Le scandale de la pauvreté

31 août 2011

Les statistiques officielles viennent de le confirmer : la crise économique aggrave la pauvreté. En 2009, 8,2 millions de personnes vivaient en France sous le seuil de pauvreté. Tandis que les plus riches se sont encore enrichis.

Selon l’INSEE, le taux de pauvreté, c’est-à-dire la proportion des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, est passée de 13,0 % en 2008 à 13,5 % en 2009. Officiellement, le seuil de pauvreté est égal à 60 % du niveau de vie médian de la population. Le niveau de vie médian est de 1 590 euros par mois en 2009, c’est-à-dire que la moitié de la population vit avec plus de 1 590 euros par mois, tous revenus confondus et impôts déduits (revenus d’activité + retraites et pensions + indemnités de chômage + certains revenus du patrimoine + revenus financiers+ prestations sociales + prime pour l’emploi, moins impôt sur le revenu – taxe d’habitation – CSG – CRDS) et l’autre moitié avec moins. Le seuil de pauvreté est donc calculé à 954 euros mensuels.

En 2009, 8,2 millions de personnes vivaient avec moins de 954 euros par mois, et la moitié, 4,1 millions, avec moins de 773 euros par mois, et la situation n’a cessé de s’aggraver, comme le soulignent d’ailleurs toutes les associations d’aide aux plus démunis. Rappelons que le socle du RSA s’élève à seulement 455 euros.

Si le nombre de pauvres augmente, les inégalités augmentent aussi : le niveau de vie des 10 % des personnes les plus modestes a baissé de 1,1 % en 2009, alors que le niveau de vie des 10 % les plus aisées a augmenté de 0,7 %. D’autres sources statistiques ont montré sur le passé récent, c’étaient en fait les revenus très élevés d’une infime minorité qui augmentaient le plus.

L’augmentation de la pauvreté s’explique bien sûr par l’augmentation du chômage et de la précarité, ainsi que par la baisse des salaires réels, inflation déduite. Son corrolaire est l’accroissement de la forture d’une minorité de parasites : financiers, grands patrons, actionnaires, qui dictent leur loi au gouvernement.

Le gouvernement a trouvé des milliards pour sauver les banques mais a laissé la pauvreté s’accroître tout en multipliant les cadeaux au patronat et aux plus riches. Ce gouvernement fait preuve aujourd’hui d’un cynisme total en annonçant une taxe de 200 millions sur les plus riches, au nom de « l’effort partagé », après avoir ficelé une réforme fiscale qui rapportera 1,8 milliards d’euros à ces mêmes riches (lire l’article) !

Eradiquer la pauvreté

Comment vivre avec moins de 954 euros par mois ? En se privant de tout ou presque, chaque jour. Cette situation qui dure et s’aggrave est inacceptable.

Le NPA réclame l’instauration d’un revenu minimum à 1 600 euros net par mois, qu’on ait un emploi ou pas. Ce serait possible à condition de s’en prendre aux profits et aux revenus financiers qui s’accroissent. Ce ne serait que récupérer ce que le capital a volé au monde du travail, année après année, entre le début des années quatre-vingt et aujourd’hui.

C’est ce partage des richesses qu’il faut imposer par nos luttes.

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Pour un vrai partage des richesses, il ne faut compter que sur nos luttes !

29 août 2011

C’est le gag de l’été : Sarkozy ferait payer les riches. Faut dire qu’ils le réclamaient, du milliardaire Warren Buffett au PDG de Publicis-France, Maurice Lévy ! Sérieusement… La taxe exceptionnelle sur les riches rapportera 200 millions d’euros. Alors que la réforme de l’impôt qui n’a que quelques semaines leur rapportera 1,8 milliards d’euros. Les entourloupes élyséennes confirment bien que le partage des richesse, il faudra l’arracher par nos luttes.

Au cœur de l’été, les propos de Warren Buffett conseillant aux pouvoirs publics de taxer les plus riches seraient passés inaperçus – tant ils manquent de sérieux – s’ils n’avaient été relévés par des journalistes à court d’idée. Car Warren Buffett n’a rien d’un philantrophe. Il y a quelques années, sa formule l’avait rendu célèbre : « il y a une lutte des classes aux États-Unis, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous la gagnons. » Elle avait montré que la conscience de classe, de ce côté de la barrière, existe bien. C’est à nouveau en capitaliste avisé qu’il conseille aujourd’hui aux gouvernements aux ordres de faire semblant de relâcher la pression sur la population. A l’heure où l’exigence du remboursement des dettes publiques est invoquée pour mettre en place des plans d’austérité, ne conviendrait-il pas que les riches se montrent généreux et prennent leur part à « l’effort » réclamé à tous ?

