Londres : une Europe contre l’austérité (Tout est à nous, 6 octobre 2011)

La Conférence européenne contre l’austérité s’est tenue le samedi 1er octobre à Londres et a réuni près de 700 personnes, dont 150 venues de différents pays d’Europe, issues de syndicats, du monde associatif et de partis.

Durant cette journée, les délégués ont échangé dans le cadre d’une vingtaine d’ateliers sur l’analyse de la crise du capitalisme, de ses conséquences économiques et sociales, des alternatives qui peuvent être élaborées et des moyens d’agir en commun. Il était clair que les réfractions de la crise sont multiples, notamment en ce qui concerne les différentes formes de racisme.

Lors du meeting final, l’intervention de Sonia Mitralia du CADTM de Grèce, pays devenu véritable « laboratoire de l’austérité », a donné un tableau saisissant d’une société en train d’être littéralement démolie par la folie capitaliste, qui entraîne notamment une dégradation dramatique de la situation des femmes, mais également de la résistance acharnée et lucide du peuple de Grèce.

De manière générale, plusieurs constatations faisaient accord : la gravité de la crise du capitalisme et son caractère durable, la nécessité de la mise en commun d’un large arc de force pour résister et construire une autre société, l’importance de la bataille idéologique contre la propagande des dominants qui visent à la légitimation du règlement de la crise sur le dos des peuples.

Ces convergences apparaissent clairement dans la déclaration finale (lire ci-dessous) issue de la conférence. Celle-ci ne s’est pas contentée de diagnostics globaux partagés, elle a également mis dans son agenda des perspectives d’actions communes concrètes. Ainsi, les débats ont intégré la nécessité de campagnes d’audits des dettes publiques, auxquelles un atelier spécifique était consacré, et la remise en cause des dettes illégitimes.

Plus significativement encore, la déclaration finale a non seulement appelé au succès d’échéances internationales, comme la journée d’action européenne des « Indignés » le 15 octobre et la mobilisation contre le G20 au début du mois de novembre à Nice et Cannes, mais s’est également exprimée pour des journées de mobilisation effectives à l’échelle du continent.

Il s’agit d’un pas de plus pour la mise en œuvre d’un internationalisme pratique, en action. Dès lors, l’enjeu pour les anticapitalistes est d’œuvrer à de telles convergences à l’échelle du pays mais également de faire vivre ce cadre européen en travaillant à son élargissement géographique, à l’intégration de nouveaux thèmes (comme l’écologie) et à l’enrichissement du spectre des organisations y participant.


Déclaration de la conférence européenne contre l’austérité (Londres, 1er octobre)

Il était plus que temps que cette conférence ait lieu.

Les peuples d’Europe sont confrontés à une crise sociale, politique et économique sans précédent.

Nos gouvernements taillent de la façon la plus sauvage dans les dépenses de façon à détruire l’ensemble des avantages sociaux de la période d’après-guerre.

Cela va saccager la vie de millions de personnes en détruisant les emplois, les salaires, les retraites, les soins de santé, l’éducation, ainsi que d’autres services.

La crise financière de 2008 a été transformée en une crise de la dette des Etats – les Etats nations ont renfloué le système financier, mais en agissant ainsi ils ont sérieusement affaibli leurs propres équilibres comptables.

La Grèce est au bord du défaut de paiement, et d’autres Etats n’en sont pas loin.

La seule solution proposée par l’élite dirigeante est l’austérité pour la grande majorité de la population et le renflouement des banques et, plus largement, du système financier.

Alors que le commun des mortels affronte de grandes difficultés, des milliards d’euros sont versés dans les poches des riches.

Il n’y a jamais eu une telle disparité de richesse entre le capital et le travail, entre les riches et les pauvres.

Partout en Europe, les peuples entrent en résistance. Ils sont déterminés à défendre les sociétés dans lesquelles ils vivent, et renverser le barbarie de l’austérité.

Notre objectif est de contribuer à l’unité de ces luttes. Nous avons besoin d’un front commun européen pour défendre les peuples d’Europe.

Nous nous engageons à nous opposer aux politiques d’austérité, aux privatisations et aux attaques contre l’Etat-providence, ainsi qu’à développer la solidarité dans les luttes contre ces attaques.

Pour cette raison, nous soutenons la résistance des syndicats par le biais de grèves ainsi que d’autres formes de lutte.

Nous disons non aux guerres impérialistes et à leurs ponctions financières sans fin, et nous disons oui à la satisfaction des besoins sociaux, à la paix et à la justice.

Nous nous opposons à la transformation des immigrés en boucs émissaires, parce que la crise économique, l’agitation raciste et l’islamophobie divisent et affaiblissent notre capacité de résistance.

Nous organiserons des campagnes contre la montée de l’extrême-droite qui cherche à impulser cela.

Notre orientation repose d’une part sur la résistance, d’autre part sur l’élaboration et la promotion d’une stratégie économique alternative : les banques doivent être placées sous contrôle démocratique.

Les banques privées doivent être socialisées et les marchés financiers doivent être réglementés. L’Union européenne et les gouvernements nationaux doivent satisfaire les besoins de la population, au lieu d’imposer des programmes d’austérité. Il faut augmenter les impôts pour les riches et les grandes entreprises.

La dette illégitime doit être annulée. Ceux qui ont accordé les prêts sont responsables de la situation actuelle.

Nous ne payerons pas leur crise !

 Une stratégie économique et politique alternative doit promouvoir la protection sociale, développer les logements, les écoles, et les hôpitaux, protéger les retraites, et favoriser une approche écologiste des dépenses publiques (investir dans les énergies renouvelables et les transports publics, et ainsi créer des millions d’emplois nouveaux).

Cette conférence décide de renforcer les liens développés dans la préparation de cette conférence et d’établir une coordination européenne afin d’organiser et soutenir la résistance à la dette et à l’austérité.

Nous nous engageons à soutenir les mobilisations des Indignés le 15 octobre, les les actions contre la dette et les institutions financières internationales entre le 8 et le 16 octobre, ainsi que la manifestation G20 en novembre à Nice.

Nous nous engageons aussi à travailler à une journée commune d’action contre l’austérité en 2012.

Nous appelons également le mouvement syndical à préparer, contre l’austérité, une journée de lutte européenne sous forme de grève ou d’autres formes d’action sur le lieu de travail.

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