Honeywell Condé-sur-Noireau : usine bloquée

Les salariés d’Honeywell à Condé-sur-Noireau bloquent la production depuis mercredi. Motif : la direction, qui n’a pas reculé sur son projet de fermeture de l’établissement, propose des indemnités de départ dérisoires.

Mercredi, la direction a fait des « propositions » de primes additionnelles, celles devant compléter les indemnités légales. La proposition est de 1 150 euros par année d’ancienneté. C’est un montant dérisoire d’autant que sur d’autres sites, le montant peut être le double.

Méprisés une fois déjà quand on leur a annoncé la fermeture de l’usine en 2013 (325 emplois concercés), les travailleurs sont méprisés une seconde fois lorsque la direction leur propose une aumône comme solde tout compte. Honeywell ne s’intéresse pas au sort des travailleurs, ni aujourd’hui, ni demain s’ils perdent leur emploi pour satisfaire les exigences de rentabilité dictées par les actionnaires.

Soutien aux salariés en lutte

La réaction des salariés a été immédiate : arrêt de la production, et occupation des locaux, jusqu’à ce que la direction revoit sa copie. Jeudi après-midi, le travail n’avait toujours pas repris, la direction indiquant qu’elle présenterait « une nouvelle proposition revue à la hausse » lundi.

Le NPA apporte son soutien aux salariés. Seule leur détermination leur permettra d’arracher des compensations à la hauteur du préjudice causée.

Le maire, Pascal Allizard en appelle aussi aux parlementaires, « qu’ils soient de droite ou de gauche », pour qu’ils « s’emparent de la jurisprudence qui réduit les possibilités de licenciement boursier et en fassent une véritable proposition de loi ». C’est une façon de reconnaître l’impuissance des élus locaux face aux multinationales, c’est reconnaître aussi que les tables rondes et autres groupes de travail ne servent à rien, si la mobilisation des travailleurs n’est pas là pour botter les fesses les « décideurs ».

C’est dire aussi que ceux qui nous gouvernent ne font rien pour protéger l’emploi. Ils se contentent de belles phrases quand des plans de licenciement son annoncés, promettre de se battre pour le maintien des emplois … mais en fait laissent faire les patrons.

Or, les moyens de pression sur Honeywell existent : pourquoi ne pas mettre sous séquestre les biens de ce groupe et de ses actionnaires en France ?

Pourquoi, également, ne pas intervenir auprès de Renault ou de PSA pour que ces grands groupes participent au financement de la poursuite de l’activité ?

Pourquoi les pouvoirs publics continuent-ils à subventionner le patronat au lieu d’aider le maintien de l’activité sous contrôle des travailleurs ?

Interdisons les licenciements

Les solutions existent et il faudrait un pouvoir politique décidé à les mettre en œuvre, prêt à s’affronter aux grands groupes et au patronat.

Aujourd’hui, les travailleurs sont à la merci du bon vouloir des patrons, et des intérêts électoraux du moment. Sarkozy sait promettre le maintien de sites industriels quand çà l’arrange. Mais seulement parce qu’il y a une lécetion. Il a d’ailleurs demandé discrètement aux grands groupes d’attendre l’après-élection pour licencier, comme l’a révélé la CFDT. Pour garantir le droit à l’emploi pour tous et toutes, ce n’est pas de zorros dont nous avons besoin, mais de deux mesures à prendre en urgence :

– une loi interdisant les licenciements ;

– la réduction du temps de travail à 32 heures, pour travailler moins, et pour travailler tous et toutes.

C’est ce que propose leNPA.

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