Soutien à Yohan Leforestier. Non à l’outrage à la liberté d’expression et de création

28 septembre 2011

Yo du Milieu, slameur-comédien, pourrait être condamné à verser jusqu’à 1500 euros d’amende à L’État Français pour outrage au « drapeau sacré » de la Nation.

Son crime ? Avoir porté une burqa bleu-blanc-rouge lors d’une intervention théâtrale organisée en ouverture d’une manifestation contre les baisses des financements aux associations œuvrant en faveur des quartiers en difficulté.

Interpellé à l’issue de cette manifestation, il est convoqué au tribunal de police de Caen le 30 septembre prochain pour « avoir volontairement utilisé de manière dégradante le drapeau tricolore dans un lieu public, ouvert au public et de nature à troubler l’ordre public ».

Oui, aujourd’hui en France, un artiste peut être poursuivi pour avoir librement intégré les couleurs nationales, au sein d’une création !

Si Yohan Leforestier venait à être effectivement condamné, nous serions confrontés, une fois de plus, à une dangereuse dérive au détriment de nos libertés individuelles et collectives.

Ce gouvernement s’est fait une spécialité des lois liberticides.

Par un décret du 21 juillet 2010, la loi du 18 mars 2003 relative à l’outrage à l’hymne national et au drapeau tricolore, s’étend désormais aux œuvres de l’esprit ! Ainsi la création artistique se trouve soumise à une censure politique proprement insupportable !

Aujourd’hui, ce texte sarkozyste, qui voudrait interdire cette liberté, est contredit par le Conseil d’État. Ce dernier indique qu’il faut nécessairement que cet « outrage » soit commis « dans des conditions de nature à troubler l’ordre public et dans l’intention d’outrager le drapeau tricolore ».

En effet, selon le Conseil d’État : « le pouvoir réglementaire a entendu n’incriminer que les dégradations physiques ou symboliques du drapeau susceptibles d’entraîner des troubles graves la tranquillité et à la sécurité publiques et commises dans la seule intention de détruire, abîmer ou avilir le drapeau ; qu’ainsi ce texte n’a pas pour objet de réprimer les actes de cette nature qui reposeraient sur la volonté de communiquer, par cet acte, des idées politiques ou philosophiques ou feraient œuvre de création artistique.

Or, Yo du Milieu n’a pas, par son acte, troublé gravement l’ordre public, une des conditions cumulatives avec l’intention d’outrager le drapeau tricolore.

Les poursuites contre Yo n’ont donc plus d’objet et sa condamnation relèverait d’une décision arbitraire infondée.

Nous refusons la soumission à l’arbitraire du pouvoir et sa logique d’intimidation qui a aussi conduit à l’interpellation récente d’un militant associatif local pour un supposé « délit d’intention », la même qui s’étend, surveille, contrôle nos vies et tend à s’immiscer jusque dans notre vie privée.

Ne nous y trompons pas, ce qui est en jeu dans cette affaire, c’est notre droit le plus élémentaire à la liberté d’expression et de création au sein de l’espace public.

Nous dénonçons l’inacceptable outrage à la liberté d’expression dont cette interdiction est synonyme !

Nous appelons celles et ceux, attaché(e)s à la liberté d’expression et de création à rejoindre le comité de soutien à Yohan Leforestier et à participer aux actions à venir !

Coordination des professionnels du spectacle du cinéma et de l’audiovisuel de Basse-Normandie (CPSCA-BN).


Le CPSCA organise un concert de soutien à Yo du Milieu vendredi 30 septembre, place de la République à Caen.
A partir de midi : cantine, tables infos, presse, prises de parole…
Concerts et interventions avec : l’Oreille Arrachée, Fanfare Salade de bruits, Triste Tropique, Le Mazel Combo, Le Théâtre de marionnette de Gepete, Le Milieu, Fresh Caen Camp / Coefficient, scène ouverte aux outrageurs.euses…


Le NPA est membre de comité de soutien avec de très nombreuses organisations politiques, syndicales, associations.


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Dans la rue, contre la casse de l’école

27 septembre 2011

Grosse mobilisation à Caen, mardi 27 septembre. 4 000 manifestants ont défilé dans le centre ville, deux fois plus qu’en début d’année. Enseignants et parents d’élèves étaient au coude-à-coude pour réclamer la fin des suppressions d’emploi et le rétablissement des emplois perdus ces dernières années.

Le cortège a très vite grossi au fur et à mesure qu’il s’est engagé dans les rues du centre ville. La mobilisation importante des enseignants, mesurable par des taux de grévistes importants (en moyenne 50%), a été renforcée par la participation de nombreux parents. A tel point que les cortèges des organisations syndicales d’enseignants pouvaient paraître assez modestes ! Il est vrai que depuis des semaines, et déjà en mai et juin dernier, les conflits locaux se sont multipliés autour des fermetures de classes. La mise en œuvre des suppressions d’emploi alimente un ras-le-bol contre une politique d’asphyxie de l’école. De plus en plus, l’école apparaît comme une instrument de sélection sociale qui s’éloigne chaque jour davantage des attentes des jeunes et des parents et qui heurte la conscience professionnelle des enseignants. La participation d’enseignants et de parents de l’école privée est un autre indice de cette montée du ras-le-bol.

