2000 manifestants à Caen

29 février 2012

Les gouvernements et le patronat européens s’acharnent sur les populations. Les plans d’austérité s’enchaînent et entraînent toute l’Europe dans la récession. Pour en finir avec cet engrenage, la mobilisation est à l’ordre du jour. 2000 manifestants ont défilé ce matin à Caen.

La CGT était la plus nombreuse dans cette manifestation appelée par la CGT, la CFDT, Solidaires, la FSU et l’UNSA, qui relayaient un appel de la Confédération européenne des syndicats. La CFDT et l’UNSA, hostiles à appeler à la grève au point d’apparaître comme très peu concernées par cette journée de mobilisation, étaient aussi quasi absentes de la manifestation. Comme si manifester avant les élections était incongru ! Bien sûr, nous ne raterons pas l’occasion de dégager Sarkozy en mai prochain. Pour autant, il faudra faire grève et manifester, si Hollande est élu comme le laissent penser les sondages d’intention de vote, si nous voulons voir nos revendications satisfaites. Autant montrer sans attendre au futur gouvernement qu’il faudra compter avec la rue !

Lire le tract distribué par le NPA :

NON À L’AUSTÉRITÉ !

L’austérité pour les populations : c’est le mot d’ordre des gouvernements et du patronat européens. Le plan voté par le Parlement grec sur ordre de la troïka (Union européenne, BCE, FMI) prévoit la baisse des salaires et des pensions, encore plus de privatisations, et encore moins d’emplois publics. Ce n’est que le premier de la liste.
Dans l’Etat espagnol, la droite prépare un décret-loi « réformant » le marché du travail, en fait favorisant les licenciements et la précarité. En France, Sarkozy, avant même l’élection présidentielle, exonère un peu plus le patronat de cotisations sociales et augmente la TVA frappant les couches populaires. Avec les « accords compétitivité emploi », il prépare le dynamitage du Code du travail, c’est-à-dire la fin de la protection minimale des travailleurs contre l’exploitation.
En Espagne comme en France, la droite veut mettre en place le « travail forcé » pour les chômeurs. Partout, les immigrés sont les boucs émissaires pour dissimuler le véritable responsable de la crise : le capitalisme. Partout les extrêmes droites s’activent pour diviser les travailleurs, les opposer les uns aux autres.

Résister et riposter dans toute l’Europe

Le nouveau traité européen en préparation grave dans le marbre l’austérité sans fin pour la grande majorité de la population, pour maintenir les privilèges des rentiers de la dette publique et des actionnaires des banques et des grandes entreprises. Or l’austérité enfonce chaque jour l’Europe dans la crise. Il faut arrêter cette spirale sans fin.
La journée d’action européenne du 29 février est la première riposte commune à l’échelle du continent. C’est un premier pas important.

Comme en Grèce, où la population se révolte, comme en Espagne, où des centaines de milliers de travailleurs et de jeunes ont manifesté il y dix jours, il est temps de dire tous ensemble « non, nous n’acceptons plus ».

En Grèce, les grands partis de droite et soi-disant de gauche se sont aplatis devant les exigences des Merkozy européens. Mais la population n’a pas dit son dernier mot. Les grèves et les occupations se multiplient. Des entreprises ou des services publics sont placés sous le contrôle des travailleurs, comme l’hôpital de Kilkis, en Macédoine centrale, ou le grand quotidien Eleftherotypia, à Athènes. La population prend en main ses propres affaires. En Espagne, alors que les socialistes ont été chassés du pouvoir pour avoir mis en oeuvre sans sourciller la politique d’austérité, c’est la grève générale qui se discute maintenant, avec la jonction entre le mouvement syndical et le puissant mouvement des Indigné.e.s.
C’est là que se trouve l’espoir pour les peuples : le développement des luttes, la jonction de toutes les révoltes.

Dégageons Sarkozy

Nous aurons dans quelques semaines l’occasion de virer Sarkozy. Son cinéma de dernière minute pour défendre l’emploi ne trompe personne. En relayant le discours de haine du Front national, il nous renforce encore dans notre détermination : dégageons-le !

