Honeywell Condé. Manifestation réussie, la lutte jusqu’à la victoire continue

3000 personnes ont manifesté contre la fermeture de l’usine Honeywell de Condé-sur-Noireau. La colère est grande contre la multinationale. L’interdiction des licenciements est réclamée, et l’idée de la réquisition de l’entreprise, si c’est nécessaire, fait son chemin. Philippe Poutou était parmi les manifestants pour apporter le soutien du NPA et soutenir l’esprit de résistance.

La manifestation de samedi 19 novembre a été un succès. De quoi renforcer la détermination des salariés, qui connaissent celle de la direction du groupe Honeywell. Ces multinationales rapaces n’ont aucun scrupule. Elles ont l’oeil rivé sur les résultats financiers. Le taux de profit et les dividendes versés aux actionnaires comptent plus que la vie de milliers de travailleurs. La restructuration de la branche automobile du groupe prévoit la fermeture de petites unités en Europe et la construction d’usines neuves largement subventionnées par des pays où, autre avantage pour les actionnaires, la main d’oeuvre est peu chère. Dans le cas d’Honeywell, c’est le gouvernement roumain qui est prêt à signer un chèque de 17 millions d’euros.

Ces restructurations permanentes de l’outil industriel sont l’essence même du capitalisme. Avec la mondialisation, l’implantation des firmes dans plusieurs pays et le raccourcissement des distances permis par le développement phénoménal des transports (quitte à générer pollution et dérèglement climatique), le mouvement s’accélère. En quelques semaines, trois établissements industriels se sont trouvés concernés dans le Calvados : Honeywell, à Condé-sur-Noireau, McBride (détergents, produits d’entretien), à Moyaux (près de Lisieux), victime d’une concentration de l’activité au Luxembourg (34 licenciements sur 110 salariés), et Acroba (produits métalliques pour l’industrie et le génie civil), à Reux, près de Pont-L’Evêque, où 39 postes sur 83 sont supprimés, la production étant déplacée en Grande-Bretagne. Tant que le capitalisme règnera sur terre, aucun travailleur ne sera à l’abri de telles décisions d’une poignée de managers.

Candidat anticapitaliste, Philippe Poutou était là pour soutenir la lutte à Condé-sur-Noireau, et aussi celle des McBride à Moyaux, déterminés eux-aussi à garder leur emploi. Comme il l’a répété dans la manifestation, la victoire est possible, comme celle des Fralib (groupe Unilever) tout récemment : ils ont réussi à faire annuler le plan social de leur direction, qui voulait fermer un site jugé « pas assez rentable ». Ils ont réussi cela à force de détermination (voir le communiqué du NPA). Comme Honeywell, Unilever est un groupe mondial très puissant. Il n’empêche que les travailleurs l’ont mis en échec.

C’est toute la gauche syndicale et politique qui devrait se lever et s’unir pour empêcher les licenciements à Condé comme ailleurs, et imposer le maintien de l’activité dans ces bassins d’emplois déjà sinistrés par le chômage. Chaque victoire est une pierre à l’édifice pour inverser le rapport de forces dans ce pays, pour l’instant à l’avantage du patronat. Le NPA n’a de cesse d’agir pour construire ce front uni dans les luttes elles-mêmes, en s’appuyant sur les résistances des populations.

Résistance

A l’image de Condé-sur-Noireau, la réponse face aux restructurations capitalistes doit être celle de la résistance. Résistance des salariés de l’entreprise, qui exigent le maintien du site et des emplois. Résistance de la population du bassin d’emploi, à commencer par les travailleurs des nombreuses entreprises industrielles du bassin Flers-Vire-Condé, venus soutenir leurs camarades.