En finir avec la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux est une urgence. Mais il faudra aussi rétablir les postes supprimés ces dernières années, redonner à l’école les moyens de fonctionnement dont elle est privée, rétablir la formation professionnelle des enseignants, en finir avec le « socle minimum » et offrir au contraire un maximum de formation pour tous les jeunes, de trois ans à 18 ans.

En déplacement, Sarkozy a répondu aux enseignants par le mépris, en opposant les salariés du privé, « exposés à la concurrence internationale », aux salariés du public, « protégés par un statut ». Mais cette démagogie de bas étage ne marche plus (lire le communiqué du NPA). Chatel a quant à lui essayé de minimiser la grève.

Il faudra donc d’autres journées d’action, d’autres grèves, pour en finir avec les casseurs de l’éducation nationale.

La mobilisation réussie du 27 septembre doit être un tremplin pour réussir la journée d’action du 11 octobre, public et privé ensemble. Le refus de l’austérité, au centre de cette journée d’action, contient bien sûr le refus de la casse des services publics, de l’école à l’hôpital public.

Elargissons la mobilisation : tous et toutes en grève le 11 octobre !


«L’Autorité palestinienne prise à son propre jeu», par Julien Salingue (21 septembre 2011)

21 septembre 2011

Enseignant et doctorant en science politique, spécialiste de la question palestinienne, Julien Salingue vient de publier A la recherche de la Palestine, au-delà du mirage d’Oslo (Editions du Cygne). Il livre son regard sur la demande d’adhésion de la Palestine à l’ONU. Un non-évènement, selon lui.

Pourquoi l’Autorité palestinienne (AP) va-t-elle demander l’adhésion d’un Etat de Palestine à l’ONU, la semaine prochaine ?

Elle demande cette reconnaissance à l’ONU parce qu’elle a l’impression que tout ce qui a été entrepris jusqu’à présent a échoué. Les négociations sont au point mort depuis plus de 10 ans, et la tentative de construire un Etat «par le bas», qui a été la ligne du gouvernement de Salam Fayyad [Premier ministre de l’AP depuis juin 2007] a en grande partie échoué.
L’idée qui sous-tendait cette doctrine originale était celle-ci : malgré la persistance de l’occupation, on construit des infrastructures qui deviennent, de facto, «un Etat» que la communauté internationale peut ensuite reconnaître comme tel. Ce n’est pas la fin de l’occupation qui permet l’établissement de l’Etat, mais l’établissement de l’Etat qui met fin à l’occupation. Mais l’Etat, même de facto, n’existe toujours pas.
Il ne reste plus que l’ONU. Cet échec a en effet fait naître le besoin d’une démarche supplémentaire, qui consiste à s’adresser aux Nations Unies pour acquérir une légitimité au niveau international en tant que représentant d’un Etat. Conscients de la virtualité de l’Etat palestinien, les responsables palestiniens ont l’impression que cette démarche donnerait du poids à leurs arguments.

Face à ceux d’Israël ?

Ce qui motive cette démarche, c’est l’espoir d’être sur un pied d’égalité avec Israël, dans des négociations d’Etat à Etat sous le patronage américain.
Mais les Etats-Unis ont déjà annoncé qu’ils mettront leur veto à cette reconnaissance de l’Etat palestinien au sein des Nations Unies.

N’est-ce pas une initiative de la dernière chance de la part de l’Autorité palestinienne ?

Effectivement, c’est une initiative de la dernière chance pour une Autorité palestinienne qui avait tout misé sur le pari de la solution à deux Etats, négociée sous le patronage des Etats-Unis. En demandant cette reconnaissance, elle essaie peut-être de ranimer une perspective qui est de plus en plus contestée, notamment chez les Palestiniens eux-mêmes, en raison de la disparition des bases matérielles de l’Etat avec la poursuite de la colonisation et l’intransigeance israélienne sur les questions essentielles. On observe également une déconnexion entre la direction palestinienne, obsédée par les négociations, et la population, qui cherche à résister à l’occupation ou à ses effets.

Peut-on parler d’un échec de l’Autorité palestinienne ?

