Contre la destruction de l’école publique, dans la rue samedi 19 mars

Pour réduire de 100 milliards d’euros les déficits publics, le gouvernement accélère la mise en œuvre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) contre les services publics. Mais il n’arrive pas à faire croire qu’il est possible de faire mieux avec moins. Les personnels de l’éducation nationale sont bien conscients que la politique éducative en œuvre est guidée par la réduction des dépenses publiques et non par l’intérêt des élèves et de l’école comme le prétend le gouvernement.

Les 16 000 nouvelles suppressions de postes prévues pour la rentrée 2011, alors que 62 000 élèves supplémentaires sont attendus, auront pour conséquences d’aggraver les inégalités sociales et territoriales ainsi que les conditions de travail de tous et plus fortement encore celles des élèves des classes populaires. L’académie de Basse-Normandie est, proportionnellement, la plus touchée par les suppressions de postes. En effet, ce sont pas moins de 195 postes dans le primaire, 154 dans le secondaire et 10 postes administratifs qui vont être supprimés.

Aux suppressions de postes s’ajoute la généralisation, à la rentrée 2011, du dispositif (E)CLAIR (Ecoles, Collèges, Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite). Ce dispositif, dans la droite ligne de la politique sécuritaire du gouvernement, marque le passage de la lutte contre les inégalités sociales à la lutte contre les difficultés en matière de « climat scolaire » et de violence. Ainsi, par ce dispositif, le partenariat va être renforcé avec les correspondants de police et de gendarmerie, le tout coordonné avec les équipes mobiles de sécurités. De plus, ce dispositif fait du chef d’établissement un « être tout puissant », qui recrutera son personnel (enseignants et administratifs) sur entretien et pour un contrat de 5 ans. Il sera aidé par « un préfet d’étude » chargé de surveiller « la motivation » des personnels, des élèves mais aussi des familles… Ce préfet d’étude, selon ses résultats et le bon vouloir du proviseur, se verra attribuer une prime annuelle comprise entre 400 et 2 000 euros ! Mais ce n’est pas tout… C’est aussi le dispositif (E)CLAIR qui marque la fin de la carte scolaire.

Rejet de la politique du gouvernement

A l’appel de la FSU, de la CGT et de Sud Éducation, une journée de mobilisation était organisée le jeudi 10 février. Des enseignantEs, des parents, des élèves… se sont mobiliséEs contre la diminution des heures d’enseignement dans les collèges et lycées et contre les fermetures de classes dans les écoles, pour exiger la restitution de l’ensemble des postes supprimés. Une cinquantaine de départements ont organisé des manifestations, avec plus de 2 000 personnes à Caen, Rennes, Rouen, Grenoble ou Lyon, plus de 3 000 à Marseille et plus de 7 000 à Paris. Les grévistes ont été nombreux (entre 55 et 70%) dans les départements de l’Aveyron, du Loir-et-Cher, de la Meurthe-et-Moselle, de Paris, de la Seine-Maritime, de la Vienne…  Cette mobilisation a confirmé que la colère dans l’Éducation nationale grandit malgré le matraquage des réformes libérales qu’elle connaît. Une mobilisation réussie et ce malgré le scandaleux report, dans certains départements, des instances paritaires pour cause d’élections cantonales, retardant ainsi les annonces définitives et les ripostes nécessaires.

C’est la majorité de la population qui conteste la politique éducative du gouvernement. Selon un sondage CSA réalisé le 9 février pour le SNUipp-FSU, 80% des Français jugent négativement la politique du non-remplacement d’un enseignant sur deux partant à la retraite, estimant que cette politique aura un effet négatif sur la réussite des élèves. Ceux et celles qui pensent que cette politique éducative va dans le bon sens ne sont plus que 28%, une perte de douze points par rapport à 2008. la perte générale de crédibilité du gouvernement se mesure aussi à travers cette contestation populaire des choix gouvernementaux sur l’école.

La lutte continue
Pour gagner, il faut faire converger les résistances

Moins d’enseignantEs pour moins d’enseignement, toujours plus d’élèves par classe… Les conditions d’une rentrée scolaire encore plus dégradée que la précédente sont déjà réunies. C’est pourquoi les organisations syndicales ont lancé un nouvel appel unitaire pour une journée de manifestations le samedi 19 mars. A Caen, la manifestation partira du Rectorat (rue Caponière).

A Caen, la manifestation sera aussi l’occasion de protester contre la criminalisation de l’action syndicale qui va bon train. En effet, Sylvian Mary, secrétaire départemental de la FSU a été convoqué au commissariat d’Hérouville Saint-Clair le 7 mars dernier, suite à une plainte déposée par l’inspection académique après le collage sur la façade de l’IA de 359 silhouettes symbolisant les 359 suppressions de postes dans l’Académie. Il devrait être de nouveau convoqué prochainement. A travers cette plainte, c’est l’ensemble des militant-e-s syndicaux et l’action syndicale qui sont visés par le pouvoir. Exigeons l’arrêt des procédures contre la FSU et contre Sylvian Mary. Exigeons le classement sans suite de la plainte !

Pour en finir avec la casse du service public d’éducation, il est nécessaire de se mobiliser contre l’ensemble des réformes. Quelques journées de grève ou de mobilisations ne suffiront pas. Ni pour regagner tous les postes supprimés et en obtenir d’autres, ni pour battre les réformes en cours. Le rapport de forces reste à construire. Il doit fédérer l’ensemble des résistances. L’éducation, la santé… concernent toute la population, c’est ensemble qu’il nous faut lutter.

Faisons de ce samedi de mobilisation une première étape.
Toutes et tous dans la rue. Rendez-vous à 14h devant le Rectorat de Caen (rue Caponière).

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