Mais sans faire confiance à son possible successeur, François Hollande. Le programme à l’eau de rose du candidat socialiste ne résout rien. Les formules (« le véritable adversaire, c’est le monde de la finance ») ne suffisent pas. Au lieu de proposer l’interdiction des licenciements, il envisage de « renchérir le coût des licenciements ». Il veut à juste titre embaucher 60 000 enseignants, mais en continuant la baisse des effectifs dans les autres secteurs de la Fonction publique. Il veut redonner le droit de partir en retraite à 60 ans aux seuls travailleurs réunissant 41 annuités de cotisations à cet âge. Il ne propose pas l’augmentation des salaires ni des minimas sociaux. Il n’envisage pas de sortir du nucléaire, mais seulement de réduire la part du nucléaire… en 2025.

C’est pour pouvoir voter à gauche, virer Sarkozy sans faire confiance à Hollande, que le NPA présente son candidat : Philippe Poutou.

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Se débarrasser du chômage

25 février 2012

Sarkozy a lancé sa campagne en tapant sur les chômeurs, au moment même où le chômage augmente. Dans le Calvados, les chiffres officiels annoncent 47 500 demandeurs d’emploi fin décembre 2011, soit 4,8% de plus qu’un an auparavant. Pour éradiquer le chômage, il faut à la fois interdire les licenciements et réduire le temps de travail.

Comme ailleurs en France, les femmes sont les premières victimes de la croissance du chômage dans le Calvados. Le nombre officiel de demandeuses d’emploi a en effet crû de + 5,9 % en un an dans le Calvados, contre + 3,8 % pour les hommes. Pour les plus anciens, la situation est catastrophique : le nombre des demandeurs d’emploi de 50 ans et plus a littéralement explosé : + 14,5 % en un an. Au-delà de 50 ans, il est de plus en plus difficile de retrouver un emploi. L’augmentation du nombre de chômeurs âgés provoque celle des chômeurs de longue durée. Le nombre de celles et ceux qui pointent au chômage depuis plus de deux ans a bondi de 16 % en un an. La situation réelle est malheureusement beaucoup plus grave encore, car ces chiffres officiels n’incluent pas les personnes sans emploi, découragés par ce qu’ils ne trouvent pas d’emploi, et qui ne vont même plus à Pôle emploi. Le report au-delà de 60 ans et 65 ans des âges légaux pour la retraite (âge du départ en retraite et âge à partir duquel la décote ne s’applique plus) va conduire ces prochaines années à augmenter considérablement le nombre de pauvres âgés.

La croissance du chômage est liée à l’atonie de l’activité. La reprise « molle » de début 2011 a fait long feu. L’Europe est maintenant au bord de la récession. Dans les pays où les politiques d’austérité sont les plus dures, la récession est déjà là : en Grèce, mais aussi en Italie, au Portugal et en Espagne. La croissance du chômage s’accompagne de l’augmentation de la pauvreté, des sans-logis, des personnes mal soignées… En France, le nombre de personnes ayant un emploi est en baisse, les suppressions de postes dans les services publics s’ajoutant aux licenciements dans le privé. Celles et ceux qui ont un emploi voient leur salaire stagner. Au total, la consommation stagne ou baisse, et les patrons réduisent encore un peu plus l’activité. C’est l’engrenage.

Cet engrenage n’est pas une fatalité, c’est le fruit de choix patronaux et de politiques gouvernementales. En réduisant sans cesse les effectifs au travail, les patrons veulent accroître la productivité. Comme tous ont le même objectif, cette course à la productivité est sans fin. Le gouvernement, lui, réduit les effectifs dans les services publics pour « dépenser moins », au nom du remboursement de la dette. Patronat et gouvernement profitent du chômage pour peser sur les salaires.

Pour stopper cette politique et imposer d’autres choix, il n’y a pas d’autre voie que la lutte, tous ensemble, et à l’échelle du continent. La journée d’action européenne du 29 février contre l’austérité est un premier pas, mais très insuffisant au regard de l’offensive des gouvernements et du patronat européens. C’est une grève partout en Europe qu’il faudrait construire. Néanmoins, nous avons tous et toutes intérêt à ce que les manifestations du 29 février soient massives. Mais avec quels objectifs ?

