300 euros pour tous dans la Fonction publique

Pour la deuxième année consécutive, le gouvernement a décidé le blocage des salaires dans la Fonction publique. Au nom de la lutte contre les déficits ! Les agents de l’Etat, des collectivités locales et des hôpitaux publics font les frais d’une politique d’austérité délibérée.

L’explosion de l’endettement public est le résultat du sauvetage des banques en 2008. Des milliards ont été mobilisés du jour au lendemain, alors que le gouvernement prétendaient que les caisses étaient vides. Pour financer le renflouement du capitalisme, les Etats ont emprunté un peu plus, augmentant les sommes à rembourser. Chaque année, des dizaines de milliards sont consacrés au paiement des intérêts de la dette publique, alors que les revenus financiers et les profits des entreprises échappent de plus en plus à l’impôt. Certains Etats sont au bord de la banqueroute, et l’Union européenne n’apporte son « aide » qu’en contrepartie de la mise en œuvre de plans d’austérité draconiens qui frappent la population, tout en épargnant les riches, le capital et les banques. C’est le cas en Grèce, en Irlande et au Portugal.

En France, nous n’en sommes pas encore là. La France et l’Allemagne font supporter aux pays les plus en difficultés – en fait aux populations de ces pays – l’essentiel des « efforts ». Mais déjà l’austérité s’applique en France également et elle s’aggrave sans cesse : c’est la réduction des dépenses de l’Etat pour les services publics, c’est la baisse des effectifs et la baisse des salaires des agents de l’Etat.

Les organisations syndicales chiffrent la baisse du « point d‘indice », qui sert à calculer le salaire des fonctionnaire, à 11 % entre 2000 et 2011. Bien sûr, chaque poussée de l’inflation aggrave la baisse des salaires réels. La réforme des retraites en rajoute, puisque la cotisation des fonctionnaires doit augmenter de trois points ces prochaines années. C’est 3 % en moins sur la feuille de paie. Du coup, dans la Fonction publique, la notion de « carrière » – et la progression de salaire qui l’accompagne – est vidée de son contenu. Chaque avancement – pour celles et ceux qui en bénéficient – permet tout au plus de freiner la baisse des salaires réels. Or, la baisse des effectifs réduit les possibilités d’avancement.

Si les mécanismes dans la Fonction publique sont particuliers, le blocage des salaires est commun à tous les salariés, du public comme du privé. De nombreuses grèves ont éclaté dans le privé, se soldant quelque fois par des avancées non négligeables pour les travailleurs, les augmentations arrachées allant au-delà de ce que les patrons étaient prêts à concéder. Dans cette situation, c’est une lutte « tous ensemble » pour les salaires qu’il faudrait engager, pour partager les richesses, en prenant sur les profits et en annulant la dette publique dont se repaissent les banquiers et les grandes fortunes.

L’appel des organisations syndicales de la Fonction publique à une journée d’action mardi 31 mai est bien tardif, en plus d’être déconnecté des luttes dans le privé.

Frileuses, les organisations syndicales n’appellent d’ailleurs pas franchement à la grève, comme si elles avaient conscience elles-mêmes que les journées d’action saucissonnées ne font pas recette. Elles revendiquent une augmentation « substantielle » des salaires, sans dire combien.

Revendiquer 300 euros pour tous, et pas de salaire inférieur à 1 500 euros net, que l’on travaille dans le privé ou dans le public, permettrait d’unir tous les travailleurs face aux patrons : l’Etat employeur comme les patrons du privé.

C’est à la construction d’un tel mouvement d’ensemble qu’il faut s’attacher.

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