Avec l’austérité, la casse du service public s’accentue. Grève dans l’éducation le 15 décembre

« Austérité » est un mot bien abstrait, mais nous allons bientôt savoir ce qu’il signifie concrètement. L’Etat dépense l’argent des impôts. Mais en attendant qu’il rentre dans ses caisses, il doit emprunter aux banques ou bien sur les marchés financiers. Il fait alors, comme l’Etat italien la semaine dernière, une vente de « bons du trésor », des papiers valant reconnaissance de dette.

L’Etat italien n’a pas bonne réputation : il emprunte à 7 % d’intérêt. C’est-à-dire que pour chaque euro emprunté, il rembourse un euro et 7 centimes d’intérêt par an, c’est-à-dire au bout de dix ans 1,70 euro. Le gouvernement français tient à continuer emprunter à 3%, c’est-à-dire à rembourser 1,30 euro pour un euro emprunté au bout de dix ans. C’est pourquoi il veut garder la confiance des prêteurs : les marchés financiers. C’est pourquoi il envisage, afin de prouver sa capacité à rembourser l’argent emprunté (et garder la fameuse note « AAA » qui le certifie), de réduire ses dépenses. Et c’est là que l’austérité commence.

On pourrait arrêter d’acheter des avions de combat Rafale au milliardaire Dassault (ami de Sarkozy, et ex-ami de Chirac). On pourrait arrêter de subventionner les entreprises privées (22 milliards par an). On pourrait traquer les vrais fraudeurs de la Sécu, pas les salariés en arrêt maladie soi-disant « injustifié » (ça représente quelques dizaines de millions d’euros), mais les entreprises qui ne versent pas leur part de cotisations : 16 milliards par an. Mais non. Le gouvernement avait atteint en septembre son objectif de 100 000 suppressions d’emplois dans l’éducation nationale en 10 ans ; il se dit qu’après tout, il peut bien en trouver 14 000 de plus l’an prochain.

Alors bien sûr, on pourra objecter que l’austérité, ça fait finalement 10 ans que les lycéens y ont droit. Sauf que l’accumulation des suppressions d’emplois produit des effets plus violents à chaque nouveau plan. De la maternelle au lycée, les effectifs par classe ont augmenté tandis que diminuait le nombre d’heures de cours. Cette diminution était, au-delà des justifications bidon sur un meilleur enseignement, le seul objectif de la dernière réforme des lycées. Maintenant : quels cours vont sauter ? Jusqu’à combien va-t-on nous entasser dans les salles de classe ?

Cette dette dont on nous rebat les oreilles n’est pas la nôtre. Si nous nous laissons faire, elle nous entraînera dans une crise sans fin. Les suppressions d’emplois publics, loin de régler le problème, l’aggraveront en provoquant en cascade des licenciements, faute de voir les employés du public acheter les produits du privé. Ces licenciements priveront l’Etat d’impôts, et nécessiteront de nouveaux « sacrifices » de fonctionnaires. La Grèce en donne un bon exemple : depuis que les plans d’austérité ont commencé, sa dette a augmenté, car les recettes de l’Etat se sont effondrées.

Les capitalistes ne contrôlent pas leur système. Ils préfèreront précipiter les peuples dans la mi-sère et la barbarie, plutôt que céder une parcelle de leurs privilèges. Il n’y a que nous, les jeunes, les salariés, les pauvres, qui pouvons les en empêcher.

Le 15 décembre, les profs se mobilisent contre la dégradation de leurs conditions de travail. Que nous rejoignions leur manifestation, avec nos revendications à nous, ou que nous attendions des jours plus favorables, soyons persuadés que seule notre mobilisation dissuadera les politiciens de donner aux banquiers et spéculateurs, les responsables de la crise, l’argent dont a besoin le service public d’éducation.

Le 15 décembre 2011, exprimons notre solidarité avec les personnels de l’éducation.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :