Rentrée scolaire. Le droit à l’éducation attaqué de toute part

Des effectifs d’enseignants et de non-enseignants qui continuent de baisser alors que les élèves sont plus nombreux. Une formation professionnelle passée au laminoir. Des coûts à supporter par les familles en forte hausse. Une offensive réactionnaire et sexiste sur les contenus enseignés en SVT. Autant de raison d’être en grève le 27 septembre prochain et de manifester ensemble, profs, parents et élèves.

En cette rentrée, 60 000 élèves supplémentaires sont attendus dans les écoles, les collèges et les lycées. Les effectifs des personnels baisseront, eux, de 16 000. En quatre ans, le gouvernement a supprimé plus de 52 000 postes. Jusqu’à l’année dernière, le nombre d’élèves baissait lui aussi, mais, en cette rentrée, c’est l’inverse qui se produit. La situation est particulièrement tendue dans le secondaire, avec 4 800 suppressions de postes pour près de 80 000 élèves en plus.

Moins de personnels, plus de difficultés

L’évolution du nombre d’élèves est bien sûr prévisible. Sa croissance devrait être durable, en raison d’une natalité qui s’est redressée à la fin des années quatre-vingt-dix. Il faudrait anticiper la progression du nombre d’élèves et les nombreux départs en retraite à venir parmi les personnel en embauchant plus d’enseignants, en augmentant les places aux concours de recrutement. C’est exactement l’inverse que fait le gouvernement. Le SNES-FSU a calculé que le nombre de places offertes aux concours a baissé de 50 % entre 2001 et 2010. Pire, un millier de postes ne sont pas pourvus par les concours cette année. Les nouveaux enseignants, eux, sont envoyés devant leur classe sans réelle formation professionnelle, le stress au ventre.

Ecole émancipatrice pour tous ou école aggravant les inégalités sociales ?

Ainsi, à chaque rentrée, le gouvernement augmente les difficultés. En même temps, iil crée les conditions d’une aggravation de la situation pour les années à venir, et renforce les inégalités.

Car si les suppressions de postes dégradent les conditions de travail des personnels, elles nuisent aussi gravement aux conditions d’apprentissage des élèves. Elles aggravent les risques d’échec scolaire. Du coup, les entreprises privées d’enseignement prospèrent en se présentant aux yeux de certains parents comme indispensables pour pallier les insuffisances de l’Ecole publique. Les élèves issus des classes populaires sont les premiers à faire les frais des inégalités induites par ce système à deux vitesses qui se met progressivement en place.

L’urgence est donc d’abroger la fameuse règle du non remplacement d’une fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Ce dogme, écrivent les syndicats de l’Education nationale, « met l’Ecole Publique à genoux ». Dans la foulée, il faut rétablir les postes supprimés ces dernières années, ouvrir massivement des postes aux prochains concours et former des personnels nouveaux, titulariser tous les non-titulaires.

Coût de la rentrée en hausse

Côté dépenses pour les parents, la note est salée. Selon son enquête annuelle, la CSF estime estime que le coût de la rentrée scolaire est en hausse de 3,1 %. Peu de salaires ont augmenté de 3 % en 2011 ! Aussi, la CSF réclame une augmentation de l’Allocation de rentrée scolaire et une baisse de la TVA sur les fournitures scolaires : des produits qui constituent une dépense obligatoire, à l’égal de l’alimentation… à condition de concevoir l’éducation comme un droit élémentaire. Le renchérissement du coût de l’éducation, des premières classes jusqu’à l’université (droits d’inscription, logement étudiant…), remet en cause ce droit pour une fraction de plus en plus large de la population.

Offensive réactionnaire

Enfin, en cette rentrée, la droite se distingue par une offensive réactionnaire décomplexée. 80 députés de l’UMP, dont la plupart appartiennent à la Droite nationale, viennent de réclamer le retrait de manuels scolaires de Sciences de la vie et de la terre (SVT) destinés aux classes de 1ère. Motif : ces manuels intégreraient l’idée que le contexte socio-culturel intervient dans l’explication de l’identité sexuelle des individus. Bref, ces manuels expliqueraient la théorie du genre, honnie par le pape et la droite catholique, autant que la théorie de l’évolution l’est encore par les créationnistes.

Après Christine Boutin, ces députés UMP se font ainsi le relai de la hiérarchie catholique dans une offensive réactionnaire et sexiste qu’il ne faut pas sous-estimer, et qui se développe aussi dans d’autres pays (Etat espagnol…).

Or, comme l’affirment nombre de chercheurs et chercheuses engagé.e.s dans des travaux sur les femmes, le sexe et le genre et spécialistes en diverses disciplines, « la science rejoint ici le féminisme : on ne naît pas femme, ni homme d’ailleurs, on le devient » (lire l’article Enseigner le genre : contre une censure archaïque). L’identité sexuelle est une construction biologique et sociale. Pour bloquer l’offensive de la droite, une réaction commune de toute la gauche sociale et politique progressiste est indispensable (lire le communiqué de presse du NPA).

Mobilisation

Les organisations syndicales appellent les personnels à la grève le 27 septembre. Cette mobilisation pour défendre le droit à l’éducation – une éducation émancipatrice – doit être un premier pas dans la construction d’une riposte d’ensemble du monde du travail contre l’austérité, la casse sociale et la remise en cause des droits. La réussite du 27 septembre peut d’ailleurs encourager les travailleurs à participer à la journée d’action interprofessionnelle du 11 octobre contre l’austérité. Les confédérations mettent en bonne place la question de l’emploi et l’exigence de la fin des suppression de postes dans la Fonction publique.

C’est « tous ensemble » qu’il faut résister, et se mobiliser face au gouvernement. Le 27 septembre, il est souhaitable que les personnels de l’éducation trouvent à leurs côtés les parents d’élèves et les élèves eux-mêmes. Au travers de l’étouffement de l’Ecole publique, c’est à l’avenir de beaucoup de ces jeunes que s’attaque le gouvernement.

Alors : tous ensemble, dans la rue le 27 septembre !

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