Sa vocation était de disparaître avec l’établissement de l’Etat. Sauf qu’à l’arrivée, l’Etat n’est pas proclamé et n’a aucune réalité matérielle. Le bilan des vingt dernières années remet donc en question la légitimité et l’existence même de l’Autorité palestinienne, qui «gère» quelques zones autonomes sans avoir conquis une quelconque indépendance réelle.
Les représentants de l’Autorité palestinienne sont pris dans des contradictions vivaces depuis la signature des accords d’Oslo, en 1993-94. Ils avaient fait le pari de construire l’Etat palestinien dans le cadre d’un processus négocié sur la durée avec l’Etat d’Israël, espérant prouver qu’on pouvait leur confier la gestion définitive de l’ensemble des territoires palestiniens. Mais ce projet est un échec.
L’Autorité palestinienne a été prise à son propre jeu. Au début, même elle ne pensait pas aller jusqu’au bout de la démarche à l’ONU. J’ai épluché quelques câbles Wikileaks qui sont sortis ces derniers jours. Y figurent notamment des déclarations d’un responsable palestinien, Saëb Erekat, qui garantissait il y a un et demi à des représentants américains qu’ils n’iraient pas jusqu’au bout et qu’ils s’arrêteraient dès lors que les négociations reprendraient. Sauf que les négociations n’ont pas repris.

L’Etat palestinien risque-t-il de ne pas être reconnu au terme de la demande déposée le 23 septembre prochain ?

Certes, l’Etat palestinien sera reconnu par une très forte majorité d’Etats au sein des Nations Unies. Mais il ne sera pas admis comme membre. Les Etats-Unis ont annoncé depuis le début qu’ils ne suivront pas la démarche palestinienne: ils mettront leur veto. Il n’y a aucune raison que cela change.
Je pense qu’une partie de l’Autorité palestinienne espérait que les bouleversements en cours dans la région contraindraient les Etats-Unis à être moins suivistes vis-à-vis d’Israël. Mais le pari était très hasardeux. L’OLP a fait le même pari pendant plus de trente ans, à savoir croire au rôle d’arbitre des Etats-Unis entre Israël et les Palestiniens. Or les Etats-Unis ne peuvent pas être arbitre, ils sont l’entraîneur de l’une des deux équipes. Israël demeure leur principal allié dans la région.

L’administration américaine tente-t-elle d’éviter un vote à New York ?

Le veto annoncé des Etats-Unis serait sûrement très mal vécu dans le monde arabe. Une position qui instaure déjà un malaise au sein de l’administration américaine. Il est donc certain que des discussions ont lieu en ce moment entre les Etats-Unis et les Palestiniens pour les dissuader d’aller jusqu’au bout. Dans tous les cas, la Palestine ne sera pas membre des Nations Unies.

Si l’Etat palestinien ne se fait pas sous l’égide des Nations Unies ou des Etats-Unis, alors le parrainage pourrait-il venir d’ailleurs, de la Turquie par exemple ?

Mais qu’est-ce qu’un Etat ? Il y a des Etats qui ne sont pas membres des Nations Unies et pourtant sont des Etats, comme Taïwan ou le Kosovo. Ils entretiennent des relations diplomatiques, économiques… avec la majorité de la «communauté internationale».
Le principal enjeu de la Palestine, c’est la souveraineté, politique et territoriale. Elle peut toujours être reconnue par 191 Etats, mais elle n’est pas souveraine. Une partie de son territoire est toujours occupée par Israël, et le fait d’être un «Etat» ne réglera pas la question des réfugiés ou des Palestiniens discriminés en Israël.

Si la proclamation d’un Etat ne change pas la donne, les révoltes arabes peuvent-elles avoir un impact sur la vie des Palestiniens ?

Ce qui pourrait faire bouger les lignes, ce sont effectivement les mouvements amorcés dans le monde arabe, qui peuvent conduire à un isolement d’Israël sur la scène régionale. Dès lors que les peuples arabes ont la possibilité de faire pression sur leurs gouvernements, la question palestinienne se régionalise à nouveau et peut redevenir une cause arabe. On en est cependant très loin. Mais la mobilisation des Egyptiens après l’attaque d’Eilat le 18 août dernier a certainement dissuadé Israël de s’attaquer plus durement à la bande de Gaza. Les incidents à l’ambassade d’Egypte au Caire [9 septembre] sont le dernier révélateur des changements en cours: certains régimes arabes ne peuvent plus museler la contestation.

Qu’apportera ce vote aux Nations Unies, finalement ?

Il va apporter la confirmation de ce que l’on sait déjà depuis quelques années: Israël est de plus en plus isolé sur la scène internationale. C’est pourquoi, ni les Etats-Unis ni Israël ne veulent de ce vote, qui va matérialiser, à un moment donné, dans l’enceinte des Nations Unies, l’isolement de l’Etat hébreu. Cette séance va confirmer une évolution à l’oeuvre depuis plusieurs années et qui s’est accélérée après les bombardements de Gaza en 2008-2009. Mais ce vote ne va pas changer le rapport de forces sur la question de la souveraineté territoriale et politique des Palestiniens.

