Kadhafi dégage ! Vive les révolutions dans le monde arabe !

26 février 2011

Malgré une censure totale, la dictature sanglante de Kadhafi ne peut plus aujourd’hui cacher, ni l’horreur ni l’ampleur de la répression à laquelle elle se livre. Mais l’espoir est dans l’autre camp. La ferveur communicative des révolutions égyptienne et tunisienne alimente les insurgés de Benghazi, Musratha ou Tripoli. Le régime monolithique se fissure inéluctablement et les défections d’ambassadeurs et dans l’armée se multiplient.

Les révolutions dans le monde arabe imposent aux Etats impérialistes un changement de discours. Kadhafi, comme Ben Ali et Moubarak, est devenu tout à coup infréquentable, même aux yeux de ceux qui, il y a quelques mois encore, l’accueillaient en grande pompe et l’invitaient à planter sa tente dans les jardins de la présidence à Paris ou à Rome. Mais nous n’oublierons pas : ils sont compromis pour toujours ! Qu’ils dégagent eux-aussi !

Des processus loin d’être achevés

D’abord en Tunisie, puis en Egypte, en Libye et demain dans d’autres pays, les peuples chassent les vieux dictateurs violents, corrompus, autoritaires. En quelques semaines, on peut en finir avec des tyrans qui semblaient indétrônables.

Mais la lutte continue contre ceux qui veulent maintenir les anciennes castes au pouvoir et pour imposer le partage des richesses pour vivre mieux, faire reculer la misère et la précarité, gagner l’égalité politique et sociale entre les hommes et les femmes. En Egypte, les grèves continuent. En Tunisie, les manifestations contre le « gouvernement de transition » ont repris : 100 000 personnes dans les rues de Tunis vendredi dernier.

Les Tunisois ont aussi manifesté devant l’ambassade de France pour exiger la démission de Boris Boillon, le nouvel ambassadeur de l’ex-puissance coloniale, qui a eu une attitude méprisante et arrogante pendant une conférence de presse. Ce Boillon, ancien ambassadeur à Bagdad, déclarait à la revue « Challenges » en 2009 que « La reconstruction de l’Irak est le marché du siècle: 600 milliards. La France doit être en première ligne ». Celui-là aussi doit dégager !

Soutenons les révolutions

La manne pétrolière libyenne est très convoitée par l’Occident. Elle sera un enjeu de taille pour les puissances impérialistes qui, la dictature tombée, viendront proposer leur « aide » à la mise en place d’un nouveau régime.

Les intérêts occidentaux en Tunisie et en Egypte sont également très importants. Les multinationales y imposent une surexploitation éhontée pour augmenter les profits des actionnaires. Ces pays doivent faire face à un endettement que les « plans de stabilisation » du FMI ont contribué à faire exploser. Les grandes banques ont dans leurs coffres les richesses inouïes volées aux peuples par les dictateurs et les castes au pouvoir.

Exigeons que les gouvernements impérialistes renoncent au remboursement de la dette, qu’ils restituent les richesses volées.

Construisons un vaste mouvement de solidarité avec les révolutions en cours en soutenant les travailleurs, les jeunes, les femmes, qui veulent aller jusqu’où bout de la révolution, pour un monde débarrassé de l’oppression et de l’exploitation.

Les classes populaires du monde arabe montrent la voie. La crise économique, écologique, sociale, démocratique sans précédent qui secoue le système capitaliste concerne tous les continents. Elle fait peser des menaces sur l’avenir de l’humanité. Partout, les classes possédantes et les gouvernements à leur service imposent des politiques d’austérité drastiques. En brisant leur domination, en chassant ces gouvernements, nous pouvons construire un autre avenir.

