Les nouveaux étudiants s’inscrivent à la fac tandis que le gouvernement prépare une nouvelle réforme de la Licence

Les nouveaux bacheliers seront à la fac dès mercredi 6 juillet pour s’inscrire. Après le bac, pour des dizaines de milliers de jeunes, la fac signifie des difficultés nouvelles pour se loger (voir l’article « Logement des jeunes : la Basse-Normandie au service des bailleurs privés ») et l’obligation de bosser pour financer ses études, c’est-à-dire au bout du compte d’énormes problèmes pour étudier correctement. C’est aussi l’incertitude des débouchés. La nouvelle réforme de la Licence que prépare le gouvernement accroît l’inquiétude.

En 2007, le gouvernement avait déjà inventé le Plan Licence, dans la foulée de la Loi relative aux libertés et responsabilités des Universités (LRU). Aujourd’hui, il se prépare à mettre en œuvre une nouvelle série de mesures, en redéfinissant l’arrété qui définit l’organisation des enseignements du premier cycle universitaire, les modalités d’examen et les conditions de validation du diplôme. Les dizaines de milliers de nouveaux étudiant.e.s sont directement concernés. Pour le gouvernement, il s’agit de graver dans le marbre certaines des expérimentations menées depuis trois ans dans les universités, que le Plan Licence les avait encouragées à mettre en oeuvre :

La réécriture de l’arrêté Licence

Les orientations du gouvernement sont connues :

– généraliser la « professionnalisation » notamment au travers des stages et des modules de pré-professionnalisation. Cette orientation vise à faire coller de plus en plus la formation supérieure aux besoins immédiats des entreprises. Des cours seraient remplacés par des éléments de « professionnalisation », notamment en deuxième année, tandis que la première année verrait son côté pluridisciplinaire maintenu et développé.

– généraliser les diplômes individualisés et « à plusieurs niveaux ». Cela vise à créer des parcours « d’élite », baptisés « parcours renforcés » dans certaines facs. L’accès aux parcours d’élite est possible sur dossier ou sur concours. Aux côtés des « parcours renforcés », subsisterait le parcours normal, forcément dévalué par rapport aux précédents, et les parcours « de soutien » pour les étuidiants jugés en difficulté, en fait des parcours « poubelle » de réorientation. C’est l’accroissement massif des inégalités, la course vers le diplôme « à la carte » et la fin des diplômes comme garanties collectives, avec, à très court terme, une individualisation renforcée du salarié face à l’employeur.

– systématiser le contrôle continu, avec suppression de l’évaluation en fin de semestre. Cela conduirait à marginaliser des étudiants.e.s salarié.e.s, de plus en plus nombreux.euses, et à accroître la sélection sociale.

Casser les diplômes

Au travers de la nouvelle réforme de la Licence, le principal objectif du gouvernement est d’en finir avec les diplômes nationaux. En s’attaquant aux diplômes reconnus nationalement et « monnayables » grâce aux conventions collectives, il cherche à briser la capacité des salariés à faire valoir des droits collectifs sur le marché du travail. Cela vaut pour les salaires comme pour les conditions de travail. La réécriture de l’arrêté Licence serait donc un recul très important, un pas de plus dans le démantèlement du droit du travail. Ce serait la promesse d’un dégradation brutale des conditions d’emploi de la génération qui arrive à l’Université et des suivantes.

C’est pour cela que la mobilisation est à l’ordre du jour.

Pour la préparer, les étudiants et les étudiantes du NPA seront aux côtés des nouveaux bacheliers qui viennent s’inscrire en fac dès mercredi, pour faire l’information, expliquer les enjeux de la réforme à venir.

Ils et elles ne seront pas pas seul.e.s.

Avec les étudiant.e.s de Sud étudiant, de la FSE, avec des militant.e.s de l’UNEF et ceux et celles d’Alternative Libertaire, ils et elles distribueront un tract unitaire pour « préparer une rentrée de résistance aux projets de sélection sociale et de soumission aux besoins des entreprises ».


Lire le tract unitaire de Sud étudiant, de la FSE, des militant.e.s de l’UNEF, d’AL et du NPA


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