Grève pour les salaires dans la filière automobile dans le Calvados

Des grèves éclatent chez Inteva, à Esson, près de Thury-Harcourt, chez Honeywell à Condé-sur-Noireau. Chez Bosch, à Mondeville, le patron du groupe tient un discours menaçant qui s’apparente à du chantage préventif.

Chez Inteva-Esson (ex Arvin Meritor), les salariés et l’intersyndicale CGT, CFTC, CFDT et FO réclament une augmentation de 10 % des salaires. Le groupe américain Inteva a repris Arvin Meritor récemment et produit des lève-vitres électriques pour tous les constructeurs automobiles. Mais à Esson, près de Thury-Harcourt, les salariés sont payés beaucoup plus bas que dans d’autres usines du groupe. Le ras-le-bol est général. Les travailleurs réclament l’alignement et ils ont bien raison. Après un débrayage lundi, le mouvement, s’est étendu, 80% du personnel était en grève mardi. Depuis, les entrées et les sorties de camions sont bloquées. Dans l’automobile, les usines fonctionnement souvent à flux tendus, les stocks étant sur les routes, dans les camions. Les travailleurs le savent. Le blocage de la filière est une arme efficace pour faire pression. Le maire de droite de Thury-Harcourt, vice-président du Conseil général s’offusque de la grève. Dans un communiqué, il « exprimer [sa] consternation face à la situation de blocage imposée par les syndicats à l’entreprise Inteva d’Esson : cela s’apparente ni plus ni moins à un suicide collectif ». Une fois encore, on constate que le personnel politique de droite n’est rien d’autre que le porte-parole du patronat le plus rapace quand il s’agit de payer les salaires dûs aux travailleurs. Quand il s’agit « d’aider » les patrons à coup de subventions, ils répondent toujours présents pour aligner les millions. A quand un responsable politique qui refusera de céder au chantage du patronat et menacera de réquisition tous ceux qui empochent les aides mais licencient quand même, ou paient leurs salariés avec un lance-pierre ? En attendant, les travailleurs ont bien compris qu’ils n’ont rien à espérer des politiciens qui les appellent à reprendre le travail : ils ne peuvent compter que sur leur lutte !

Chez Honeywell-Condé-sur-Noireau (fabrication de plaquettes de freins), les travailleurs ne se contentent pas des toutes petites augmentations de salaire annoncées par la direction : 54 euros de plus par mois, avec un coup de pouce de 16 euros supplémentaires pour les salariés gagnant moins de 1 800 euros par mois, soit, au total 70 euros. Au nom de la crise, les salaires avaient été gelés en 2010. Les ouvriers réclament une augmentation mensuelle immédiate de 100 euros et la moitié d’entre eux sont en grève depuis le 14 mars. Pour l’instant, la direction joue le « pourrissement », quitte à perdre 80 % de la production journalière. Du coup, les travailleurs ont entamé un blocage des camions, comme à Esson.

Chantage à l’emploi

Chez Bosch-Mondeville, un dirigeant du groupe s’est déplacé pour tenir un discours plein de menaces à l’encontre des salariés, coupables de s’être mis en grève il y a un an. Selon le compte rendu de cette visite repris par les medias, pour le représentant de la direction, « le climat social fait partie des aspects décisionnaires à haut niveau : grève, cohésion, absentéisme. Un nouveau conflit social comme celui de l’an dernier compromettrait l’avenir [du site de Mondeville] » (Ouest-France du 24 mars). On sait que, le groupe Bosch est expert en matière de chantage. Mais les travailleurs savent aussi que la grève est coûteuse pour les patrons. Et la grève « tous ensemble », de toute la branche, encore plus.

En faisant grève pour que le blocage des salaires cesse, pour de vraies augmentations (100 euros, 200 euros, 300 euros…), les travailleurs ne réclament que leur part, alors que les profits des grands groupes augmentent, notamment ceux des donneurs d’ordre, les constructeurs automobiles.

Les situations étant les mêmes partout, il serait temps que les syndicats organisent une lutte commune dans toutes les entreprises de la filière.

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