Mercredi 8 décembre : faisons le procès du nucléaire et de la répression policière, à partir de midi devant le Tribunal de Caen, place Fontette

Le 5 décembre dernier, un train spécial d’Areva ramenait en Allemagne onze conteneurs de déchets hautement radioactifs (les « Castors ») traités à La Hague et destinés à être enfouis au centre de stockage de Gorleben (Basse-Saxe). Sur tout le parcours, le passage du train a provoqué une mobilisation sans précédent des mouvements antinucléaires. Sept militants passent en procès à Caen.

En France, le voyage avait mal débuté pour Areva : non seulement un rassemblement était organisé en gare de Caen, mais, en plus, des militants non violents s’étaient enchaînés sur la voie, retenant le train pendant plusieurs heures. Pour éviter d’autres mobilisations, les autorités avaient alors choisi de modifier l’itinéraire du train jusqu’à la frontière allemande !

Sept militants passent en procès mercredi 8 décembre. Nous irons les soutenir et exiger la relaxe. Nous demanderons aussi des explications sur la brutalité des forces de police lors de l’évacuation des militants. En effet, trois militants du GANVA (Groupe d’actions non violentes antinucléaires) ont été gravement blessés, l’un d’entre nous ayant eu deux tendons sectionnés à la main gauche. A sa sortie de l’hôpital, après une intervention chirurgicale, ce militant a été directement conduit en garde à vue sous escorte policière ! Le 9 novembre, les militants ont déposé plainte contre X pour violences volontaires par personne dépositaire de la force publique et le Ganva a posé la question : « La volonté du gouvernement et du lobby nucléaire de faire passer ce convoi coûte que coûte aurait-elle conditionnée l’expression d’une telle brutalité de la part des forces de police ? ». Par ailleurs, les sept militants ont dû verser une caution de 16 500 euros pour éviter l’incarcération jusqu’au procès, le 8 décembre, une mesure disproportionnée. Comme si ces militants non violents représentaient un danger pour la société !

Le procès du 8 décembre doit être celui du nucléaire et de la répression. Les militants non violents ne sont dangereux pour personne. C’est le nucléaire, les transports de déchets qui sont dangereux. Ce sont les forces de police qui se sont livrées à des violences inacceptables, pas les militants non violents.

En Allemagne, la population s’est massivement mobilisée contre le transport de déchets dangereux, et, au-delà, pour sortir du nucléaire.

Sortir du nucléaire

Personne ne sait que faire des déchets nucléaires qui représentent une menace pour aujourd’hui, pour les populations, tout au long des transports comme pour celles qui habitent non loin des zones de stockage, mais aussi pour les siècles à venir. La production d’électricité nucléaire doit être stoppée, les centrales nucléaires démantelées. C’est nécessaire et c’est possible puisque nous savons produire de l’énergie renouvelable, non polluante. Au lieu de gaspiller des milliards d’euros dans la construction de nouveaux réacteurs, comme l’EPR de Flamanville, il faut investir massivement dans la recherche et la production d’énergie renouvelable, par ailleurs créatrice d’emplois. Et tant pis pour les profits des grands groupes de la filière électronucléaire !

Pour sa part, le NPA demande la création d’un service public de l’énergie pour stopper le nucléaire, produire de l’énergie renouvelable et mettre en place des politiques de sobriété énergétique.

La mobilisation le 8 décembre sera une tribune politique d’importance nationale pour le mouvement antinucléaire. De nombreuses organisations apporteront leur soutien aux militants poursuivis, non seulement les militant-e-s du Grand Ouest mais aussi les opposants au projet d’enfouissement des dechets radiocatifs dans l’est de la France. En Allemagne, la mobilisation caennaise a été très médiatisée et les violences subies par les militant-e-s ont suscité une vive émotion. Plusieurs rassemblements y sont organisés, dont un devant l’ambassade de France à Berlin. A Caen, le 8 décembre, le NPA sera représenté nationalement par Christine Poupin, membre du Comité exécutif du NPA.

Le 7 et le 8 décembre

Le rendez-vous principal est donné à midi, le mercredi 8 décembre, devant le Tribunal de Grande Instance de Caen, place Fontette, le procès devant débuter à 14h, mais plusieurs initiatives sont prévues par ailleurs.

La veille au soir, mardi 7 décembre, un débat sera organisé après la projection du film « Nicht Mit Uns » (Pas avec nous) sur les transports des castors et les mouvements de résistance en Allemagne (20h, amphi Tocqueville, campus 1, Université de Caen).

Le 8 décembre au soir, concert de soutien à 21h, aux Ateliers Intermédiaires, 15 bis rue Dumont-d’Urville à Caen.

Après avoir stoppé le train nucléaire, faisons dérailler la machine répressive !

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