Et voici que Maurice Lévy, PDG de Publicis, reprend l’idée au bond, appelant de ses vœux à son tour une « contribution exceptionnelle des plus riches, des plus favorisés, des nantis ». Au passage, il assortit ce souhait d’une exigence pour réduire la dépense publique : celle d’une « profonde réforme de nos structures administratives et de nos systèmes sociaux (…) au besoin et en complément par un programme de privatisation ». Maurice Lévy se félicite également de la réforme des retraites qui impose à celles et ceux qui le peuvent physiquement de travailler plus longtemps, tout en diminuant le niveau des pensions. Bien sûr, il applaudit au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Traduite en actes politiques par François Fillon, la « contribution exeptionnelle » imaginée par Maurice Lévy devient une taxe de 3% sur les revenus fiscaux de plus de 500 000 euros annuels. Elle rapportera 200 millions d’euros en année pleine. Une goutte d’eau dans l’océan des dettes publiques, une babiole comparée aux cadeaux et aides en tout genre encaissés par les riches sous le règne de Sarkozy.

En revanche, la défiscalisation des heures supplémentaire, qui coûte cher au budget de l’Etat et crée du chômage, n’est pas remise en cause mais seulement intégrée aux exonérations générales de cotisations sociales jusqu’à 1,6 fois le Smic. Selon le gouvernement lui-même, l’économie ne serait que de 600 millions d’euros, à comparer aux 31,5 milliards d’euros d’exonérations dont bénéficie le patronat.

Côté dépenses publiques, le matraquage continue, avec le gel des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales ou l’encadrement toujours plus strict des dépenses de santé.

Des augmentations de taxes sont également prévues, notamment sur les complémentaires santé. Et les députés UMP cherchent frénétiquement un milliard d’économies supplémentaires. Pourraient en faire les frais les organismes publics tels que le CNRS ou Météo France, ou les automobilistes conduisant des véhicules propres.

Bref, pour la majorité de la population, c’est une vraie politique d’austérité qui s’aggrave au fur et à mesure que la rise financière se développe.

La contribution exceptionnelle sur les très riches n’est qu’une leurre pour faire passer la pilule.

Une riposte unitaire du monde du travail est indispensable pour bloquer la spirale infernale de cette politique de régression sociale et imposer une véritable répartition des richesses : à commencer par l’augmentation des salaires et de la protection sociale, le développement des services publics, en prenant résolument sur les profits et en refusant de rembourser la dette publique illégitime.

Les organisations syndicales ont annoncé qu’elles se recontreront le 1er septembre. La moindre des choses serait qu’elles appellent sans tarder à un mouvement national et interprofessionnel pour construire cette riposte nécessaire.


Révoltes sociales à répétition contre les dégâts du capitalisme

11 août 2011

Angleterre, Israël, Chili : les révoltes sociales se succèdent, alors que les gouvernements préparent une nouvelle vague d’austérité sous la pression des marchés. Un nouveau cycle de luttes commence.

C’est à la suite de l’assassinat par balle d’un jeune noir, Mark Duggan, que les émeutes ont éclatées à Tottenham, dans le nord de Londres, le 4 août dernier. Le 6 août, 200 personnes, avec la famille et les amis de Mark Duggan, ont manifesté jusqu’au commissariat de Tottenham pour protester contre ce meurtre. Loin de s’expliquer, la police a d’abord travesti la réalité en prétendant que Mark était lui-même responsable de tirs, ce que démentait quelques jours plus tard une commission indépendante.

L’embrasement du quartier est une réaction contre un meurtre policier et contre l’attitude inadmissible ayant consisté à vouloir couvrir ce meurtre (lire ci-dessous l’éditorial de Socialist Resistance, journal de nos camarades britanniques). La rage contre l’injustice s’est alors rapidement propagée. Les destructions et les pillages ne doivent pas occulter le fait qu’il s’agit bien d’une révolte sociale.

Les magasins de sport et de gadgets électroniques ont été la cible d’adolescents qui ne peuvent pas s’offrir en les achetant ces symboles de la consommation qu’on leur présente tous les jours comme des synonymes de réussité sociale. Cette « violence consumériste » est le signe du pourrissement de sociétés où la fracture sociale s’accroît. Mais plusieurs témoins ont vu aussi des personnes emportant des couches pour bébé ou des produits de première nécessité. La pauvreté est une réalité installée au cœur de Londres et cotoie la richesse et l’étalage du luxe.

