Face à un gouvernement xénophobe, défendons les droits des étrangers

1 décembre 2011

Le gouvernement accentue la pression contre les immigrés. Par la voix du ministre de l’Intérieur, il déclare que la France accueille trop d’étrangers. Au congrès des maires, Sarkozy part en guerre contre le droit de vote des résidants étrangers. Sur le terrain, les conditions d’accueil se dégradent, du droit au logement à l’obtention des titres de séjour. Le collectif du Calvados pour le Respect des Droits des étrangers rencontrait le préfet lundi dernier. A l’issue de cette entrevue, le collectif appelle à continuer l’action pour les droits des personnes et contre la politique xénophobe du gouvernement.

Ne se contentant plus de la dénonciation de « l’immigration illégale », le ministre de l’Intérieur Claude Guéant fustige désormais l’immigration légale. La France accueillerait 200 000 étrangers en situation régulière chaque année, et ce serait « trop », estime le ministre. Sans surprise, Marine Le Pen l’a félicité pour ces propos, comme à chaque fois que la droite tient des discours caressant dans le sens du poil les sentiments racistes et xénophobes sur lesquels prospère l’extrême droite. Le même Guéant a franchi un pas de plus dans l’ignominie en annonçant le croisement du fichier des étrangers résidant en France et celui de la Sécurité sociale pour traquer les fraudes « spécifiques » des étrangers.

La déclaration de Sarkozy constitue une nouvelle volte face de cette girouette politique pour qui ses intérêts électoraux tiennent lieu de conviction. En 2005, il s’était prononcé pour qu’« un étranger en situation régulière, qui travaille, paye des impôts et réside depuis au moins dix ans en France, puisse voter lors des élections municipales ».

Les déclarations à répétition de Guéant sont de plus en plus insupportables. C’est avec plaisir que nous le ferons dégager en 2012, et son mentor Sarkozy avec ! Ces personnages malfaisants doivent partir, et laisser la place pour une autre politique : pour l’arrêt des expulsions, pour la régularisation de tous les sans-papiers, pour le droit au travail pour les étudiants étrangers, pour l’égalité des droits dans tous les domaines y compris le droit de vote à toutes les élections (lire le communiqué du NPA). Un sondage récent indique une évolution de l’opinion en faveur du droit de vote des résidants non communautaires aux élections locales. C’est une bonne nouvelle ! Elle nous renforcera dans notre détermination à lutter contre toute forme de racisme et de xénophobie.

Les droits des étrangers sont mis à mal au quotidien

Guéant a annoncé qu’il se fixait un nouveau objectif : diminuer l’immigration légale de 10%. Sont dans le collimateur : le regroupement familial, le recrutement des étrangers, dont les étudiants en fin de cycle, et même le droit d’asile car le ministre estime qu’il « est détourné par des migrants économiques ». Cet objectif, le ministre le fixe aussi bien sûr à chaque préfet, ce qui ne manquera pas d’aggraver la situation des étrangers sur le terrain.

C’est pour porter plusieurs exigences pour faire respecter les droits des étrangers que le collectif unitaire du Calvados rencontrait le préfet lundi dernier, soutenu par un rassemblement à l’extérieur.

Ces dernières semaines, associations et militants ont constaté en effet une dégradation des conditions d’accueil des étrangers au bureau des étrangers de la préfecture (voir notre article). La question du logement des personnes est aussi cruciale.

Contrairement à ce que prétend un article de Ouest France, la délégation du collectif, composée de membres des nombreuses organisations soutenant ce collectif (dont la NPA), n’est pas sortie satisfaite de l’entrevue. Le préfet n’a pas caché qu’il ne faisait qu’appliquer la politique du gouvernement…

Nous resterons donc vigilants pour obtenir les améliorations concrètes pour l’accueil des étrangers. Les rendez-vous devant le bureau des étrangers sont maintenus (les prochains : jeudi 8 décembre et vendredi 16 décembre).

Lire ci-dessous le communiqué du collectif unitaire.


Collectif 14 pour le respect des droits des étrangers

Communiqué de presse

Suite à l’article paru dans Ouest-France du mardi 29 novembre sur le compte-rendu de l’entrevue avec le préfet, le Collectif tient à apporter les précisions suivantes :

Contrairement à ce qui est écrit les membres de la délégation ne sont pas sortis satisfaits de cet entretien qu’ils n’ont trouvé ni conciliant ni constructif.

Sur le droit au logement et à l’hébergement, le préfet a justifié sa décision de mettre fin à l’hébergement de ménages en pleine période de trêve hivernale en expliquant qu’il appliquait la politique du gouvernement. Selon lui, certaines personnes n’ayant pas vocation à rester sur le territoire français, n’ont pas à être logées par l’Etat. Elles seront éventuellement logées dans les hébergements d’urgence si elles en font la demande comme pour toute personne SDF.

Sur les conditions d’accueil au bureau des étrangers, il nous a fait remarquer que les files d’attente avaient diminué. Certes, mais, pour nous, le fonctionnement du bureau des étrangers est loin d’être satisfaisant : des personnes continuent d’attendre des heures, la nuit, dehors, sans dormir, parfois accompagnées d’enfants, pour obtenir le droit d’accès au service public.

Enfin le préfet ne s’est absolument pas engagé à mettre les différents formulaires sur le site de la préfecture. Il a seulement dit qu’à priori il n’y était pas opposé mais qu’il allait voir la faisabilité avec les services de la préfecture.

En conclusion le collectif n’est pas ressorti satisfait de cet entretien et entend bien continuer son action pour le respect des droits des étrangers et contre la politique xénophobe du gouvernement Sarkozy.

Caen le 30 novembre 2011

Communiqué approuvé par tous les membres de la délégation reçue par le Préfet et par le bureau du Collectif 14 pour le Respect des Droits des Etrangers.


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