Solidaires 14 en congrès : « Combattre la logique capitaliste »

Le premier congrès départemental de Solidaires s’est tenu fin février. Nous avons demandé à Patrick FEREY, membre du bureau départemental de Solidaires de nous en parler.

Quel bilan tirez-vous de l’automne social 2010 en France ?

Patrick Ferey : Si la crise bancaire et financière a eu des conséquences immédiates : licenciements et explosion du chômage, montée de la précarité, baisse du pouvoir d’achat, le mécontentement d’une grande partie de la population avait déjà trouvé expression lors du refus du traité Constitutionnel Européen en 2005 et lors du mouvement social contre le CPE.

Pour Solidaires 14, même si les revendications portaient essentiellement sur le devenir des retraites, le mouvement social de 2010 a confirmé qu’une grande partie de la population était opposé au libéralisme.

C’est ainsi que le document d’orientation de l’intersyndicale en janvier 2009 a trouvé un large écho auprès des citoyens car celui-ci posait clairement la question du partage des richesses.

Et si parfois, il a été difficile de conduire le mouvement dans le cadre de l’intersyndicale, c’est aussi cette unité syndicale qui a permis la dynamique de mobilisation.

Pour Solidaires, au delà de cet aspect important de la forte mobilisation intergénérationnelle, le mouvement social de 2010 pourrait marquer le début d’une transformation du paysage syndical.

Il a manqué quoi pour gagner ?

Nous avons été très vite confronté à une difficulté pour reconduire les journées de grève dans de nombreux secteurs.

Pour Solidaires, il était nécessaire de s’appuyer sur le dynamisme d’une journée d’action pour proposer la suivante dans des délais très rapprochés afin d’obtenir une mobilisation encore plus forte.

C’est du reste, ce que Solidaires a proposé dans la plupart des réunions de l’Intersyndicale.

Pour Solidaires, la crise du capitalisme n’est pas terminée. Comment s’en sortir ?

Malgré la crise financière (les crises du capitalisme), les gouvernants ont continué à soutenir les grands argentiers de ce monde.

Dans ces conditions, le capitalisme financier dont la seule préoccupation est la rentabilité la plus forte possible, la plus immédiate possible va continuer à produire des dégâts sur l’emploi, les conditions de vie et de travail, sur l’éducation, bref sur la société et sur le monde, dans son ensemble. L’actualité et cette catastrophe nucléaire au Japon témoignent de ce que peut provoquer ce capitalisme poussé à l’extrême.

A cela s’ajoute la fait que les gouvernants ont injecté des sommes considérables pour sauver ce système en perdition mais qu’ils vont faire payer aux plus démunis le coût de ces aides.

Pour autant aujourd’hui, de plus en plus de citoyens, de salariés n’admettent plus cette injustice profonde qui fait qu’une minorité tire profit du travail de la grande majorité.

C’est pourquoi les solutions proposées depuis plusieurs années pour combattre les inégalités, les injustices dans différents domaines (éducation, logement, santé, protection sociale..) qui reposent sur le partage des richesses ont fini par faire chemin au sein d’une grande partie de la population.

Pour Solidaires, il faut modifier la répartition des revenus par une réforme fiscale d’ampleur, une augmentation de la part des salaires dans le revenu national, une revalorisation du SMIC et des minima sociaux etc..

Comme les effets de la crise, ou plus exactement comme les effets pervers du capitalisme n’ont pas atteints leur paroxysme, une mobilisation encore plus forte que celle qu’a connue le pays en 2010 n’est pas à exclure.

Et seul un rapport de force « de masse » pourra combattre cette logique capitaliste.

Quelles sont vos perspectives d’action ? Avec beaucoup forces syndicales, associatives et politiques, vous êtes partie prenante de la campagne nationale pour la défense du droit à la santé et de la Sécurité sociale ?

Le conflit sur les retraite a montré l’importance prise par notre organisation syndicale. Aussi, Solidaires va continuer à s’investir dans toutes les actions de nature à défendre les intérêts des salariés et qui s’inscrivent dans une optique de transformation sociale de la société.

A ce titre, Solidaires s’est inscrit dans la campagne nationale pour la défense du droit à la santé et de la sécurité sociale.

En effet, la politique de santé mise en place par le gouvernement (loi Hôpital patient Santé territoire et mise en place des Agences Régionales de Santé) n’a pour objectif que de privatiser, à terme, notre système de santé.

« Marchandiser » la santé c’est fragiliser encore plus les populations les plus démunis, c’est remettre en cause l’accès aux soins pour des millions de nos citoyens.

De même, Solidaires prendra toute sa place dans les débats et dans les initiatives à venir pour que la prise en charge de la dépendance repose sur le principe fondamental de solidarité.

Et dans l’immédiat, cela se traduit comment ?

Solidaires s’est inscrit dans la journée d’action du 02 avril 2011 afin de défendre, promouvoir et construire démocratiquement un système de santé public, sanitaire, pour toutes et tous, partout sur le territoire.

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