Hommage à François Legros

Notre camarade François Legros, membre du NPA depuis sa fondation, nous a quitté. Mercredi 23 février, en présence de ses enfants et de sa compagne, ses collègues enseignants et ses amis lui ont rendu hommage au collège d’Evrecy où il enseignait. Patrick Arz est intervenu au nom des membres du NPA.

Cher François,

Tes camarades du NPA sont fiers de te rendre hommage, en ce jour, au milieu de ta famille et de tous tes amis.

S’il y a un mot qui te caractérise, c’est bien le mot Fidélité. Fidélité à ton engagement politique de jeunesse, fidélité à tes amis, fidélité à la classe ouvrière.

Jeune étudiant en histoire déjà engagé à la LCR, dans les années 70, tu rentres au centre de tri de Caen-gare comme auxiliaire. C’était l’époque où la Ligue demandait à ses militants, étudiants, révolutionnaires, d’aller dans les usines pour « convaincre les masses ».

Rapidement tu t’investis dans l’action syndicale au sein de la CFDT et tu participes aux grands conflits du tri de Caen-gare. Tu es à l’initiative d’une « commission auxiliaires » composée de jeunes précaires syndiqués à la CFDT, à la CGT ou non syndiqués. Grâce à ta détermination, à ta capacité de persuasion, à la chaleur de ton contact humain et à ta solide formation politique, tu parviens à former un groupe soudé, combatif et ayant beaucoup d’humour qui adoptera une forme de lutte originale et nouvelle au centre de tri :  »le coulage des cadences ». Reprise par une majorité du personnel et par la section CFDT, la lutte aboutira en 1976 à l’arrêt de licenciements et en 1977 à des créations de postes. Tu coordonnes aussi la parution d’une feuille d’entreprise : La Taupe Rouge.

Ton ami Roger m’a raconté avec émotion comment tu lui as appris ce qu’était la LCR et comment tu l’as entraîné avec toi, d’abord comme sympathisant puis comme adhérent.

Devenu professeur d’histoire et de géographie au collège Paul Verlaine d’Evrecy, tu crées un atelier patrimoine, mais je laisse le soin à d’autres mieux placés que moi d’en parler.

Tu participes aussi à la rédaction d’ouvrages sur le mouvement ouvrier, notamment sur le conflit de l’imprimerie Caron-Ozanne, qui a été marquant dans notre région, et sur l’histoire du centre de tri de Caen-gare.

Tu as écris aussi plusieurs articles dans la revue du NPA « Tout est à nous » sous le pseudonyme d’André DELORME. Articles sur les conflits ouvriers et le dernier sur « 40 année de lutte antinucléaire en Basse-Normandie », article que nous avons découvert dans notre revue le jour où nous apprenions ton départ. Tu n’as eu de cesse de réinterroger l’histoire, non pas en nostalgique du passé, mais pour en tirer les leçons et nous permettre de les mettre à profit dans nos combats d’aujourd’hui.

Je me souviens de ton interview de Charles Piaget en mai 2099 (tu m’avais demandé d’en faire la mise en page pour « Tout est à nous »). Ta dernière question était : « Et aujourd’hui en 2009 comment faire face à la crise du capitalisme ? ». Réponse de Charles Piaget : « Nous devons comme à l’époque des LIPS ou de Caro-Ozanne refuser la fatalité, intervenir, prendre en mains nos affaires ; faire connaître des changements décisifs et possibles ; faire preuve d’initiative et de détermination face à un système brutal qui transforme tout en marchandise et mutile les êtres humains et la nature. Nous devons faire appliquer l’intérêt général de la population contre celui de quelques privilégiés. »

Resté fidèle à ton engagement politique à la LCR, tu milites activement quand, après le creux des années 90, la section LCR caennaise redémarre en 2002 avec quelques anciens et surtout de jeunes militants.

Tu n’oublies pas à chaque fois que tu viens aux réunions de passer prendre ton ami Roger. Tu participes avec nous à la création du NPA. A chaque occasion, tu voulais toujours donner ton point de vue sur les débats au sein de notre parti. Tu as participé au premier congrès du NPA en votant par procuration car tu tenais à affirmer tes positions. Tu as même rédigé, avec Roger, une contribution sur les luttes autogestionnaires pour alimenter les débats.

Déjà atteint par la maladie, tu participes avec nous aux manifestations et aux rassemblements à Caen contre la réforme des retraites.

François, derrière le militant, nous avons avant tout découvert en toi un homme chaleureux, tolérant, respectueux, très déterminé et persuasif. Nous nous adressons à ta compagne et à tes enfants pour leur dire que tu restes à nos côtés pour toujours, car ton combat, notre combat, pour une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme, continue.

Salut François !

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