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Cet entretien de Julien Salingue avec l’hebdomadaire français L’Express a été publié sur son blog.


Communiqué du NPA du Calvados. Fermeture des accueils à la CAF du Calvados : inacceptable !

21 septembre 2011

Fermeture des accueils téléphoniques et prestations à la CAF du Calvados les 13,14, 20 et 21 Septembre prochain… Encore une fois, les travailleur-se-s payent la crise à la place des véritables responsables !

Le NPA Calvados dénonce la décision de fermer une nouvelle fois les accueils téléphoniques et prestations de la CAF sur le département (le 13, 14, 20 et 21 septembre).
Cette décision constitue une rupture du service public de la part de la CAF ; au regard des missions qui lui sont confiées. Les réorganisations successives, les effets de la Révision Générale des Politiques Publiques qui se traduisent par une diminution des moyens, des effectifs et une logique de rentabilité impropres à la mission de solidarité que la CAF 14 mène auprès de la population. Partout où se mettent en place ces pratiques, des dysfonctionnements et carences s’expriment comme à pôle Emploi ou à la C.P.A.M.
Par de tel décision, le gouvernement continue sa politique de casse du service public et continuent à faire payer la crise aux jeunes, aux travailleurs, aux chômeurs, aux retraités et non pas aux vrais responsables !

Pour le NPA Calvados, il est urgent que la Caf puisse mener a bien sa mission de service public et ceci avec de vrai moyen humain !

Pour cela, le NPA exige :
-L’embauche massive en CDI de nouveaux fonctionnaires !
-L’arrêt du désengagement financier de l’Etat des services publics !
-Le financement à 100% des services public par l’Etat !

Le 19 septembre 2011


Primaire socialiste. Six candidats pour une même politique

19 septembre 2011

Le premier débat entre les candidats de la primaire socialiste n’a pas apporté de grandes surprises. Tous les postulants s’engagent à rembourser la dette et à mettre en œuvre la « rigueur » pour abaisser le déficit budgétaire.

C’est dans le détail qu’il faut rechercher ce qui les distingue. Même les rares propositions progressistes – la taxation des transactions financières, la fin des niches fiscales qui profitent aux plus fortunés – se trouvent détournées de leur sens et mobilisées pour la baisse du déficit public ! La palme revient à Arnaud Montebourg, partisan de la mise en place d’une taxe de 0,1 % au lieu des 0,05 % du projet socialiste… à affecter au désendettement. En d’autres termes, on taxe les financiers pour les rembourser, on leur rend ce qu’on leur prend. Quelle mascarade !

Débattre avec le PS ?

Jean-Luc Mélenchon trouvera-t-il là une base de débat intéressante avec les socialistes, lui qui déclarait il y a quelques semaines vouloir engager le dialogue avec tout le monde à gauche, du PS au NPA ? Ou conviendra-t-il avec le NPA qu’il y a mieux à faire qu’à débattre avec le PS ? Qu’il faut unir ses forces pour favoriser les mobilisations qui se développent contre l’austérité et contre le remboursement de la dette publique ? Rappelons que le NPA a proposé une campagne commune pour l’annulation de la dette à toutes les forces qui pourraient être intéressées.

Deux jours après le débat des primaires, les caméras ont montré un Jean-Luc Mélenchon tout à son plaisir de pouvoir accueillir trois des candidats socialistes à la Fête de l’Humanité. Il a reçu fort aimablement Ségolène Royal, après que cette dernière eut essuyé quelques « dehors la droite » dans les allées du parc de la Courneuve. Royal a suggéré à Mélenchon de travailler sur deux propositions de loi, la première sur les licenciements boursiers, la seconde sur la réforme du système bancaire. Car, sur ces sujets, Royal voit des « convergences » avec son ancien camarade socialiste. Mélenchon ne dément pas et se réjouit : « elle commence à parler notre langue ». Et, plus tard, parlant des autres candidats socialistes : « On a commencé à parler du fond. Je veux amener les autres à bouger, à les faire entrer dans le débat. A chaque fois qu’il y en a qui vont dans notre sens, c’est un bon point pour nous ».

Bref, le débat de Mélenchon avec le PS va bon train et les premiers rendez-vous d’une possible collaboration gouvernementale sont déjà pris. Les militants du PCF et ceux du Parti de gauche partageront-ils cette illusion de faire bouger le PS ?


Le plaidoyer lamentable de DSK

19 septembre 2011

DSK nous a joué une pièce de mauvais goût sur TF1. Oubliées les vraies questions : la domination masculine et la violence dont sont victimes les femmes.

DSK s’est présenté comme un homme qui a succombé à la tentation (la femme) mais qui fait acte de contrition. Sur le plateau, il manquait le curé pour absoudre le pêché.

