Se débarrasser du chômage

Sarkozy a lancé sa campagne en tapant sur les chômeurs, au moment même où le chômage augmente. Dans le Calvados, les chiffres officiels annoncent 47 500 demandeurs d’emploi fin décembre 2011, soit 4,8% de plus qu’un an auparavant. Pour éradiquer le chômage, il faut à la fois interdire les licenciements et réduire le temps de travail.

Comme ailleurs en France, les femmes sont les premières victimes de la croissance du chômage dans le Calvados. Le nombre officiel de demandeuses d’emploi a en effet crû de + 5,9 % en un an dans le Calvados, contre + 3,8 % pour les hommes. Pour les plus anciens, la situation est catastrophique : le nombre des demandeurs d’emploi de 50 ans et plus a littéralement explosé : + 14,5 % en un an. Au-delà de 50 ans, il est de plus en plus difficile de retrouver un emploi. L’augmentation du nombre de chômeurs âgés provoque celle des chômeurs de longue durée. Le nombre de celles et ceux qui pointent au chômage depuis plus de deux ans a bondi de 16 % en un an. La situation réelle est malheureusement beaucoup plus grave encore, car ces chiffres officiels n’incluent pas les personnes sans emploi, découragés par ce qu’ils ne trouvent pas d’emploi, et qui ne vont même plus à Pôle emploi. Le report au-delà de 60 ans et 65 ans des âges légaux pour la retraite (âge du départ en retraite et âge à partir duquel la décote ne s’applique plus) va conduire ces prochaines années à augmenter considérablement le nombre de pauvres âgés.

La croissance du chômage est liée à l’atonie de l’activité. La reprise « molle » de début 2011 a fait long feu. L’Europe est maintenant au bord de la récession. Dans les pays où les politiques d’austérité sont les plus dures, la récession est déjà là : en Grèce, mais aussi en Italie, au Portugal et en Espagne. La croissance du chômage s’accompagne de l’augmentation de la pauvreté, des sans-logis, des personnes mal soignées… En France, le nombre de personnes ayant un emploi est en baisse, les suppressions de postes dans les services publics s’ajoutant aux licenciements dans le privé. Celles et ceux qui ont un emploi voient leur salaire stagner. Au total, la consommation stagne ou baisse, et les patrons réduisent encore un peu plus l’activité. C’est l’engrenage.

Cet engrenage n’est pas une fatalité, c’est le fruit de choix patronaux et de politiques gouvernementales. En réduisant sans cesse les effectifs au travail, les patrons veulent accroître la productivité. Comme tous ont le même objectif, cette course à la productivité est sans fin. Le gouvernement, lui, réduit les effectifs dans les services publics pour « dépenser moins », au nom du remboursement de la dette. Patronat et gouvernement profitent du chômage pour peser sur les salaires.

Pour stopper cette politique et imposer d’autres choix, il n’y a pas d’autre voie que la lutte, tous ensemble, et à l’échelle du continent. La journée d’action européenne du 29 février contre l’austérité est un premier pas, mais très insuffisant au regard de l’offensive des gouvernements et du patronat européens. C’est une grève partout en Europe qu’il faudrait construire. Néanmoins, nous avons tous et toutes intérêt à ce que les manifestations du 29 février soient massives. Mais avec quels objectifs ?

Les solutions existent

Il faut tout d’abord comprendre pourquoi le chômage augmente. Prenons l’exemple du Calvados. Alors qu’il y a 47 500 chômeurs inscrits dans le Calvados, Pôle emploi reçoit chaque mois en moyenne 3 300 offres d’emploi dans ses agences (dans la plupart des cas, des offres d’emplois temporaires ou occasionnels). Sur l’année 2011, cela a représenté 39 000 offres, et la grande majorité ont trouvé preneur (35 400). Mais les « entrées » à Pôle emploi sont chaque mois beaucoup plus nombreuses que les offres d’emplois. Ainsi, en décembre, dans le Calvados, Pôle emploi a enregistré 5 200 entrées, pour 2 400 offres d’emplois. C’est pour cela que le chômage augmente régulièrement.

La croissance du chômage n’est en rien liée au fait que les chômeurs ne voudraient pas travailler, ou qu’ils ne sont pas formés pour les emplois qui leur seraient proposés. Les offres d’emploi trouvent presque toujours preneur, même les offres d’emplois très mal payés et de très courte durée. La croissance du chômage s’explique tout simplement par une offre d’emplois insuffisante d’une part, et par des « entrées » à Pôle emploi trop nombreuses d’autre part.

C’est pourquoi le NPA propose deux mesures pour combattre le chômage, l’une pour limiter la demande d’emplois, l’autre pour augmenter l’offre d’emplois :

interdire les licenciements et requalifier en CDI les emplois temporaires, c’est-à-dire sauvegarder l’emploi existant, pour limiter les demandes d’emploi aux seuls jeunes cherchant un premier emploi et aux personnes changeant volontairement d’emploi ;

réduire le temps de travail, pour créer des emplois et donc augmenter l’offre d’emplois.

François Hollande est bien placé pour battre Sarkozy, mais, dans son programme, ne figurent ni l’interdiction des licenciements, ni la réduction du temps de travail. C’est seulement par la lutte que nous imposerons ces solutions.

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