Les solutions existent

Il faut tout d’abord comprendre pourquoi le chômage augmente. Prenons l’exemple du Calvados. Alors qu’il y a 47 500 chômeurs inscrits dans le Calvados, Pôle emploi reçoit chaque mois en moyenne 3 300 offres d’emploi dans ses agences (dans la plupart des cas, des offres d’emplois temporaires ou occasionnels). Sur l’année 2011, cela a représenté 39 000 offres, et la grande majorité ont trouvé preneur (35 400). Mais les « entrées » à Pôle emploi sont chaque mois beaucoup plus nombreuses que les offres d’emplois. Ainsi, en décembre, dans le Calvados, Pôle emploi a enregistré 5 200 entrées, pour 2 400 offres d’emplois. C’est pour cela que le chômage augmente régulièrement.

La croissance du chômage n’est en rien liée au fait que les chômeurs ne voudraient pas travailler, ou qu’ils ne sont pas formés pour les emplois qui leur seraient proposés. Les offres d’emploi trouvent presque toujours preneur, même les offres d’emplois très mal payés et de très courte durée. La croissance du chômage s’explique tout simplement par une offre d’emplois insuffisante d’une part, et par des « entrées » à Pôle emploi trop nombreuses d’autre part.

C’est pourquoi le NPA propose deux mesures pour combattre le chômage, l’une pour limiter la demande d’emplois, l’autre pour augmenter l’offre d’emplois :

interdire les licenciements et requalifier en CDI les emplois temporaires, c’est-à-dire sauvegarder l’emploi existant, pour limiter les demandes d’emploi aux seuls jeunes cherchant un premier emploi et aux personnes changeant volontairement d’emploi ;

réduire le temps de travail, pour créer des emplois et donc augmenter l’offre d’emplois.

François Hollande est bien placé pour battre Sarkozy, mais, dans son programme, ne figurent ni l’interdiction des licenciements, ni la réduction du temps de travail. C’est seulement par la lutte que nous imposerons ces solutions.


Honeywell Condé-sur-Noireau : usine bloquée

24 février 2012

Les salariés d’Honeywell à Condé-sur-Noireau bloquent la production depuis mercredi. Motif : la direction, qui n’a pas reculé sur son projet de fermeture de l’établissement, propose des indemnités de départ dérisoires.

Mercredi, la direction a fait des « propositions » de primes additionnelles, celles devant compléter les indemnités légales. La proposition est de 1 150 euros par année d’ancienneté. C’est un montant dérisoire d’autant que sur d’autres sites, le montant peut être le double.

Méprisés une fois déjà quand on leur a annoncé la fermeture de l’usine en 2013 (325 emplois concercés), les travailleurs sont méprisés une seconde fois lorsque la direction leur propose une aumône comme solde tout compte. Honeywell ne s’intéresse pas au sort des travailleurs, ni aujourd’hui, ni demain s’ils perdent leur emploi pour satisfaire les exigences de rentabilité dictées par les actionnaires.

Soutien aux salariés en lutte

La réaction des salariés a été immédiate : arrêt de la production, et occupation des locaux, jusqu’à ce que la direction revoit sa copie. Jeudi après-midi, le travail n’avait toujours pas repris, la direction indiquant qu’elle présenterait « une nouvelle proposition revue à la hausse » lundi.

Le NPA apporte son soutien aux salariés. Seule leur détermination leur permettra d’arracher des compensations à la hauteur du préjudice causée.

Le maire, Pascal Allizard en appelle aussi aux parlementaires, « qu’ils soient de droite ou de gauche », pour qu’ils « s’emparent de la jurisprudence qui réduit les possibilités de licenciement boursier et en fassent une véritable proposition de loi ». C’est une façon de reconnaître l’impuissance des élus locaux face aux multinationales, c’est reconnaître aussi que les tables rondes et autres groupes de travail ne servent à rien, si la mobilisation des travailleurs n’est pas là pour botter les fesses les « décideurs ».

C’est dire aussi que ceux qui nous gouvernent ne font rien pour protéger l’emploi. Ils se contentent de belles phrases quand des plans de licenciement son annoncés, promettre de se battre pour le maintien des emplois … mais en fait laissent faire les patrons.

Or, les moyens de pression sur Honeywell existent : pourquoi ne pas mettre sous séquestre les biens de ce groupe et de ses actionnaires en France ?