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Hospitaliers, statisticiens, intermittents du spectacle : jeudi de colère à Caen

24 février 2011

Les premiers à entrer en scène, ce jeudi matin, à Caen, sont les hospitaliers. Marre des suppressions de postes ! Ils ont organisé des barrages filtrants non loin du CHU. Ensuite, les personnels de l’INSEE. A leur tour, ils se sont installés au centre ville, rue de Geôle, avec banderole et pancartes, pour protester contre les conséquences négatives de la baisse des budgets de personnel. Enfin, les artistes et intermittents du spectacle, qui se révoltent contre la non reconnaissance de leur profession. En fin d’après-midi, ils se sont rassemblés devant le siège de Pôle emploi.

Action intersyndicale ce jeudi au CHU. Elle commence tôt, dès 7 heures, avec l’installation de deux barrages filtrants, l’un à hauteur de la route vers Douvres-la-Délivrande et un autre du côté de la route de Lion-sur-Mer, à hauteur de Baclesse et d’Esquirol. Les personnels refusent les suppressions de postes et la baisse des moyens, qui entraînent la dégradation des conditions de travail pour les personnels, et remet en cause l’accès aux soins de qualité pour les usagers. Les services d’Esquirol et d’Addictologie sont en première ligne. Les luttes sans les hôpitaux se multiplient.

Hospitaliers, statisticiens…

A midi, 70 agents de la direction régionale de l’INSEE sont sur les trottoirs, avec pancartes et banderole, devant leurs bureaux, rue de Geôle, en centre ville. La plupart sont venus de l’ex SESSI, installé rue Claude Bloch, près du CHU, et rattaché à l’INSEE récemment. Ils protestent contre les décisions de l’administration de ne pas renouveler des contrats de détachement. En clair, des agents venant d’autres administrations, et parfois de fort loin, comme cet agent détaché des Impôts de Paris Nord et installé depuis un an à Caen, sont priés par l’administration de l’INSEE de faire leurs valises. Leurs postes seront supprimés. Motif ? La « rigueur budgétaire ». L’INSEE aurait dépassé son « plafond d’emplois », il faut donc diminuer les effectifs ! En font les frais les premiers les agents « détachés » en provenance d’autres administrations. A qui le tour demain ? C’est la première fois que la baisse des budgets a des conséquences aussi fortes sur les personnels. Ceux-ci se rebellent et n’acceptent pas que certains collègues soient considérés comme de simples variables d’ajustement budgétaire. Sur une pancarte, on peut lire : « CHU INSEE : même combat pour le maintien de l’emploi et du service public« .

… intermittents du spectacle

En fin d’après-midi, c’est le tour des artistes et des intermittents du spectacle. Un des leurs, Christophe Lehodey, a été condamné à payer 35 000 euros à Pôle emploi. Cette somme, l’organisme en charge de l’indemnisation du chômage la considère comme un trop perçu. La raison ? Christophe aurait, selon Pôle emploi, déclaré un temps de travail n’entrant pas dans la définition de l’intermittence du spectacle. En interprétant les textes réglementaires de façon restrictive, Pôle emploie requalifie son activité d’artiste en activité d’enseignement. Les droits à l’indemnisation du chômage de Christophe s’en trouvent rognés et le voilà même en situation de devoir rembourser Pôle emploi ! Christophe se trouve ainsi accusé d’être un fraudeur, alors qu’il n’a fait qu’exercer sa profession : artiste, et non pas « éducateur » ou « enseignant ». C’est bien sûr toute la profession qui est attaquée, menacée de ne plus être reconnue comme telle !

La profession est solidaire de Christophe. Les artistes proclament « nous sommes tous des escrocs », et autant que Christophe ! Le comité de soutien à Christophe exige que Pôle emploi renonce à faire exécuter le jugement qui frappe Christophe. Il exige aussi que Pôle emploi cesse d’interpréter de façon restrictive et tatillonne la réglementation concernant les intermittents du spectacle.

Hospitaliers, statisticiens, intermittents du spectacle : c’est un jeudi ordinaire de lutte contre les politiques qui prétendent nous faire payer la crise capitaliste.
Le NPA apporte son soutien total à ces travailleurs.
Refusons le recul des droits sociaux, exigeons plus de moyens pour les services publics, la santé et la culture !
Pour gagner et faire reculer le gouvernement, il faudra s’y mettre tous ensemble.


