Soutien aux agents de sécurité des aéroports grévistes

21 décembre 2011

Communiqué du NPA de Caen. Depuis cinq jours, les agents de sécurité des aéroports sont en grève pour dénoncer leurs conditions de travail et demander une revalorisation de leurs salaires. Le NPA de Caen tient à leur exprimer toute sa solidarité.

Le NPA condamne fermement l’atteinte au droit de grève que constitue l’appel aux gendarmes et aux policiers pour remplacer les grévistes, ainsi que la campagne contre la grève menée par l’UMP.

Dans les aéroports, ce ne sont pas les grévistes le problème mais bien les conditions de travail des salarié.e.s !

Il est urgent de faire converger les luttes et d’imposer l’interdiction des licenciements, l’augmentation de tous les salaires de 300 euros ainsi que le SMIC à 1600 euros net !

Le 21 décembre 2011.

Le NPA de Caen

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L’Europe livrée à la finance. Sarkozy, Merkel, dégagez !

19 décembre 2011

L’augmentation de la dette publique est le résultat des cadeaux répétés aux plus riches : baisses d’impôts et de cotisations sociales et du sauvetage des banques, avec de l’argent public, après la crise financière de 2008. L’endettement public est devenu une arme aux mains des marchés financiers, banques et autres agences de notation.

Austérité sans fin, dette sans fond

AAA+, AAA-, Triple arnaque ! En baissant les notes des Etats, ces dernières augmentent les taux d’intérêt pour emprunter. Les agences alimentent le business des banques et des marchés !  Les financiers veulent imposer aux Etats la réduction drastique des dépenses en cassant les droits sociaux, à l’éducation, à la santé, à la protection sociale, à la retraite. Des gouvernements de droite ou de « gauche » mettent en oeuvre des plans d’austérité pour essayer de satisfaire les exigences toujours plus violentes des marchés. Ces mesures antisociales nourrissent la récession, la baisse des recettes pour les Etats, le creusement des déficits… L’austérité accentue la crise.

L’Europe livrée à la finance

De sommets européens en sommets européens, c’est toujours la même logique : faire payer les populations, y compris par la manière forte… Une nouvelle étape a été franchie ces dernières semaines. Sarkozy et Merkel ont obligé des gouvernements usés et plus assez fiables pour imposer des plans d’austérité à se démettre.

Avec « Merkozy » les marchés financiers ont commencé à nommer eux-mêmes, à la tête de gouvernements, des représentants directs de banques, les responsables de la crise ouverte en 2008 !

La destruction des droits sociaux s’accompagne d’une régression antidémocratique sans précédent.

Après avoir confié la politique monétaire aux banquiers de la BCE, le couple « Merkozy » veut soustraire les budgets aux parlements nationaux pour le confier à des institutions qui n’ont pas été élues. Avec le « pacte budgétaire » dont le principe a été acté au sommet européen de la semaine dernière, ces institutions auraient ainsi le pouvoir de sanctionner des Etats qui ne pratiquerait pas l’austérité perpétuelle !

Refuser de payer la dette,
Construire une autre Europe

Le seul résultat de ces décisions serait d’accroître la souffrance des peuples et de favoriser un peu plus la montée de l’extrême-droite. Il est donc urgent de préparer une riposte de l’ensemble du monde du travail et aussi de proposer une alternative à l’échelle européenne avec l’ensemble des organisations de la gauche antilibérale et anticapitaliste qui refusent les politiques d’austérité qu’elles soient menées par la droite ou par la gauche.

Au centre de cette alternative, il y a le refuser de payer la dette illégitime, l’exigence de son annulation, la nationalisation des banques sans indemnité ni rachat et la constitution d’un service public bancaire.

Les campagnes contre les plans d’austérité, les mobilisations des salariés, celles des enseignants le 15 décembre, la campagne pour l’audit des dettes publiques et la suspension de leur paiement, les initiatives des Indignés, sont autant de points d’appui pour un mouvement d’ensemble et le regroupement des anticapitalistes contre la crise et l’austérité.


Egypte : « Cette élection a été plus une guerre des religions qu’une bataille politique » (Interview de Abdelhalim Kendil dans El Watan du 3 décembre 2011)

4 décembre 2011

Hacen Ouali – Etes-vous surpris des tendances de la première phase des élections qui confirment l’avancée des islamistes ?

