Honeywell Condé-sur-Noireau : le bras de fer continue

Débrayage jeudi matin à l’usine, recherche de repreneurs, réunions à Paris : l’usine de Condé-sur-Noireau n’est pas encore enterrée, loin de là. Maintenir le site et les emplois restent les objectifs des salariés. La presse nationale s’intéresse à leur combat. Tant mieux !

Jeudi matin, les organisations syndicales de l’usine de Condé-sur-Noireau avaient rendez-vous avec un expert-comptable pour mieux comprendre les enjeux juridiques après l’annonce de la direction de fermer le site en juin 2013. La direction locale n’a rien trouvé de mieux à faire qu’interdire l’utilisation d’une salle de réunion pour ce rendez-vous ! Il a fallu que les personnels débrayent pour que la direction revienne sur sa décision. Ceci en dit long sur la volonté de dialogue de la direction.

Ceci montre aussi que les salariés n’ont pas l’intention de se laisser manger tout cru. La forte mobilisation à Condé samedi 19 novembre a confirmé le soutien de la population et aide les salariés à « tenir » dans cette situation très difficile.

Les syndicats rencontreront à nouveau les cabinets des ministres de l’Industrie et du Travail jeudi 8 décembre. L’Etat ayant déclaré refusé la fermeture du site, qu’il passe aux actes en l’interdisant purement et simplement ! Il en a les moyens. De son côté, le maire de Condé-sur-Noireau affirme être en contact avec deux sociétés, porteuses selon lui de « projets de développement économique » (l’une des deux étant semble-t-il intéressée par les locaux disponibles). Des élus de droite suggère de mobiliser les fonds du Grand emprunt pour « aider » Honeywell. Comme si ce groupe avait besoin de l’argent public !

Avec la récession qui s’annonce, les medias s’intéressent au sort des 323 salariés d’Honeywell et à celui de la ville de Condé-sur-Noireau elle-même, évidemment très dépendante des décisions des multinationales. Mardi dernier, l’article d’un envoyé spécial de Libération à Condé-sur-Noireau était titré : « Condé-sur-Noireau, ville licenciée« . Le journaliste cite les représentants syndicaux qui dénoncent la mauvaise foi du groupe : « Ils [les dirigeants de l’entreprise] ont participé à une table ronde avec les pouvoirs publics et les représentants des collectivités qui ont fait plusieurs propositions, rappelle Thierry Hebert, délégué Force ouvrière. Mais c’était juste pour faire joli. Depuis le début, ils n’ont envisagé aucune autre solution que la fermeture (…) On réclame des presses depuis trois ans, et on nous a répondu qu’il nous faudrait d’abord trouver les marchés correspondants. C’est le monde à l’envers ! Comme si on allait trouver des clients près à attendre qu’on installe ensuite ces nouvelles technologies (…). Nous sommes des victimes collatérales de la crise automobile, avec une pression constante des constructeurs sur les prix de nos produits

Il y a quelques jours, sur France Inter, François Morel a consacré sa chronique matinale aux Honeywell de Condé-sur-Noireau. A écouter sur note site en cliquant ici.

La « discrétion » du Conseil régional interroge. Alors que le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais s’engage à participer au financement de la poursuite de l’activité de SeaFrance, à Calais, lâché par l’actionnaire principal, le conseil régional de Basse-Normandie se contente d’espérer « que la table ronde sera à même d’apporter de véritables solutions pour le site de Condé-sur-Noireau ». Lesquelles et à quelles conditions ? Mystère… Peut-on faire confiance aux « tables rondes » alors que jusqu’à présent, comme chacun a pu le constater, Honeywell y participe « juste pour faire joli » et sans remettre en cause son projet de liquidation du site ?

Pour le NPA, le seul objectif qui tienne, c’est le maintien du site et des emplois. On peut y forcer le groupe Honeywell, en interdisant les licenciements, en le menaçant de réquisition et de mise sous séquestre des biens de l’entreprise et de ses dirigeants. C’est ce que devrait exiger toute la gauche politique et syndicale, pour que les emplois passent avant les profits.

La lutte continue !

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