Mobilisation contre le racisme samedi 28 mai

Face à l’offensive raciste du gouvernement, la riposte s’organise. Le collectif « D’ailleurs nous sommes d’ici » appelle à manifester partout en France contre la politique du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers. Dans le Calvados, le collectif unitaire pour la défense des droits des étrangers relaie cet appel à la mobilisation.

Le collectif unitaire pour les respect des droits des étrangers se réunissait en assemblée générale mardi 17 mai à Caen. Etaient au rendez-vous : le NPA, Solidaires, l’ASTI, la FCPE, la Ligue des droits de l’Homme, la FSE, le PS, Vie Nouvelle, le Mouvement de la Paix… Les représentants de ces organisations ont fait le bilan de leur action passée et préparé les échéances importantes à venir pour le mouvement antiraciste. En Effet, au plus bas dans les sondages, Sarkozy et ses porte flingues ont lancé la campagne présidentielle en multipliant les propos xénophobes et sécuritaires, proposant même d’appliquer une grande partie du programme du Front national, à la grande satisfaction teintée d’ironie de celui-ci. Durant l’été dernier, les propositions de lois xénophobes et répressives ont plu, et, à grand renfort de caméras, la chasse aux Roms a été lancée. Ces dernières semaines, ce sont les migrants tunisiens qui ont fait les frais de la stigmatisation gouvernementale. Des propos particulièrement honteux ont été tenus, comme ceux de la députés UMP Chantal Brunel invitant l’Europe à donner les moyens financiers à l’Italie pour affréter des bateaux pour « reconduire [les immigrés] dans leur pays d’origine ».

Enfin, la loi Besson a été votée, la cinquième loi sur l’immigration en sept ans. Avec cette nouvelle loi, plus de 28 000 étrangers gravement malades et soignés en France pourront être expulsés parce que cela « coûte trop cher ». Autre nouveauté dans le code civil à propos de la naturalisation : la mise en place d’un examen de français où les étrangers devront prouver leur attachement « aux valeurs de la République ». Une « carte bleue » européenne va être mise en place pour poursuivre le pillage en main-d’œuvre qualifiée (médecins, ingénieurs…) dans les pays pauvres, tout en précarisant encore plus la majorité des immigrés. Les expulsions vont également être facilitées, puisque si « un groupe d’au moins dix étrangers vient d’arriver en France en dehors d’un point de passage frontalier, en un même lieu ou sur un ensemble de lieux distants d’au plus dix kilomètres, la zone d’attente s’étend du ou des lieux de découverte des intéressés jusqu’au point de passage frontalier le plus proche ». Des centres de rétention sauvages pourront être créés, inaccessibles aux avocats : des « mini Guantanamo ».

Le fantasme de l’invasion

La menace d’une « invasion » par les étrangers est un fantasme agité par la classe dominante. Même l’ancien porte-parole de l’UMP Dominique Paillé, devenu président de l’office français de l’immigration et de l’intégration, déclare : « Mis à part le cas particulier de quelques arrivées à Lampedusa en Italie, qui est à part, tout cela relève de la pure fiction ». La seule chose qui a changé depuis la révolution tunisienne, c’est qu’il y a moins de morts en Méditerranée et donc plus de survivants qui arrivent à traverser la mer, car il y a moins de patrouilles de police tunisiennes et surtout libyennes, qui coopéraient avec la police européenne dans le cadre de Frontex. Depuis 20 ans, alors que l’on ne cesse de nous matraquer avec le « problème » de l’immigration, celle-ci n’a absolument pas varié selon les chiffres officiels. En 2010, on comptait 8, 6 % d’immigrés en Europe, 6, 5 % en France et 10 % en Allemagne. En ajoutant les étrangers et les Français naturalisés nés à l’étranger, cela représente 8 % de la population en France, soit seulement 0,6 % de plus qu’en 1990 (7,4 %).

La politique raciste est l’autre face de la politique de casse sociale du gouverment

Alors qu’il casse la protection sociale, asphyxie les services publics et fait des cadeaux fiscaux aux millionnaires, le gouvernement tente de diviser la population. Il cherche des boucs émissaires à livrer à la vindicte populaire, alors que les difficultés de la vie quotidienne viennent des inégalités sociales creusées chaque jour par sa politique au service des plus riches. Le gouvernement veut faire oublier que les responsables de la crise et des difficultés sociales sont les grands groupes capitalistes qui exploitent la majorité de la population, travailleurs français comme travailleurs immigrés. Ainsi, ce gouvernement fait le jeu du Front national. Une partie de l’UMP n’hésite plus à envisager un alliance avec ce parti.

La manifestation appelée par le collectif « D’ailleurs nous sommes d’ici » est la bienvenue.

Il faudra la poursuivre pour construire un puissant mouvement populaire contre le racisme, pour battre en brèche les contrevérités véhiculées par le Front national, pour abroger toutes les lois racistes, pour assurer l’égalité des droits entre Français et immigrés, pour obtenir la régularisation des sans-papiers.

Tous et toutes dans la rue, samedi 28 mai : 14h30 Place du Théâtre à Caen.

Lire le tract d’appel à la mobilisation du collectif « D’ailleurs nous sommes d’ici ».

Lire le tract du collectif unitaire pour la défense des droits des étrangers.

Publicités

Les commentaires sont fermés.

%d blogueurs aiment cette page :