Pour les droits des chômeurs

Le chômage monte en flèche et la précarité s’accentue. A Pôle emploi, les agents sont débordés. Avec les chômeurs, ils font eux aussi les frais de la dégradation du marché du travail. Un rassemblement de protestation est organisé à Caen mercredi 25 janvier.

Fin 2011, le taux de chômage s’approche des 10 %. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégories A, B et C (c’est-à-dire des personnes cherchant un emploi ayant eu une activité réduite dans le mois écoulé ou pas) s’élevait à 4 310 000 en France métropolitaine fin novembre 2011. Le taux de chômage était redescendu à 7,5 % début 2008, mais il a grimpé ensuite avec la crise. Avec les politiques d’austérité dans tous les pays, l’activité est freinée, les licenciements se multiplient et les patrons dont les boîtes se portent bien diffèrent les embauches. Au troisième trimestre 2011, la croissance de l’emploi salarié est nulle, après plusieurs trimestres de hausse. De son côté, l’Etat supprime des emplois publics. Rien d’étonnant à la montée actuelle du chômage !

Le Calvados n’échappe pas à l’augmentation du chômage. Fin novembre, le nombre d’inscrits à Pôle emploi (catégories A, B et C) dépassait 47 000, en progression de 4,9 % en un an (+ 5,4 % en France métropolitaine). L’augmentation est presque deux fois plus forte pour les femmes que pour les hommes (+ 6,4 % contre + 3,4 %). L’augmentation est calamiteuse pour les personnes âgées de 50 ans et plus : + 15 %. La réforme des retraites qui recule l’âge de départ et augmente le nombre d’annuités requis pour une retraite complète va provoquer un accroissement de la pauvreté des personnes les plus âgées.

Les offres d’emploi recueillies par Pôle emploi dans le Calvados sont en nombre ridiculement faible : moins de 3 000 en novembre, par exemple, alors que le nombre de demandeurs dépassait à cette date 47 000. Et encore, parmi ces 3 000 offres, moins de la moitié correspond à des emplois durables, les autres étant des emplois temporaires ou occasionnels.

Dans cette situation, la culpabilisation et la stigmatisation des chômeurs sont un véritable scandale. Le chômage est une situation subie dont il est difficile de sortir, et pas un choix ! Pôle emploi devrait être au service des chômeurs, les aider, les accompagner, les informer sur leurs droits. Au lieu de cela, toute la politique de Pôle Emploi, à partir de la loi « Droits et devoirs des demandeurs d’emploi », vise à les isoler, les déstabiliser, pour en radier le plus possible. L’engagement à ne pas refuser plus de deux offres d’emploi qualifiées « d’offre raisonnable » tend à forcer à accepter n’importe quoi.

Travailler moins, pour travailler tous et toutes

Avec son « sommet social » de janvier, Sarkozy voulait prendre prétexte de l’explosion du chômage pour avance des « propositions » qui sont dictées par le MEDEF. En premier lieu, la « TVA sociale » qui n’a rien de social, soi-disant pour lutter contre les délocalisations, avec l’objectif réel de baisser le coût du travail pour augmenter les profits. La droite fustige les 35 heures et déclare vouloir rallonger le temps de travail après avoir reporté l’âge de départ à la retraite. L’hypocrisie est au maximum quand elle justifie ces retours en arrière par la lutte contre le chômage, alors que toutes les mesures du gouvernement tendent au moins à le laisser croître, voire à l’accélérer, C’est le cas de la décision de non-remplacement des fonctionnaires, qui laisse à la rue des milliers de jeunes chaque année. C’est le cas aussi quand les pouvoirs publics laissent faire les patrons qui licencient. ST Ericsson, Plysorol, Panavi, Honeywell, Schering Plough, Schneider, McBride… la liste des patrons licencieurs est longue dans le Calvados. Le NPA exige une loi interdisant les licenciements, la réquisition des entreprises qui licencient quand même.

Au-delà de la protection légitime des emplois existant, nous avons une exigence simple pour créer des centaines de milliers de nouveaux emplois : le partage du travail par une réduction du temps de travail et les embauches correspondantes, dans le public comme dans le privé. L’horizon immédiat, ce sont les 32 heures hebdomadaires. Nous refusons le contre-exemple du temps partiel, appliqué principalement aux femmes et accompagné d’une baisse des salaires. Un véritable partage du temps de travail, donnant du travail à toutes et tous, sans perte de salaire pour celles et ceux qui en ont un, ne peut s’appuyer que sur un partage des richesses.

Un emploi… et un revenu

« Un emploi, c’est un droit, un revenu, c’est un dû » : le slogan des manifestations rappelle une autre exigence des chômeurs. Emploi ou pas, chacun, chacune, doit pouvoir vivre décemment, maintenant.

La montée du chômage s’accompagne d’un accroissement de la pauvreté que les effets placebo du RSA, socle ou chapeau, ne parviennent pas à endiguer. Le nombre de travailleurs pauvres ne cesse d’augmenter. À court terme, relever les minima sociaux de façon significative est un impératif en lieu et place des cadeaux fiscaux aux plus riches. Tous les chômeurs devraient être indemnisés, et pas une partie seulement comme actuellement. Il faut au plus vite un revenu minimum de 1 600 euros net pour toutes et tous, qu’on ait un emploi ou qu’on n’en ait pas. Les besoins quotidiens vitaux, eux, sont toujours à temps plein, que l’on ait un « petit boulot », un temps partiel, un emploi occasionnel, ou pas d’emploi du tout.

C’est possible à condition de s’attaquer aux privilèges des riches et des actionnaires, de taxer les hauts revenus et les revenus de la propriété, d’arrêter de rembourser la dette dont nous ne sommes pas responsables. Le remboursement de cette dette représente des sommes considérables (50 milliards d’euros chaque année rien que pour les intérêts de la dette !) qui vont directement dans les poches des créanciers, des banques et des compagnies d’assurance pour la plupart. Permettre qu’elles aillent dans la poche des plus démunis est une urgence sociale absolue.

Rassemblement devant la Préfecture mercredi 25 janvier, à partir de 17h. Le rassemblement est à l’appel du syndicat Chômeurs-précaires de Solidaires, d’AC !, et de deux organisations du monde du spectacle : Adada et le Synavi. Le NPA appelle également à ce rassemblement.

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