Un intermittent du spectacle condamné à payer 35 000 euros à Pôle emploi

Pôle emploi vient de faire condamner Christophe, un intermittent du spectacle de Caen, à rembourser ce que l’organisme estime constituer un « trop perçu » d’indemnisation du chômage. En fait, en niant la qualité d’intermittent du spectacle à cette personne, Pôle emploi ignore la spécificité de ce métier.

Pôle emploi considère qu’un certain nombre d’heures de travail déclarées sur la période 2001 à 2004 par Christophe ne relevait pas du statut de l’intermittence du spectacle, et donc des modes spécifiques d’indemnisation du chômage qui lui sont liées.

A l’époque, Christophe travaillait pourtant dans une compagnie de théâtre. Mais Pôle emploi considère que ses interventions auprès de divers publics, en tant qu’artiste, relève de « l’enseignement » et non pas de l’activité artistique.

Pourtant, comme le soulignent les organisations professionnelles d’artistes, « les artistes et les structures qui les emploient – de la plus modeste des compagnies indépendantes à la plus prestigieuse des institutions – interviennent de plus en plus pour initier différents publics aux pratiques artistiques » (communiqué du Syndicat national des arts vivants de Basse-Normandie). Et c’est très bien comme cela ! Ces artistes contribuent ainsi à la démocratisation culturelle. En aucun cas ils ne prétendent remplacer les enseignants, les éducateurs et les animateurs. Ils sont artistes et rien d’autre, et aucun enseignant, éducateur ou animateur ne prétendra être en retour ce qu’il n’est pas : artiste !

En niant la qualité d’artiste à une personne qui l’est bien, Pôle emploi lui nie les droits attachés à ce statut. De fait, l’organisme s’attaque à ce qui reste du statut des intermittents du spectacle, statut particulier indispensable pour faire vivre la profession et diffuser la culture dans toutes les sphères de la société.

C’est l’acharnement de Pôle emploi qui doit être condamné et Christophe doit être rétabli dans ces droits.

Le NPA apporte son soutien total à Christophe et appuie les organisations syndicales qui appellent la profession à se mobiliser.

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