Pourquoi, également, ne pas intervenir auprès de Renault ou de PSA pour que ces grands groupes participent au financement de la poursuite de l’activité ?

Pourquoi les pouvoirs publics continuent-ils à subventionner le patronat au lieu d’aider le maintien de l’activité sous contrôle des travailleurs ?

Interdisons les licenciements

Les solutions existent et il faudrait un pouvoir politique décidé à les mettre en œuvre, prêt à s’affronter aux grands groupes et au patronat.

Aujourd’hui, les travailleurs sont à la merci du bon vouloir des patrons, et des intérêts électoraux du moment. Sarkozy sait promettre le maintien de sites industriels quand çà l’arrange. Mais seulement parce qu’il y a une lécetion. Il a d’ailleurs demandé discrètement aux grands groupes d’attendre l’après-élection pour licencier, comme l’a révélé la CFDT. Pour garantir le droit à l’emploi pour tous et toutes, ce n’est pas de zorros dont nous avons besoin, mais de deux mesures à prendre en urgence :

– une loi interdisant les licenciements ;

– la réduction du temps de travail à 32 heures, pour travailler moins, et pour travailler tous et toutes.

C’est ce que propose leNPA.


Soutenons la lutte du peuple grec !

16 février 2012

Les étudiants et travailleurs grecs à Paris ont lancé un appel à manifester en soutien à la lutte du peuple grec contre l’austérité qui écrase la population. A Paris, une manifestation aura lieu samedi 18 février. A Lisieux, un rassemblement est prévu lundi 20 février (17h, place François-Mitterrand). A Caen, plusieurs organisations appellent à se rassembler également lundi, à 18h, place du Théâtre. 

A Lisieux : lire l’appel de militants politiques, syndicaux et associatifs de Lisieux.

A Caen, plusieurs organisations soutiennent l’appel des étudiants et des travailleurs grecs à Paris et appellent à manifester lundi soir : AC !, la CGT, Europe Ecologie – Les Verts, la FASE, la FSU, la LDH, le NPA, le PCF, le PG et l’Union syndicale Solidaires.


La résistance du peuple grec a pris une nouvelle dimension la semaine dernière, avec des manifestations considérables devant le Parlement, et aussi une répression d’une violence inégalée. Le peuple grec n’a pas dit son dernier mot. Les grèves se multiplient. Plusieurs ministères et conseils de région sont occupés. Des travailleurs occupent leur entreprise, abandonnées par les patrons. Des étudiants occupent leur lieu d’études. Dans certains cas, l’outil de travail est placé sous le contrôle des travailleurs, comme l’hôpital de Kilkis en Macédoine centrale (lire l’article sur le site du NPA : Un hôpital grec sous contrôle ouvrier), ou le journal Les travailleurs et travailleuses de l’Eleftherotypia, à Athènes, du nom d’un prestigieux quotidien grec (lire l’article sur le site d’ESSF : Les Travailleurs d’Eleftherotypia sont de retour avec leur propre journal !).

D’un côté la faillite des partis institutionnels qui s’aplatissent devant les diktats de la finance, de l’autre la population qui s’organise et commence à prendre en main ses propres affaires…

Soyons solidaires du peuple grec qui refuse de baisser la tête.

L’austérité que la troïka veut imposer en Grèce, c’est celle qui nous attend si nos luttes ne stoppent pas l’arrogance des puissants.

A Lisieux comme à Caen, soyons nombreux et nombreuses dans la rue, lundi soir, en soutien au peuple grec, pour refuser la dictature des marchés financiers.


L’appel des étudiants et des travailleurs grecs à Paris

 « Démocratie : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ? »

La nuit du 12 février, 199 député-e-s grecs ont voté les nouvelles mesures imposées par la Troïka (UE, BCE, FMI) qui plongent le pays dans un chaos et une misère encore plus profonde. 101 député-e-s ont désapprouvé soit la totalité, soit une partie de ce nouvel accord.

