Philippe Poutou défend quatre mesures d’urgence contre la crise

30 novembre 2011

Le chômage augmente, les plans de licenciement se multiplient. A force d’austéritré, les gouvernements ont plongé les pays dans la récession. Philippe Poutou, candidat du NPA pour la présidentielle, défend quatre mesures d’urgence contre la crise.

Rarement dans l’histoire, une campagne présidentielle n’aura été autant marquée par la crise. Une crise qui frappe de plein fouet la vie de millions de gens. Emploi, salaires, sécurité sociale, services publics, l’attaque est frontale, générale. La troïka – Union européenne, FMI, Banque centrale européenne – met sous tutelle les pays du Sud de l’Europe et menace les autres.

Partout, les politiques d’austérité se déchaînent. Et, plus il y a d’austérité, plus la crise s’aggrave et plus les pays sont tirés vers la récession. C’est la politique que conduit Nicolas Sarkozy, depuis le début de la crise. Elle sera aggravée s’il reste au pouvoir. Les positions de l’UMP sur les 35 heures ou la fraude sociale donnent le ton.

Ils veulent liquider tous les acquis sociaux depuis 1945. Mais la politique proposée par François Hollande et les socialistes n’est pas la solution. Les timides prises de position qui ressemblaient à des positions de gauche – création de 60.000 postes d’enseignant, le droit à la retraite à 60 ans – sont déjà abandonnées. Hollande veut, paraît-il, donner « du sens à la rigueur. »

Alors oui, il faut chasser Sarkozy, c’est le « minimum syndical », mais il faut, plus que jamais, une alternative à la politique du Parti socialiste. Austérité de droite ou austérité de gauche, je suis contre !

Il faut bloquer les plans d’austérité, changer de logique et de politique, casser la main mise de la finance sur l’économie, et satisfaire les besoins sociaux de la population. Il est urgent d’arrêter la catastrophe qui nous menace. Les travailleurs et les peuples ne doivent pas payer la crise, c’est aux capitalistes de la payer.

Pour arrêter la catastrophe qui nous menace, je propose de commencer par prendre quatre mesures d’urgence :

1. Un bouclier social contre la crise : augmentation des salaires et des minimas sociaux : 300 euros pour toutes et tous, le Smic à 1600 euros, interdiction des licenciements, relance des services publics par la création massive d’emplois dans l’éducation et la santé, retour à la retraite à 60 ans à taux plein.

2. Un financement de ces mesures qui fait payer les capitalistes : l’annulation de la dette et de ses intérêts, un moratoire sur la base d’un audit sous contrôle populaire, l’augmentation des impôts pour les plus riches, le rétablissement de l’impôt sur les bénéfices des entreprises à 50%, la suppression de toutes les niches fiscales des riches et des exonérations de cotisations sociales qui s’élèvent à plus de 30 milliards sur les budgets sociaux.

3. Une expropriation des banques et leur nationalisation sous contrôle des travailleurs et des usagers, sans indemnités ni rachats de titres pour les gros actionnaires. Et, la création d’un service public bancaire qui devra à réorganiser l’investissement pour satisfaire les besoins sociaux de la population.

4. Sortir du nucléaire : démantèlement de la filière nucléaire, développement des énergies renouvelables, en particulier l’éolien, réorganisation écologique de l’énergie, des transports, et de l’habitat, tout cela est incompatible avec la rentabilité capitaliste. C’est un choix de société, il faut une planification sociale, démocratique, écologique.

Pour appliquer ce programme il ne faut pas hésiter à s’attaquer à la logique du système capitaliste et au pouvoir du patronat et des banquiers. C’est ce que nous proposons aux travailleurs et aux classes populaires. Ces quatre mesures sont les premières qu’appliquera un gouvernement des travailleurs pour servir les intérêts du plus grand nombre. Elles sont au centre de ma campagne mais c’est aussi un programme de lutte contre la crise capitaliste, un programme pour des millions d’indignés qui refusent aujourd’hui l’austérité, qu’elle soit de droite ou de gauche.

Philippe Poutou

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Il faut interdire les licenciements

28 novembre 2011

Communiqué du NPA de Caen. Les annonces de licenciements se succèdent dans le Calvados. Honeywell veut fermer son établissement de Condé-sur-Noireau. A Moyaux, près de Lisieux, McBride (détergents et produits d’entretien) licencie. A Reux, près de Pont-L’Evêque, c’est Acroba (produits métalliques pour l’industrie et le génie civil) qui supprime des postes. A Hérouville Saint-Clair, le géant américain du médicament, Merck, confirme la suppression de 107 postes sur 425 emplois dans l’établissement Schering Plough qu’il a repris il y a deux ans.

Toujours au nom de la « rationalisation », pour augmenter la « performance » et la productivité.

