Hospitaliers, statisticiens, intermittents du spectacle : jeudi de colère à Caen

Les premiers à entrer en scène, ce jeudi matin, à Caen, sont les hospitaliers. Marre des suppressions de postes ! Ils ont organisé des barrages filtrants non loin du CHU. Ensuite, les personnels de l’INSEE. A leur tour, ils se sont installés au centre ville, rue de Geôle, avec banderole et pancartes, pour protester contre les conséquences négatives de la baisse des budgets de personnel. Enfin, les artistes et intermittents du spectacle, qui se révoltent contre la non reconnaissance de leur profession. En fin d’après-midi, ils se sont rassemblés devant le siège de Pôle emploi.

Action intersyndicale ce jeudi au CHU. Elle commence tôt, dès 7 heures, avec l’installation de deux barrages filtrants, l’un à hauteur de la route vers Douvres-la-Délivrande et un autre du côté de la route de Lion-sur-Mer, à hauteur de Baclesse et d’Esquirol. Les personnels refusent les suppressions de postes et la baisse des moyens, qui entraînent la dégradation des conditions de travail pour les personnels, et remet en cause l’accès aux soins de qualité pour les usagers. Les services d’Esquirol et d’Addictologie sont en première ligne. Les luttes sans les hôpitaux se multiplient.

Hospitaliers, statisticiens…

A midi, 70 agents de la direction régionale de l’INSEE sont sur les trottoirs, avec pancartes et banderole, devant leurs bureaux, rue de Geôle, en centre ville. La plupart sont venus de l’ex SESSI, installé rue Claude Bloch, près du CHU, et rattaché à l’INSEE récemment. Ils protestent contre les décisions de l’administration de ne pas renouveler des contrats de détachement. En clair, des agents venant d’autres administrations, et parfois de fort loin, comme cet agent détaché des Impôts de Paris Nord et installé depuis un an à Caen, sont priés par l’administration de l’INSEE de faire leurs valises. Leurs postes seront supprimés. Motif ? La « rigueur budgétaire ». L’INSEE aurait dépassé son « plafond d’emplois », il faut donc diminuer les effectifs ! En font les frais les premiers les agents « détachés » en provenance d’autres administrations. A qui le tour demain ? C’est la première fois que la baisse des budgets a des conséquences aussi fortes sur les personnels. Ceux-ci se rebellent et n’acceptent pas que certains collègues soient considérés comme de simples variables d’ajustement budgétaire. Sur une pancarte, on peut lire : « CHU INSEE : même combat pour le maintien de l’emploi et du service public« .

… intermittents du spectacle

En fin d’après-midi, c’est le tour des artistes et des intermittents du spectacle. Un des leurs, Christophe Lehodey, a été condamné à payer 35 000 euros à Pôle emploi. Cette somme, l’organisme en charge de l’indemnisation du chômage la considère comme un trop perçu. La raison ? Christophe aurait, selon Pôle emploi, déclaré un temps de travail n’entrant pas dans la définition de l’intermittence du spectacle. En interprétant les textes réglementaires de façon restrictive, Pôle emploie requalifie son activité d’artiste en activité d’enseignement. Les droits à l’indemnisation du chômage de Christophe s’en trouvent rognés et le voilà même en situation de devoir rembourser Pôle emploi ! Christophe se trouve ainsi accusé d’être un fraudeur, alors qu’il n’a fait qu’exercer sa profession : artiste, et non pas « éducateur » ou « enseignant ». C’est bien sûr toute la profession qui est attaquée, menacée de ne plus être reconnue comme telle !

La profession est solidaire de Christophe. Les artistes proclament « nous sommes tous des escrocs », et autant que Christophe ! Le comité de soutien à Christophe exige que Pôle emploi renonce à faire exécuter le jugement qui frappe Christophe. Il exige aussi que Pôle emploi cesse d’interpréter de façon restrictive et tatillonne la réglementation concernant les intermittents du spectacle.

Hospitaliers, statisticiens, intermittents du spectacle : c’est un jeudi ordinaire de lutte contre les politiques qui prétendent nous faire payer la crise capitaliste.
Le NPA apporte son soutien total à ces travailleurs.
Refusons le recul des droits sociaux, exigeons plus de moyens pour les services publics, la santé et la culture !
Pour gagner et faire reculer le gouvernement, il faudra s’y mettre tous ensemble.

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