Abdelhalim Kendil – Surpris non. L’arrivée en tête des Frères musulmans dans cette première élection libre et démocratique était prévisible. J’avais prédit qu’ils allaient obtenir jusqu’à plus de 40% des voix. Il faut rappeler que la confrérie des Frères musulmans est la mieux organisée, la mieux structurée et disciplinée de toutes les forces politiques du pays. Mais la grande surprise, c’est la percée des salafistes. Leur parti, Hizb Enour, rivalise sérieusement avec les Frères musulmans dans plusieurs circonscriptions, même à Alexandrie. Pour moi, c’est la surprise de cette élection. Ces deux partis peuvent obtenir plus de 50% des sièges au Parlement. Cela dit, il faut attendre les deux phases des élections qui ne suivront pas forcément la même tendance.

Par ailleurs, l’autre surprise est le score important réalisé par El Kotla El Masrya, sous l’égide du parti de Naguib Sawirris, Les Egyptiens libres. Ce parti sans base électorale arrive en tête dans plusieurs circonscriptions, et c’est le parti qui fait le poids face aux islamistes.

Quelle lecture faites-vous justement de ces premières tendances ?

Nous avons assisté, à l’occasion de cette élection et pendant la campagne électorale, non pas à une bataille politique entre les forces en présence, mais plutôt à une guerre religieuse. Les islamistes appelaient à voter pour la « charia Allah » (la justice de Dieu). Ils promettaient aux gens le paradis en se présentant comme étant les représentants de Dieu sur la terre. Ce discours passe facilement chez les populations pauvres, où l’ignorance fait des ravages. Ils exploitent la misère des gens. Et les islamistes surfent sur la vague et exploitent à fond la religiosité des Egyptiens. La répression contre les Frères musulmans durant quatre décennies et leur « victimisation » ont fait qu’une bonne partie des Egyptiens pensent que c’est un devoir de leur faire justice. Il y a également une sorte de culpabilité chez les citoyens qui pendant longtemps ont laissé les Frères musulmans faire face seuls à la cruauté du régime de Moubarak. Mais pas seulement, tous les autres courants d’opinion ont subi les foudres de l’ancien régime. Et en filigrane, nous avons assisté à un vote-sanction.

Le parti des Egyptiens libres, quant à lui, a mobilisé ses troupes essentiellement chez les Coptes en brandissant la menace islamiste. Donc, nous avons assisté en gros à une confrontation à caractère religieux. Alors que si l’on prend les deux partis, les Frères musulmans et les Egyptiens libres, nous constatons qu’ils se rejoignent sur le plan doctrinal. Ils sont tous deux des partis de libéraux au sens économique, des partis de droite, les uns barbus, les autres en costume-cravate.

Au sein de l’opinion émanent des craintes en cas de victoire des islamistes, pensez-vous que cette peur est justifiée ?

Effectivement, il y a des pans entiers de la société qui craignent le pouvoir des islamistes, mais j’estime que cette peur est un peu exagérée dès lors que ce courant existe depuis longtemps dans la société égyptienne. Les Frères musulmans sont nés en Egypte et avaient un pouvoir social sans que cela ne fasse peur aux gens. Certes, leur orientation idéologique est contraire à la logique de l’histoire, mais cette confrérie n’est qu’un courant politique et idéologique parmi tant d’autres. Les Egyptiens vont respecter le verdict des urnes. Maintenant, il y a des principes sur lesquels les Egyptiens sont intransigeants.

Les libertés démocratiques chèrement acquises, la liberté de conscience, les libertés individuelles et le respect des droits et tous les droits de l’homme. Nous n’avons pas fait une révolution pour faire tomber une dictature pour, ensuite, donner naissance à un pouvoir tyrannique. Encore une fois, l’épreuve du pouvoir va s’avérer très compliquée pour les islamistes. Concrètement, ils n’apportent pas de réponses claires et justes aux problèmes économiques et sociaux auxquels font face les Egyptiens. Moi, je préfère attaquer les islamistes sur ces questions. Les Frères est un parti de droite qui rejoint les libéraux sur le fond. Ils travailleront les intérêts de la finance et des compradores. Ce n’est pas pour rien que les Occidentaux vont applaudir leur victoire.

Mais certaines fractions de la jeunesse révolutionnaire sont déçues du virage que prend leur révolution et parlent d’un hold-up par les urnes. Qu’en pensez-vous ?