Cantonales 2011. Le NPA présente ses candidats sur Lisieux 2

24 février 2011

Léa Gauroy est la candidate du NPA. 20 ans, technicienne de surface, Léa est née à Hauteville et habite dans le quartier. Son suppléant est Guillaume Mathys, 24 ans, à la recherche d’un emploi. Ensemble, ils veulent représenter la véritable alternative à cette droite qui n’est rien d’autre que le prolongement politique du Médef .

Sarkozy et Fillon gouvernent pour le Médef. Ils veulent faire payer la crise capitaliste aux travailleurs, mais la résistance est bien là. Comme cet automne, où des millions de jeunes et de travailleurs ont fait grève et ont manifester dans la rue. Léa et Guillaume veulent être des porte-voix de ceux et celles qui luttent, ceux et celles qui ne lâchent rien. Née à Hauteville, Léa « vit dans ce quartier depuis toujours ». Elle connaît bien la « précarité dans laquelle vivent les gens ». Au Conseil général, il faudrait des élus qui défendent cette majorité de la population qui souffre des politiques de casse sociale qu’on nous impose depuis des années. Des élus qui conservent leur totale indépendance à l’égard du Parti socialiste qui, lorsqu’il est aux postes de commande, mène une politique qui ressemble comme à une soeur à celle de la droite. C’est le cas au Conseil régional de Basse-Normandie, où le PS gouverne avec l’appui sans faille du PCF, allié avec le Parti de gauche sur Lisieux 2. Léa et Guillaume rejettent ces alliances qui tournent le dos aux intérêts des travailleurs dès le soir de l’élection. Tout au long de leur campagne, ils n’auront de cesse d’expliquer qu’il faut compter avant tout sur nos mobilisations, sur les luttes, pour résister aux mauvais coups, et gagner de nouveaux droits. Alors, qu’on ne compte pas sur eux pour jouer les ramasseurs de voix pour le Parti socialiste !

Pour eux, une politique de gauche ne peut qu’être anticapitaliste. L’argent public devrait service à répondre aux besoins de la population. C’est pour cela que Léa et Guillaume font une série de propositions immédiates : la construction d’une nouvelle crèche, d’une cantine bio qui permette de supprimer les intermédiaires entre les paysans et les utilisateurs, une politique culturelle active avec des réductions de tarifs, des transports de proximité plutôt que des milliards engloutis dans une future Ligne à grande vitesse qui ne profitera qu’à une petite minorité…

Léa Gauroy et Guillaume Mathys tiennent un meeting de campagne vendredi 11 mars, à 20h, salle Mozart à Hauteville.

D’autres infos sur le blog de campagne du NPA de Lisieux.


Hommage à François Legros

23 février 2011

Notre camarade François Legros, membre du NPA depuis sa fondation, nous a quitté. Mercredi 23 février, en présence de ses enfants et de sa compagne, ses collègues enseignants et ses amis lui ont rendu hommage au collège d’Evrecy où il enseignait. Patrick Arz est intervenu au nom des membres du NPA.

Cher François,

Tes camarades du NPA sont fiers de te rendre hommage, en ce jour, au milieu de ta famille et de tous tes amis.

S’il y a un mot qui te caractérise, c’est bien le mot Fidélité. Fidélité à ton engagement politique de jeunesse, fidélité à tes amis, fidélité à la classe ouvrière.

Jeune étudiant en histoire déjà engagé à la LCR, dans les années 70, tu rentres au centre de tri de Caen-gare comme auxiliaire. C’était l’époque où la Ligue demandait à ses militants, étudiants, révolutionnaires, d’aller dans les usines pour « convaincre les masses ».