 Sous la menace de la faillite et absolument conscients que le parlement n’allait pas décider, mais seulement ratifier les diktats, la majorité des député-e-s a cédé au chantage. Alors que dans tout le pays le peuple exprimait son opposition aux projets monstrueux des créanciers, le parlement accordait aux banques le droit de mort et de vie sur le peuple grec, tout en admettant que ce n’est plus aux institutions politiques ni aux élu-e-s de gouverner. Au delà du drame que vit la Grèce, cette évolution constitue le renversement le plus flagrant du système et des traditions politiques européennes ; et, en tant que tel, il annonce l’avenir de toute l’Europe. Contrairement à ses députés, la population du pays n’a pas cédé face à ce chantage. A Athènes et partout dans le pays, le peuple qui résiste a inondé les rues. Encore une fois la seule réponse du gouvernement a été la répression.

Alors que les politiques d’austérité ne font qu’exploser la dette publique, on impose au peuple grec encore plus de mesures suicidaires :

-La réduction du SMIC de 22%, pour gagner 450 euros par mois net et 586 brut, contre 751 euros brut jusqu’alors ; Pour les jeunes, la réduction s’élève à 35%.
-L’abolition des conventions collectives, par branche et par métier, qui sont remplacées par des contrats individuels au niveau de l’entreprise.
-L’application rétroactive de toutes les réductions à partir de janvier 2012, des salaires, retraites et allocations chômage (qui passent de 461 euros/mois à 359, touchable uniquement pendant un an).
-La baisse de la retraite minimum à 392 euros/mois (contre 503 euros aujourd’hui).
-Le licenciement de 150.000 fonctionnaires de 2012-2015, dont 15.000 d’ici la fin 2012.
-L’abolition du statut du fonctionnaire.
-Le démantèlement de l’Etat social et la liquidation de toute la richesse du pays pour 50 milliards d’euros par la privatisation.

 Ces mesures viennent s’ajouter à bien d’autres imposées et appliquées depuis plus de deux ans. Les salaires et les retraites ne font que baisser, les impôts directs et indirects ne font qu’augmenter, alors que le chômage devient le quotidien de plus en plus de grecs.

 Au niveau social, le peuple grec fait face à des phénomènes de misère et de pauvreté qu’il n’avait pas vécus depuis l’occupation. Les faits sont accablants, selon « Médecins du monde » le centre ville d’Athènes vit une véritable crise humanitaire : une personne sur dix se nourrit aux soupes populaires, le ministre de l’éducation met en place la distribution de repas gratuits dans certaines écoles en réponse aux nombreux évanouissements d’élèves pour cause de malnutrition.

 Les nouvelles mesures imposées vont non seulement perpétuer le cycle infernal de la récession qui conduit tout droit à l’explosion du déficit public et au défaut de paiement, mais elles vont, partout en Europe, accentuer la baisse des salaires et des dépenses publiques, et ce à un moment où le nombre de pauvres ne cesse d’augmenter dans tous les pays, y compris en Allemagne. Ce que les élites de la finance n’ont pas envie de comprendre c’est que c’est le modèle économique qui ne fonctionne pas.

 La Grèce est le laboratoire de l’austérité en Europe !

Résistons partout en Europe !

 Solidarité avec le peuple grec !

 Non au sacrifice des peuples sur l’autel de la finance !



Le 29 février : contre l’austérité

16 février 2012

Le conseil européen des 8 et 9 décembre a accouché de l’annonce d’un nouveau traité liant les Etats membres de l’Union européenne, la Grande-Bretagne restant à l’écart. Au coeur de ce nouveau traité figurent les dispositifs contraignant les politiques budgétaires, et, de fait, condamnant les populations à l’austérité pour de nombreuses années. Les syndicats européens s’y opposent et appellent à une journée d’action le 29 février. A Caen : manifestation à 10h30, place Saint-Pierre.

C’est au nom de la « stabilité », pour mieux coordonner les politiques nationales, que ce nouveau traité – le traité « Merkozy » – a été adopté par le Conseil européen, le 30 janvier. En fait, ce traité entérine l’obligation de la « discipline budgétaire ». En clair, l’obligation du retour à « l’équilibre budgétaire », en restreignant les dépenses publiques, notamment les dépenses sociales. Il prévoit des « sanctions » en cas de non respect des contraintes budgétaires (lire aussi l’article sur le sommet du 9 décembre sur le site national du NPA).

