Dans la rue par milliers…

4500 personnes ont manifesté dans les rues de Caen contre l’austérité, des centaines à Lisieux. À un peu plus de six mois des élections présidentielles, la Sarkozie est plus que jamais discréditée dans l’opinion, non seulement dans les sondages mais aussi dans les bureaux, les ateliers, les salles de profs, les hostos… Et cela s’entend dans la rue !

Malgré ce discrédit profond, le gouvernement ne recule pas. C’est Fillon qui ose défendre la nécessité de repousser l’âge de la retraite à 67 ans après nous avoir affirmé que la dernière réforme réglait la question jusqu’en 2020. C’est Sarkozy qui pour toute réponse à la mobilisation des enseignants, ose affirmer que sa préoccupation principale va aux salariés du privé qui sont confrontés à la concurrence, aux licenciements et fermetures de sites. Les salariés de Freescale, de Hayange, auxquels il avait naguère affirmé son soutien, apprécieront la valeur de cet engagement. Guéant, quant à lui, continue de déverser ses immondices sur les Roms, les Roumains et tous les immigrés.

Dans les cortèges de ce 11 octobre, on lit dans de nombreux tracts peu ou prou le même refus de payer « leurs » crises, les crises des capitalistes. On entend partout les mêmes exigences revendicatives : hausse des salaires, arrêt des licenciements et des suppressions d’emplois publics. On s’indigne de la même manière contre l’injustice fiscale, la pompe à fric pour les banques que constituent les intérêts de la dette payés par l’Etat aux créanciers. Voilà de quoi rassembler ceux et celles qui ne veulent pas attendre 2012, celles et ceux qui savent qu’on ne peut attendre du Parti socialiste les bonnes solutions, celles et ceux qui sont convaincus qu’un bon rapport de force vaut mieux qu’un bulletin de vote. Voilà pourquoi le NPA fait à toutes les organisations qui affichent leur refus de l’austérité la proposition d’une campagne commune, contre l’austérité, contre la dette, pour des mesures d’urgence sociales.

Après le 11 octobre…

Dans de multiples entreprises, les travailleurs et travailleuses résistent souvent le dos au mur. Les Fralib occupent l’usine pour empêcher la fermeture, ceux de la Fonderie du Poitou refusent par la grève de voir leurs revenus baisser de 25 %. Ceux de Goodyear, de la raffinerie de Berre, du haut fourneau de Florange, de Stihl dans l’Oise, font grève, manifestent, séquestrent leurs employeurs. Mardi 27 septembre, des dizaines de milliers d’enseignants du public et du privé se sont mobilisés et ont manifesté dans toute la France contre la destruction planifiée de l’enseignement. Les retraitéEs ont défilé par milliers jeudi 6 octobre pour bien montrer que le dossier retraite n’est pas clos avec la dernière loi et que la mobilisation doit reprendre pour imposer les 60 ans pour toutes et tous.

Mais l’issue de ces luttes éclatées, parfois isolées, restera incertaine tant qu’un rapport de forces plus global ne sera pas construit par les luttes.  Encore faut-il une volonté de construire ces mobilisations. Il ne suffit pas de proclamer que nous n’attendrons pas 2012 ou qu’après la conquête du Sénat, celles de l’Élysée et de l’Assemblée nationale vont nous apporter des réponses satisfaisantes. Seul le rapport de forces, construit dans les luttes et les manifestations, dans les campagnes unitaires contre l’austérité, peut contraindre patrons et gouvernement à reculer. C’est la seule voie pour imposer une autre politique, aller vers une autre société. Et pour cela, la tactique syndicale des grèves sectorielles, des mobilisations saute-mouton a fait la preuve de son inconsistance. Cette journée de mobilisation du 11 octobre ne suffisant évidemment pas, coordonner les luttes existantes, se battre pour leur extension, rassembler autour du refus de payer la dette est une nécessité pour construire un vrai rapport de forces.

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