Webhelp-Caen menace de licenciement un syndicaliste

Eric Blanchemain, syndicaliste CGT et membre du CHSCT du centre d’appels Webhelp, est menacé de licenciement par son patron. L’accusation ? Des propos injurieux, relevés sur Facebook, qui porteraient préjudice à l’entreprise. Des propos que la direction attribue au représentant syndical. Le NPA soutient Eric Blanchemain et les syndicalistes de Webhelp, et exige l’arrêt de toutes les procédures de sanction en cours.

Rassemblement de soutien à Eric Blanchemain lundi 13 décembre

 Une soixantaine d’agents de l’établissement Webhelp de Colombelles et des militants venus de divers secteurs se sont rassemblés lundi matin devant le siège de l’entreprise pendant que se déroulait l’entretien préalable auquel Eric Blanchemain était convoqué. Tous ont réaffirmé leur soutien au syndicaliste menacé de licenciement. La Fédération CGT des activités postales et de télécommunications qualifie l’engagement de la procédure de licenciement de « manœuvre honteuse » et accuse la direction « de s’attaquer à la CGT pour ne pas faire face à ses responsabilités », au moment où le CHSCT enquête sur un suicide. La direction doit faire connaître ses intentions ces prochains jours.

Ci-dessous le tract de la CGT distribué lors du rassemblement de lundi matin :

Accepteriez-vous qu’un collègue soit licencié en raison de ses origines, de sa couleur de peau, et/ou de ses opinions religieuses, politiques, ou syndicale ? Je pense que vous seriez tous choqués et c’est pourtant ce qu’est en train de faire la direction de Webhelp.

Discriminations et intimidations : A Caen, à Saint Avold, au Maroc et menaces à Vitré, c’est la politique de Webhelp alors qu’elle parle de bien être et santé au travail. Elle s’attaque aux syndicats qui défendent les salariés. Elle veut un dialogue social qu’à condition que les syndicats soient à sa botte et signent des accords allant à l’encontre de ce que veulent les salariés.

La seule raison est de faire taire et de mettre la pression sur le CHSCT qui enquête sur le décès par suicide de notre collègue, alors la direction cherche maintenant à éliminer le secrétaire du CHSCT. Le but du CHSCT n’est pas de porter des accusations contre des personnes mais d’analyser une situation qui a pu entrainer un accident de travail. Nous avons été discrets jusqu’à présent sur le sujet, mais la direction en agissant ainsi nous oblige à relater les faits publiquement alors que nous souhaitions que l’enquête se déroule sereinement.

Dès l’annonce du décès de notre collègue, Webhelp a mis en place une stratégie anti-CHSCT pour éviter toutes les enquêtes (CHSCT, inspection du travail, médecin de la sécurité sociale, et peut être enquête à la demande du procureur de la république). Leur première réaction n’a pas été de chercher à comprendre les faits mais d’étouffer « l’affaire » cela en dit long sur leur état d’esprit. Ils sont allés jusqu’à inventer que l’enterrement serait dans la plus stricte intimité, seuls les représentants de la direction étaient interdit d’inhumation. Ils ont même interdit l’affichage des remerciements adressés par la fille de notre collègue aux collègues et amis de sa maman présent à l’inhumation sous prétexte qu’elle remerciait également la CGT et donc que c’était un tract syndical !