Il y a lieu de rappeler, à ce sujet, que la révolution du 25 janvier n’avait pas de direction et qu’elle était interclassiste. Elle est traversée de beaucoup de courants politiques et idéologiques unis pour renverser le régime, mais qui divergent sur le modèle à donner au pays. Une troisième vague révolutionnaire est à prévoir et, cette fois-ci, elle sera dirigée contre les Frères musulmans parce qu’incapables de répondre aux aspirations portées par la révolution. Les gens vont vite découvrir que les Frères musulmans est un parti qui défend les intérêts de la finance et qui n’a rien à voir avec cet « angélisme » religieux, dans lequel ils se drapent. Cela dit, il faut leur donner la possibilité de gouverner. On dit souvent qu’il faut les mettre à l’essai. Cependant, il y a lieu de rappeler que les islamistes ont déjà gouverné, à savoir les shebab(s), proches des Frères, en Somalie avec les résultats que l’on sait, en Irak, au Soudan où ils ont disloqué le pays et sans parler des pays du Golfe avec ces régimes de dinosaures.

El Watan, le 03.12.11

Abdelhalim Kendil est cofondateur du mouvement Kifaya.


Grande-Bretagne : la plus grande journée de grève du secteur public depuis des décennies (A l’encontre, 1er décembre 2011)

4 décembre 2011

Le mercredi 30 novembre 2011 sera inscrit dans le calendrier des mobilisations sociales en Grande-Bretagne : la plus grande grève depuis 1926 a frappé le gouvernement Cameron. Plus de 2,5 millions de salarié•e•s du secteur public en grève, largement appuyés par de larges secteurs de la population, sont descendus dans la rue. Selon une enquête d’opinion de la BBC, 61% des personnes interrogées ont soutenu la grève, et 79% parmi les jeunes entre 18 et 24 ans. Vingt-six syndicats appelaient à la grève ; dans le secteur de la santé, 400 000 salarié•e•s y ont participé ; 18 342 établissements scolaires ont été fermés ; 90% des salarié•e•s des douanes et des impôts ont participé à la grève ; quelque mille défilés-manifestations ont eu lieu dans tous le pays. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes.

Une dirigeante syndicale, face à la critique répétée des conservateurs sur le « prix que devraient payer les contribuables » pour la fermeture d’un jour des écoles, a répondu sur un ton républicain : « Les écoles ont été fermées, sur ordre du gouvernement, à l’occasion du mariage princier de Kate et William le 29 avril 2011. »

La campagne contre la grève des tabloïds tels que le Sun ou le Daily Mail a été d’une violence typique de classe, rappelant la tonalité du thatcherisme le plus rude, contre les syndicats et le mouvement militant de préparation de cette journée de grève qui a réuni les enseignants, le personnel soignant, les pompiers, les éboueurs, les travailleurs sociaux, les douaniers, etc. Le thème était simple : « Les grévistes seront les responsables d’une accentuation de la crise. » Alors que ces derniers manifestaient leur détermination à ne pas être les victimes sociales d’une politique d’austérité et d’une répartition de la richesse sociale produite des plus inégalitaires.

L’argument du gouvernement et des tabloïds apparaissait d’autant plus ridicule qu’une enquête était publiée au moment de la grève confirmant que le recul de la production dans le secteur manufacturier, en novembre, était le plus important depuis l’été 2009. Ce qui ne laisse aucun doute sur la récession qui va frapper l’économie britannique, comme le reste des économies capitalistes, en 2012. Rob Dobson, chef économiste à Markit (centre d’étude économique du monde des affaires), affirme le 1er décembre 2011 : « Le taux du déclin de la production est le plus rapide depuis 2009, cela au moment où la contraction des commandes du marché intérieur et des marchés extérieurs continue à s’accentuer. Des emplois ont dès lors été perdus à un rythme le plus abrupt depuis deux ans, car les entrepreneurs réduisent les capacités de production en relation avec les perspectives économiques qui s’assombrissent. » [1] Au même moment, le gouvernement Cameron annonce la suppression, dans les années à venir, de 710’000 postes de travail dans le secteur public. Le mardi 29 novembre, un jour avant la grève, le ministre des Finances George Osborne, avec le dédain de ceux qui méprisent les salariés et pariaient sur l’échec de la grève, déclarait que les réductions de postes dans le secteur public ne seraient pas de 400’000 mais de 710’000. En outre, au moment où l’inflation est de 5,4%, il a insisté sur la nécessité de réduire les salaires et les retraites, tout en prolongeant l’âge officiel d’entrée à la retraite. Le quotidien conservateur, porte-parole du gouvernement, le Daily Telegraph, le 29 novembre 2011, explicitait la guerre sociale en marche : six ans de sang et de larmes, un niveau de vie en chute, un chômage en hausse. Difficile, face à cet avenir, de crédibiliser de manière réaliste la thématique idéologique du gouvernement : « Retrouver la motivation pour sortir le Royaume-Uni de la crise ».