Les autorités ont tenu un discours à la hauteur de la violence de la politique antisociale qu’elle conduisent. En criminalisant à outrance les émeutes, en ne voyant dans les émeutes rien d’autre que l’œuvre des gangs, elles ont ouvert la porte au déferlement de haine qui envahit les tabloïds et entraîne la constitution de comité d’autodéfense de petits commerçants. Avec en embuscade, l’extrême droite… Ce jeudi, en France, les Le Pen père et fille voient dans les émeutes en Angleterre la preuve de l’échec du « multiculturalisme » et de « l’immigration massive ».

En Angleterre, la répression bas son plein. Il y a déjà eu 1 200 arrestations et les tribunaux sont restés ouverts dans la nuit de mercredi à jeudi pour juger les « coupables » pris le le fait ou repérés grâce aux nombreuses caméras de surveillance. L’AFP décrit de qui s’y passe : « à la barre, se sont notamment succédés un garçon de 11 ans qui a reconnu le vol d’une poubelle d’une valeur de 57 euros (81 dollars) et un aide-maternelle, également accusé de vol, qui a plaidé coupable ». De dangereux émeutiers qui mettent en cause la paix civile…

Non à l’austérité

Les gouvernements sont pressé par les marchés de mettre en œuvre des politiques d’austérité draconiennes. Ces politiques engendrent des tensions sociales et des explosions sociales qui prennent des formes multiples : ce sont des grèves et des manifestations dans le cadre de gigantesques journées d’action pilotées par les syndicats ; c’est le mouvement des Indignées dans l’Etat espagnol, les occupations de places et autres lieux publics, imité à Athènes comme à Tel Aviv ; ce sont les émeutes en Grande Bretagne, après un an de grèves et de manifestations contre les coupes budgétaires imposées par le gouvernement de David Cameron.

Nous ne sommes sans doute qu’au début d’un cycle de révoltes. En effet, contrairement aux espoirs des gouvernements, se crise se prolonge. C’est une crise « sans fonds » (lire notre article). En 2008 et 2009, les gouvernements ont sauvé le système en surendettant les Etats. Aujourd’hui, les prêteurs tendent l’ardoise. Qui va payer la dette, colossale ? Pour les gouvernements, la seule solution c’est : « faire des économies », « réduire les dépenses publiques », ce qui signifie laminer les budgets sociaux, en finir avec les « amortisseurs sociaux » de la crise, liquider les services publics, abaisser les droits sociaux comme la réglementation du travail.

Tancé par le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, dans une « lettre secrète » révélée par le quotidien italien Corriere de la Serra, Berlusconi a promis pour le 18 août des mesures d’austérité supplémentaires pour l’Italie, en ligne de mire de la spéculation financière. La BCE exige des autorités italiennes de trouver 20 à 25 milliards d’économies pour 2013, et pour ce faire préconise une plus grande facilité dans les licenciements, une réforme des systèmes de retraite et des soins de santé, une hausse de la TVA et un programme de privatisations. Même la gauche social libérale italienne qualifie ce plan de « massacre social » !

En France, Sarkozy rentre de vacance pour nous annoncer de nouvelles mesures pour le 24 août pour atteindre « quoi qu’il arrive et quoiqu’il en coûte » l’objectif de la réduction du déficit budgétaire à 3 %. Il faut donner des gages aux marchés financiers, alors que ceux-ci commencent à douter des capacités de l’Etat à assurer le remboursement de la dette publique. Or, pour atteindre les 3 % en 2013, il faudrait réaliser 60 milliards d’économie, presque trois fois plus qu’en Italie…

Au Portugal et en Espagne, les plans d’austérité sont déjà en place mais d’autres vagues seront nécessaires, du point de vue des marchés et des gouvernements qui leur obéissent.

Il faut souligner que ces politiques risquent de faire replonger les économies dans la récession. En France, la production industrielle a reculé de 0,5 % au deuxième trimestre 2011 et le nombre d’inscrits à Pôle emploi a augmenté de 0,6 % en juin et de 4 % sur un an. Dans le monde entier la croissance s’essouffle.

Le décor de la rentrée est planté.

Seules des luttes sociales d’ampleur et coordonnées à l’échelle européenne peuvent empêcher la mise en place des politiques d’austérité, et par la même, empêcher l’effoncement dans la crise.

Voilà pourquoi la perpspective d’une mobilisation continentale des Indignés, le 15 octobre prochain, est importante.

En France, les organisation syndicales doivent se rencontrer avant la fin du mois. Le minimum serait qu’elles appellent à agir dès la rentrée pour résister ensemble aux politiques d’austérité.


Grande-Bretagne : Les émeutes sont l’expression d’une véritable révolte sociale

Par Socialist Resistance, membre de la Gauche anticapitaliste européenne, coalition à laquelle collabore le NPA.