Or, dans la chambre du Sofitel de New York, ce n’est pas seulement un représentant de cette moitié de l’humanité qui domine l’autre moitié qui s’est déchaîné. C’est aussi une personne de pouvoir, riche, blanche, face à une domestique, noire. L’aveu d’une « faute morale » de la part de DSK occulte l’essentiel, la vraie dénonciation à formuler : celle de rapports sociaux qui entremêlent l’oppression des femmes et la domination de classe.

La prestation de DSK était écoeurante.

DSK en a fini avec le procureur de New York (lire l’article DSK : la justice des riches). Il n’en a pas fini avec les féministes.


DSK : La justice des riches, par Lichi D’Amelio et Natalia Tylim (14 septembre 2011)

19 septembre 2011

Le 23 août, le procureur du comté de New York, Cyrus Vance Jr., a abandonné les charges envers Dominique Strauss-Kahn, ancien directeur du Fond Monétaire International (FMI) et un des hommes les plus puissants du monde, dans une affaire où, pour beaucoup, le système judiciaire a protégé l’élite possédante.

Le 14 mai, une femme de chambre nommée Nafissatou Diallo est retrouvée en état de choc par cinq collègues de travail qui la décrivent comme traumatisée et sur le point de vomir. Nafissatou Diallo rapporte que Dominique Strauss-Kahn, à cette époque à la tête du FMI, et séjournant au Sofitel de Times Square, vient de l’agresser. Alors que l’incident lui-même n’a duré que neuf minutes, selon les dires de Diallo, il s’ensuit des mois d’attaques continuelles contre la victime, menées par les médias mais aussi par chacune des branches de la « justice » mises en branle dans cette affaire.

Dès que les accusations sont portées contre Dominique Strauss-Kahn, celui-ci entreprend une campagne, abondamment financée, ayant pour objectif de discréditer Diallo. Cette campagne porte ses fruits. Selon Vance, l’accusation n’est alors « plus persuadée – au-delà d’un doute raisonnable [1] – qu’un crime a été commis, basé sur les preuves à disposition ».

Les charges contre Strauss-Kahn n’ont pas été abandonnées en raison d’un doute sur le fait qu’un acte sexuel ait été commis. Elles ont été abandonnées parce que Vance et l’accusation ont jugé que Diallo était devenue un témoin peu crédible du fait des changements apportés dans les détails de sa version des faits, et parce qu’elle avait menti pour obtenir l’asile aux États-Unis, en arrivant de Guinée. Toutefois, lorsqu’on s’en tient aux déclarations de Diallo, son récit est resté depuis le début celui d’une agression sexuelle. Diallo a déclaré que Strauss-Kahn l’avait attrapée puis forcée à pratiquer une fellation. L’examen médical effectué à l’hôpital Roosevelt de St. Luke a mis en évidence des commotions et lacérations de la zone génitale, une élongation d’un ligament à l’épaule contracté, selon la victime, lorsqu’elle aurait été projetée au sol, ainsi que le sperme de Strauss-Kahn sur son uniforme.

En dépit de ces faits, les médias sont parvenus à jeter un doute sur l’existence même de preuves matérielles. Bon nombre d’entre eux ont ainsi relayé les propos des avocats de Strauss-Kahn, Benjamin Brafman et William W. Taylor, qui ont déclaré lors d’une intervention que le rapport hospitalier n’était pas basé sur des examens médicaux mais uniquement sur « la parole de la plaignante ». Le traitement hargneux subi par Diallo et l’hostilité manifestée envers ses dires sont caractéristiques de ce que de nombreuses femmes doivent subir lorsqu’elles se déclarent victime d’une agression sexuelle. Dans le cas de Diallo, le dénigrement a pour origine les avocats grassement payés de Strauss-Kahn, ainsi que les médias dociles qui ont déformé les propos de Diallo, voire tout simplement menti sur ses déclarations concernant son passé et son agression.

Le jour de l’abandon des charges envers Strauss-Kahn, Slate Magazine [3] a publié le point de vue de William Saletan [3], qui dénonçait ce qu’il décrivait comme une « charge contre Diallo » qui voudrait, entre autres choses, que Diallo ait inventé une ancienne agression et ait discuté de l’affaire Strauss-Kahn avec une personne incarcérée. Selon lui, les quatre éléments principaux utilisés par l’accusation [2] pour discréditer le témoignage de Diallo ne tiennent pas la route, et ce selon le rapport même du procureur.

En premier lieu, alors que les médias ont répété sans vérification la déclaration de l’accusation – Diallo aurait « entièrement fabriqué » un viol ayant eu lieu dans sa Guinée natale et elle aurait même admis ce « mensonge » – le rapport de l’accusation inclut une « petite note de bas de page » qui indique : « [Diallo] a déclaré qu’elle avait bien été violée par le passé dans son pays natal, mais au cours d’un incident complètement différent de celui qu’elle avait décrit au cours d’entretiens précédents. Nos entretiens avec la plaignante n’ont conduit à aucun moyen indépendant de mener l’enquête ou de vérifier cet incident ».

