Refusons le G8 des Universités !

Les G8 et G20 (Deauville en mai, Cannes en novembre) ont leur volet éducation et recherche. Comme ses versions purement économiques, ce G8, hypocritement rebaptisé pour sa 4ème édition « Sommet mondial des Universités », sera l’occasion pour les puissants de décider à huis clos de l’avenir de l’Université.

 La première partie à Besançon, du 28 au 30 avril, verra se réunir les « délégués » étudiants, choisis par les président-e-s et recteurs d’universités présents à Dijon la semaine suivante. « Nos » représentants auront pour tâche de rédiger une déclaration au nom de la « communauté universitaire ». A Dijon ensuite, du 5 au 7 mai, les président-e-s d’universités planifieront dans la plus grande illégitimité l’ouverture aux marchés de l’éducation et de la recherche.

Vers « l’économie de la connaissance »

L’objectif affiché de ce sommet est donc de poursuivre la marchandisation des services de l’éducation et de la recherche initiée en 1995 par l’OMC et inscrit dans la constitution européenne par le « processus de Bologne », ce que résume très bien un des lobbies patronaux à Bruxelles: « La responsabilité de la formation doit, en définitive, être assumée par l’industrie. […] L’éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique ».

 Au niveau de l’éducation, cela s’est traduit par la loi LRU marquant le désinvestissement financier de l’État et l’entrée de fonds privés à l’Université. Les Universités rentrent donc peu à peu en concurrence, leur financement étant conditionné par les exigences de rentabilité des formations proposées. Le rôle des études n’est donc plus de développer des savoirs et des savoirs-faire (permettant de comprendre et donc d’agir de manière autonome) mais d’acquérir des compétences (permettant d’exécuter mécaniquement les taches demandées) à finalité purement économique. Ces réformes visent en fait à offrir aux patrons des travailleurs plus dociles. En effet, le système de compétences forme à un travail précis, dans une entreprise précise, ce qui limitera la possibilité de trouver un emploi et donc augmentera le pouvoir de l’employeur dans la « négociation » du contrat de travail. A cela s’ajoutera l’individualisation des diplômes qui laissera les travailleurs à la merci de l’employeur en matière de rémunération ou de type de contrat, sans la protection des conventions collectives.

 Du côté de la production de la connaissance, c’est le même refrain. Les labos ne se voient plus attribuer de financement récurrent permettant des recherches libres et sur le long terme. A la place, il sont désormais soumis à un financement par projet, c’est-à-dire cloisonné, à durée limitée et avec obligation de résultat. Ce système est d’autant plus absurde qu’il est inefficace, la plupart des découvertes, et surtout les plus grandes, étant le fruit du hasard, de la curiosité et de l’expérimentation. En fait, il rentre dans une logique capitaliste : il permet à l’État et aux financiers de contrôler la recherche, de l’orienter vers ce qui est rentable à court terme, comme le nucléaire et les nanotechnologies.

 Pour une université émancipatrice

 Le but de l’éducation devrait être de permettre à chacun de se saisir des connaissances afin de comprendre le monde dans lequel nous vivons et de participer à la production matérielle, de connaissances et de service, et à la vie publique, aux décisions politiques. Cette université que nous voulons serait donc réellement accessible et de même qualité pour tous, sans distinction de classe, de sexe ou d’origine géographique. Elle serait l’objet d’un financement à la hauteur de ses enjeux qui serait contrôlé par l’ensemble des acteurs mais aussi par toute la société. Ainsi, la priorité serait donnée aux formations et aux recherches répondant à des besoins sociaux définis démocratiquement. C’est à la société toute entière d’évaluer ses besoins en médecins, en enseignants, en techniciens, en musiciens, en sociologues.

Réunion d’organisation de la résistance au G8 des universités organisée par les syndicats FSE et SUD-Université  : mardi 26 Avril, à 18h, Amphi Tocqueville

Manifestation contre le G8 des universités à Dijon. Covoiturage au départ de Caen.

Pour y participer, contacter le NPA – npacaenjeunes@gmail.com

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