Rapidement tu t’investis dans l’action syndicale au sein de la CFDT et tu participes aux grands conflits du tri de Caen-gare. Tu es à l’initiative d’une « commission auxiliaires » composée de jeunes précaires syndiqués à la CFDT, à la CGT ou non syndiqués. Grâce à ta détermination, à ta capacité de persuasion, à la chaleur de ton contact humain et à ta solide formation politique, tu parviens à former un groupe soudé, combatif et ayant beaucoup d’humour qui adoptera une forme de lutte originale et nouvelle au centre de tri :  »le coulage des cadences ». Reprise par une majorité du personnel et par la section CFDT, la lutte aboutira en 1976 à l’arrêt de licenciements et en 1977 à des créations de postes. Tu coordonnes aussi la parution d’une feuille d’entreprise : La Taupe Rouge.

Ton ami Roger m’a raconté avec émotion comment tu lui as appris ce qu’était la LCR et comment tu l’as entraîné avec toi, d’abord comme sympathisant puis comme adhérent.

Devenu professeur d’histoire et de géographie au collège Paul Verlaine d’Evrecy, tu crées un atelier patrimoine, mais je laisse le soin à d’autres mieux placés que moi d’en parler.

Tu participes aussi à la rédaction d’ouvrages sur le mouvement ouvrier, notamment sur le conflit de l’imprimerie Caron-Ozanne, qui a été marquant dans notre région, et sur l’histoire du centre de tri de Caen-gare.

Tu as écris aussi plusieurs articles dans la revue du NPA « Tout est à nous » sous le pseudonyme d’André DELORME. Articles sur les conflits ouvriers et le dernier sur « 40 année de lutte antinucléaire en Basse-Normandie », article que nous avons découvert dans notre revue le jour où nous apprenions ton départ. Tu n’as eu de cesse de réinterroger l’histoire, non pas en nostalgique du passé, mais pour en tirer les leçons et nous permettre de les mettre à profit dans nos combats d’aujourd’hui.

Je me souviens de ton interview de Charles Piaget en mai 2099 (tu m’avais demandé d’en faire la mise en page pour « Tout est à nous »). Ta dernière question était : « Et aujourd’hui en 2009 comment faire face à la crise du capitalisme ? ». Réponse de Charles Piaget : « Nous devons comme à l’époque des LIPS ou de Caro-Ozanne refuser la fatalité, intervenir, prendre en mains nos affaires ; faire connaître des changements décisifs et possibles ; faire preuve d’initiative et de détermination face à un système brutal qui transforme tout en marchandise et mutile les êtres humains et la nature. Nous devons faire appliquer l’intérêt général de la population contre celui de quelques privilégiés. »

Resté fidèle à ton engagement politique à la LCR, tu milites activement quand, après le creux des années 90, la section LCR caennaise redémarre en 2002 avec quelques anciens et surtout de jeunes militants.

Tu n’oublies pas à chaque fois que tu viens aux réunions de passer prendre ton ami Roger. Tu participes avec nous à la création du NPA. A chaque occasion, tu voulais toujours donner ton point de vue sur les débats au sein de notre parti. Tu as participé au premier congrès du NPA en votant par procuration car tu tenais à affirmer tes positions. Tu as même rédigé, avec Roger, une contribution sur les luttes autogestionnaires pour alimenter les débats.

Déjà atteint par la maladie, tu participes avec nous aux manifestations et aux rassemblements à Caen contre la réforme des retraites.

François, derrière le militant, nous avons avant tout découvert en toi un homme chaleureux, tolérant, respectueux, très déterminé et persuasif. Nous nous adressons à ta compagne et à tes enfants pour leur dire que tu restes à nos côtés pour toujours, car ton combat, notre combat, pour une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme, continue.

Salut François !


« La révolution tunisienne n’est pas terminée « 

22 février 2011

Un reportage de l’envoyée spéciale à Tunis de Nouvelobs.com.

A la Kasbah de Tunis dimanche soir 20 février.

Les manifestants étaient toujours dimanche à la Kasbah, à Tunis, avec les mêmes revendications, les mêmes besoins de liberté, les mêmes slogans…

Alors que l’attention s’est désormais tournée vers les mouvements de contestation en Libye ou au Maroc, les Tunisiens n’ont pourtant pas déposés leurs pancartes, dimanche 20 février. Au son des slogans chantés à tue-tête, ils étaient quelque 5.000 à la Kasbah à Tunis dans l’après-midi à refuser la tournure qu’a pris leur mouvement de contestation et à réclamer une Assemblée constituante. Pour tous ceux qui se sont déplacés, leur révolution a été volée.