Comme l’écrit Saletan, « en d’autres termes, elle n’a jamais dit que le viol avait été « entièrement fabriqué ». Elle en a changé les détails. » Saletan fait de plus remarquer que la note de bas de page est faussement neutre, il ajoute : « Dans une lettre du 30 juin, le bureau du procureur déclarait que Diallo  »serait prête à témoigner avoir été violée par le passé dans son pays d’origine, mais au cours d’un incident différent de celui qu’elle avait décrit au cours d’entretiens précédents ». Dans la motion abandonnant les charges, le bureau du procureur a toutefois décrit son second témoignage au sujet de son ancien viol comme  »complètement différent ». En insérant le mot  »complètement », le bureau du procureur donne du poids à l’accusation de mensonge. Sur quelles bases le procureur justifie-t-il la surenchère par rapport à son allégation originelle ? L’abandon des charges ne mentionne aucun entretien ultérieur avec Diallo et admet que le procureur n’a ordonné aucune enquête sur le viol présumé en Guinée. La seule base permettant de dire qu’elle aurait menti est sa rétractation, mais nous n’avons aucun moyen de savoir dans quelle mesure la nouvelle déclaration diffère de l’originale. Nous devons avoir accès aux détails. »

L’autre allégation largement diffusée au sujet de Diallo concerne la conversation téléphonique qu’elle aurait eue avec un ami incarcéré dans une prison d’Arizona. La version de l’histoire que la plupart des gens ont lu est que Diallo aurait reçu l’appel d’un « petit ami » (elle maintient qu’il s’agit juste d’un ami) le jour suivant l’agression. Les rapports de presse ont suggéré que lors de cette conversation en fulani, Diallo aurait dit « Ne t’inquiète pas. Ce type a beaucoup d’argent. Je sais ce que je fais. »

Comme le note Saletan, c’est cette histoire que rapporte le New York Times le 1er juillet, citant comme source « un représentant de l’ordre bien placé ». On retrouve cette traduction de la conversation, avec la même formulation, dans une déclaration sous serment remplie le 22 août par deux assistants du procureur déclarant avoir « capturé » cette conversation sur cassette. Mais Saletan note que lorsque Kenneth Thompson, l’avocat de Diallo, a écouté la conversation avec l’aide d’un interprète du fulani engagé par le bureau du procureur, Thompson en a tiré une interprétation bien différente.

Selon Saletan, « [Thompson] a déclaré que 1) Diallo a reçu deux appels mais n’en a passé aucun, 2) elle n’a jamais parlé de la fortune de Strauss-Kahn comme d’un potentiel butin du procès, 3) son ami l’a fait mais elle lui a demandé d’arrêter, 4) elle n’a mentionné la fortune et la puissance de Strauss-Kahn que dans un contexte où elle expliquait le craindre, 5) lorsqu’elle a dit  »Je sais ce que je fais », elle parlait uniquement de sa sécurité et non pas de stratégie judiciaire. » Ce qui correspond à l’explication donnée par Diallo lors d’un entretien antérieur pour BBC News.

Le compte-rendu de Saletan montre l’étendue des déformations auxquelles l’accusation semble avoir dû se livrer pour discréditer la parole de Diallo et semer le doute dans l’opinion publique quant à son intégrité – en dépit du fait qu’elle, et non Strauss-Kahn, était la victime présumée. Il n’est donc pas surprenant que de nombreuses personnes pensent que le bureau du procureur vient de laisser un violeur en liberté sans aucune forme de procès. L’abandon des charges envers Dominique Strauss-Kahn est un message qui annonce que les riches et les puissants n’auront jamais à répondre de leurs actes. C’est une nouvelle injustice envers les nombreuses femmes, humiliées et abandonnées par le système juridique, qu’on a culpabilisées pour leur propre agression ou viol.

De manière prévisible, presque toute l’attention publique s’est tournée vers Nafissatou Diallo, qui a, en pratique, fait l’objet d’un procès pour son propre viol présumé. Pourtant, le passé de Strauss-Kahn semble être plus pertinent que celui de Diallo pour éclairer les faits – et n’a que peu retenu l’attention des médias américains. Le « grand séducteur », comme on l’appelle en France, a un long passé d’agressions sexuelles présumées derrière lui. Tristane Banon, une journaliste française, fille d’Anne Mansouret (une responsable du Parti socialiste, aux côtés de Strauss-Kahn) et belle-fille de Brigitte Guillemette (la deuxième femme de Strauss-Kahn), a accusé ce dernier de tentative de viol.

