Le 29 février : contre l’austérité

Le conseil européen des 8 et 9 décembre a accouché de l’annonce d’un nouveau traité liant les Etats membres de l’Union européenne, la Grande-Bretagne restant à l’écart. Au coeur de ce nouveau traité figurent les dispositifs contraignant les politiques budgétaires, et, de fait, condamnant les populations à l’austérité pour de nombreuses années. Les syndicats européens s’y opposent et appellent à une journée d’action le 29 février. A Caen : manifestation à 10h30, place Saint-Pierre.

C’est au nom de la « stabilité », pour mieux coordonner les politiques nationales, que ce nouveau traité – le traité « Merkozy » – a été adopté par le Conseil européen, le 30 janvier. En fait, ce traité entérine l’obligation de la « discipline budgétaire ». En clair, l’obligation du retour à « l’équilibre budgétaire », en restreignant les dépenses publiques, notamment les dépenses sociales. Il prévoit des « sanctions » en cas de non respect des contraintes budgétaires (lire aussi l’article sur le sommet du 9 décembre sur le site national du NPA).

C’est un traité pour l’austérité généralisée, concocté par ceux-là même qui ont plongé la Grèce dans la récession et précipité la population grecque dans la misère. Au quatrième trimestre 2012, le PIB en Grèce a baissé de 7 %, alors que le nombre de chômeurs et de sans-abri a explosé.

Les attaques brutales contre les travailleurs dans toute l’Europe sont telles que la Confédération européenne des syndicats (CES) a déclaré s’opposer au nouveau traité. Une position bien différente de son approbation du Traité constitutionnel européen de 2005. Les lobbys syndicaux de bruxelles voient bien que l’enchaînement des politiques d’austérité nourrit la dépression économique. Dans une déclaration, le comité directeur de la CES note justement que les gouvernements profitent de la crise pour « imposer une pression à la baisse sur les niveaux de salaire négociés par convention collective ; affaiblir la protection sociale et le droit de Grève, privatiser les services publics ». La CES dénonce des « attaques » qui « risquent de démanteler un modèle social unique au monde ». La CES s’inquiète du fait que les gouvernements ont décidé de se passer de la négociation des salaires, et ont même décidé de se passer… d’elle-même. La CES exige par conséquent « le respect total de l’autonomie des partenaires sociaux pour négocier collectivement ». Elle réclame aussi un « rôle structurel pour le dialogue social européen pour éviter une mise en oeuvre aveugle des règles économiques rigides qui nuiraient à l’économie ».

Il n’y a a aucune chance que l’opposition de la CES au nouveau traité sur de telles bases fasse reculer les gouvernements. L’opposition de la CES a l’efficacité d’une épée en bois face à un adversaire surarmé et… sûr de lui.

Contre l’austérité, tous ensemble…

Mais à la base, la mobilisation pourrait prendre un autre sens : celui du combat commun contre l’austérité, de la Grèce à la France, de l’Etat espagnol à l’Italie ; celui du combat contre la dictature de la finance.

Pour cela, mieux vaut ne pas compter sur les directions nationales des grandes confédérations syndicales. Certes, en France, le Comité confédéral national (CCN) de la CGT, qui réunissait les représentants des fédérations et des unions départementales de la CGT les 1er et 2 février derniers, a décidé de s’inscrire dans la mobilisation européenne le 29 février en exigeant des « alternatives pour l’emploi et la justice sociale » et en appellant les salariés « à décider de la grève sur les lieux de travail le 29 février et à participer aux manifestations interprofessionnelles » (déclaration du CCN de la CGT). Car c’est bien une grève interprofessionnelle qu’il faudrait en effet le 29 février, comme la grève générale en Belgique le 30 janvier dernier. Et, cette fois, une grève sur l’ensemble du continent.

Malheureusement, la déclaration commune de la CFDT, de la CGT, de la FSU, de Solidaires et de l’UNSA, réunies en intersyndicale nationale le 9 février dernier, ne va pas dans ce sens. Ces syndicats réclament « une nouvelle politique monétaire, économique et sociale dans le cadre d’une gouvernance économique forte de la zone euro qui donne priorité aux politiques en faveur de la création d’emplois de qualité », sans préciser de revendications et en se contenant d’un appel à des « rassemblements et des manifestations interprofessionnelles ».

Il reste donc beaucoup à faire pour que ce 29 février soit une véritable journée de lutte faisant converger toutes les résistances à l’échelle européenne :

– contre l’Europe des spéculateurs et des banquiers,

– pour en finir avec l’austérité.

A Caen, les syndicats appellent à manifester à 10h30, place Saint-Pierre.

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