La première année de la coalition dirigée par le Premier Ministre David Cameron s’est déroulée sous le signe de l’austérité, d’une montée des inégalités, d’un appauvrissement rapide de la population, de la destruction des services publics, de la corruption des médias, de la police et des politiciens. Sa seconde année, elle, semble marquée par les actions revendicatives syndicales massives et par les conflits entre l’État et une population qui semble ne plus avoir rien à perdre dans les quartiers les plus pauvres des villes britanniques. Voilà quel est le sens des émeutes qui se déroulent à Londres.

En fait, ces émeutes sont directement liées à deux actions menées par la police. La première est l’assassinat par des policiers de Mark Duggan et le mauvais traitement infligé par la suite à sa famille. C’est une manifestation de colère légitime qui a eu lieu devant le commissariat de police samedi dernier. C’est le comportement de la police qui a mis le feu aux poudres, mais ce fait a été largement occulté dans les reportages des médias sur le sujet.(…)

La décision de faire une coupe de 41 millions de livres, prise par le conseil municipal de Haringey (où on éclaté les émeutes, NdT), détruit littéralement les espoirs de toute cette génération qui se trouve à présent dans les rues. Le mois dernier, déjà, un élu local, David Lammy, avait demandé au gouvernement de prendre des mesures pour combattre la montée de 10% du chômage à Tottenham, qui compte aujourd’hui 10.514 sans-emploi.

Des habitants du quartier, récemment interviewés, ont expliqué que des milliers de jeunes approchant de la trentaine n’ont jamais pu trouver de travail. Ce n’est pas une surprise de constater que les magasins qui vendent des vêtements de sport, des téléphones mobiles, des télévisions ou des MP3, éveillent des convoitises parmi ceux qui savent qu’ils ne pourront jamais posséder de telles choses.

Le capitalisme ne peut pas tout avoir. D’un côté il nous dit que nous avons besoin de ces objets pour nous sentir complets et pour avoir une certaine importance et de l’autre côté, la plupart des offres d’emplois n’offrent que des salaires de misère et des conditions précaires et à court terme.

Ces faits contrastent avec une classe riche qui n’a jamais possédé autant de choses qu’au jour d’aujourd’hui. La Commission sur les hauts salaires indique ce 8 août que les dirigeants d’une centaine d’entreprises privées ont reçu un revenu annuel moyen de plus ou moins 175.000 livres. Le revenu annuel d’un britannique moyen est de 5.860 livres et le gouvernement « Con Dem » (Conservateurs et Libéraux Démocrates, NdT) voudrait que les travailleurs deviennent encore plus pauvres. En même temps, ils sont inclinés à transférer beaucoup d’argent aux 300.000 personnes qui payent le taux maximum de 50% d’impôts sur les revenus de plus de 150.000 livres. Le maire de Londres, Boris Johnson veut supprimer ce taux d’imposition tout comme son pote millionnaire George Osborne, Chancelier de l’Échiquier (Ministre des finances, NdT).

Il est possible que ce genre de considérations ne se retrouve pas dans l’esprit des adolescents qui ont piqué 100 livres à « JD Sport ». Mais ce qu’ils savent très bien, c’est qu’il y a des gens, là dehors, qui ont un bien-être et des privilèges et qui utilisent leur pouvoir pour maintenir dans la pauvreté des millions de personnes.

Une émeute est un spasme de colère destructrice et une protestation sans structure, mais c’est un des moyens pour les sans-voix de se faire entendre. À la rentrée, les syndicats et la gauche radicale devront faire entendre leur voix et commencer à faire reculer l’offensive des « Con Dem » contre notre classe.

Editorial de Socialist Resistance, mercredi 10 août 2010


Lire la déclaration de la conférence anticapitaliste de Londres des 11 et 12 juin 2011.



Rencontres Internationales de Jeunes (RIJ) 2011

9 août 2011

Comme chaque année, depuis 28 ans, la Quatrième Internationale organise les Rencontres Internationales de Jeunes (RIJ). Après la Grèce en 2009, l’Italie en 2010, cette année c’était au tour de la France d’organiser ces RIJ à Fumel (Lot-et-Garonne) la semaine dernière, du 23 au 30 Juillet. Ce fût alors l’occasion pour pas moins de 480 révolutionnaires de se retrouver durant une semaine d’échanges et de débats. Ces jeunes sont principalement venus d’Europe (Grèce, Espagne, Portugal, Autriche, Allemagne, Danemark, …) mais aussi de Tunisie, du Mexique ou encore d’Irak.