La situation sociale peut être dépeinte à partir des données chiffrées suivantes :

1° Un jeune sur cinq est actuellement au chômage, une hausse de 13% depuis l’an dernier. A tel point que le quotidien Times a dû titrer : « Génération chômage ».

2° Les prévisions de « croissance » des économistes, contrairement aux prédictions du gouvernement Cameron, s’établissent largement en dessous de l’objectif proclamé par le gouvernement (0,5% en 2011 et non pas 0,9%) ; et la chute s’accentuera en 2012.

3° La dynamique des inégalités sociales entre « riches et pauvres » renvoie à l’ère victorienne, comme l’écrit Le Figaro du 22 novembre 2011 : « La richesse se concentre ainsi de plus en plus dans les mains de quelques-uns. En 1979, les 0,1% de la population les mieux rémunérés recevaient 1,3% des revenus du pays. En 2007, ils en recevaient 6,5%, un chiffre qui pourrait monter à 14% en 2035, « équivalent au niveau connu à l’époque de l’Angleterre victorienne », au XIXe siècle. » L’article se réfère au rapport final de la High Pay Commission, qui a été largement commenté par la presse britannique.

4° Le rapport entre les loyers (loyers directs ou paiement des intérêts hypothécaires) et les revenus est de plus en plus tendu. Une enquête sur la pauvreté indique qu’un tiers des chefs de famille réduisent les dépenses d’alimentation et de chauffage pour ne pas perdre leur toit. Une lecture de l’étude faite par Save the Childrens sur la situation sociale des enfants au Royaume-Uni permet de mieux saisir le statut de très importantes couches sociales dans un pays où Londres est une des premières places financières du monde.

5° Un quart des parents déclarent s’être endettés pour maintenir leurs enfants en bonne santé ; cela au moment où la restriction des dépenses dans le secteur de la santé publique est un des objectifs affirmés du gouvernement Cameron.

C’est en rapport avec cette situation sociale et la brutalité de la cure d’austérité que l’on peut comprendre une mobilisation qui a dépassé de loin l’objectif de défense des retraites. Bien que cet objectif ait certainement joué un rôle dans la mobilisation de certains secteurs enseignants qui n’avaient jamais fait grève. Et d’autres sujets nourrissent le mécontentement. Le quotidien économique français Les Echos, du 1er décembre 2011, consacre un article significatif à la grève dans le Royaume-Uni, à la différence du Financial Times qui lui accorde une petite colonne en page 4. En guise de conclusion, le journaliste des Echos écrit : « Londres réfléchit à dénationaliser les salaires de la fonction publique pour les aligner sur le marché du travail local, ce qui potentiellement est explosif. »

Non seulement les piquets de grève étaient massifs et solides, mais la détermination des salarié•e•s du secteur public pouvait se mesurer par l’adhésion à la grève dans tous les secteurs, depuis les infirmiers du Bristol Royal Infirmary jusqu’aux employés des pompes funèbres. Le nombre d’affiches sur les lieux de travail, de mots d’ordre de syndicalistes en est aussi une illustration. Enfin, la grève a été très souvent de 24 heures, de minuit à minuit.

La presse tabloïd et celle dite plus sophistiquée avaient non seulement dénoncé la grève, comme indiqué, mais avaient prédit qu’elle serait un échec. Suite à la journée du 30 novembre, l’effort pour en diminuer l’impact comme l’importance est à la hauteur de la surprise et d’une certaine panique. Le sentiment que le gouvernement, ses ministres et les grands médias mentent est explicité dans les divers interviews de grévistes que l’on pouvait entendre ou lire.

Le dirigeant travailliste Ed Miliband a cassé le piquet de grève devant le parlement, lieu sacré de la politique de Labour Party, le seul espace légitime d’opposition, pour lui. De quoi susciter un cauchemar pour ceux qui ont lu l’ouvrage de son père Ralph Miliband sur le parlementarisme du Labour [2]. L’attitude du Labour a suscité non seulement l’incompréhension dans de très larges rangs des salarié•e•s, mais une réaction de colère raisonnée dans un secteur croissant. La traduction sur le plan politique de cette grève et ses suites constitue un élément important pour une réflexion internationalisée sur la constitution de pôles sociaux et politiques développant des perspectives socialistes révolutionnaires au travers des expériences accumulées et de leur assimilation réfléchie.

