sur l’épaule et d’un tour à la cantine…

L’élection présidentielle est l’occasion de populariser les solutions pour garantir le droit àl’emploi pour tous et pour toutes, en commençant par l’interdiction des licenciements, la répartition du travail entre tous et toutes, la réquisition des entreprises abandonnées par les patrons : Pétroplus, Arcelor Mittal à Florange, Honeywell à Condé-sur-Noireau, et bien d’autres.

C’est le sens de la campagne de Philippe Poutou.


ATOS Lisieux : baisse de salaire, augmentation des bénéfices. A qui profite le crime ?

15 mars 2012

ATOS, entreprise spécialisée dans les équipements de tôlerie très fine installée à Lisieux, avec comme clients les grands groupes de télécom, d’aéronautique et de l’armement, annonce une réduction du temps de travail de ses salariés, avec un passage de 38 heures (les 3 heures étant des Heures Supplémentaires) à 35 heures. Mais mais cette annonce n’a pas pour but d’ améliorer les conditions de travail des salariés, NON, cette baisse du temps de travail est liée a une baisse de salaire.

Cela représentera de 150 à 200 euros par mois et par salarié.

Pour le comité NPA de Lisieux, c’est totalement inacceptable.

Depuis des années, ATOS engrange des bénéfices à coup de milliers d’euros voir de millions, et jamais pendant cette période il n’y a eu d’augmentation substantielle de salaire pour le personnel.

Cet argent qui aurait du revenir aux salariés a encore une fois fini dans la poche des deux actionnaires. De l’argent il y en a pour préserver les salaires et bien sur l’emploi.

La direction d’ATOS ne s’arrêtera pas à une baisse de salaire. A terme, cse sont bel et bien des licenciements qui seront annoncés.

Il est temps de mettre un terme à cette politique libérale qui ne voit les salariés que comme des chiffres et une variable d’ajustement à l’augmentation de leur bénéfice.

Il faut imposer l’interdiction des licenciements, une durée de travail hebdomadaire de 32 heures et un salaire minimum de 1700 euros net, c’est ce que défend Philippe Poutou (candidat du NPA aux élections présidentielles) et ce que défendra le NPA Comité Lisieux aux élections législatives.

Le NPA Comité Lisieux rappelle son soutien au salariés d’ATOS et dénonce le comportement capitaliste et libérale de la direction du groupe.

Le 15 mars 2012