C’est un traité pour l’austérité généralisée, concocté par ceux-là même qui ont plongé la Grèce dans la récession et précipité la population grecque dans la misère. Au quatrième trimestre 2012, le PIB en Grèce a baissé de 7 %, alors que le nombre de chômeurs et de sans-abri a explosé.

Les attaques brutales contre les travailleurs dans toute l’Europe sont telles que la Confédération européenne des syndicats (CES) a déclaré s’opposer au nouveau traité. Une position bien différente de son approbation du Traité constitutionnel européen de 2005. Les lobbys syndicaux de bruxelles voient bien que l’enchaînement des politiques d’austérité nourrit la dépression économique. Dans une déclaration, le comité directeur de la CES note justement que les gouvernements profitent de la crise pour « imposer une pression à la baisse sur les niveaux de salaire négociés par convention collective ; affaiblir la protection sociale et le droit de Grève, privatiser les services publics ». La CES dénonce des « attaques » qui « risquent de démanteler un modèle social unique au monde ». La CES s’inquiète du fait que les gouvernements ont décidé de se passer de la négociation des salaires, et ont même décidé de se passer… d’elle-même. La CES exige par conséquent « le respect total de l’autonomie des partenaires sociaux pour négocier collectivement ». Elle réclame aussi un « rôle structurel pour le dialogue social européen pour éviter une mise en oeuvre aveugle des règles économiques rigides qui nuiraient à l’économie ».

Il n’y a a aucune chance que l’opposition de la CES au nouveau traité sur de telles bases fasse reculer les gouvernements. L’opposition de la CES a l’efficacité d’une épée en bois face à un adversaire surarmé et… sûr de lui.

Contre l’austérité, tous ensemble…

Mais à la base, la mobilisation pourrait prendre un autre sens : celui du combat commun contre l’austérité, de la Grèce à la France, de l’Etat espagnol à l’Italie ; celui du combat contre la dictature de la finance.

Pour cela, mieux vaut ne pas compter sur les directions nationales des grandes confédérations syndicales. Certes, en France, le Comité confédéral national (CCN) de la CGT, qui réunissait les représentants des fédérations et des unions départementales de la CGT les 1er et 2 février derniers, a décidé de s’inscrire dans la mobilisation européenne le 29 février en exigeant des « alternatives pour l’emploi et la justice sociale » et en appellant les salariés « à décider de la grève sur les lieux de travail le 29 février et à participer aux manifestations interprofessionnelles » (déclaration du CCN de la CGT). Car c’est bien une grève interprofessionnelle qu’il faudrait en effet le 29 février, comme la grève générale en Belgique le 30 janvier dernier. Et, cette fois, une grève sur l’ensemble du continent.

Malheureusement, la déclaration commune de la CFDT, de la CGT, de la FSU, de Solidaires et de l’UNSA, réunies en intersyndicale nationale le 9 février dernier, ne va pas dans ce sens. Ces syndicats réclament « une nouvelle politique monétaire, économique et sociale dans le cadre d’une gouvernance économique forte de la zone euro qui donne priorité aux politiques en faveur de la création d’emplois de qualité », sans préciser de revendications et en se contenant d’un appel à des « rassemblements et des manifestations interprofessionnelles ».

Il reste donc beaucoup à faire pour que ce 29 février soit une véritable journée de lutte faisant converger toutes les résistances à l’échelle européenne :

– contre l’Europe des spéculateurs et des banquiers,

– pour en finir avec l’austérité.

A Caen, les syndicats appellent à manifester à 10h30, place Saint-Pierre.


Hollande rassure la City

16 février 2012

Dans son meeting au Bourget, Hollande s’en est pris à la finance. Mais selon le quotidien britannique le Guardian, Hollande tient en même temps des propos pour « rassurer la Grande Bretagne et la City de Londres ».

Les propos de Hollande du Bourget (« le véritable adversaire, c’est le monde la finance« ) avaient été saluées par de faux naïfs cherchant désespérément de quoi justifier leur ligne stratégique « d’union de toute la gauche ». Parmi ceux-ci, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité et élu européen du PCF, qui écrivait dans l’Humanité-Dimanche : « Enfin une bonne nouvelle ! La gauche est de retour. Et c’est au Front de Gauche qu’on le doit. Le candidat du Parti socialiste disait en décembre qu’il fallait « donner du sens à la rigueur ». Aujourd’hui, comme nous, il dit qu’il faut s’attaquer à la finance. Il n’y a pas si longtemps, il envisageait une majorité avec Bayrou (…). Il a récemment clairement affirmé que sa majorité est dans la diversité de la gauche. Voilà des avancées qu’il faut mettre au crédit des évolutions de l’opinion publique auxquelles contribue la dynamique et rassembleuse campagne de Jean-Luc Mélenchon (…). » Cet article de Patrick Le Hyaric se trouve en bonne place sur le site web de la fédération du Calvados du PCF.