Paru sur A l’encontre. http://alencontre.org

Notes
[1] The Guardian, 1er décembre 2011.
[2] Parliamentary Socialism : A Study of the Politics of Labour, Allen & U., 1961.


Avec l’austérité, la casse du service public s’accentue. Grève dans l’éducation le 15 décembre

4 décembre 2011

« Austérité » est un mot bien abstrait, mais nous allons bientôt savoir ce qu’il signifie concrètement. L’Etat dépense l’argent des impôts. Mais en attendant qu’il rentre dans ses caisses, il doit emprunter aux banques ou bien sur les marchés financiers. Il fait alors, comme l’Etat italien la semaine dernière, une vente de « bons du trésor », des papiers valant reconnaissance de dette.

L’Etat italien n’a pas bonne réputation : il emprunte à 7 % d’intérêt. C’est-à-dire que pour chaque euro emprunté, il rembourse un euro et 7 centimes d’intérêt par an, c’est-à-dire au bout de dix ans 1,70 euro. Le gouvernement français tient à continuer emprunter à 3%, c’est-à-dire à rembourser 1,30 euro pour un euro emprunté au bout de dix ans. C’est pourquoi il veut garder la confiance des prêteurs : les marchés financiers. C’est pourquoi il envisage, afin de prouver sa capacité à rembourser l’argent emprunté (et garder la fameuse note « AAA » qui le certifie), de réduire ses dépenses. Et c’est là que l’austérité commence.

On pourrait arrêter d’acheter des avions de combat Rafale au milliardaire Dassault (ami de Sarkozy, et ex-ami de Chirac). On pourrait arrêter de subventionner les entreprises privées (22 milliards par an). On pourrait traquer les vrais fraudeurs de la Sécu, pas les salariés en arrêt maladie soi-disant « injustifié » (ça représente quelques dizaines de millions d’euros), mais les entreprises qui ne versent pas leur part de cotisations : 16 milliards par an. Mais non. Le gouvernement avait atteint en septembre son objectif de 100 000 suppressions d’emplois dans l’éducation nationale en 10 ans ; il se dit qu’après tout, il peut bien en trouver 14 000 de plus l’an prochain.

Alors bien sûr, on pourra objecter que l’austérité, ça fait finalement 10 ans que les lycéens y ont droit. Sauf que l’accumulation des suppressions d’emplois produit des effets plus violents à chaque nouveau plan. De la maternelle au lycée, les effectifs par classe ont augmenté tandis que diminuait le nombre d’heures de cours. Cette diminution était, au-delà des justifications bidon sur un meilleur enseignement, le seul objectif de la dernière réforme des lycées. Maintenant : quels cours vont sauter ? Jusqu’à combien va-t-on nous entasser dans les salles de classe ?

Cette dette dont on nous rebat les oreilles n’est pas la nôtre. Si nous nous laissons faire, elle nous entraînera dans une crise sans fin. Les suppressions d’emplois publics, loin de régler le problème, l’aggraveront en provoquant en cascade des licenciements, faute de voir les employés du public acheter les produits du privé. Ces licenciements priveront l’Etat d’impôts, et nécessiteront de nouveaux « sacrifices » de fonctionnaires. La Grèce en donne un bon exemple : depuis que les plans d’austérité ont commencé, sa dette a augmenté, car les recettes de l’Etat se sont effondrées.

Les capitalistes ne contrôlent pas leur système. Ils préfèreront précipiter les peuples dans la mi-sère et la barbarie, plutôt que céder une parcelle de leurs privilèges. Il n’y a que nous, les jeunes, les salariés, les pauvres, qui pouvons les en empêcher.

Le 15 décembre, les profs se mobilisent contre la dégradation de leurs conditions de travail. Que nous rejoignions leur manifestation, avec nos revendications à nous, ou que nous attendions des jours plus favorables, soyons persuadés que seule notre mobilisation dissuadera les politiciens de donner aux banquiers et spéculateurs, les responsables de la crise, l’argent dont a besoin le service public d’éducation.