En février 2007, une chaîne de télévision française avait diffusé une émission au cours de laquelle Banon avait décrit les tentatives de Strauss-Kahn pour lui enlever son jean et son soutien-gorge lorsqu’elle l’avait rencontré pour un entretien au sujet d’un livre qu’elle était en train d’écrire. […] Il y a eu aussi le cas de Piroska Nagy, une économiste hongroise, subordonnée de Strauss-Kahn au FMI. En 2008, Strauss-Kahn dut s’excuser publiquement pour « une erreur de jugement » concernant sa relation sexuelle, bien documentée, avec Nagy. Il fut finalement lavé de toute accusation d’abus de pouvoir.

Mais après que la troisième femme de Strauss-Kahn, Anne Sinclair a qualifié l’histoire avec Nagy d’affaire « d’une nuit », cette dernière écrivit aux enquêteurs dans une lettre au ton outré : « Je n’étais pas préparée à recevoir les avances du directeur général du FMI. Je ne savais pas quoi faire… me sentant grillée si je les acceptais et grillée si je les repoussais. » Alors que Strauss-Kahn a toujours insisté pour dire que sa relation avec Nagy était consentante, cette dernière a déclaré que son patron s’était « sans aucun doute » servi sa position de pouvoir pour l’engager dans une relation sexuelle. « Je pense que cet homme a un problème » a-t-elle ajouté. Elle démissionna par la suite de son poste au sein du FMI.

En 2008, la députée socialiste Aurélie Filipetti a déclaré se souvenir d’une « tentative de drague très lourde, très appuyée » de Strauss-Kahn et qu’elle avait toujours pris soin depuis de « ne jamais se retrouver seule avec lui dans un endroit fermé ». Le soi-disant « problème » de Strauss-Kahn avec les femmes semble être un secret de Polichinelle en France – conduisant Danièle Évenou, une actrice française et femme d’un ancien ministre socialiste, à demander à l’antenne d’Europe 1 : « Qui n’a jamais été coincée par DSK ? »

On pourrait penser, devant la longue liste des charges à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn couplée à l’évidence physique des faits, que les accusations de Diallo auraient au moins mérité un procès. En particulier, toute personne se disant de gauche devrait s’insurger à l’idée que l’un des hommes les plus puissants du monde, avec l’aide d’une équipe d’avocat et de spécialistes en relations publiques payés à grands coups de millions, soit laissé libre d’utiliser sa puissance pour déformer les propos de sa victime présumée. Honte à eux, certains à gauche ne semblent pas de cet avis. Le World Socialist Web Site [3], par exemple, a semblé gober totalement la diffamation de Diallo. Dans une série d’articles en ligne, le site web a carrément défendu l’ancien patron du FMI contre la femme de chambre afro-américaine, se réjouissant finalement de l’abandon des charges, vues comme une sorte de victoire pour le commun des mortels.

Mais arrêtons-nous un instant sur la logique de ceux qui défendent Strauss-Kahn. Selon leur raisonnement, s’il n’y a pas eu viol, les preuves irréfutables en présence doivent être interprétées comme une « relation sexuelle consentie ». Ainsi donc, une femme immigrée africaine de trente-deux ans aurait décidé, pendant son travail, d’avoir une relation sexuelle de neuf minutes avec un homme blanc de deux fois son âge, qu’elle n’avait jamais rencontré auparavant. A-t-elle simplement agi de manière impulsive ? Pourquoi donc aurait-elle raconté, immédiatement après les faits, à ses collègues et à la police, ce qui venait de se passer ? Nous sommes donc censées croire qu’il s’agissait d’un scénario prémédité de Diallo dans le but d’extirper de l’argent à un homme très puissant.

Il n’y a que dans une société imprégnée de sexisme et de racisme que de tels scénarios, aussi tirés par les cheveux, peuvent être concoctés. Alors que la conduite de Strauss-Kahn envers les femmes a été décrite aux États-Unis comme un « phénomène français », le traitement réservé à Nafissatou Diallo montre que la France est loin d’être la seule à ne pas prendre les accusations de viol au sérieux, ou à hausser les épaules devant le comportement de ceux qui pensent que le corps des femmes n’existe que pour satisfaire leurs désirs sexuels. Cette affaire est donc un exemple extraordinaire de la façon dont les femmes ayant été victime d’une agression sexuelle sont traitées aux États-Unis et à travers le monde – comme si elles étaient en réalité les coupables.