Si le camp est un véritable succès sur le plan des effectifs, il l’est encore plus sur la qualité des débats et des échanges qui ont pu y avoir. Face à la situation internationale brûlante (révolutions dans le monde arabe, mouvements des indignés en Grèce et en Espagne, …), un programme avait spécialement été élaboré pour répondre aux enjeux de la période et permettre aux participants d’y voir un peu plus clair et de ressortir déterminés comme jamais. Ainsi, les trois premiers jours étaient des journées thématiques tournant autour de grands thèmes comme l’économie, l’écologie ou encore les discriminations de genre. Enfin, les trois derniers jours étaient centrés autour du triptyque « Luttes/Stratégie/Parti » permettant aux participants de développer toute une série de sujets brûlants d’actualité comme la révolution permanente, le rôle de l’Etat, ou encore la situation en Tunisie et plus généralement dans les pays arabes.

Le camp a aussi été l’occasion confirmer que les attaques de la bourgeoisie sont bien présentes partout et que pour les contrer il est nécessaire de s’organiser à une échelle la plus large possible (voir ci-dessous l’appel de la commission permanente internationale du rassemblement de Fumel).

Pour ce qui est de la délégation française, le camp a été l’occasion de préparer la rentrée sur les différents lieux d’intervention lycées, facs, jeunes travailleurs mais aussi de préparer la campagne présidentielle de 2012 avec le premier meeting du candidat NPA Philippe Poutou.

La prochaine échéance internationale sera le contre-sommet du G20 à Nice qui se déroulera début Novembre. Pour ce qui est des RIJ de 2012, elles auront lieu en Espagne, fin Juillet comme d’habitude.

Appel issu de la Commission permanente sur les processus révolutionnaires et contre la guerre impérialiste

Aux quatre coins du monde, la jeunesse ne paiera pas la crise !

De Tunis à Athènes, du Caire à Barcelone, la jeunesse a été cette année encore l’étincelle des soulèvements populaires. Les capitalistes font face à la plus grave crise de leur système depuis 1929 et se sont promis de la faire payer aux jeunes, aux travailleu–r–se–s, aux classes populaires et aux peuples opprimés.

Leurs offensives économiques, sociales et militaires sont sans limites ? Nos résistances aussi !

Nous avons encore tout notre avenir à construire, mais le capitalisme n’offre aucun futur à la jeunesse du monde entier.

Annulation de la dette, au nord comme au sud ! Que celle-ci ait été contractée par des dictatures afin de s’acheter des palais et de réprimer leur population ou par les régimes « démocratiques » pour offrir des cadeaux aux capitalistes, nous savons bien que nous n’avons jamais vu la couleur de cet argent et que nous sommes une majorité à être bien loin de vivre « au dessus de nos moyens » comme le répètent les médias à la solde des exploiteurs ! Nationalisation des banques et de l’économie sous le contrôle des travailleurs et de la population !

Contre l’impérialisme, qu’il se manifeste par des bombardements, des occupations militaires ou une mise sous tutelle économique par l’intermédiaire de la dette par les institutions internationales comme l’UE ou le FMI ! Non à l’intervention militaire en Libye et aux tentatives de reprendre le contrôle des processus révolutionnaires dans le monde arabe ! De l’Afghanistan à l’Irak, de la Côte d’Ivoire à la Palestine, autodétermination des peuples !

Contre les plans d’austérité, les privatisations, les coupes budgétaires, les licenciements dans le public comme dans le privé ! Les travailleurs et les jeunes ne sont pas responsables de la crise et ne doivent la payer ni en tant que salariés, ni en tant qu’usagers des services publics et contribuables. Nous devons aller vers la convergence des luttes pour refuser ensemble un avenir de misère, de chômage et de précarité !

Contre la chasse aux immigrés, régularisation de tous les sans papiers !

Contre la destruction de la planète par le capitalisme ! Contre l’utilisation des pays du Sud comme poubelle du Nord !

Face aux offensives impérialistes et racistes, qui n’ont pour but que de nous faire payer la crise, les jeunes répondent : résistance internationale !


Déclaration de la conférence anticapitaliste des 11 et 12 juin à Londres

8 août 2011

La crise économique mondiale est maintenant dans sa quatrième année. Ce n’est évidemment pas une récession cyclique «normale», mais une crise systémique d’une ampleur et d’un potentiel aussi destructeur que celui de la Grande Dépression des années 30. Comme cette dernière, la crise actuelle est longue et passe par différents stades – resserrement du crédit, krach financier, récession mondiale, et à présent une «reprise» marquée par un chômage de masse, la concurrence accrue entre les grandes puissances capitalistes et la crise de la dette souveraine. A gauche, il y a matière à débat sur les causes précises de la crise – doivent-elles être attribuées à la baisse tendancielle du taux de profit ou sont-elles limitées aux problèmes plus spécifiques générés par le néolibéralisme ? – mais il est clair qu’il sera difficile de surmonter la crise.