Pourtant, dans les soixante propositions de François Hollande, il faut chercher à la loupe de véritables mesures s’attaquant vraiment à la finance. Les plus radicales ne vont pas au-delà de la « moralisation » prônée aussi en son temps par Sarkozy et le G20 (1). Mais rien qui permette d’ôter le contrôle de la finance sur la marche de l’économie. Bref, Patrick Le Hyaric essaie de nous faire prendre des vessies pour des lanternes (2).

Après les effets de manche du Bourget, Hollande se montre très clair quand il s’agit de rassurer les marchés financiers, à en croire ses propos rapportés par le Guardian : « La gauche a été au gouvernement pendant quinze ans, nous avons libéralisé l’économie et ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n’y a donc pas de craintes à avoir ». Lisez : la finance n’a pas de crainte à avoir.

François Hollande a certes la possibilité de gagner face à Sarkozy, étant donné le rejet de ce dernier dans l’opinion. Mais le programme de François Hollande ne résoudra rien. Il n’entame pas la toute puissance de la finance, il ne remet pas en cause un partage des richesses sans cesse plus défavorable au monde du travail. Il faut virer Sarkozy, mais, une fois Hollande élu, il ne faudra compter que sur nos mobilisations pour imposer un véritable changement de cap.

 (1) Voir la mesure n°7 dans les « 60 propositions » de François Hollande : « Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi de leurs opérations spéculatives. J’interdirai aux banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux. Il sera mis fin aux produits financiers toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l’économie. Je supprimerai les stocks-options, sauf pour les entreprises naissantes, et j’encadrerai les bonus. Je taxerai les bénéfices des banques en augmentant leur imposition de 15%. Je proposerai la création d’une taxe sur toutes les transactions financières ainsi que d’une agence publique européenne de notation« .

 (2) Le programme du Front de gauche est lui-même d’une grande timidité dès qu’il s’agit d’énoncer des mesures concrètes contre la finance. Ce programme se contente ainsi de prôner le « placement sous contrôle social des banques privées qui ne respecteraient pas la nouvelle réglementation en matière de lutte contre la spéculation et la financiarisation de notre économie« . Il n’envisage pas l’expropriation de ces banques et leur réunion dans un système public du crédit. Comment, alors, « reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers« , comme le proclame fièrement le Front de gauche ?


Dégageons toute l’équipe et jetons le capitaine par-dessus bord !

16 février 2012

Pas de surprise : Sarkozy est candidat et veut continuer la même politique, les mêmes destructions de la protection sociale et des droits sociaux… en pire.

Après ses déclarations « à droite toute » du week-end dernier, il ajoute un zeste de démagogie pour « s’adresser à tous », nous faire le coup du « ni de droite ni de gauche », du bon président qui nous protège…

On ne peut pas tout faire en cinq, nous a-t-il dit. Et en effet, il veut cinq ans de plus pour casser encore plus, terminer le sale boulot qu’il a commencé, nous ramener un siècle en arrière.

Il reprend de la campagne précédente « le travail au centre de tout », refait la promesse du travail pour « tous ceux qui ont la force et la santé » en oubliant que le chômage a doublé pendant ses cinq années de présidence. Mais, désormais, ce sera le travail obligatoire pour les chômeurs après la formation obligatoire dans les secteurs les plus durs.

C’est la stigmatisation en permanence des étrangers.

Pour défendre ses perspectives de référendum, il déclare sans rire « redonner la parole au peuple », « ne pas avoir peur du peuple » .

Face à ses coup de menton, on a vraiment envie de lui faire peur, et en tout cas de le dégager !

Dégageons toute l’équipe et jetons le capitaine par dessus bord !

Le 15 février 2012