« Annuler la constitution, c’est un devoir », « Instituer un régime parlementaire, c’est un devoir » ou encore « Où sont les promesses pour les martyrs et la protection de la constitution ? »… tels étaient les slogans chantés par les manifestants, bien décidés à ne pas se faire déloger. « On ne sent rien de concret depuis le départ de Ben Ali », affirme Omri Marwa, une manifestante. « Nous ne voulons pas les anciennes figures du régime et en particulier Ghannouchi. Nous avons manifesté pour qu’ils soient jugés et aujourd’hui beaucoup sont en liberté », affirme cette jeune femme qui soutient le mouvement pacifique qui s’exprime ce dimanche. Un mouvement que les soutiens du régime actuel voient comme l’action d’ultra-radicaux.

Des personnes indépendantes

« Comment se fait-il qu’on poursuive Trabelsi, le gendre de Ben Ali, pour fraude fiscale seulement avec toute la corruption et les vols qu’il a mis en place », souligne un jeune homme qui l’accompagne. « Il faut juger les anciennes figures du régime pour ce qu’ils ont fait », dit-il avant de souligner qu’à son avis « Ghannouchi ne peut pas être resté autant de temps auprès de Ben Ali et n’avoir rien à se reprocher ». « Il y a assez de personnes indépendantes aux mains propres pour le remplacer », assène-t-il.

Les manifestants échangent leur point de vue par petits groupes ou se relaient pour bloquer par leur présence les chars de l’armée dont ils redoutent le départ.

« Hier, au journal de 20h, on nous a menacés en affirmant que cette manifestation n’était pas autorisée », confie Omri Marwa. « On nous jette comme ça à la télévision que nous n’avons pas le droit de manifester, c’est pour cela que nous avons peur de la répression ce soir », dit-elle alors que la nuit est tombée. « Nous retenons donc les chars de l’armée qui eux sont là pour nous protéger. S’ils reçoivent l’ordre de partir, alors nous saurons que les BOB [brigades anti-émeutes, ndlr] seront sur le point de venir opérer leur répression ».

Un goût d’inachevé

Plusieurs personnes sont parties chercher leur sac de couchage. La nuit s’organise. Les manifestants ont décidé de rester jusqu’au lendemain pour marquer leur détermination à faire comprendre leurs revendications. « On nous ment encore », souligne une manifestante qui demande à rester anonyme. « L’Egypte va avoir une nouvelle constitution en dix jours et nous rien, nous n’avons même pas de date pour une élection présidentielle », regrette-t-elle. « Notre révolution a un goût amer d’inachevé ».

Les chants ne s’arrêtent pas. La bonne humeur ne se tarit pas en ce début de soirée, malgré les craintes pour le présent et pour l’avenir proche. « On veut nous diviser », affirme un jeune journaliste au chômage. « Le nouveau pouvoir en place agite le chiffon rouge de l’islamisme pour nous faire peur et calmer les demandes de changement », explique-t-il. « Nous préfèrerions que les vrais problèmes, comme la dissolution nécessaire du RCD, la libération des prisonniers politiques, ou les aides aux personne démunies soient abordés ».

Petit à petit, quand même, le nombre de personnes dans le froid de la Kasbah se restreint. Pour des raisons logistiques, des raisons de motivations, pour des raisons de fond aussi. Car certains redoutent une récupération politique de l’événement…

Céline Lussato


A Caen, des Tunisiens s’engagent dans le soutien à la révolution

16 février 2011

Deux révolutions en quelques semaines ! Les plus enthousiastes sont les Tunisiens en France. Heureux et fiers, ils s’engagent aujourd’hui dans le soutien aux révolutions en cours en Tunisie et en Egypte, demain dans d’autres pays. A Caen, plusieurs ont participé à la création du Comité de soutien à la révolution tunisienne et arabe. Dans un reportage du magazine Côté Caen, ils témoignent.