Ce qui a empêché la «Grande Récession» de 2008-2009 de se transformer en une récession aussi profonde que celle des années 30 est la volonté des classes dirigeantes des Etats capitalistes avancés d’accroître sensiblement les dépenses et les emprunts publics: en 2009, les déficits budgétaires ont augmenté de cinq pour cent par rapport au revenu national dans les économies avancées. Mais les classes dirigeantes ont rejeté les appels à rompre avec les politiques néolibérales qui ont contribué à précipiter la crise. Au lieu de cela, elles ont pointé l’augmentation des emprunts gouvernementaux causée par la crise comme un problème qui requiert de sévères mesures d’austérité, politique qui représente une radicalisation du néolibéralisme et qui menace la survie de l’Etat-providence. En Europe, cette politique est désormais imposée par la droite qui est maintenant au pouvoir presque partout.

Mais la crise continue de poser un grave danger politique aux classes dirigeantes en raison de l’intensification de la lutte de classe qu’elle peut provoquer. Ce danger s’est illustré dans le monde arabe avec les révolutions en Egypte et en Tunisie. Là, les privations matérielles intensifiées par la crise – le chômage de masse des jeunes, la hausse des prix alimentaires, etc. – se sont ajoutées à la haine accumulée contre des régimes corrompus, brutaux et misogynes soutenus par les Etats-Unis et l’UE. Le résultat en a été des explosions populaires incroyables dont l’avenir est incertain, mais qui ont remis la révolution à l’ordre du jour.

Bien que les révolutions arabes en soient les exemples les plus spectaculaires, il y a eu une recrudescence générale des luttes. 2010 a vu la lutte sur les retraites en France, les grèves générales au Portugal et en Espagne, des grèves générales à répétition en Grèce, des mouvements étudiants en Grande-Bretagne, en France et en Italie, et le mouvement contre la précarité au Portugal. Le mouvement du 15 mai en Espagne, initié par un appel pour la «démocratie réelle» et le refus d’être «des marchandises entre les mains des politiciens et des banquiers», a trouvé un écho chez des dizaines de milliers de personnes et avant tout des jeunes qui ont rapidement organisé leurs propres «places Tahrir» à travers tout le pays, s’engageant dans des actions de désobéissance civile auto-organisées et de plus en plus déterminées, attirant une sympathie indéniable, et avec la perspective de s’étendre à d’autres pays. Un mouvement similaire s’est développé en Grèce avec une dynamique qui combine grèves et rassemblements sur les places.

Le récent mouvement de défense des droits de négociation collective dans le Wisconsin montre que l’offensive pour imposer l’austérité a maintenant atteint les Etats-Unis, grâce notamment aux victoires remportées par les républicains, avec le soutien du mouvement Tea Party, aux élections de mi-mandat en novembre dernier. Mais ce mouvement montre aussi la combativité persistante de la classe ouvrière américaine. Le mouvement ouvrier dans les économies avancées a été affaibli par l’offensive néolibérale de la génération passée, mais les dernières attaques risquent de susciter un regain de militantisme.

Cette offensive majeure ne peut être combattue que grâce à la collaboration de la gauche anticapitaliste et d’un mouvement syndical combatif, pleinement démocratique, basé sur une forte participation de la base. Cela nécessite une rupture avec les politiques de collaboration de classe qui, trop souvent, dominent les syndicats, et qui trouvent leurs racines dans les pressions sociales qui s’exercent sur les responsables syndicaux pour à la fois représenter et contenir les luttes ouvrières.

Les conditions principales d’une telle rupture sont le développement de l’influence de la gauche anticapitaliste dans les syndicats, ainsi que le développement de la confiance et des capacités d’auto-organisation des travailleurs du rang.
Plus concrètement, nous devons :

• défendre les droits démocratiques et sociaux des travailleurs, des classes populaires et des jeunes contre l’austérité, être en toutes circonstances leur porte-parole, pour mener, notamment au sein des organisations syndicales, une politique indépendante du patronat, ainsi que des Etats et des gouvernements, quels qu’ils soient.

• Bien que partant de l’opposition inconditionnelle à la droite, nous poursuivons une critique politique implacable des partis soi-disant socialistes, travaillistes et sociaux-démocrates qui ont capitulé devant le néolibéralisme;

• défendre dans les mobilisations, ainsi que sur le terrain électoral, comme au parlement, une alternative anticapitaliste pour offrir une perspective de rupture avec la société capitaliste, rupture qui ne peut être mise en oeuvre que par un mouvement de l’ensemble de la population contestant le pouvoir absolu que l’oligarchie capitaliste exerce sur la société et posant la question d’un gouvernement démocratique des travailleurs et du peuple.