Car les groupes concernés n’ont pas de difficulté économique particulière, bien au contraire… Merck a annoncé un bénéfice de 1,9 milliard de dollars pour le troisième trimestre 2011 ! Ils anticipent la récession que les plans d’austérité décidés par les gouvernements partout en Europe vont précipiter. Ils profitent de la crise pour se restructurer sur le dos des salariés.

L’austérité de Sarkozy-Fillon ne nous sauve pas de la « faillite », elle nous mène au bord du gouffre.

Il faut stopper cette politique. Il faut instaurer un « bouclier social » contre la crise, en commençant par interdire les licenciements qui se profilent et en répartissant les richesses. Il faut refuser de rembourser la dette illégitime pour pouvoir financer ces mesures d’urgence.

C’est ce qu’a défendu Philippe Poutou venu à Condé-sur-Noireau apporter le soutien du NPA aux travailleurs en lutte contre la fermeture de l’usine.

Caen, le 28 novembre 2011


Contre les violences faites aux femmes

27 novembre 2011

Prises de parole et distribution de tracts se sont succédées samedi après-midi, place Bouchard à Caen, pour protester contre les violences faites aux femmes, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre ces violences. Pour les éradiquer, la mobilisation doit se poursuivre sans relâche.  Lire ci-dessous le communiqué du NPA.

Communiqué du NPA. Journée internationale contre les violences faites aux femmes.

Les chiffres sont toujours terribles : 75 000 femmes violées par an, plus de 150 décédées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon.

A l’occasion de ce 25 novembre nous avons encore droit aux déclarations de bonnes intentions. Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, a choisi délibérément de se situer sur le terrain sécuritaire si cher au gouvernement. Elle annoncé à grand renfort de publicité des bracelets électroniques (déjà prévus en 2009 et 2010) et, sans doute, un allongement des délais de prescription au delà desquels il n’est plus possible de porter plainte.

On est loin du compte, loin d’une politique véritablement efficace pour éradiquer les violences sexistes. La loi votée en 2010 ne concerne que les violences conjugales et est bien loin de la loi-cadre travaillée et exigée par le mouvement féministe.

Le NPA, au côté du mouvement des femmes, continue d’exiger un service public d’accueil, d’écoute, d’hébergement pour les femmes victimes de violence, des campagnes d’information et de sensibilisation auprès de tous les publics et la mise en place d’une véritable éducation non sexiste à tous les niveaux de l’Éducation nationale, la formation spécifique et obligatoire en matière de prévention et de prise en charge des violences faites aux femmes pour toutEs les professionnelEs concernéEs.

Le 25 novembre 2011


Communiqué du NPA du Bocage virois. Le NPA exige le retrait de la loi visant à taxer les semences de ferme

26 novembre 2011

La loi qui vise à taxer les semences de ferme sera examinée au parlement le 24 Novembre. Le comité du bocage virois du NPA rejette la proposition de loi des multinationales d’interdire aux paysans de ressemer librement leur propre récolte et d’échanger leurs semences, à moins de payer des royalties.

Depuis toujours la sélection variétale était faite de manière locale, collective entre paysans libres et se basant sur leur savoir-faire.

Taxer les semences de ferme c’est autoriser la marchandisation et l’industrialisation du vivant au profit de ces multinationales qui n’ont jamais rien payé pour se servir dans les semences sélectionnées par les paysans.

Si ce choix politique était confirmé alors les conséquences seraient destructrices pour la biodiversité agricole, la sécurité alimentaire et la liberté dans le métier de paysan.

Le comité du bocage virois du NPA se range du côté de ceux qui permettent aux peuples de se nourrir, du côté de tous ceux qui agissent avec la nature et non pas contre elle.

Les crises économiques qui se succèdent, nous montrent l’irresponsabilité des industriels. Leur modèle économique montre ses limites de manière de plus en plus évidente.

Le monde du vivant et notamment celui des semences ne peut et ne doit JAMAIS être une marchandise accaparée par quelques multinationales. Dèjà, ces entreprises provoquent dans les pays les plus pauvres des famines, dans les pays les plus riches des augmentations qui empêchent plus de 8 millions de Français de se nourrir suffisamment et correctement.

La biodiversité doit rester plus important que les profits des agro-industriels !

Notre bouffe et nos vies valent plus que leurs profits.

Le 21 novembre 2011


La lutte contre le nucléaire continuera jusqu’à l’arrêt du dernier réacteur

23 novembre 2011

Le train transportant des déchets hautement radioactifs a quitté Valognes mercredi en milieu d’après-midi. Les manifestants antinucléaires ont été écartés des voies de chemin de fer à coups de matraques et de gaz lacrymogènes.