Manon Loubet est allée à la rencontre des Tunisiens de Caen. Son reportage est paru dans Côté Caen le 15 février. Extraits.

Mohammed Hamdi est en doctorat de géographie à l’Université de Caen.

Ne pas se faire voler la révolution

J’étais en Tunisie juste avant la révolte, et j’avais vraiment senti que ça chauffait. Je viens de Thala, une ville du centre, dans la région de Kasserine, là où la révolte a vraiment pris le sens de la révolution. Deux amis à moi sont décédés. J’ai suivi la révolution au jour le jour, et la nuit, sur les blogs. Quand il y a eu des blocus sur les réseaux sociaux, nous les Tunisiens vivant à l’étranger mettions en ligne les vidéos pour nos camarades sur place. Franchement, sans internet et Al Jazeera, cette révolution n’aurait pas pu avoir lieu. Maintenant que Ben Ali est parti, il reste beaucoup de choses à faire. C’est à nous de ne pas nous faire voler la révolution, que ce soit par les islamistes ou par d’autres. Il faut qu’on mette en place des élections démocratiques dans huit mois, et que l’on laisse le peuple tunisien choisir. Car l’on sait que beaucoup de mains jouent derrière les coulisses, que ce soit les dictateurs du monde arabe, les multinationales ou les occidentaux. Il ne faut pas qu’il y ait d’ingérence. La révolution a été menée par une jeunesse laïque, enracinée dans une culture islamiste. Même si l’on ne veut pas des intégristes, la religion est très présente chez nous. Si le peuple tunisien choisit un parti religieux, il faudra l’accepter, ce sera son choix. Là, je pars pour deux semaines en Tunisie, voir comment ça se passe là-bas et étudier ce que l’on pourrait faire avec le comité de soutien caennais. Après, moi je finis bientôt mes études, et comme la situation a changé, je pense rentrer définitivement en Tunisie pour contribuer au développement de mon pays ?

Ezzedine Hosni est enseignant en commerce à Saint-Lô et à l’Université inter-âges de Caen.

Comme un nouveau né

Je me sens comme un nouveau né. Je suis hébété par cette révolution qui a surpris tout le monde. C’est un véritable miracle. Je l’attendais depuis tellement longtemps que je désespérais de la vivre un jour. Moi, j’avais 19 ans quand je suis parti de Tunisie. J’étais étudiant et on avait fait une manifestation contre Bourguiba qui s’était autoproclamé président à vie. La répression avait été féroce, et j’avais préféré partir. Notre peuple est amical et paisible, mais il a beaucoup souffert pendant un demi-siècle. Les inégalités étaient criantes durant le système Ben Ali, ses proches s’allouaient des pans entiers de l’économie tunisienne. Ben Ali contrôlait tout. Mais il n’a pas mesuré l’impact que pouvaient avoir les nouvelles technologies comme Facebook et Twitter. L’appareil internet a échappé à Ben Ali. Cette révolution me donne beaucoup d’espoir, même si la transition risque d’être longue. C’est pour ça que je m’investis dans ce comité caennais de soutien à la révolution tunisienne et arabe. Là, je vais à Tunis pendant une semaine, ma ville natale, pour trouver des moyens d’aider le peuple tunisien à aller vers la démocratie. Je vais essayer de rentrer en contact avec des réseaux locaux, on pourra peut-être apporter une aide ponctuelle, qu’elle soit matérielle ou morale…

Ahmed Rekik (à gauche) est étudiant en IUT qualité logistique industrielle à Alençon et Ahmed Meslemani est étudiant en Licence de mathématiques à l’université de Caen.