• mettre en œuvre la tactique du front unique de manière constante et créative afin de construire l’unité de la classe ouvrière pour la lutte et collaborer de manière critique avec toutes les forces politiques opposées à la politique néolibérale et avec les mouvements/syndicats qui résistent à la politique néolibérale.

Cette démarche est probablement la plus efficace quand elle repose sur une participation active dans la construction de la résistance aux politiques d’austérité. La gravité même de la crise signifie que cette résistance se confrontera à des questions idéologiques: avant tout, quelle est l’alternative à l’austérité? Les classes dirigeantes occidentales ont rejeté le keynésianisme et la social-démocratie a refusé de le reprendre à son compte. La gauche anticapitaliste doit s’opposer aux coupes dans les services publics et à leur privatisation et mener campagne pour un audit de la dette. Mais elle doit aussi être prête à mettre en avant un programme alternatif qui commence à rompre avec la logique du profit – par exemple, avec la nationalisation des banques, de l’énergie, du rail, et des principales industries de services sous le contrôle démocratique des travailleurs, l’imposition progressive sur les revenus et les fortunes, l’annulation de la dette qui a été créée par la spéculation financière, l’investissement dans des «emplois climatiques» qui permettrait dans le même temps de réduire les émissions de CO2 et le chômage. Nous soutenons le peuple d’Islande dans sa détermination à refuser de payer la dette des banques en faillite.

La politique anticapitaliste doit continuer à aller de pair avec l’anti-impérialisme. L’impérialisme américain, déjà affaibli par sa débâcle en Irak, a été encore affaibli par les révolutions en Egypte et en Tunisie. Mais la résolution sur la Libye du Conseil de sécurité des Nations Unies a donné le feu vert à une intervention militaire occidentale visant à reconstruire le système étatique dominé par l’impérialisme au Moyen-Orient. La gauche radicale et révolutionnaire doit combiner soutien à la lutte contre le régime de Kadhafi et opposition à l’intervention militaire des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne et de l’OTAN qui se poursuit en Libye. Il est également nécessaire de continuer à faire campagne contre les occupations en Afghanistan et en Irak.

Une des nombreuses conséquences négatives de la «guerre contre le terrorisme» est l’élan qu’elle a donné au développement du racisme et de la xénophobie en Europe et aux États-Unis. Les attaques menées contre le multiculturalisme par des dirigeants comme Merkel, Sarkozy et Cameron donnent une respectabilité aux tentatives de l’extrême droite – que ce soit Geert Wilders aux Pays-Bas, Marine Le Pen en France, ou la Ligue de Défense Anglaise et ses alliés en Grande-Bretagne – de faire du racisme anti-musulman son axe principal pour se constituer une base populaire. Ailleurs en Europe, ce sont les Roms qui sont les principales cibles de l’offensive raciste. Construire une opposition large au racisme et à l’islamophobie, mettre en échec les tentatives des organisations fascistes pour se construire et sur le plan électoral et dans la rue sont parmi nos tâches les plus importantes.

Cela signifie reprendre l’offensive sur le terrain politique et social, mettre en oeuvre une politique de solidarité des classes exploitées contre les classes dominantes qui cherchent à diviser pour mieux imposer leurs politiques. Les capitulations et les reculs créent un climat de démoralisation qui ouvre la voie à une offensive idéologique réactionnaire. Reprendre l’offensive sur le terrain social signifie aussi construire une nouvelle conscience de classe socialiste.

Il est clair que la situation exige beaucoup de la gauche radicale et révolutionnaire. Nous avons donc à construire nos propres organisations pour accroître notre capacité à répondre à ces exigences – gagner de nouveaux militants à nos rangs et approfondir nos racines dans les milieux ouvriers. Nous pouvons également nous renforcer en collaborant davantage. La gauche anti-capitaliste doit se mettre au niveau de l’organisation internationale du capitalisme. Nos forces sont limitées, mais elles sont plus grandes lorsqu’elles sont combinées. Au travers de rencontres et de discussions, nous pouvons aboutir à des initiatives et des actions communes et, nous l’espérons, définir les bases politiques d’un regroupement anticapitaliste européen.