La matraque et les gaz lacrymogènes sont décidément les seuls arguments en faveur du nucléaire véritablement efficaces ! Les propos du PDG d’EDF ou les assurances d’Areva sur la sécurité des centrales et des transports de matières nucléaires laissent interrogative une bonne partie de l’opinion.

Dans le Cotentin, autour de Valognes, les charges de la police contre les manifestants antinucléaires ont été violentes. Par ailleurs, la police a transformé Valognes en ville morte, les écoles étaient fermées. Difficile même de rentrer chez soi pour les habitants de la ville. Des journalistes rapportent que dans certains hameaux, les habitants sont restés confinés chez eux, l’air étant devenu irrespirable à cause des gaz lacrymogènes.

Si le lobby nucléaire imagine pouvoir poursuivre encore longtemps son oeuvre sous la protection des forces de police, il se trompe. Tôt ou tard, l’exigence de l’arrêt du nucléaire s’imposera.

La mobilisation contre le train de déchets radioactifs ne va pas s’arrêter. La route est encore longue jusqu’à Gorleben, en Allemagne.

La lutte pour sortir du nucléaire se poursuit aussi.

Pas plus que la droite, Hollande n’infléchira la politique énergétique du pays. Le feuilleton des négociations avec Europe-Ecologie Les verts ont montré les connivences entre les dirigeants du PS et le lobby nucléaire. Elles ont montré aussi que EE-LV n’est pas parvenu à faire bouger le PS. Seule la mobilisation la plus large permettra de gagner.


Attention, danger ! passage d’un train nucléaire !

23 novembre 2011

Une poubelle radioactive va se balader sur 1500 kms de voies ferrées !

Le 23 novembre, un train de onze conteneurs de déchets très hautement radioactifs part de la gare de Valognes (Manche).  Durant 2 jours, ce train va traverser 13 départements français, des centaines de villages et plusieurs grandes villes : Caen, Rouen, Amiens, Arras, Nancy, Strasbourg.

Il va continuer en Allemagne, jusqu’à Gorleben, site de stockage de ces déchets issus des combustibles usés des centrales nucléaires allemandes.

Des trains de déchets radioactifs extrêmement dangereux transitent régulièrement par le Calvados et la ville de Caen. Ces trafics ont lieu dans la plus grande opacité, parfois à la limite de la légalité. Les populations exposées à des risques considérables ne sont pas informées, ni même les élus, ni les personnels affectés aux transports. Les plans d’intervention en cas d’accidents sont insuffisants ou inexistants, et établis à partir de scénarios dits réalistes, mais l’hypothèse d’une attaque terroriste par exemple n’est pas envisagée. La catastrophe de Fukushima a eu lieu parce que les autorités japonaises sous évaluaient les risques sismiques et de tsunamis.

EDF et des électriciens étrangers (allemands, italiens, japonais.) envoient plus de 1000 tonnes de combustibles irradiés par an sous prétexte de «recyclage» à l’usine d’Areva à la Hague. En fait, le retraitement consiste à récupérer de l’uranium et du plutonium soi-disant réutilisables dans certains réacteurs. Opération provoquant d’énormes rejets radioactifs liquides et gazeux dans l’environnement et produisant des déchets «ultimes» encore plus toxiques. Mais il n’y a aucune solution pour ces déchets radioactifs. Pour s’en débarrasser et faire semblant d’avoir résolu le problème, les industriels du nucléaire veulent les enfouir profondément dans le sous-sol. Des dépotoirs nucléaires sont en projet à Gorleben (Allemagne) ou à Bure dans la Meuse. Les États aident le lobby nucléaire à les imposer de force aux populations locales qui les refusent. Les contribuables paieront la facture : prévu à 15 milliards d’euros, le projet de Bure a été réévalué à 58 milliards !

Non à l’enfouissement des déchets nucléaires !
Ni à Bure, ni à Gorleben, ni ailleurs !

collectif14contreepr@yahoo.fr
Europe Ecologie, NPA, FASE, Réseau Sortir du Nucléaire, Sud


Non aux transports de déchets nucléaires ! Sortons du nucléaire !

20 novembre 2011

Un transport de déchets nucléaires extrêmement radioactifs va à nouveau traverser la France d’Ouest en Est, ainsi qu’une partie de l’Allemagne, exposant ainsi les populations et les agents SNCF au risque nucléaire. Pour protester contre ces transports, la mobilisation démarre dès mardi 22 novembre à Valognes. Le collectif Stop EPR de Caen appelle à se rassembler devant la gare SNCF de Caen mercredi dès midi.

Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire et de SUD-RAIL – 19 novembre 2011

Un transport de déchets nucléaires extrêmement radioactifs va à nouveau traverser la France d’Ouest en Est, ainsi qu’une partie de l’Allemagne, exposant ainsi les populations et les agents SNCF au risque nucléaire. Initialement prévu ce jeudi 24 novembre, le départ du train depuis le terminal ferroviaire de Valognes est avancé d’une journée par AREVA et la SNCF pour tenter d’éviter la mobilisation d’ampleur, actuellement en préparation. Le convoi devrait donc quitter Valognes le mercredi 23 à 14h36. Les deux trajets envisagés par les autorités à partir d’Amiens restent inchangées, le convoi pourrait prendre la direction nord vers Arras ou la direction sud vers Reims. Onze conteneurs transporteront 301 fûts de déchets de très haute activité « retraités » à l’usine Areva de la Hague (Manche).

Tchernobyl roulant : l’Europe à nouveau sous la menace d’un convoi nucléaire à haut risque

L’inventaire officiel de radioactivité de ce transport s’élève à 3756,5 péta becquerels (Pbq), soit 3,75 milliards de milliards de becquerels de becquerels. A titre de comparaison, ce convoi transportera donc plusieurs fois la radioactivité émise lors de la catastrophe de Tchernobyl. Eparpillée dans l’environnement, la radio- toxicité potentielle de ce convoi suffirait à empoisonner l’ensemble de l’espèce humaine.

Des protections insuffisantes pour transporter les déchets extrêmement radioactifs

Les colis de déchets radioactifs vont être transportés dans des emballages blindés (les castors HAW 28 M) mais les exigences de sûreté de ce transport imposées par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) sont notoirement insuffisantes pour résister aux hypothèses d’accidents et d’attaques les plus graves.

Ainsi un déraillement du convoi radioactif dans un tunnel à deux voies, suivi d’une collision par un train chargé de matières inflammables qui prendrait feu, pourrait conduire à la dispersion des déchets radioactifs. Un feu d’hydrocarbures atteint près de 1 200°C en une vingtaine de minutes ; dans un tunnel, il peut monter jusqu’à 1 600°C et durer des heures. Or l’emballage des déchets vitrifiés est conçu pour résister à un feu de 800°C pendant 30 minutes. De même les emballages ne résisteraient pas à certaines attaques terroristes ou à un crash d’avion de ligne. Enfin, ce convoi doit s’arrêter plusieurs fois sur des triages dont l’état des voies de service est l’occasion de nombreux déraillements. Ce convoi dépassera les 2000 tonnes et un écartement de voie n’est pas à exclure. Loin de vouloir être alarmistes, nous pensons que ces hypothèses doivent être envisagées puisque pas moins de 5 % des accidents sont plus graves que les scénarios envisagés et que la catastrophe de Fukushima a démontré que l’impensable pouvait arriver.

Des travailleurs SNCF dangereusement exposés

Une fois de plus, sur ce convoi, ni les conducteurs, ni les agents de manœuvre ne seront équipés de dosimètres individuels, contrairement aux forces de police présentes dans le train. Avec ce transport très hautement radioactif compris dans les 500 trains de déchets radioactifs qui traversent la France chaque année, les cheminots sont réellement exposés et pour certains peuvent dépasser la dose limite annuelle. Tant que la SNCF ne fera pas une réelle évaluation des risques, le syndicat SUD-Rail appelle tous les agents pouvant intervenir sur ce train à exercer leur droit de retrait.

Un transport sans assurance réelle

Si la radioactivité de ce transport se dispersait à cause d’un accident ou d’un attentat, Areva serait quasiment déchargée de toute responsabilité. La responsabilité financière maximale d’Areva est limitée à 22,9 millions d’euros. Qui peut croire qu’un accident impliquant une telle radioactivité coûterait aussi peu ? Ce transport roulera donc quasi sans assurance réelle.

Une seule issue : sortir du nucléaire

Ce transport a pour seule raison d’être une transaction commerciale entre Areva et les industriels nucléaires allemands, qui ont envoyé ces déchets en France pour s’en débarasser provisoirement. En outre, il fait peser sur la tête des populations une véritable épée de Damoclès et expose l’Europe entière au risque de contamination radioactive.

Aujourd’hui, le parc nucléaire français produit chaque année plus de 2 convois similaires de déchets vitrifiés aussi ingérables que dangereux, pour des durées extrêmement longues. Poursuivre dans cette voie en léguant des déchets radioactifs aux générations futures et en les transportant sur de si longues distances est totalement insensé. Il est urgent de sortir du nucléaire et il existe des alternatives crédibles au nucléaire, reposant sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables, qui ne demandent qu’à être mises en oeuvre.

Plutôt que de jouer à des paris hasardeux en attendant l’accident, les responsables politiques français devraient plutôt arrêter les transports de déchets et s’engager immédiatement pour une sortie du nucléaire.