Avant, les Tunisiens ne parlaient que de foot…

On vient tous les deux de Sfax, une ville côtière de la Tunisie. C’est une ville qui profite beaucoup du tourisme, qui n’a bougé qu’après les autres. Mais nous avons beaucoup de familles et d’amis là-bas qui ont participé à la révolte. On a suivi minute par minute le mouvement. Même nous qui n’avons que 21 ans et qui sommes proches des jeunes, on n’avait jamais imaginé un tel soulèvement. On attendait la mort de Ben Ali avec impatience, mais on ne s’attendait pas à une telle révolution. La situation aujourd’hui est complexe, il va falloir organiser des élections démocratiques. Avant, les Tunisiens ne parlaient que de foot, aujourd’hui, ils ne parlent plus que de politique ! C’est hallucinant ! On aurait tellement aimé être là pendant la révolution, partager cet événement historique avec les Tunisiens. C’est pour ça que l’on s’engage dans le comité de soutien. Nous ne pensons pas revenir en Tunisie avant cet été, et beaucoup de choses ont le temps de changer…


Les prochaines dates du Comité de soutien :

– mardi 22 février : réunion du comité, 18h30, salle de la Maison de quartier du Calvaire Saint-Pierre (arrêt de tram « Calvaire Saint-Pierre »). Réunion ouverte à tous et à toutes.
– samedi 26 février : rassemblement-manifestation-distributions de tracts, 15h place Bouchard, Caen.
– en préparation : une réunion publique avec Ezzedine Hosni et Mohammed Hamdi de retour de Tunisie.
– à noter aussi : la journée internationale de solidarité avec les luttes des peuples arabes et africains, le 20 mars prochain, à l’appel de l’Assemblée des mouvements sociaux réunie à Dakar à l’occasion du Forum social mondial.

Pour tout contact : collectif.tunisie14@yahoo.fr



PANAVI : maintien du site, non aux suppressions d’emplois

14 février 2011

Les salariés de PANAVI (pâtisserie et boulangerie industrielle) continuent de se battre contre la fermeture du site de Mondeville, programmée par le groupe Vandemoortele, le propriétaire de PANAVI. Près de 80 emplois sont en jeu. Nous avons rencontré Sylvain Helloco, secrétaire du comité d’établissement, pour faire le point.

Sylvain Helloco

Quelles ont été les actions de ces derniers jours ?

Sylvain : En premier lieu, nous avons attaqué la direction en justice, pour défaut de « consultation et d’information » sur la régularité de la procédure. Nous avons déposé un référé en ce sens le 20 janvier 2011, nous attendons le délibéré du tribunal le 17 février 2011 [Les Panavi seront devant le TGI ce jeudi dès 9h]. Ensuite nous continuons à nous mobiliser pour faire parler de nous.

Comment le groupe VDM justifie-t-il la fermeture du site et qu’en pensez vous ?

Sylvain : Ils ont d’abord parler du gaz fréon R22, gaz qui ne sera plus aux normes en 2014. Pour la direction, la mise aux normes du site de Mondeville serait trop coûteuse. Après, l’histoire du gaz a disparu du discours de la direction pour laisser place à un problème de « surcapacité ».
Comme la direction ne nous a transmis aucun document économique, nous doutons énormément du bien fondé de ce problème de « surcapacité ». De plus, le site de Mondeville n’a pas connu de chômage partiel (d’autres usines PANAVI ont eu droit à du chômage partiel) et a tourné à plein régime.

Les pouvoirs publics ont promis d’aider financièrement le groupe pour la mise aux normes des installations. Est-ce exact ? Cela signifie t-il que le groupe n’a pas les moyens financiers et qu’il ne fait pas de bénéfices ?

Sylvain : Oui, les pouvoirs publics sont prêt à aider financièrement pour la mise aux normes du site mais la direction refuse de faire visiter l’usine aux élus. Mme Laurence Dumont, députée du Calvados et Mme Hélène Mialon-Burgat, maire de Mondeville, se sont déplacées par deux fois pour rencontrer la direction mais celle-ci a refusé tout dialogue. C’est bien la première fois qu’une entreprise refuse une aide financière, cela en dit l’on sur les véritables raisons de la fermeture du site de Mondeville !!


Lire aussi Les Panavi-Mondeville ne renoncent pas.