Schneider Electric Bourguébus : l’impuissance du Conseil régional

Après 80 suppressions d’emplois en 2009, la direction du groupe poursuit le démantèlement de l’établissement de Bourguébus, près de Caen. Sur les 120 emplois restant, elle veut en liquider 40 de plus. Au Conseil régional, la gauche proteste mais reste impuissante en refusant de réclamer l’interdiction des licenciements.

Comme tous les salariés de l’établissement de Bourguébus, Laurent Beauvais, président PS du Conseil régional, voit bien que la direction de Schneider Electric a engagé un processus de « destruction » du site. Il y a deux ans, la fermeture du service de Recherche et développement n’était qu’une première étape, ce que chacun alors avait déjà compris (voir notre article précédent).

Une nouvelle saignée en 2011 ou 2012 rapprocherait l’établissement de la fermeture totale. Côté patronal, la logique de la concentration des activités et de leur délocalisation pour « faire baisser les coûts » est à l’œuvre. Les supplications de Laurent Beauvais, prêt à « aider » le groupe, n’y peuvent rien. Dans un communiqué, celui-ci indique que « les propositions de la Région d’accompagner le développement du site en renforçant les produits liés au développement durable ont été à chaque fois rejetées ».

Déjà, pour persuader le groupe Vandemorteele de surseoir à la fermeture de l’établissement Panavi de Mondeville (80 licenciements), la Région proposait des « aides », allant même jusqu’à proposer de financer la mise aux normes de l’outil de production ! Ces offres d’aide ont été ignorées par un groupe qui trouvait les suppressions d’emplois plus rentables, du point de vue des intérêts des actionnaires. Au bout du compte, Vandemortelle a bien fermé l’établissement de Mondeville il y a quelques semaines.

Interdire les licenciements

La gauche est au pouvoir en Basse-Normandie, mais ce sont quand même les les grands groupes industriels et commerciaux qui font la loi. Pour inverser cette logique, il faudrait enfin interdire les licenciements, et donc obliger les groupes à prendre sur les profits reversés aux actionnaires sous forme de dividendes sans cesse croissants, pour maintenir l’emploi, augmenter les salaires et améliorer les conditions de travail. Quitte à les exproprier s’ils ne respectent pas le droit à l’emploi.

C’est ce que propose le NPA. Bien sûr seule une mobilisation très déterminée et prolongée des salariés pourra l’imposer.

Laurent Beauvais, lui, appelle à une « mobilisation de l’ensemble des élus de ce territoire », gauche et droite confondues, pour « aboutir à une issue positive ». C’est une façon d’essayer de faire prendre des vessies pour des lanternes ! Nous, nous recommandons aux travailleurs de ne faire aucune confiance à ces élus qui, de fait, laissent les grands groupes capitalistes détruire l’emploi en refusant de remettre en cause leur pouvoir exhorbitant de licencier. Les travailleurs ne doivent faire confiance qu’à leur propre lutte.

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