Le 15 décembre 2011, exprimons notre solidarité avec les personnels de l’éducation.


Honeywell Condé-sur-Noireau : le bras de fer continue

4 décembre 2011

Débrayage jeudi matin à l’usine, recherche de repreneurs, réunions à Paris : l’usine de Condé-sur-Noireau n’est pas encore enterrée, loin de là. Maintenir le site et les emplois restent les objectifs des salariés. La presse nationale s’intéresse à leur combat. Tant mieux !

Jeudi matin, les organisations syndicales de l’usine de Condé-sur-Noireau avaient rendez-vous avec un expert-comptable pour mieux comprendre les enjeux juridiques après l’annonce de la direction de fermer le site en juin 2013. La direction locale n’a rien trouvé de mieux à faire qu’interdire l’utilisation d’une salle de réunion pour ce rendez-vous ! Il a fallu que les personnels débrayent pour que la direction revienne sur sa décision. Ceci en dit long sur la volonté de dialogue de la direction.

Ceci montre aussi que les salariés n’ont pas l’intention de se laisser manger tout cru. La forte mobilisation à Condé samedi 19 novembre a confirmé le soutien de la population et aide les salariés à « tenir » dans cette situation très difficile.

Les syndicats rencontreront à nouveau les cabinets des ministres de l’Industrie et du Travail jeudi 8 décembre. L’Etat ayant déclaré refusé la fermeture du site, qu’il passe aux actes en l’interdisant purement et simplement ! Il en a les moyens. De son côté, le maire de Condé-sur-Noireau affirme être en contact avec deux sociétés, porteuses selon lui de « projets de développement économique » (l’une des deux étant semble-t-il intéressée par les locaux disponibles). Des élus de droite suggère de mobiliser les fonds du Grand emprunt pour « aider » Honeywell. Comme si ce groupe avait besoin de l’argent public !

Avec la récession qui s’annonce, les medias s’intéressent au sort des 323 salariés d’Honeywell et à celui de la ville de Condé-sur-Noireau elle-même, évidemment très dépendante des décisions des multinationales. Mardi dernier, l’article d’un envoyé spécial de Libération à Condé-sur-Noireau était titré : « Condé-sur-Noireau, ville licenciée« . Le journaliste cite les représentants syndicaux qui dénoncent la mauvaise foi du groupe : « Ils [les dirigeants de l’entreprise] ont participé à une table ronde avec les pouvoirs publics et les représentants des collectivités qui ont fait plusieurs propositions, rappelle Thierry Hebert, délégué Force ouvrière. Mais c’était juste pour faire joli. Depuis le début, ils n’ont envisagé aucune autre solution que la fermeture (…) On réclame des presses depuis trois ans, et on nous a répondu qu’il nous faudrait d’abord trouver les marchés correspondants. C’est le monde à l’envers ! Comme si on allait trouver des clients près à attendre qu’on installe ensuite ces nouvelles technologies (…). Nous sommes des victimes collatérales de la crise automobile, avec une pression constante des constructeurs sur les prix de nos produits

Il y a quelques jours, sur France Inter, François Morel a consacré sa chronique matinale aux Honeywell de Condé-sur-Noireau. A écouter sur note site en cliquant ici.

La « discrétion » du Conseil régional interroge. Alors que le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais s’engage à participer au financement de la poursuite de l’activité de SeaFrance, à Calais, lâché par l’actionnaire principal, le conseil régional de Basse-Normandie se contente d’espérer « que la table ronde sera à même d’apporter de véritables solutions pour le site de Condé-sur-Noireau ». Lesquelles et à quelles conditions ? Mystère… Peut-on faire confiance aux « tables rondes » alors que jusqu’à présent, comme chacun a pu le constater, Honeywell y participe « juste pour faire joli » et sans remettre en cause son projet de liquidation du site ?

Pour le NPA, le seul objectif qui tienne, c’est le maintien du site et des emplois. On peut y forcer le groupe Honeywell, en interdisant les licenciements, en le menaçant de réquisition et de mise sous séquestre des biens de l’entreprise et de ses dirigeants. C’est ce que devrait exiger toute la gauche politique et syndicale, pour que les emplois passent avant les profits.

La lutte continue !


Le plan d’austérité pour les étudiants a commencé

3 décembre 2011

Communiqué du NPA du Calvados. Au scandale des universités mises sous tutelle car leurs budgets sont en déficit, s’ajoute celui des bourses non versées… Lire la suite du communiqué.