Contre la réforme des retraites, contre Sarkozy et ses amis : çà va continuer !

Encore une très grosse manifestation à Caen, samedi 6 novembre. Les syndicats annoncent 20 000 personnes. La veille au soir, franc succès pour le concert de soutien aux grèves et contre la répression, dans une salle du Cargö archi-bondée. Un mouvement profond et durable se construit pour stopper la politique de casse sociale, imposer un changement un cap. C’est maintenant que cela se joue, pas en 2012.

Au sec et chaude ambiance au Cargö vendredi...

Vendredi soir, la salle du Cargö était trop petite pour accueillir les centaines de personnes venues apporter leur soutien aux grévistes et protester contre la répression d’Etat. Les premiers pointages font état de 620 entrées (certaines personnes, dont les militant-e-s du NPA, venant directement de la manifestation contre le passage du train de déchets radioactifs), et presque 4000 euros récoltés. Ajoutez-y un spectacle de qualité. Bref, une soirée très réussie, avec une volonté partagée de continuer tous ensemble dans la lutte.

Car, la résistance sociale n’a pas disparue et la manifestation du lendemain, 20 000 personnes selon les syndicats, sous la pluie battante, l’a bien montré ! Certes, partout en France, les manifestations étaient beaucoup moins nombreuses qu’au plus fort du mouvement. Vers la mi-octobre, nous sommes passés tout près de la généralisation de la grève… mais les directions syndicales des confédérations n’en voulaient pas. Elles ont cru ou fait semblant de croire jusqu’au bout qu’une « négociation » était possible, se refusant à construire l’épreuve de force, qui ne pouvait se concrétiser que par la grève générale, permettant le blocage de leur économie, la menace sur leurs profits. Leur stratégie est un échec car, au bout du compte, Sarkozy a fait voter sa réforme, et il compte bien promulguer la loi, malgré les suppliques inefficaces des directions syndicales et des partis de la gauche institutionnelle qui sont allés à l’Elysée pour parler avec son locataire (ou devant la Préfecture du Calvados, pour le PS, le PCF, la FASE, les Verts et le PG).

... et sous la pluie battante, dans la rue, samedi !

Après une série de manifestations impressionnantes, voilà maintenant que ces directions syndicales ne cachent plus leurs divergences, certaines paraissant impatientes de « tourner la page ». Mais la mise en mouvement d’une partie importante du monde du travail, dans le public comme dans le privé, avec la participation importante des retraités et de la jeunesse, a redonné le moral à beaucoup d’équipes militantes. « On n’a pas gagné cette fois, mais Sarkozy n’a pas vraiment gagné non plus ! » : tel est le sentiment de beaucoup. Même après le vote de la loi, des milliers de personnes défilent encore dans la rue. C’est que la protestation ne concerne pas seulement la réforme des retraites. Elle englobe le gouvernement, l’ensemble de sa politique : une politique de classe, faite contre la majorité de la population.

Construire l’alternative anticapitaliste

C’est dans ce mouvement social que se forgent les forces capables de stopper le gouvernement, d’imposer les mesures d’urgence sociales s’attaquant à la domination du capital, capables aussi de se réunir pour que la perspective d’un gouvernement mettant en oeuvre cette politique de rupture avec le capitalisme voit le jour.

Faute d’une telle alternative anticapitaliste, subsistera la seule perspective de « faire payer » Sarkozy dans les urnes… en 2012. Mais qui imagine qu’un gouvernement du Parti socialiste et de ses alliés traditionnels, les Verts ou le PCF, inversera le cours des choses ? Aujourd’hui dans l’opposition contre Sarkozy, le PS nous a prévenus qu’il faudra « travailler plus », et cotiser plus longtemps, tant que la durée de vie augmentera. Et puis, nous n’avons pas la mémoire courte. Au pouvoir, la « gauche » unie n’a jamais fait qu’une politique semblable à celle de la droite. Il lui est même arrivé « d’en faire plus », comme Jospin qui a privatisé deux fois plus que les gouvernements de droite précédents. Nous avons aussi sous les yeux les exemples grecs et espagnols, où ce sont les Partis socialistes qui mènent l’offensive contre les classes populaires, pour le compte du capital.

Il faut donc tourner le dos radicalement à toute perspective de « solution majoritaire dans les urnes » avec le Parti socialiste. En ce début novembre, à en croire les sondages, cette « perspective 2012 » n’est d’ailleurs pas franchement crédible dans le « peuple de gauche ». Seul une moitié des sympathisants de gauche pensent en effet qu’avec cette gauche institutionnelle rôdée à courber la tête devant la loi du capital, les choses iraient mieux. Les efforts d’une partie de la gauche radicale pour « tirer à gauche » le Parti socialiste sont vains, autant qu’ont été vaines les mêmes tentatives dans le passé, que certains ont d’ailleurs menées au sein même du Parti socialiste. Il faut « changer de gauche », et en finir avec l’illusion qu’il est possible de « changer la gauche ».

Il est donc de la responsabilité de tous ceux et toutes celles qui ne veulent pas recommencer les expériences désastreuses du passé, de trouver le moyen de débattre pour bâtir cette alternative anticapitaliste nécessaire. Quel programme ? Et de quel gouvernement avons-nous besoin pour répondre aux attentes de la rue ?

Le NPA est disponible pour cette discussion, lui-même en débattant en son sein. Son prochain congrès, les 10, 11 et 12 décembre, adoptera un document (« Nos réponses face à la crise ») proposant des pistes.

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