Dans cet esprit, nous soutenons les initiatives suivantes et y interviendrons ensemble chaque fois que possible:

– Le 16 juillet: mobilisation de la campagne ASSEZ contre le FMI à Dublin

– Le 1er octobre: conférence européenne contre l’austérité et les privatisations à Londres

– Le 15 octobre: appel du mouvement Indignatos pour des actions contre l’austérité partout en l’Europe

– Le 1er novembre: mobilisation contre le sommet du G20 en France

Organisations signataires :

Belgique : Ligue Communiste Révolutionnaire-Socialistische Arbeiderspartij (LCR/SAP), Croatie : Radnicka Borba, Danemark : Red-Green Alliance, France : Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Grande Bretagne : Counterfire – Socialist Workers Party (SWP) – Socialist Party – Socialist Resistance, Grèce : Anticapitalist Political Group (APO) – Sosialistiko Ergatiko Komma (SEK), Irlande : People Before Profit – Socialist Workers Party (SWP) – Socialist Party, Pays-bas : Internationale Socialisten – Socialist Alternatieve Politics, Pologne : Polish Labour Party (PPP), Portugal : Bloco de Esquerda, Ecosse : Scottish Socialist Party (SSP), Etat Espagnol : En Lucha – Izquierda Anticapitalista – Partido Obrero Revolucionario (POR), Suède : Socialist Party, Suisse: Solidarités, La Gauche anticapitaliste-Antikapitalistische Linke-Sinistra anticapitalista


Déclaration de Philippe Poutou, Myriam Martin, Olivier Besancenot et Christine Poupin. Les agences de notation ne doivent pas faire la loi !

7 août 2011

L’agence de notation Standard & Poor’s vient de baisser la note de la dette publique des Etats-Unis pour la première fois de son histoire passant de « AAA » à « AA+ ». Cette agence, qui comme les autres agences de notation n’est qu’une entreprise privée au service des spéculateurs, estime que le plan de rééquilibrage du budget est insuffisant, autrement dit que la réduction des budgets sociaux n’est pas encore assez brutale.

Alors qu’un nouveau krach boursier est en marche, c’est la preuve que derrière cette nouvelle expression de l’instabilité fébrile des marchés se profile aux Etats-Unis et en Europe une nouvelle étape, plus grave et plus profonde, de la crise économique et financière qui perdure depuis 2008. Les classes dirigeantes nous baladent depuis des années, de discours rassurants en promesses non tenues de régulation de l’économie de marché. Dans les faits, seuls les plans d’austérité se réalisent, baissant les salaires, les retraites et détruisant les budgets alloués aux services publics.

Cette crise n’est pas la nôtre. C’est aux capitalistes de la payer. C’est au tour des peuples de noter les marchés et leurs agences. Pour nous ces dettes sont illégitimes. Nous réclamons l’arrêt immédiat des remboursements. Ces dettes devront être annulées.

Quant aux agences de notations, il faut les supprimer. Ce n’est pas à elles de faire la loi.

Le 6 août 2011.


Les indigné.e.s dans les rues de Tel Aviv

7 août 2011

Enormes manifestations en Israël ! 300 000 personnes réclament la « justice sociale ». La contestation a commencé il y a trois semaines et s’élargit depuis. Travailleurs, jeunes installent des tentes dans les rues, occupent des places. La parole se libère. Comme dans le monde arabe, comme dans l’Etat espagnol.

Samedi, dans les rues de Tel Aviv, le mot d’ordre central était « pour la justice sociale ». Comme partout dans le monde, la population n’en peut plus de supporter les effets de la crise économique, renforcée par l’état de guerre. Pour les manifestants, la justice sociale signifie d’abord le respect des droits élémentaires : droit au logement, droit à un revenu, droit à l’éducation. Les revendications en découlent : construction massive de logements pour offrir des locations à bas prix, hausse du salaire minimum, taxes sur les appartements inoccupés et école gratuite à tout âge.

Le correspondant du Monde note une grande banderole qui proclame « Ici, c’est l’Egypte« , en référence bien sûr à la révolution égyptienne qui a dégagé Moubarak. Dans le cortège, les slogans sont aussi dirigés contre les politiciens et contre le gouvernement.

Le correspondant du Monde indique que « lors d’un rassemblement devant le ministère de la Défense à l’issue de la manifestation, des représentants de différentes composantes de la société israélienne ont appelé à poursuivre la lutte. Le dirigeant de l’association nationale des étudiants, Izik Shmuli, a dénoncé le « creusement du fossé social ». Le rabbin Benny Lau, figure du sionisme religieux, a proclamé qu’Israël » ne mérite pas d’être considéré comme un Etat juif tant qu’il ne suit pas les règles de justice sociale » de la Bible. L’écrivain arabe israélien Sayed Kashua, a pour sa part, dénoncé « les destructions de maisons dans les localités arabes, les saisies de terres » et autres mesures discriminatoires, visant une minorité qui représente 20% de la population globale« .

Pour la société israélienne, les appels conjoints d’un rabbin puis d’un écrivain arabe, qui plus est en faveur de la minorité arabe discriminée, sont un symbole fort.

Alors que la finance enfonce le monde dans la crise, les soulèvements populaires incarnent l’espoir, du Caire à Tel Aviv en passant par Athènes et Madrid !