La LGV Normandie sur les rails

Les élus se démènent pour avoir leur LGV reliant Cherbourg et Caen à Paris en un temps record. « Gauche » et droite confondues. Un investissement coûteux, inutile et anti-écologique, que dénonce le NPA.

Les estimations du coût vont de 10 à 12 milliards d’euros pour la construction de la nouvelle ligne et de nouvelles gares. L’objectif est de diminuer la durée du transport (faire le trajet Caen-Paris en 1h15…). Tout cela pour « favoriser des synergies entre la Basse-Normandie et l’Ile-de-France tout en augmentant son potentiel touristique », « favoriser les échanges intra-normands et permettre le développement de toute la Normandie », etc…, comme l’écrivent les élus de Basse-Normandie et de Haute-Normandie dans un communiqué commun.

Devant l’énormité du coût, il est indispensable de se demander à qui profitera cet investissement. Sûrement pas à la majorité de la population qui galère dans des transports en commun de proximité peu nombreux, mal adaptés et onéreux, qui imposent à la plupart des personnes le recours à la voiture personnelle. Peut-être à une petite minorité d’hommes d’affaires toujours pressés, qui auront les moyens de payer des billets de train qui assurément augmenteront fortement. Gagneront-ils du temps ? Pas si sûr ! Car le temps gagné sur le trajet pourrait être perdu dans les encombrements des transferts de la gare de La Défense, qui risque fort d’être le terminus des trains rapides venant de Normandie, vers leur destination finale, souvent le centre de Paris, ou une autre gare pour poursuivre un voyage. Les transports franciliens sont dans un état de délabrement inquiétant et les lignes acheminant les voyageurs vers le centre de Paris sont déjà saturées. Augmenter les infrastructures pour toujours plus de mobilité est un non-sens.

Car l’accroissement des mobilités est une impasse. Mieux vaudraient des investissements permettant que les trains partent et arrivent à l’heure, des rotations plus nombreuses, et diminuer fortement les tarifs et même instaurer une gratuité totale pour les trajets obligatoires domicile-travail et domicile-lieu d’études. Et, au lieu de se lancer dans la course éperdue à la mobilité et à la vitesse, il est urgent de repenser l’habitat et l’implantation des lieux de travail pour diminuer la mobilité contrainte.

Des trains plus rapides, ce sont aussi des trains qui consomment plus d’énergie. Manifestement, l’exigence de sobriété énergétique n’est pas celle des élus, ni « de gauche », ni de droite. Eux nous entraînent à grande vitesse vers les catastrophes écologiques qui risquent d’accompagner les changements climatiques que provoque le productivisme inhérent au capitalisme. Peut-être incluront-ils dans le prix du billet de train une taxe carbone – aussi injuste qu’inefficace – pour donner bonne conscience aux voyageurs et se donner bonne conscience à eux-mêmes ?

L’irresponsabilité des élus est totale. C’est aussi ensemble, « gauche » et droite confondues, qu’ils défendent le nucléaire et la construction du nouveau réacteur EPR. Aussi coûteux et inutile que la LGV, et en prime, dangereux pour les populations, pour des dizaines d’années, et dès aujourd’hui pour les travailleurs sur le chantier…

Pour le NPA, le projet LGV doit être arrêter immédiatement (tout comme le chantier de l’EPR). Les 10 ou 12 milliards prévus doivent servir à améliorer les transports collectifs utiles à la majorité de la population, notamment pour les déplacements de proximité domicile-travail et domicile-lieu d’étude.

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