Sommet de la zone euro. Pour les banques, contre les peuples

Le sommet européen du 21 juillet a adopté un nouveau plan d’aide à la Grèce. Loin de s’attaquer au mal réel, la finance parasitaire, les mesures prises ne peuvent conduire, à terme, qu’à relancer la spéculation. Les gouvernements ont aussi réaffirmé l’objectif de réduction drastique des déficits publics, ce qui conduira à l’aggravation des politiques d’austérité.

Les 158 milliards mis sur la table par le sommet européen ont entraîné la hausse du cours des actions bancaires sur toutes les bourses. La finance internationale a en effet de quoi se réjouir. Si le sommet de la zone euro a décidé l’allongement de la durée des prêts du Fonds européen de stabilité financière et la baisse d’un point du taux de ces prêts (de 4,5 % à 3,5 %), il a autorisé aussi ce Fonds à racheter des obligations grecques, irlandaises et portugaises. En clair, comme le note Attac, « les gouvernements vont pouvoir débarrasser les banques et les fonds d’investissement de ces titres, considérés comme « pourris » puisque les pays débiteurs sont en voie de faire défaut sur leur dette (…). Les Etats déchargent les banques de leurs pertes avant même qu’elles ne soient réalisées ! ». Au final, ce seraient ainsi les contribuables européens qui paieraient le remboursement d’une partie de la dette des pays débiteurs incapables de faire face. Belle entourloupe que ce « sauvetage » de la Grèce qui n’est rien d’autre qu’un ensemble de nouveaux cadeaux aux banques !

Les mesures prises au sommet de Bruxelles apportent de facto la garantie des Etats aux banques. Celles-ci ne peuvent qu’être encouragées à augmenter encore les prêts qu’elles accordent, assurées qu’elles sont de récupérer les intérêts (mais que valent ces assurances et jusqu’à quand ?), directement auprès des Etats débiteurs, ou à défaut par le biais du Fonds européen. C’est dire que la logique infernale de l’endettement n’est pas stoppée !

L’austérité pour les peuples

Si les banques s’en sortent bien, les peuples trinquent. L’objectif de ramener les déficit à 3 % du PIB d’ici 2013 est réaffirmé, ce qui signifie des coupes sombres dans les dépenses publiques, le recul de la protection sociale, bref l’austérité généralisée, à l’image de la grèce ou de l’Italie.

Sur le fond, les candidats à la primaire socialiste défendent la même politique que celle des gouvernements de la zone euro. Martine Aubry s’est d’ailleurs « réjouie » (sic) de l’accord trouvé à Bruxelles. Tout au plus réclame-t-elle une taxe sur les transactions financières, sans doute pour colorer en rose ce nouveau super-plan d’aide aux banques. Ségolène Royal et François Hollande, pour leur part, annoncent qu’il faudra faire des « efforts » dès 2012… s’ils sont élus. Royal tend la main aux gaullistes, en leur affirmant que la gauche sera mieux à même de faire passer la pilule de « l’effort national ». Pour Hollande, « la dette est l’ennemie de la gauche, de la France (…). Il faut rééquilibrer les comptes publics sans tarder, descendre à 3 % du PIB le plus vite possible ». Ces candidats à la primaire socialiste sont candidats pour mettre en œuvre une super politique d’austérité après l’élection.

La logique destructrice du capitalisme mise à nu

Côté Front de gauche, on se contente de regretter que les Etats ne soient pas autorisés à se financer directement auprès de la Banque centrale européenne, plutôt qu’auprès des institutions financières privées. Le Front de gauche propose de « taxer » ces dernières. Jean-Luc Mélenchon, dans Libération (20 juillet), réclame que la BCE « rachète la dette grecque ». Pas question d’annulation de la dette, donc. Cette dette est poutant illégitime et ne devrait pas être « honorée ». Seuls les actionnaires des banques devraient supporter les conséquences du non-remboursement. L’annulation des dettes illégitimes devrait être accompagnée de la socialisation de tout le système du crédit. C’est ce que réclame le NPA.

Annulation de la dette et socialisation du crédit

Pour éviter un recul social et politique sans précédent, le NPA en appelle au regroupement des anticapitalistes pour défendre un programme s’opposant à celui des partisans de l’austérité et de la baisse des déficits, des partisans de droite comme « de gauche ». Un programme qui passe par l’annulation de la dette et la socialisation du système de crédit, c’est-à-dire la prise de contrôle du secteur financier, principal responsable de l’approndissement de la crise capitaliste.


A lire communiqué du NPA du 22 juillet.


Crise de la dette, nos solutions : lire un extrait du programme du NPA, « Nos réponses à la crise », adopté au congrès du NPA (février 2011).


Lire l’article Crise de la dette, nouvelle crise du capitalisme.


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