À suivre la couverture médiatique de l’affaire Strauss-Kahn, on en viendrait à penser que les femmes montent régulièrement des histoires de viols – et que les hommes sont régulièrement victimes de ces machinations. C’est l’opposé qui est vrai. Le Rape, Abuse and Incest National Network [4] estime que 60 % des agressions sexuelles aux États-Unis ne sont jamais rapportées, et qu’à peine 6 % des violeurs passent un jour en prison. Pire encore, on pouvait lire dans un récent article du New York Times : « Des experts ont déclaré que les centres spécialisés dans la collecte des déclarations de viols voient souvent une chute des cas rapportés dans les suites d’une affaire médiatique d’agression sexuelle, en particulier celles dans lesquelles l’accusation échoue, comme le cas des joueurs de lacrosse [5] de l’Université de Duke, ou l’acquittement récent, pour des charges plus que sérieuses, de deux officiers de police de New York qui rendaient visite à une femme en état d’ébriété de manière régulière dans son appartement. »

Ceci ne surprendra personne. On montre bien aux femmes ayant subi un viol que porter plainte contre leur assaillant implique que toute leur vie passée soit livrée au grand public. Avec un système judiciaire faisant apparemment bloc contre elles, pourquoi s’étonner que tant de femmes pensent qu’il y a de la sagesse à rester silencieuses ? Alors que les pressions de Strauss-Kahn et ses défenseurs ont abouti à ce que la cour de New York abandonne l’affaire, Diallo et quelques activistes demandent toujours justice. Les avocats de Diallo ont fait appel de la décision de ne pas nommer un procureur spécial pour l’affaire – il sera statué sur cet appel le 30 août.

Il est important que les activistes de New York viennent devant le tribunal pour soutenir Diallo dans sa quête de justice.[6] Diallo a aussi engagé des poursuites au civil contre Strauss-Kahn pour préjudices émotionnels, physiques et psychologiques, qui s’ajoutent aux tentatives pour ruiner sa réputation. Nafissatou Diallo devrait être félicitée pour son courage et mérite solidarité et soutien. Heureusement, l’abandon des charges contre Strauss-Kahn n’est pas passée inaperçue. Des manifestants en colère se sont bien fait entendre à l’extérieur du tribunal, où l’accusation annonçait l’abandon des charges, attirant l’attention sur le fait que l’ancien chef du FMI utilisait pouvoir et argent pour éviter un procès.

Les activistes qui organisaient la Slutwalk [7] de New York, une marche contre les violences sexuelles et la culpabilisation des victimes, ont tenu un rassemblement le matin de l’abandon des charges. Les slogans tels que « Police sexiste, procu sexiste, justice pour Diallo maintenant ! » et « Honte à vous ! » ont longtemps résonné dans les rues voisines. Une manifestante citait le cas de la « joggeuse de Central Park » qui vit cinq adolescents noirs, innocents, condamnés pour viol sans aucune preuve ADN.

Bien que les adolescents furent par la suite relaxés, de tels cas mettent en évidence le double standard honteux qu’applique le système judiciaire envers les personnes non-blanches et pauvres. Construire un mouvement contre le sexisme et pour l’égalité des genres était aussi au centre des préoccupation du rassemblement, comme le déclarait Suzy Exposito, membre de la Slutwalk de New York : « À tous ceux qui se sont demandé où était passé le mouvement féministe nous répondons : nous sommes de retour et pour un bout de temps. Pour tous ceux qui se demandent pourquoi il n’y a toujours pas l’égalité ici aujourd’hui, nous répondons qu’il n’y a pas d’égalité sans justice. Et nous ne pouvons pas faire confiance aux politiciens, nous ne pouvons pas faire confiance aux flics, et nous ne pouvons certainement pas faire confiance aux défenseurs du viol comme le New York Post ou le Times pour nous aider à lutter pour la justice. C’est notre combat. »

Cette bataille est loin d’être terminée. Comme l’a déclaré Diallo à ABC News, « Je veux la justice. Je veux qu’il aille en prison. Je veux qu’il sache qu’on ne peut pas utiliser son pouvoir quand on fait quelque chose comme ça. » Il est maintenant temps de lutter pour un monde d’égalité véritable, où plus aucune femme ne vivra dans la peur d’une agression sexuelle.

Justice pour Nafissatou Diallo !

Publié sur ContreTemps. Article original publié sur SocialistWorker.org le 29 août 2011 – Traduction Yann Lecrivain

[1] Dans les procès de ce type aux États-Unis, un jury populaire composé de 12 citoyens doit prononcer à l’unanimité la culpabilité de l’accusé pour que celui-ci soit condamné. Chaque juré devant faire son choix « beyond a reasonable doubt », « au-delà d’un doute raisonnable » [NdR].

[2] Celle de Strauss-Kahn [NdR].

[3] Le site web du « Comité international de la Quatrième internationale » auquel se rattache le courant lambertiste en France [NdR].

[4] Le RAINN (Réseau national de surveillance des viols, incestes et abus sexuels) est une organisation non-gouvernementale américaine [NdT].

[5] Sport initialement pratiqué par les Indiens d’Amérique du Nord et devenu très populaire aux USA comme sport universitaire [NdT].

[6] La Cour d’appel de New York a rejeté l’appel des avocats de Nafissatou Diallo [NdR].

[7] Littéralement : « marche des salopes » [NdT].