Jusqu’à présent, les élus, de droite comme de gauche, ont soutenu la lutte. Devant les travailleurs, le maire UMP de Condé-sur-Condé, Pascal Allizard, appelle lui-aussi à la résistance, et dans son discours lors de la manifestation du 19 novembre, il cite même la révolutionnaire Rosa Luxembourg ! Il exige une loi interdisant les licenciements boursiers. Mais qu’attend-il pour démissionner de l’UMP ? En revanche, dans son courrier à la direction du groupe du 7 novembre, il réitère ses propositions « d’aides » : « Nous pouvons vous aider sur le foncier, sur la construction d’une nouvelle usine, sur l’investissement productif, sur l’innovation produit ainsi que sur la formation du personnel« . Comme si Honeywell n’avait pas déjà répondu qu’il n’a que faire de cette « aide » ! Enfin, le maire de Condé-sur-Noireau semble déjà se résigner à la fermeture du site en proposant au groupe de travailler ensemble sur « un plan de réindustrialisation« , avec « humilité et volontarisme« , « si votre projet de fermeture persistait malgré nos propositions« . Comment peut-on croire que Honeywell ait quelque intérêt à « réindustrialiser » le bassin d’emploi ? Et qui croira que les salariés trouveront un autre emploi garantissant les droits acquis (salaire, ancienneté…), alors que tant d’exemples montrent le contraire, à commencer par le bilan de la réindustralisation après le démantèlement de Moulinex : des centaines de travailleurs et de travailleuses sont restés sur le carreau.

Le sauvetage des emplois ne se fera pas autour du tapis vert des discussions avec Honeywell. Les élus n’ont rien obtenu dans les « tables rondes » à la Préfecture.

L’issue ne peut venir que de décisions politiques contraignantes à l’égard du groupe, que seule la mobilisation peut imposer. Que le groupe Honeywell engage les moyens nécessaires pour maintenir l’activité, payer les salaires, investir ! Ces moyens, il les a. Inutile de « l’aider » ! Il faut juste le forcer ! Pour le contraindre, les pouvoirs publics doivent interdire tout licenciement, comme l’exigent les travailleurs ; exiger le remboursement de toutes les aides déjà versées ; mettre sous séquestre les biens d’Honeywell et de ses dirigeants en France, actifs immobiliers et industriels, comptes bancaires…, et ne pas se contenter de déclarations.

Les pouvoirs publics doivent aussi brandir la menace de la réquisition, dans le cas où Honeywell maintiendrait sa position sans qu’il y ait de repreneur. L’Etat et les collectivités pourraient très bien financer la reprise par les travailleurs eux-mêmes, plutôt que verser des aides aux grands groupes capitalistes.

Alors que le groupe maintient une grande opacité dans ses prises de décisions, il faut ouvrir les livres de comptes, pour savoir où part l’argent de la richesse créée par les salariés. Les CE, les syndicats et les salariés doivent avoir un droit de regard sur les investissements, les salaires des dirigeants…

Il faut retirer aux capitalistes leur pouvoir de nuisance

C’est d’ailleurs toute la branche automobile qui devrait être mise sous contrôle public. Le gouvernement des amis de Pascal Allizard fait l’inverse. Ce gouvernement prend acte des décisions des grands groupes et peine à donner l’illusion qu’il agit pour sauvegarder l’emploi. Sarkozy a ainsi reçu trente minutes le PDG de PSA, mais au bout du compte, c’est pour donner son feu vert à la restructuration et au bradage des emplois à la condition que les 2000 salariés PSA dont le poste serait supprimé soient reclassés. Pas un mot pour les milliers d’intérimaires, mis à la porte du jour au lendemain, pas un mot pour les salariés des boîtes de sous-traitance. Ce n’est pas sous ce gouvernement que verra le jour une loi contre les licenciements boursiers ! Cette loi, il faudra l’imposer par la mobilisation : c’est toujours la lutte qui a permis les avancées sociales.

A Condé, la lutte va continuer et il ne faudra rien lâcher.
Trop souvent, les collectivités locales baissent les bras, refusant de s’affronter avec les multinationales jusqu’au bout.
Poursuivre la forte mobilisation à Condé-sur-Noireau est la seule chance de sauver l’emploi.

Tisser des liens avec les autres boîtes menacées par de plans de licenciement, voire de fermeture, devient une nécessité urgente, pour être plus forts pour exiger l’interdiction des licenciements et la réquisition des entreprises qui licencient quand même.

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