Ils veulent casser l’école, résistance !

Un millier de personnes se sont retrouvées à Caen pour la manifestation contre la casse de l’Education nationale. Des profs, des parents, et des élèves venant notamment du Collège-lycée expérimental d’Hérouville. Le gouvernement s’acharne contre l’Education nationale, mais la résistance est bien là. La contestation de la politique scolaire du gouvernement et le rejet de ce gouvernement et du système qu’il représente sont liés. Le NPA était présent dans la manifestation pour apporter son soutien.

Le gouvernement maintient le cap de la casse de l’Education nationale. Aux dizaines de milliers de postes déjà supprimés, s’ajouteraient 16 000 suppressions à la rentrée prochaine. Alors même que les effectifs scolarisés sont en croissance tant dans le premier degré que dans le second degré.

Dans le même temps, la réforme de la formation des enseignants s’applique et fait la démonstration chaque jour de sa nocivité. Les stagiaires sont mis dans des situations très difficiles, alors que leur formation professionnelle devrait les préparer à un métier particulièrement exigeant.

Comme dans le reste de la Fonction publique, la précarité s’étend et risque même d’être institutionnalisée avec le projet de loi du gouvernement concernant les non-titulaires. Ce projet de loi exclut toute titularisation massive, mais généralise le CDI contre le statut et prévoit l’élargissement du CDD de trois ans à toutes les catégories. Un nouveau type de contrat, dit « contrat de projet », à l’image des contrats de mission dans le privé, verrait même le jour et serait « articulé autour d’un objet déterminé et non d’une durée », selon le journal bien informé Les Echos !

Leur projet pour l’école…

Moins de moyens pour l’éducation, moins de postes, ce sont des conditions de travail dégradées pour les personnels, et des difficultés supplémentaires pour les élèves. C’est laisser jouer à plein les inégalités sociales, alors que l’école devrait être émancipatrice et les combattre. Les enfants des classes populaires sont les premiers à faire les frais de la politique gouvernementale.

La casse de l’Education nationale s’inscrit bien dans le projet de société du patronat et des libéraux : toujours moins de dépenses publiques, toujours moins de prise en charge par la collectivité des dépenses nécessaires pour satisfaire des besoins sociaux comme la santé, l’éducation, la culture. Hier, c’était la réforme des retraites, et l’acharnement du gouvernement à ouvrir la porte aux assurances privées contre les retraites solidaires par répartition. Ces assureurs privés attendent avec impatience de pouvoir placer leurs contrats « dépendance », l’Etat se refusant à instaurer un régime solidaire pour couvrir le risque de dépendance, financé par des cotisations patronales. Le capitalisme nous entraîne inexorablement dans cette société du chacun pour soi où les inégalités explosent.

… et le nôtre

Accroître la part de la richesse pour l’éducation, la santé ou la culture est nécessaire et tout à fait possible. Mais il faudra en finir avec le capitalisme car c’est ce système qui concentre la richesse sociale entre les mains de quelques privilégiés, au détriment des salaires et des budgets sociaux.

Récupérer ce qu’accaparent ces privilégiés sous forme de dividendes ou d’intérêts de la dette publique, imposer une nouvelle répartition des richesses, ne se fera pas sans les affronter, eux, leur système, leur gouvernement, nous l’avons encore vérifié en septembre et octobre dernier.
Cette nouvelle répartition des richesses permettrait d’augmenter les moyens pour l’éducation alors que la part des dépenses pour elle ne cesse de diminuer. Cela permettrait d’annuler les suppressions de postes et d’augmenter les emplois de personnels enseignants et non enseignants pour garantir la scolarisation dès deux ans et la rendre obligatoire jusqu’à 18 ans, tout en diminuant massivement le nombre d’élèves par classe.

Il est nécessaire aussi de consacrer les moyens publics exclusivement à l’école publique en cessant de financer l’enseignement privé, confessionnel ou sous contrôle patronal, tant au niveau de l’Etat que des collectivités territoriales. Enfin, il faut intégrer dans le service public d’éducation les entreprises privées (soutien scolaire…) qui se développent sur tout le territoire et prospèrent grâce à la pénurie de moyens de l’Education nationale.

Résistance

Nous n’aurons pas de répit tant que les logiques capitalistes gouverneront le monde. Pour en sortir, la résistance pied à pied est nécessaire pour construire des mobilisations capables de mettre en échec ce gouvernement, faisant converger tous les salariés de la Fonction publique et tous les travailleurs, qui sont aussi des usagers des services publics. Tous ensemble :

– Non aux suppressions de postes ;
– Oui à une véritable formation professionnelle ;
– Oui à la titularisation de tous les non-titulaires.

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