Le déroulement des faits : Nous avons appris le décès de notre collègue le vendredi 12 novembre vers 17h00, le samedi matin 13 novembre nous avons rencontré les membres de la direction de Paris et de Caen, alors que nous étions dans la peine, nous subissions déjà une pression, à travers des propos lamentables et humiliant à notre encontre, et sur le CHSCT pour empêcher qu’il remplisse son obligation légale. Le lundi 15 novembre le CHSCT est réuni en présence de Frédéric Jousset, il aura fallu plus de neuf heures de palabres, avec intervention de l’inspectrice du travail, pour qu’il accepte de faire une déclaration d’accident du travail. Le même jour Mr Jousset qui a souhaité déjeuner avec les membres du CHSCT, commanditait en douce un huissier pour faire relever sur le profil syndical Facebook CGT FAPT Webhelp, une phrase écrite par un des rédacteurs du profil. Cette phrase rédigée le 13 novembre, était la suivante : « Journée de merde, temps de merde, boulot de merde, boite de merde, chefs de merde » Cette phrase n’incrimine pas Webhelp mais un propos que n’importe quel salarié en France pourrait tenir. Webhelp veut licencier Eric Blanchemain au prétexte que cette phrase porte atteinte à l’honneur de ceux auxquels ils s’adressent, et qu’elle accuse par des déductions abracadabrantesques d’avoir écrit cette phrase, contre Webhelp. La deuxième phrase reprochée est : « Ben j’aime pas les petits chefaillons qui jouent aux grands ! » Pour cette phrase ne visant personne, et ne faisant pas référence à Webhelp, car nous sommes sur un profil syndical qui traite de différents sujets hors Webhelp (conflit des retraites) et qui respecte la liberté d’opinion. Une chef de projet, alors que personne n’est cité, se sent personnellement visée et demande un euro de dommage et intérêts pour atteinte à son honneur, le plus étonnant c’est que sa supérieure hiérarchique atteste reconnaitre sa subordonnée quand elle lit cette phrase ! Cela pose question. Webhelp a fait convoquer Eric Blanchemain au tribunal correctionnel de Paris en mars 2011, et demande 5 000 € de dommages et intérêt.

Il ne faut pas se tromper à travers Eric la direction attaque toute la CGT, car : Elle n’a pas aimé la grève de 2010, elle ne veut pas négocier sur les Risques Psycho Sociaux (amélioration des conditions de travail). Elle ne veut pas que le CHSCT remplisse ses obligations légales, elle n’a pas aimé que la fille de notre collègue nous donne les véritables informations sur sa volonté de voir les collègues amis de sa maman présents à son inhumation contrairement à ce que la direction a communiqué dans le seul but de « sauver » sa production. Elle ne veut surtout pas négocier avec des élus CGT qui défendent pied à pied les intérêts des salariés et cela depuis 2007. Les élus CGT sont clairement discriminés, sous diverses formes, mais la plus courante reste l’impossibilité d’avoir une promotion. Mais cela ne nous a jamais empêché de vous défendre, la direction avait du imaginer qu’un militant CGT discriminé, arrête de se battre. Et bien NON ! Nous sommes et nous restons convaincus qu’il faut améliorer nos conditions de travail et nos salaires (accords Risques Psycho-Sociaux, et NAO).

A chaque fois que nous avons voulu négocier nous avons eu le droit à des insultes, mais nous sommes toujours passé outre car notre but est de négocier dans votre intérêt, nous aurions pu porter plainte pour diffamation également lorsque Mr Tachet avait adressé au personnel un courrier anti-CGT dans l’intranet. F Jousset a dit que nous étions des Bolcheviks. G.Milert a dit que nous étions des Staliniens. La direction de Webhelp pratique l’insulte par amalgame. Mr Jousset s’est permis de venir dans les locaux de la CGT de Montreuil alors qu’il avait déjà enclenché la procédure de licenciement du délégué syndical CGT de Caen et cela 10 jours après le décès de notre collègue, dans le cadre d’une table ronde sur le télétravail, notre représentant a cette réunion n’a pas évoqué le drame qui c’est produit afin de préserver l’enquête du CHSCT.

La volonté de discriminer la CGT est claire, Webhelp veut la peau de ceux qui défendent vos intérêts au quotidien.

Elle ne le fait pas qu’à Caen, elle a fait des menaces aux syndicats de Vitré au sujet d’un tract appelant à la grève. Elle le fait au Maroc, ou elle met une pression énorme sur le Délégué Syndical de Fès, elle est allée jusqu’à lui proposer 4 200 € pour qu’il parte de l’entreprise. Elle le fait également à Saint Avold en voulant licencier une déléguée du personnel CGT, et a tenté à deux reprises de licencier Julie Dauvin Déléguée du Personnel CGT de Caen en allant même jusqu’à demander en vain au ministre du travail de déjuger l’inspectrice du travail.

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